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Insurrection en Nouvelle Calédonie : les autres régions ultra-marines sont-elles à l’abri d’une révolte ?

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Les révoltes meurtrières qui secouent aujourd’hui la Nouvelle Calédonie et les violences qui perturbent depuis quelques mois la vie quotidienne à Mayotte démontrent, si besoin était, que la politique macronienne a complètement « foiré » Outre-mer.

Petit extrait du témoignage d’un Réunionnais, qui connaît très bien la Nouvelle Calédonie, pour y avoir travaillé aux côtés des plus démunis, durant de longues années. « Cette situation, triste, était prévisible. La poudrière se situait dans les quartiers les plus défavorisés. J’y suis intervenu à plusieurs reprises pour aider les jeunes à créer leur entreprise. Ça me faisait penser à mon quartier du Chaudron à Saint-Denis où les zones d’activités et de commerces étaient à proximité. C’est un peu le même contexte. Des familles venant des tribus qui sont logées dans des cités, des jeunes sans emploi, désœuvrés, complètement déconnectés mais aussi, pour certains, l’envie de s’en sortir, mais malheureusement rejetés, puis livrés à eux-mêmes. J’ai personnellement assisté à ce rejet lorsque je les accompagnais à la province Sud où se trouvent les beaux quartiers habités, ou dans d’autres institutions se trouvant dans cette même région de l’archipel. On faisait alors comprendre à ces jeunes qu’ils n’étaient pas les bienvenus. Ces jeunes me disaient souvent que les beaux quartiers près de la mer, c’était pour les riches, la zone économique aussi et eux, ils étaient parqués dans les immeubles abandonnés par les politiques indépendantistes et loyalistes, mais un jour quand ça va péter, ils vont comprendre qu’on existe… » La suite, vous la connaissez !

Toute ressemblance avec certains autres départements ultra-marins ne serait que fortuite…

Depuis quelques jours, sur le caillou, c’est l’affrontement entre indépendantistes et loyalistes, entre Kanak et Caldoches. Je ne vais pas revenir sur le dramatique bilan de cette situation insurrectionnelle qui touche la Nouvelle Calédonie et qui, malheureusement, ne cesse de s’alourdir. Un territoire qui n’avait plus connu de telles émeutes meurtrières depuis les années 80. Malgré l’instauration d’un couvre-feu décidé par le haut-commissaire, la situation n’a fait qu’empirer. Le président de la République, Emmanuel Macron a donc décidé de déclarer, ce mercredi, l’état d’urgence.

C’est un projet de révision constitutionnelle prévoyant un élargissement du corps électoral qui est à l’origine du mécontentement de la population Kanak, lequel s’est transformé en explosion de violence sur le territoire. En effet, dans la nuit de mardi à mercredi dernier, les députés ont adopté la révision constitutionnelle qui prévoit une réforme électorale. 351 voix pour contre 153. La gauche s’est opposée lors de ce vote survenu à l’Assemblée nationale.

Comme l’avait expliqué la ministre des Outre-mer, mardi dernier, lors de sa visite à la Réunion, « il n’est plus acceptable que certains habitants de la Nouvelle Calédonie soient exclus du droit de vote ». Il faut savoir que seuls les électeurs inscrits sur les listes électorales depuis les Accords de Nouméa signés en 1998, ont le droit de voter. La réforme électorale soutenue par le gouvernement prévoit en effet une extension de ce droit de vote à tous les natifs de la Nouvelle Calédonie et aux personnes qui se sont installées sur le caillou depuis au moins dix ans. Ce qui représente un apport d’environ 25 000 nouveaux électeurs.

Or, les indépendantistes ne voient pas cet élargissement du corps électoral d’un bon œil dans le sens où ils estiment que leur poids électoral pourrait se réduire et « minimiser encore plus le peuple autochtone kanak ». Les Kanak sont les premiers habitants de la Nouvelle Calédonie. Ils représentent près de 40% de la population de l’archipel. La communauté européenne, dont les Caldoches (colons blancs arrivés au XIX siècle), constitue la deuxième composante de la population calédonienne. Les Kanak sont installés plutôt dans le Nord de l’archipel, dans les îles Loyauté, tandis que les Caldoches, qui représentant 24% de la population, résident dans les beaux quartiers dans le Sud. Les Kanak sont plus touchés par le chômage, alors que les Caldoches maîtrisent les principales richesses du pays (les gisements de nickel et le foncier). Une configuration sociale et économique qui n’est pas sans vous rappeler des similitudes avec d’autres régions ultramarines devenues, à l’instar de la Nouvelle Calédonie, territoires ou départements français d’outre-mer depuis 1946.

