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Foire de Bras-Panon : de la glace et du chocolat 100% péi (VIDÉOS)

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De la glace locale fabriquée avec des produits 100% péi : du lait de la Sicalait, de la vanille  de Pro Vanille, du sucre de canne de la Réunion. Nous vous avons présenté dimanche dernier sur notre site cette variété de glace péi signée « Edmond et Victoria », une entreprise locale basée à Saint-Leu. Une glace que vous pourrez déguster sur le champ de foire de Bras-Panon jusqu’à ce dimanche. Il s’agit d’une édition limitée.

Idem pour le chocolat péi qui a été présenté ce matin à la foire de Bras-Panon par Frédéric Vienne, président de la Chambre d’agriculture; Willy Boyer, président de Pro Vanille (coopérative de Bras-Panon) et Jeannick Atchapa, maire de la commune. Sans oublier évidemment son créateur, Richard Lauret, ingénieur agronome, jeune  patron de 31 ans de l’entreprise « Les Cabosses ailées », créée il y a un peu plus d’un an, du côté de Grand-Bois à Saint-Pierre.

Spécialement pour la foire de Bras-Panon, le Réunionnais a fabriqué du chocolat péi fait à base des cabosses de la Réunion. Du chocolat noir et du chocolat blanc, avec du sucre de canne de la Réunion, du lait local et des fèves péi. Pas question ici d’utiliser ici du beurre de cacao. C’est du pur chocolat !  Ecoutez Richard Lauret, le patron de « Les Cabosses ailées ». Il était ce main à la foire pour présenter son produit. Il est au micro d’Yves Mont-Rouge :

Richard Lauret est tombé dans le cacao lors d’une césure dans le cadre de ses études d’ingénieur agronome. C’était à l’occasion d’un stage au Brésil. Il a été émerveillé par les immenses champs de cacao. Puis, il est resté un an au Vietnam où il a découvert le « Bean to bar » (de la plantation à la consommation du chocolat fabriqué dans le pays). A son retour dans son île natale, il s’est installé à Grand-Bois en face de l’ancienne usine ou il fabrique à présent le « Criolo » : 600 tablettes de chocolat noir. C’était pour Noël 2021. Pour la foire, il a concocté le premier Criollo Pei à la vanille Bio de l’île de La Réunion. Du chocolat noir et du chocolat blanc à partir des fèves de cacao provenant de Sainte-Rose, SainPhilippe et de la Rivière-Saint-Louis.

Il a lui même, avec sa petite équipe, cueilli les cabosses avant de les transformer (fermentation, séchage) et, ensuite, produire son chocolat. 150 tablettes.  Ce qui représente un volume de 20 à 22 kilos environ de cacao. Une édition limitée donc qui est due au manque de cacao péi. Il faut savoir qu’un cacaoyer prend 7 ans pour donner des cabosses.

Raison pour laquelle, Frédéric Vienne, président de la Chambre d’agriculture a insisté, « dans le cadre d’une agriculture raisonnée et raisonnable via la diversification », sur la nécessité de développement des filières émergentes, sans pour autant abandonner la culture pivot qu’est la canne à sucre. Pour le développement de ces filières, à l’instar du cacao « qu’on peut planter partout », Frédéric Vienne plaide auprès des autorités tant politiques qu’administratives en faveur « du déblocage de certains freins » afin de dégager du foncier. Comment ? En revoyant le SAR (Schéma d’aménagement agricole) et en allégeant certaines procédures administratives.

« Nous sommes de plus en plus en mesure de tendre vers la souveraineté alimentaire. Il y a incontestablement un savoir faire local. Je prends l’exemple de la glace ou du cacao, et même de la bière. Des jeunes Réunionnais sont allés se former. Ils reviennent avec des compétences et des projets novateurs. Les pouvoirs publics, chambres consulaires et collectivités locales, devraient tout mettre en œuvre pour encourager ce savoir-faire local », insiste le président de la Chambre d’agriculture.

« La foire de Bras-Panon illustre bien l’état d’esprit du PAT/Plan d’alimentation territorial que nous mettons en place à Bras-Panon axé sur la production locale et la qualité de nos produits. La souveraineté alimentaire ne peut être possible que lorsqu’il y a des personnes comme Richard Lauret, c’est-à-dire des Réunionnais qui sont formés et compétents. A l’image de tous les autres partenaires ici présents, je veux citer notamment Pro Vanille et la Chambre d’agriculture, je me réjouis de cette situation qui ouvre un champ d’espoir pour notre île. Bras-Panon fera tout en matière foncière pour permettre ce développement de filières émergentes comme le cacao ou encore le fruit à pin », a annoncé le maire Jeannick Atchapa qui a, en cette fin de matinée, planté symboliquement un pied de fruit à pin à proximité du champ de foire.

Plantation d’un pied de fruit à pin, ce matin, en présence de Maurice Gironcel, président de la Cinor (avec le chapeau) et Frédéric Vienne, président de la Chambre d’agriculture.

Willy Boyer de Pro Vanille est lui aussi ravi. Un président heureux de voir que la vanille de la Réunion, « produit patrimonial qui vient de l’agro-foresterie », soit « mis en l’air » dans toutes ces productions péi que sont la glace, le chocolat, la bière et le pâté créole. « Nous nous sommes inscrits dans une dynamique d’innovation afin de sortir des sentiers battus. Nous sommes maintenant face à un challenge. Moi aussi, je fonde de gros espoirs sur les filières émergentes d’autant que nous avons des jeunes Réunionnais formés pour concrétiser tous les projets innovants en matière agro-alimentaire. A Pro Vanille, nou lé fier d’être partie prenante de tout ce qui se passe actuellement ». Ecoutez Willy Boyer, le président de Pro Vanille depuis 2007 :

Présent également à la conférence de presse de ce matin : Mathieu François pour parler des « Dalons », cette bière artisanale réunionnaise créée, comme son nom l’indique, par trois « dalons » en 2018 dans un garage aux Camélias (Saint-Denis). L’entreprise est aujourd’hui installée à Sainte-Marie. La bière « Dalons » a été primée et récompensée lors du dernier salon international de l’agriculture (SIA) à Paris. Pour l’instant, faute de houblon péi, les fabricants utilise des produits d’importation. Mais ils ne désespèrent de voir se développer une production locale de houblon.

Enfin, le mot de la fin est revenu à Aziz Akbaraly, représentant de Simon Vienne, président de l’Association Cacao Péi qui a vu le jour en 2015 et dont l’objectif est la renaissance d’un cacao d’excellence « afin de revaloriser le patrimoine local ». Le but de l’association :accompagner les agriculteurs via des conseils pour les encourager à « faire du péi ».

 

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

5 Commentaires

  1. Encore loin l’idée de consommer pei avec ces prix exhorbitants sachant que tout ceci fini aux toilettes une fois consommé. 17 euros un tablette chocolat…. Allé marché Don

  2. Pour votre information, il s’agit de produits d’exception dont les prix sont largement justifiés de par leur qualité mais aussi la nécessité de rémunérer tous les acteurs locaux de la filière (dont les agriculteurs).
    Certes,les prix vont sûrement diminuer à l’avenir si les quantités produites augmentent mais il ne faut pas confondre ces chocolats criollo locaux avec les tablettes standards des grandes surfaces. C’est comme comparer un grand vin millésimé avec une « piquette » du supermarché. Ça n’a rien à voir en terme de saveurs, de quantité de travail fourni pour produire les tablettes, ..et donc de prix.
    Simon VIENNE,président de Cacao Péi

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