Jean Hugues Ratenon demande au gouvernement de “conserver” la prison Juliette Dodu

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Dans la séance de questions au gouvernement , hier, le député Jean Hugues Ratenon a sensibilisé les ministres et les autres députés sur l’importance de la date du 20 décembre à la Réunion.

Evoquant ce pan de l’histoire, il l’a relié à l’ancienne prison Juliette Dodu à Saint Denis, qu’il demande à “conserver” dans un esprit de mémoire de l’esclavage, au lieu de transformer les bâtiments en un vaste complexe immobilier. Voici retranscrite la “QUESTION AU GOUVERNEMENT DE JEAN HUGUES RATENON”

“Aujourd’hui 20 décembre est un jour férié,  La fet kaf nout fierté, vive la liberté.  Oui, le 20 décembre, est un jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite des noirs à La Réunion reconnu ici même dans cette assemblée comme crime contre l’humanité. Je suis fils d’engagé et d’esclave. Je suis Réunionnais et fière de l’être. Je ne suis pas mendiant mais Je suis un nègre, un résistant, un insoumis. Donc j’ai cette responsabilité de me souvenir et d’agir pour le respect de la mémoire de mes ancêtres. En effet, les esclaves et toutes personnes en résistances, insoumis, étaient jetés en prison pour éviter que leur rébellion, leur insoumission se propage aux autres esclaves. Oui mes chers collègues, je me dois de rendre hommage à mes ancêtres, qui ont été déracinés, arrachés de leurs terres natales ; ils ont été rabaissés, martyrisés, assassinés, sous les coups de fouets, mais aussi guillotinés dans ces murs que son l’ancienne prison Juliette Dodu. Ce bâtiment, datant de plus de 300 ans, témoin de ces crimes atroces, d’actes barbares qui ont eu lieu durant toute la période esclavagiste est menacé par un projet immobilier.

Madame la ministre de la culture, La réparation n’est-elle pas de stopper tout acte qui consiste à effacer les traces de l’esclavage et de notre histoire ?

Ce mur fondé en 1718 ne doit-il pas être plutôt transformé totalement en lieu de mémoire, de recueillement et de respect ?”

Le député a conclu en créole à l’Assemblée Nationale : “Gayar fet kaf zot tout ET vive la liberté.”


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