« Les accords de 1998 n’ont jamais été respectés »

En raison justement de cette situation de déséquilibre économique, des tensions ont toujours régné entre les deux composantes de la population calédonienne. Des tensions exacerbées depuis notamment la création, fin des années 80, du FLNKS (Front national de libération kanak et socialiste), un mouvement indépendantiste. L’on se rappelle des affrontements meurtriers survenus en mai 1988 avec la prise d’otages de gendarmes par les militants indépendantistes. D’où la signature des accords de Matignon peu de temps après cet épisode de violence extrême. Des accords préconisant un rééquilibrage économique, un partage du pouvoir politique et la création de provinces ainsi qu’un référendum d’indépendance prévu une décennie plus tard.

Mais le référendum prévu en 1998 ne s’est jamais fait. En revanche, l’accord de 1998 a permis à la Nouvelle Calédonie de disposer d’un statut unique (autonomie progressive) dans la République française, en étant dotée de son propre pouvoir exécutif, avec une assemblée pouvant légiférer localement sauf en matière de lois régaliennes relevant de l’Etat français, à savoir les finances, la défense, la justice et les affaires étrangères.

Les indépendantistes, vous disais-je, voient d’un très mauvais œil le projet de loi de réforme électorale parce qu’ils ont le sentiment que tout est fait par le pouvoir français pour laisser la mainmise aux Caldoches. Rappelons que les indépendantistes avaient boycotté le référendum de 2021 lors duquel le « non à l’indépendance » avait totalisé près de 97% des suffrages. Ce n’était pas la première fois que « le non à l’indépendance » l’emportait. C’était déjà le cas en 2018 (près de 57%) et en 2020 (plus de 53%).

Avec cette révision constitutionnelle en cours qui prévoit donc l’élargissement du corps électoral avec l’inscription d’environ 25 000 électeurs sur les listes électorales, à majorité non indépendantistes, les Kanak, notamment les indépendantistes, se considèrent comme lésés, avec ce sentiment que leurs terres natales leur échappaient un peu plus. D’où leur révolte face au pouvoir économique du Caillou et face au pouvoir politique français. Ils estiment « ne pas avoir été entendus » par Paris qui « remet aujourd’hui en cause les accords de 1998 ». Notons que cette révision constitutionnelle plus que jamais controversée doit être adoptée par le Congrès à Versailles. Congrès que le président Emmanuel Macron souhait réunir d’ici à la fin du mois de juin. Mais tout laisse à penser qu’en raison de la situation insurrectionnelle qui règne depuis maintenant une semaine en Nouvelle Calédonie, il va devoir revoir son calendrier.

Opération séduction de Marie Guévenoux à la Réunion, après l’affront fait aux Macron-compatibles pour les Européennes

S’il y a bien deux dossiers qui concentrent aujourd’hui toute l’attention du pouvoir parisien, ce sont la situation de «guerre civile » en Nouvelle Calédonie et le problème de l’immigration clandestine à Mayotte. Deux territoires dans lesquels la politique macronienne a complètement « foiré ».

Autant dire que la récente et première visite de Marie Guévenoux à la Réunion, aura été presqu’une balade santé. Pendant que ça pétait en Kanakie, la ministre déléguée aux Outre-mer a effectué la tournée de quelques communes afin d’inaugurer des bâtiments déjà existants : la brigade de gendarmerie de proximité de Bras-Fusil à Saint-Benoit ouverte depuis le début du mois de mai et la résidence SHLMR « Corossol » à Bras-Panon, livrée depuis plusieurs mois. Il faut bien « meubler » un déplacement ministériel ! Quant à savoir si la présence d’une brigade de jour, ouverte aux heures de bureau et installée non pas au cœur des immeubles pas ou mal entretenus par les bailleurs sociaux mais à l’entrée du quartier, va permettre de lutter contre les violences à Bras-Fusil, il est encore trop tôt pour se prononcer. Croisons les doigts !

La nouvelle brigade de gendarmerie de proximité et de jour est situé dans un immeuble à l’entrée du quartier de Bras-Fusil…
Quelques gendarmes de la nouvelle brigade de Bras-Fusil en pleine discussion avec le colonel Vinet (à gauche), commandant de la gendarmerie dans l’Est de l’île. (Crédit photo : Y.M)

Personnellement, je pensais que le préfet et le maire de Saint-Benoit allaient emmener la ministre des Outremer faire un tour rencontrer les familles qui y vivent, en plein cœur du quartier de Bras-Fusil, là où les gendarmes ne s’y aventurent pas trop la nuit par peur de se faire caillasser.

