St-André : Jean-Paul Ciret décédé à l’âge de 77 ans, renversé par des motos devant son domicile

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Un drame s’est produit ce vendredi 24 décembre à St-André. Jean-Paul Ciret est décédé lors d’un accident de circulation survenu dans le quartier de Petit Bazar. Cette figure emblématique du Parti Communiste Réunionnais, section de Saint-André, a été renversée par des motards qui pratiquaient le rodéo sauvage. L’accident s’est produit aux environs de 20h. La victime est décédée quelques minutes après l’accident, malgré l’intervention des secours. Jean-Paul Ciret était professeur d’histoire au lycée Sarda à Saint-André avant de prendre sa retraite. Il a aussi durant plusieurs années collaboré au journal « Témoignages », organe de presse du Parti communiste réunionnais (PCR).

L’hommage des filles de Jean-Paul Ciret

Nous sommes là aujourd’hui pour rendre un dernier hommage à notre père, mari, parent, ami, camarade Jean-Paul CIRET.

Hier soir, sa vie s’est brutalement arrêtée alors qu’il se préparait à réveillonner en famille.

Si vous êtes là aujourd’hui, c’est que vous avez eu la chance de côtoyer notre père à un moment de son parcours et que sa profonde gentillesse ainsi que son altruisme vous ont marqués.

Au-delà de son rôle de père et de mari aimant toujours dévoué, notre père a participé au sein de ses combats politiques avec le PCR à défendre toutes les formes d’injustice sociale et ce dès les années 70, lorsque l’oppression étatique à la Réunion était à son apogée. Ainsi, à ses côtés, lors de meetings ou de manifestations, il nous a transmis ses valeurs d’humanité, de justice et de solidarité. 

Notre père qui a toujours été guidé par son cœur et son honneur a été un militant de l’ombre qui servait avant tout les autres et une cause commune. Il a été tout au long de sa vie fidèle à ses idées et à ses principes. En cela, il aura notre admiration éternelle.

 

Dans le cadre de son métier, de professeur d’histoire et de géographie (au lycée Leconte de Lisle, Amiral Bouvet puis Sarda Garriga) il contribue à éveiller chez ses élèves leur sens critique et élargir leur connaissance du monde.

Nous avons une pensée pour ses élèves et collègues avec qui il a partagé une grande partie de sa vie.

Il a su insuffler à de nombreux élèves le goût d’apprendre et la curiosité de découvrir notre île à travers son histoire, les hauts lieux du marronnage, en les amenant grâce à sa passion à sillonner les sentiers les plus escarpés de l’île. C’était le CLUB Randonnée du lycée SARDA GARRIGA, cher à ses souvenirs.

Cet amour de la montagne, il l’a partagé avec nous et il coule dans nos veines. Escalade, randonnée, course, nos parcours sportifs t’ont rendu fier.

 

Depuis sa retraite en 2004, il a très vite dû devenir aidant familial pour s’occuper de notre mère, ce qu’il a fait avec une attention et une patience sans faille. Il a pu mesurer la difficulté de prendre soin d’une personne dépendante, ce qui l’a poussé à s’investir au sein de l’association du Père Favron de Saint-Benoît. Aussi, il joue aussi son rôle de conseil afin d’améliorer l’accueil et la prise en charge des personnes handicapées dans les institutions.

Toujours prompt à s’indigner devant toute forme d’injustice ou de violence, il avait ces dernières années, mené des combats au sein du CEVIF et participait régulièrement à des marches blanches organisées contre les violences intrafamiliales ou faites aux femmes, dénonçant les failles de notre système judiciaire, suite notamment à la fin tragique du petit Mathéo.

Tout au long de sa vie qu’il a passé majoritairement à la Réunion, il n’a jamais arrêté de suivre de près ou de loin l’actualité politique de notre île. Un temps très actif pour le journal Témoignages, où il n’a eu cesse de dénoncer les abus, les fraudes et les exactions commises à Saint-André, il continuait à donner son éclairage sur une actualité réunionnaise dont il avait une fine connaissance.

Pour tous ceux et celles qui l’ont connu, il restera à jamais un homme simple, humble, généreux, altruiste et honnête. Son sourire, sa bienveillance et son humour taquin seront pour toujours dans nos cœurs. Ces dernières années, il portait un amour inconditionnel à ses chiens, chez qui il trouvait réconfort et compagnie. Certains l’ont peut-être croisé tout heureux en promenade, cela le ravivait.

Nous avons une pensée pour notre sœur Gwénaëlle, sa sœur Chantal, son frère Loïc et ses proches de Métropole pour qui il avait une entière affection et à qui il portait, malgré la distance, tout son amour.

