“Je ne demande pas la charité” : le cri du cœur de Nathalie, une maman de 43 ans

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Elle habite Bras-Panon, a 43 ans et est maman de trois enfants qu’elle élève seule depuis que son mari a quitté le foyer, pour aller refaire sa vie. Elle a, depuis, enchainé des contrats aidés, avant de se retrouver au chômage, puis aux Assedic. Mais dans pas longtemps, elle n’aura plus aucun revenu.

Nathalie – c’est son prénom – a anticipé. Du moins, c’est ce qu’elle pensait. Après avoir frappé aux portes des élus durant quelques temps, elle a préféré jeter l’éponge. Aucun emploi pour elle. Même pas un petit contrat ! Même pas un PEC (Parcours emploi compétence). Et pourtant, elle était prête à tout faire. “J’ai même déjà nettoyé les toilettes dans des manifestations publiques. Il n’y a pas de sot métier. Je n’ai pas le choix car je dois nourrir mes enfants qui sont encore scolarisés”, dit-elle.

Ce n’est pas la volonté qui lui manque. Battante, elle a appris par ses propres moyens à confectionner des bonnets, bérets, panchos… en laine (voir photos ci-dessous).

“Aujourd’hui, quand je vais voir un élu, ce n’est plus pour lui demander un petit contrat, quoi que s’il y en a je suis toujours preneuse… Mais comme je me suis rendu compte qu’il y en avait, apparemment de moins en moins, j’ai décidé d’agir autrement. Je demande à la puissance publique, qui utilise l’argent des contribuables, de m’aider; De m’aider à m’installer car à 43 ans, on n’a pas droit à des aides. On nous demande de faire un prêt, mais pour cela, il faut un apport. Or, avec mon allocation chômage, j’arrive tout juste à payer mon loyer, à nourrir mes enfants et à les habiller correctement pour les envoyer à l’école. Donc, quand je vais voir un élu, je ne lui demande pas la charité, je ne demande pas l’aumône, mais je lui dis s’il vous plaît, aidez-moi à m’installer pour que je puisse vendre les objets que je confectionne”.

Nathalie sait que ces objets ne lui permettront pas d’entretenir sa famille, mais en agissant ainsi, elle veut montrer qu’elle n’attend pas que cela tombe du ciel. Elle veut montrer qu’elle ne peut pas se contenter d’attendre la main tendue. Elle souhaite démontrer que “pas capab’ lé mort sans essayer”. Elle se dit aussi : “aide toi et le ciel t’aidera !”.

Malgré tout, elle se rend compte que “rien n’est fait pour encourager les initiatives locales” et que “le système préfère visiblement financer le chômage que d’inciter les gens à gagner leur vie avec dignité”. Nathalie veut se lancer et développer progressivement sa petite activité. Elle voudrait acquérir un “Eco-box” ou un conteneur pour pouvoir s’installer. Mais elle n’a pas les moyens. Le maire de Bras-Panon lui a laissé un espace.  “C’est gentil, je le remercie, mais seulement avec ça, je ne peux rien faire”, dit-elle. D’où l’appel qu’elle lance via les réseaux sociaux.

Quant à son activité, “pour l’instant, c’est surtout le bouche à oreille. J’arrive quand même à vendre quelques articles. Ça me fait plaisir. Je continue à en fabriquer. C’est un travail qui demande beaucoup de patience et un brin de créativité quand même. Ce n’est pas le travail qui me décourage, c’est l’indifférence de celles et ceux qui ont été missionnés par les électrices et électeurs pour aider les personnes qui sont dans le besoin. Dans mon cas, je ne demande pas d’argent, ni un travail, mais un coup de pouce qui me permettrait de démarrer”.

Si vous pouvez faire un geste en faveur de Nathalie ou si vous souhaitez lui acheter un bonnet, un béret ou un pancho, vous pourriez entrer en contact avec cette mère de famille via sa page Facebook “Nath Métyss”. On lui souhaite bon courage, en espérant que son message arrivera jusqu’aux oreilles d’un bienfaiteur ou d’une bienfaitrice ! Des “Nathalie”, il doit y en avoir bien entendu des centaines, voire des milliers. Au cas contraire, il n’y aurait pas eu plus de 130 000 chômeurs dans notre département. Mais comme Nathalie, nombreux sont ces chômeurs qui ne recherchent pas forcément un travail servi sur un plateau. Ils voudraient qu’on leur facilite l’insertion dans la vie active grâce à leur propre activité, au travail qu’ils ont eux même créé.


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