… et non pas au cœur des immeubles du quartier, là où ça « pète » assez souvent et où les gendarmes ne s’y aventurent pas trop la nuit de peur de se faire caillasser leurs véhicules.

Tout compte fait, sa visite s’est limitée à la nouvelle brigade de proximité. Idem à Bras-Panon, pour la séquence logement social, où il n’a été question que de tout ce qui fonctionne à merveille, alors que chaque jour qui passe, nombre de Réunionnais ne cessent de se plaindre des problèmes d’étanchéité ou autres dans leur logement en raison d’un manque criant d’entretien de la part des bailleurs sociaux.

Séquence logement social et plus particulièrement logement adapté aux personnes âgées à Bras-Panon avec la ministre des Outremer. A quand une table ronde avec un ou une ministre de passage sur les multiples problèmes d’entretien des logements sociaux à la Réunion ?

Bref, rien de nouveau sous le soleil, durant cette visite ministérielle si ce n’est que la ministre déléguée aux Outremer a rappelé la volonté du gouvernement de répondre positivement à une demande des élus locaux formulée il y a deux ans, peut-être un peu plus, par Michel Vergoz et Laurent Virapoullé (MPTU/Mouvement Politique Trait-d’Union), à savoir le cumul du RSA à une activité saisonnière, mesure très attendue par les agriculteurs qui manquent de main d’œuvre lors de la coupe des cannes et la récolte des letchis. Un dispositif qui permet de ne pas renoncer à son RSA et de pouvoir le compléter grâce à une activité agricole ». Je me rappelle d’une conférence de presse tenue à Sainte-Rose chez l’agriculteur Benjamin Elma.

Cyrille Melchior, pas content du tout, il y a un peu moins de deux semaines, semble avoir retrouvé le sourire à présent. Rappelez-vous, je l’avais interviewé concernant la non-présence de Réunionnais sur la liste Renaissance aux Européennes. « Je suis amer », avait-il déclaré. Ça va un peu mieux manifestement. Marie Guévenoux a remis une couche sur le vieux projet Meren (travaux d’irrigation du Nord et de l’Est) qui avait été ressorti des tiroirs, l’année dernière, lors de la visite de l’ex Première ministre Elisabeth Borne, laquelle avait promis d’accompagner financièrement le Département pour sa concrétisation. La ministre déléguée aux Outremer a confirmé l’engagement de l’Etat avec une première enveloppe de 30 millions d’euros pour un projet qui va mettre plusieurs années pour se réaliser. De quoi gommer l’amertume de Melchior par rapport à Paris. Le président du Département sera également reçu le 21 mai prochain à Paris par Catherine Vautrin, la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités pour discuter des dossiers de la collectivité départementale. C’est bon, Cyrille Melchior a été ramené dans les rangsde la Macronie. Guévenoux et Gobin ne retournent pas à Paris politiquement bredouilles. Il est vrai aussi que durant la visite dans notre île, le collaborateur de cabinet de la rue Oudinot, Déobald Gobin, a passé beaucoup de temps à parler avec le président du Département.

De gauche à droite : Cyrille Melchior, président « Macron-compatible » du Département et Déobald Gobin, collaborateur de cabinet au ministère des Outremer. Ça, c’était à Bras-Panon, mardi 14 mai, lors de la visite de Marie Guévenoux. (Crédit photos : Yves Mont-Rouge)
De gauche à droite : Déobald Gobin, Cyrille Melchior et Serge Hoareau. Ça, c’était mercredi 15 mai, lors de la visite de Marie Guévenoux sur une exploitation agricole à Sainte-Suzanne.

Enfin, la visite de Marie Guévenoux à la Réunion aura aussi permis de « retrouver » Alexandre Laï Kane Cheong (Alek pour les intimes) responsable du Parti Croire et Oser. Quasiment omniprésent sur le devant de la scène politico-médiatique auparavant, Alek a changé de posture ces derniers mois. Depuis les sénatorialesde septembre 2023, on ne l’a plus entendu. Il n’aime plus se mettre en avant, se contentant uniquement dans les instances où il y est encore habilité : Cinor et conseil municipal de Sainte-Suzanne. L’ancien leader de PCO, considéré comme un « petit révolutionnaire » s’est visiblement assagi au point de déserter la scène médiatique. Maintenant, il bosse.

