FAZSOI : exercice interarmées d’évacuation de ressortissants sur l’île de Glorieuse

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Du 19 au 28 mai 2021, les Forces armées dans la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) ont mené un exercice d’évacuation de ressortissants entre La Réunion, Mayotte et les îles des Glorieuses des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).

L’exercice MAMBA 2021, organisé par l’État-major interarmées (EMIA) des FAZSOI, a eu pour objectif principal de tester la capacité de réponse des FAZSOI en cas de crises majeurs, aussi bien sécuritaire que climatique. L’exercice s’est notamment fondé sur le scénario d’une opération d’évacuation de ressortissants (RESEVAC) dans un pays fictif, localisé dans la Zone de responsabilité permanente (ZRP) de la France. Dans ce cadre, le pays fictif avait été affecté par une recrudescence d’attaques d’insurgés.

Finalement, l’exercice MAMBA a non seulement permis d’éprouver la capacité de montée en puissance des FAZSOI, mais il a également permis de délocaliser le Poste de commandement interarmées de théâtre (PCIAT) et la mise sur pied d’un point d’appui sur l’île de Mayotte.

MAMBA 2021 a mobilisé plus de trois cent cinquante militaires pendant dix jours, de l’action des forces au cœur de l’exercice au PCIAT, grâce à un soutien particulièrement réactif. Plusieurs moyens militaires des FAZSOI ont été mobilisés, tels que le Bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) Champlain de la Marine nationale, les militaires du Détachement de Légion étrangère de Mayotte (DLEM), du 2e Régiment de parachutistes d’infanterie de Marine (RPIMa), ainsi que les deux avions CASA CN 235 de l’Escadron de transport (ET) 50 ainsi que le personnel du groupement de soutien de la base de défense de La Réunion Mayotte.

L’exercice a été dirigé par l’EMIA des FAZSOI qui a coordonné les actions des différentes armées, directions et services depuis son PCIAT pendant toute la durée de la mission. Afin de mieux comprendre le principe et l’intérêt de MAMBA 2021, nous avons échangé avec plusieurs acteurs de l’exercice.

Le lieutenant-colonel Jacques a occupé la fonction de Sous-chef des opérations (SCOPS) du PCIAT. À cette occasion, son rôle a été de « contrôler au nom du Commandant des forces (COMFOR) les composantes des trois armées, et voir la manière dont ils réalisaient la mission pour mener à bien les opérations ». Il a également eu pour mission de « centraliser toutes les données des acteurs au sein du PCIAT afin de proposer différentes options de manœuvre au COMFOR pour atteindre l’état final qu’il recherchait ».

L’une des plus grandes difficultés de cet exercice a principalement été la coordination interarmées.

En effet, le capitaine de corvette Arboy, pacha du BSAOM Champlain, qui constituait la composante navale de l’opération, s’est vu assigner « la mission d’infiltrer, de nuit, par la mer, 30 militaires du 2e RPIMA (…) et par la force des choses, assurer la liaison entre la composante aérienne (CASA chargés du posé d’assaut et de l’extraction des ressortissants) et l’état-major de La Réunion » qui a représenté un réel défi.

Pour le capitaine Enzo, pilote de l’un des deux CASA CN 235, cet exercice MAMBA a permis « de tester la projection de notre unité, que ce soit pour les pilotes, les mécaniciens équipage soute et avions, et ce, dans des conditions de travail dégradées avec une forte pression temporelle entre la planification, la conduite et la réalisation ».

MAMBA 2021 a ainsi rassemblé l’ensemble des acteurs au cœur des opérations mais aussi toute la partie soutien, comme le commissaire en chef de 2e classe Stéphane en témoigne : « L’objectif principal était la validation du plan de montée en puissance de la Direction du commissariat d’outre-mer – Groupement de soutien de la base de défense (DICOM-GSBdD). Il s’agissait donc principalement de soutenir un Sous-groupement tactique interarmes (SGTIA), un élément de l’Échelon national d’urgence (ENU), un Centre de regroupement et d’évacuation de ressortissant (CRER) et des éléments interarmées engagés dans une opération de RESEVAC, tout en assurant le soutien courant de la base de défense. »

Finalement, cet exercice grandeur nature des FAZSOI a permis d’entretenir les savoir-faire individuels et collectifs des militaires dans des domaines technique et opérationnel qui sont fondamentaux afin de garantir la réalisation du contrat opérationnel fixé par le général commandant les FAZSOI.

L’exercice s’est clôturé par un retour d’expérience global du général de brigade Yves Métayer qui a qualifié MAMBA « d’indéniable succès » précisant que « lorsque chacun sait comment les autres fonctionnent on en fait une force. Cet exercice valide le plan de montée en puissance des FAZSOI qui est un réel centre de gravité. Nous sommes en mesure de pouvoir recevoir des forces, de les projeter dans la foulée et de conduire des actions ». « En cas de crise majeure dans la ZRP, les forces armées sont capables d’intervenir dans sa zone de responsabilité de l’océan Indien » a-t-il conclu.

Les 1 700 militaires déployés aux FAZSOI garantissent la protection du territoire national et animent la coopération régionale depuis La Réunion et Mayotte. Les FAZSOI constituent le point d’appui principal du théâtre « océan Indien » pour lutter contre de nouvelles menaces comme la piraterie ou l’immigration illégale, assurer la surveillance des zones économiques exclusives (ZEE) associées à l’ensemble des îles de la zone de responsabilité et conserver une capacité régionale d’intervention rapide.

Anafi 1.7.7

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