Professeur contractuel de philosophie au lycée Levavasseur, ça prend beaucoup de temps, surtout à l’approche du Bac. Sans compter les petits soucis internes à gérer au sein de son parti politique. Olivier Dugain, son bras droit, a pris ses distances. Même si, officiellement, il fait toujours parti du groupe des six de l’opposition au conseil municipal de Sainte-Suzanne, Dugain a décidé de ne plus siéger, ni de voter avec PCO. Il y a des fritures sur la ligne. En tout cas, Alek « i bouge encore » et se déplace volontiers sur le terrain lorsqu’il est invité par la Macronie. Il devrait faire une communication dans les jours qui viennent à propos des élections européennes.

De gauche à droite : Geoffroy Géraud-Legros (actuel dir-cab du maire de Sainte-Marie), Alexandre Laï-Kane-Cheong dit Alek et Richard Nirlo, maire de Sainte-Marie.

Anne-Marie Papy n’est pas contente. L’élue de la majorité municipale saint-pierroise, très proche de Michel Fontaine, a poussé un coup de gueule sur son compte Facebook contre Patrick Lebreton, le président La Réunion Tourisme. « Faudra explique kréol et les professionnels du tourisme oussa y lé tourisme d’ affaires à la Réunion et dans quelle filière ? l’ IRT bat karé oui. Aucun plan pour le tourisme culturel  Le tourisme de montagne, les tables et chambres d’hôtes le soutien au développement diversification des offres , la formation, l’accueil ,nos langues le plan numérique des offres couplé avec les modes de déplacements multimodaux, le transport aérien. La Politique touristique Reunionnaise est en berne. Ce salon s’arrête à l’île Maurice et pas chez nous tout le monde le sait ».

Patrick Lebreton (à droite), président de l’IRT en compagnie de son conseiller technique Fabrice Grondin, au salon de Francfort.

Nul doute que Patrick Lebreton, qui n’a pas sa langue dans son bertel vacoas, ne manquera pas de répondre très prochainemen, comme il se doit, à l’élue de Saint-Pierre ! Depuis que l’élue municipale Saint-Joséphoise, Emeline K’Bidy a battu David Lorion dans la 4ème circonscription législative, les relations se sont durcies entre Saint-Joseph et Saint-Pierre. Les municipales de 2026 risquent d’être animées. En parlant des municipales, les maires de Saint-Philippe et du Tampon sont en attente du jugement de la cour d’appel de Saint-Denis qui doit tomber le 23 mai prochain. Si la cour d’appel confirment les réquisitions, Olivier Rivière et André Thien-Ah-Koon deviendraient inéligibles et il faudrait alors organiser de nouvelles élections à Saint-Philippe et au Tampon. Des municipales partielles à Saint-Philippe avec un retour aux urnes pour les électeurs dans les trois mois qui suivent le jugement de la cour d’appel. Et une élection en interne, au sein du conseil municipal, au Tampon. A ce ce titre, j’ai reçu le message suivant de la part d’un des électeurs de mes « Ti Kozman » :

François-Xavier Bellamy à la Réunion : un grand moment de politicaillerie !

J’aurai pu vous parler de la SPL Estival. Non pas du rapport provisoire de la Chambre régionale des comptes. Ça, c’est fait depuis bientôt trois semaines. J’ai été interpellé récemment par des employés mécontents du traitement réservé à un contrôleur « souvent absent », « qui aurait 45 jours de congés », « mais jamais sanctionné par la hiérarchie », « qui vient travailler quand il en a envie », « contrôleur un jour » et « accompagnant un autre jour ». Les employés parlent de « favoritisme «  face à « ce gros bras » ou « Grand Frère… », parce que, selon eux, « la direction a peur », alors que « nous, pour un rien du tout, on nous sanctionne, on nous coupe nos primes ». Joé Bédier, maire de Saint-André, a lui aussi réagi ce jeudi, via un communiqué, sur « la situation financière » de la SPL car une réunion exceptionnelle des maires doit être prochainement convoquée pour le versement d’une aide à la SPL Estival qui se trouve « dans la détresse financière ».

J’aurai pu aussi m’étaler sur des histoires de terre à Bras-Panon. J’ai reçu un courrier, anonyme évidemment, précisant que la femme du 1er adjoint au maire de Bras-Panon a acheté des terrains agricoles dans la commune « alors que son mari est président de la Safer ». Info ou intox ? Suis allé voir le 1er adjoint et lui ai directement posé la question. Réponse de ce dernier : « oui, ma femme est agricultrice de formation et de profession ; Elle a effectivement acheté au prix coûtant des terres agricoles à un propriétaire, Mr Igouffe, qui en vendait. Tout a été fait dans les règles de l’art, en bonne et due forme, dans le respect des règlementations en vigueur. Je tiens également à préciser qu’elle a acheté ces terres en 2019. Moi, suis président de la Safer depuis 2021 ». Fermez le ban !

Je terminerai avec la visite de François-Xavier Bellamy à la Réunion samedi et dimanche derniers. Le candidat « LR » est arrivé dans notre île, dans la nuit de vendredi, en provenance de Mayotte. D’après mes informations, environ un mois avant cette visite, le staff parisien de « LR » a téléphoné à plusieurs reprises à « LR » Réunion dont le président local est Michel Fontaine, également maire de Saint-Pierre. En vain. En dépit de plusieurs essais, aucune réponse. « LR » Paris contacte alors Nathalie Bassire, la députée de la 3ème circonscription, inscrite au groupe LIOT (libertés, indépendants, Outremer et territoires). Nathalie Bassire n’est plus en odeur de sainteté auprès de « LR » Réunion mais elle a été, jusqu’en 2022, député apparentée « Les Républicains » et porte-parole de Valérie Pécresse lors de la présidentielle de 2022 à la Réunion. Malgré cela, elle n’a pas obtenu l’investiture « LR » aux dernières législatives dans la 3ème circonscription face à Patrice Thien-Ah-Koon. Elle a remporté les élections au second tour avec les voix de gauche.

Sans réponse de « LR » Réunion, c’est donc vers Nathalie Bassire que se tourne « LR » Paris pour l’organisation de la visite de François-Xavier Bellamy, le député européen sortant de « Les Républicains » dans notre île. Bassire, qui avait déjà accueilli Bellamy en 2020 à la Réunion, fait alors appel à son ancien attaché parlementaire à mi-temps, Imrhane Moullan, qui travaille aujourd’hui à la mairie de Saint-Joseph pour Patrick Lebreton. Moullan s’envole, le 29 avril, à Paris pour préparer la visite avec le staff parisien. N’ayant toujours pas de nouvelles de « LR » Réunion, Paris demande un nom à Bassire pour la liste aux Européennes. Celui de Gilles Fontaine est proposé. Il est élu de l’opposition a u Tampon, proche de Bassire. Le jeudi 9 mai, à la veille de l’arrivée dans l’île, de Bellamy, « LR » Paris reçoit un message de « LR » Réunion, prêt à prendre en charge le transport du candidat aux Européennes de l’aéroport à son hôtel de Saint-Pierre « Villa Delisle ». Jacques dédé Ango, secrétaire de circonscription du Sud et le trésorier de « LR » Réunion, Younousse Omarjee, dépêchés par Michel Fontaine, accueillent Bellamy à l’aéroport Roland-Garros, dans la soirée de vendredi 10 mai et le conduit à son hôtel. Le lendemain, samedi 11, une conférence de presse est prévue sur place, mais avant, le candidat doit déambuler au marché forain de Saint-Pierre.

François-Xavier Bellamy entouré de Béatrice Sigismeau, secrétaire départementale de « LR » Réunion et de Stéfano Dijoux, 1er adjoint au maire de Saint-Pierre.

Michel Fontaine, qui met une cinquantaine de militants à disposition de Bellamy, se dit prêt à assister à la conférence de presse, mais à condition qu’Imrhane Moullan ne soit pas présent, ni au marché forain, ni dans la salle de la conférence de presse. Tout compte fait, le candidat Bellamy arpente le marché forain, accompagné de Stéfano Dijoux, 1er adjoint au maire de Saint-Pierre et de Béatrice Sigismeau, élue de Saint-Pierre et secrétaire départementale de « LR », sans compter la cinquantaine de militants. La dizaine de militants de Bassire, Moullan et Gilles Fontaine (colistier en position non éligible sur la liste LR aux Européennes) se font plutôt discrets.

Daniel Gonthier, ancien maire de Bras-Panon, discutant avec François-Xavier Bellamy, aux côtés de la député Nathalie Bassire
Imrhane Moullan (avec les lunettes) avec Gilles Fontaine, élu de l’opposition municipale au Tampon, proche de Nathalie Bassire. Il sera en position non éligible sur la liste « LR » aux Européennes.

Arrive l’heure de la conférence de presse. Nathalie Bassire se dirige vers le trésorier Younousse Omarjee pour lui donner la main. « Je ne vous salue », lui dit ce dernier en refusant de lui serrer la main. Pourquoi ? Réponse d’Omarjee : « vous m’emmerdez sur Saint-Pierre », s’emporte-t-il, en se dirigeant vers le maire Michel Fontaine, qui se trouvait dans la salle d’à côté séparée par une baie vitrée. Au même moment, Michel Fontaine fait comprendre à Bellamy, sans pour autant le nommer, que si Imrhane Moullan reste dans la salle, lui, il s’en va. « Il y a des personnes qui ne sont pas les bienvenues ici, des gens qui sont contre moi et qui m’ont emmené au tribunal ».

Bassire demande alors à Moullan de l’attendre dans le jardin de l’hôtel. La conférence démarre. A la table officielle, François-Xavier Bellamy est entouré de Jacques Ango (dédé) et de Younousse Omarjee. Michel Fontaine s’est installé du côté du public. Idem pour Bassire et Sigismeau. Michel Fontaine a pris la parole pour dénoncer « le nomadisme politique », « ceux qui changent de parti en fonction de leur humeur du jour ». Il pense notamment à Jean-Jacques Morel, à Jean-Luc Poudroux qui, tous deux, après être passés par l’UMP et le centre, ont aujourd’hui atterri au Rassemblement National, avec Le Pen. « Des élus souffrant d’opportunisme aigu ». Michel Fontaine déclare que « Saint-Pierre, l’un des derniers bastions gaullistes de la Réunion sera avec Bellamy » le 9 juin prochain. La conférence est terminée.

François-Xavier Bellamy au pique nique partage au Tampon avec, entre autres, Nathalie Bassire et Dominique Fournel.

François-Xavier Bellamy rejoint le Tampon où l’attend un pique-nique partage avec les militants de Bassire et de « LR ». Dans l’après-midi du samedi, Daniel Gonthier, emmène Bellamy déambuler sur le champ de foire de Bras-Panon, en compagnie toujours de Nathalie Bassire, avant de retrouver Farid Mangrolia (ancien référent territorial d’En Marche) à Saint-Denis pour une autre déambulation dans les rues du chef-lieu, en compagnie de Dominique Fournel et de certains élus.es de l’opposition dinoysienne. René-Paul Victoria et Richenel Hubert ont fait savoir qu’ils n’étaient pas disponibles.

Le député européen sortant « LR » déambulant dans les rues de Saint-Denis toujours avec la député Nathalie Bassire et Farid Mangrolia.

Le soir, avant de passer sur le plateau du JT de Réunion la 1ère, François-Xavier Bellamy s’excusera auprès d’Imrhane Moullan pour « l’incident » de Saint-Pierre. « Ce n’est pas de votre faute Monsieur Bellamy, c’est la faute aux dinausores qui ne veulent pas des jeunes en politique ». Réponse de Bellamy : « ce ne sont pas des dinausores que vous avez ici, mais des tyrannosaures ». Reste à savoir maintenant quelle sera la consigne de vote donnée par « les tyrannosaures » le 9 juin prochain. Des « tyrannosaures » qui, électoralement, faut-il le rappeler, pèsent quand même beaucoup, beaucoup plus lourds que certains « GO » (gentils organisateurs).

Y.M.

([email protected])

 

 

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

46 Commentaires

  1. Risque pas d insurrection à la réunion trop peureux envers leurs maîtres blancs, ici les réunionnais se courbent, s’étalent devant eux, ce qui me fait rire car ils sont prompt à crier haut et fort leur maloya, Sega et tout ce superflu qui ne servent à rien car en définitif ils restent quelque part des personnes avec ce gêne d’infériorité ce n est qu’une vérité qu en déplaisent à certains

  2. À quoi sert cet article de menaces de violences contre la République ?
    Certains voudraient-ils déclencher la violence pour faire oublier leurs ennuis judiciaires ?
    Au fait Yves Mont-Rouge, toujours pas d’articles sur les emplois dans les lycées des familles, militants, nervis des Bello, Sitouze, Maillot et cie ?

    • Selly ne s’inquiète pas. Il a son réseau qui le protège. Il peut détourner comme il veut, construire comme il veut, il est protégé.
      Seuls les électeurs pourraient le punir en 2026 en ne votant pas massivement pour lui. C’est la seule sanction qu’il risque.
      En fin stratège, pour amuser la galerie, il crée des festivités tout le temps. C’est connu, quand le peuple s’amuse, il est content de ses élus. Mais depuis que sa nouvelle DGS est en poste, la mayonnaise ne prend pas. L’ancienne était une bosseuse qui accomplissait beaucoup de tâches, sans broncher. L’envieuse qui visait sa place croyait que le travail serait facile et qu’il suffisait de la remplacer pour faire mieux. Mais il y a une différence de taille et la nouvelle perd le nord! I gain pas fé! Na point le niveau! La grenouille qui voulait être plus grosse que le boeuf!

    • Envoyez pour le Procureur, les preuves de détournement (factures, photographies)! Sinon, un document cerfa de témoin, avec les faits décrits et votre pièce d’identité chez le Procureur, attestant que vous avez vu et constaté des faits de détournement financier.

  3. Vive le LR (les Ripoux) de Saint Denis, juste disponible pour foutre la zizanie à droite avec leur manipulateur Missel F.
    A ce petit jeu, ils ont tout perdu déjà. L’avenir c’est le RN et vive JJ MOREL

  4. Les Marrons se sont battus pour se libérer mais l’engagisme a créé un peuple corvéable à souhait. Il suffisait de faire miroiter un petit poste avantageux pour que certains vendent leurs familles! C’est toujours d’actualité et vous avez raison, ce n’est pas demain la veille que les Réunionnais feront une insurrection. Par contre, les nouveaux arrivants eux, un jour, pourront causer une révolte s’ils sont plus nombreux que nous et nous virer de chez nous!
    Nou koné seulement pleuré pou gain tété mais nou koné pas dirige à nou, par nou même! Le respect, la dignité, l’identité, nou koné pas encore. Nout bande zélus lé vendu, lé corrompu, i empoche l’arzent le pèple pou zot!

  5. Pauvre Mr Bellamy. Il a été pris en otage par les capos de la droite locale. Il a subi sa visite à la Réunion plus qu’il a fait campagne. Peut-être qu’un militant de cette droite locale pourrait nous expliquer ce questionnement : Pourquoi nous fait-on comprendre à chaque fois que Mr Michel Fontaine est l’homme fort de la droite ici, mais que la droite soit toujours un bordel sans nom !!?

    • LR Paris n’aime plus Michel FONTAINE mais ils n’ont personne d’autres, ils le subissent. Comme le MF en question s’est arrangé pour tuer la droite partout, il impose ce qu’il veut à Paris, caprices compris.Attention tout de même : si paris est passé par dessus lui en prenant qqun de chez bassire et bassire, c’est qu’ils sont au bout du bout …

      • En gros MOOLAN fait le job de SIGISMEAU et BASSIRE faire le job de FONTAINE. Les jeunes : toujours fourrés à LR Paris ou chez ATTAL en mode amis pour la vie.
        Si vous avez compris ca, pas besoin d’une voyante pour savoir ce qui se joue en coulisse chez LR …

  6. LR PARIS ne peut plus sentir les vieilles carnes de LR REUNION. Tous les jeunes LR ont été rapatrillés en douce à Paris et sont +ou – gérés par Paris. Le responsable des jeunes n’a jamais été nommé. SIGISMEAU devait être rempacée par une jeune adorée par LR paris mais également la macronie : Fontaine n’a jamais signé. Le point de rupture est atteint avec la provocation que constitue le fait de confier l’organisation du déplacement de Bellamy à Bassire. Un affront total.

    • ca pue bien fort. Mettre Bassire sur un évènement comme ça, c’est même plus un avertissement, c’est un coup de fusil ! Fontaine aurait du jouer le jeu de la jeunesse, border un peu les vieux et il aurait pu continuer à jouer au parrain tranquillement avec la bienveillance du département 75 …

  7. la ministre l’a apprécié son carry boudins et rougail saucisses maintenant elle repart,et c’est ki ki paye c’est réyoné y paye, la prochaine fois va faire deguste à elle in bon carry z’anguilles ek rougail z’andouille, créoles rouve lo zyé avant lé trop tard

  8. koife verdict didier robert: bientôt non? i fé honte hein , c’est pu le didier robert fier, marche collé en l’air, i pousse journaliste comme freedom et Franck cellier. la roue l’a bien devirer quoi!

  9. vive les DOM -TOM libre,vive la révolution,vive la fin de la colonisation,vive la grande Russie,vive la Chine, enfin le revers et retour de médailles pour l’occident,la France partout où elle est passé elle à semé la mort,le KO vol et pillages des richesses naturelles de ces colonies, et au 21eme siècle cette esclavage moderne s’appelle l’UE,il est temps que les DOM -TOM se réveillent et fassent valoir leurs légitimité et droit, la politique colonialiste doit disparaitre des colonies restantes, zorey y fait trop longtime zot y dénigre les populations locaux des îles aujourd’hui c’est le juste revers de la médaille ,zorey retourne dans zot métropole et arrête zot hypocrisie colonialiste

  10. Le jour i pète ici, nous lé 800 000 habitanst et pas 270 000 comme en Nouvelle Calédonie! Personne i pourra arrêter! Le bande politique i mesure pas le danger! Zot lé préoccupé à voler l’argent du peuple!

  11. L’État français commet une très grosse erreur en Nouvelle-Calédonie ! Ses exactions en Algérie, en Indochine, et en Afrique… la liste est longue, manifestement ne lui ont pas servi de leçon… sa mémoire est courte et/ou très sélective.

  12. Quelle tristesse ce type deditorial.. et mal écrit, porté sur les pauvres jeunes et malheureux dans les quartiers contre les riches en nouvelle Calédonie. Montrouge en journaliste expert sait ce qu’il se passe, connaît les solutions et pourra probablement aider le pcr le plr et lfi cumulés contre les méchants qui ont de l’argent

  13. Ont regarde toujours chez notre voisin ce qui se passe.
    St benoit exactement bras fusil et devenue un non lieu
    Avant sont arrivés au pouvoir (mr le maire actuel) toute était tranquille ,à ce jour toute est sensibles cette devenue comme un volcans sa peut péter à tout moment .
    Il fît toujours les mêmes discours c’est l ETA c’est pas lui qui gère la police de sécurité .lui et sont equipes fonds partie de la tribu panous panous.
    Exactement comme stival c’est pas moi je dormais en Réunion on me réveiller quand c’était fini .il croit que les juges et les instructeurs du dossier vont croire à ces mensonges .
    Il a abuser du système lui et ces acolytes.
    Il y’a aussi les travaux exécuter pour avenue de rema .
    L’adjoint en charge des travaux tremble il reconnaît ces fautes et prévoir même de démissionner ( même le problème reste entier) .
    VOILÀ SAINT BENOIT EN SOUFFRANCE

  14. Oui mr Montrouge vos sources sont bonnes.
    Le prochain maire du tampon sera dans ce groupe:
    Serge sautron : 12 voix
    Mondon: 11 voix
    Monique Benard : 4 voix
    C’est déjà plié et si Nathalie bassire avec ses 3 voix complète le tiercé c’est le quarté gagnant et les autres suivront pour le quinté dans l’ordre.
    Alors le conseil municipal, ne décevait pas la population. La victoire est dans vos mains.

  15. Ont est pas à l abri d’une révolte dans l’est ,les conflits serait de nature de races ,d’origine , les politiciens ne veulent pas en parler mai le problème est là ,ils tourne tous autour d’un point . Ils doivent saisir réellement le problème comme ils se doit franchement, ont voudrais plus de sécurité et patrouilles de forces de l’ordre dans ces écarts .
    L’est demande la sérénité le vivre ensemble comme les années 80 . Jamais sa parler de différences d’origine et religions c’était tout le monde ensemble (paroles des anciens)

    • La revoltes des opprimés. Baisement n’aura pas que chez les kanak n’aura un peu partout. Na qu’à regarde cossa y arrive dan l’ile aux parfums et la façon qui répercute su la Réunion. Nana des laissés pour compte y sens à zot exclus de certaines activités, lé parquet comme cochons dan parc. Y entends pas le cris de zot souffrance ou bien y fait la sourde oreille. La clameur de la foule y enfle jusqu’à y finit par péter. Na des pays y attendent que ça. Pou que le seigneur des armes y fait son entrée…

  16. koifé didier robert, et ses acolytes: devant la cour d’appel  » tribunal 2eme maison ». il a bien une malédiction qui le suit et qui ne le lâchera jamais jusqu’à sa tombe. ou la vi à force bez domoune innocents, la totoche a où même, devant tribunal. lé vilain pou un bougre comme où passe devant tribunal chaque mois, chaque année, pour musée, pour la demi route bientôt, pour out case la montagne chemin vigie 2800€ mensuel bientôt, pour des emplois fictifs. a où té fé le fier l’estomac en l’air, l’avion chaque semaine ek nout pognon, zordi ou la tombe à terre garçon. sois humble et fais attention à cette malédiction qui ne vous lâche pas garcon. ça finira forcément mal garçon.

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