 

Aujourd’hui est le temps du recueillement, de la douleur et de la peine mais le moment venu, nous tâcherons de faire triompher la justice pour que le fautif de cet accident qui a fauché la vie de notre Père ne soit pas impuni.

Tu aurais sûrement pensé là d’où tu es : « j’ai survécu à tout mais pas à la connerie humaine ».

Papa, à travers tout ce que tu nous as appris et transmis, ton combat pour un monde meilleur vivra à travers nous, tes enfants, petits-enfants, tes proches et amis. «Parce qu’une société moderne est une société résolument solidaire », nous continuerons à tracer ta voie vers un monde plus sensible aux autres et à la nature. Parce que ton bonheur passait par le bonheur des autres, nous continuerons à tendre des mains comme tu nous l’as montré. Parce que tu étais tombé amoureux de la Réunion et de ses habitants, nous nous efforcerons de l’élever.

Papa, nous t’aimons profondément et te souhaitons de nous reposer en paix.

Réactions

Huguette Bello, présidente de Région

« C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de Jean-Paul CIRET. J’adresse mes sincères condoléances à son épouse, ses enfants ainsi qu’à tous ses proches ».

Joé Bédier, maire de Saint-André

« J’ai appris avec une profonde tristesse la disparition accidentelle de M. Jean Paul Ciret ce samedi 25 décembre. Mes premières pensées vont à sa famille et à ses proches.

Jean Paul Ciret était un éminent militant du PCR, professeur d’histoire- géographie au lycée Sarda-Garriga et connu pour son engagement et ses écrits notamment dans le journal Témoignages. Personnage politique engagé auprès du parti depuis son arrivée à La Réunion. C’est un homme que je connaissais bien et avec qui j’ai milité.  C’est un évènement tragique qui a eu lieu ce vendredi soir et je tiens à exprimer toute ma sympathie à l’égard de sa famille. La Ville de Saint-André perd un homme de combat. J’espère que toute la lumière sera faite sur cet accident pour que sa famille puisse entamer son deuil sereinement. Mes sincères condoléances »,

Jean Hugues Ratenon,  député de la Réunion

« J’apprends la disparition de Monsieur Jean Paul CIRET survenue accidentellement devant son domicile à Saint André. Je tiens par la présente, exprimer mes sincères condoléances aux membres de sa famille ainsi qu’à ses camarades militants. Très jeune, je l’ai connu, notamment lorsqu’il vendait le journal Témoignage dans le marché forain de Saint André. Plus tard, j’ai eu aussi l’occasion de le croiser et d’échanger avec lui lors de rassemblements politiques. Saint-André perd une personnalité engagée politiquement. Je m’incline devant sa dépouille et souhaite beaucoup de courage à sa famille ».

Ary YEE CHONG TCHI KAN, membre du PCR

Les obsèques de Jean Paul Ciret ont eu lieu, hier, 26 décembre. Après les prières religieuses, Elie Hoarau a fait l’éloge du disparu, devant le cercueil recouvert de rouge, symbole du drapeau communiste porté par plusieurs personnes. C’était un vœu de Jean Paul, formé au moment où il craignait le plus pour sa santé. 

Depuis son arrivée dans l’île, en 1969, il a épousé la cause des Réunionnais à travers un engagement sans borne au sein du PCR. Il a affronté la répression et les fraudeurs. Il a même été candidat à Salazie. 

Au-delà de son travail de professeur d’histoire, il collabore bénévolement à la sortie du journal Témoignages, parfois, jusque tard dans la nuit. Le militant politique avait également des activités syndicales et associatives. Il était sensible à la violence féminine.

 Elie Hoarau a rappelé que sur la dernière période, malgré une baisse d’activité militante qu’il regrettait, il était toujours un fidèle lecteur de Témoignages. Sa rigueur le conduisait à pousser des coups de colère contre certains articles quand cela heurtait ses convictions. C’était Jean Paul. Il était très ravi quand le mois dernier, Elie Hoarau lui avait proposé de s’occuper de l’écriture de l’Histoire du PCR. 

Et pour que la mémoire de son parcours soit toujours vivante, Elie Hoarau va proposer que la campagne d’adhésion au PCR 2022 porte la mention: « promotion Jean Paul Ciret ». Le public a applaudi à la proposition. 

Ensuite, un texte empreint d’émotion a été lu par 2 de ses filles. 

A la fin de la cérémonie d’adieu, Daniel Singaïny a rappelé que Jean Paul Ciret l’avait hébergé alors qu’il s’était soustrait à l’appareil judiciaire.  

Le PCR remercie la famille de Jean Paul d’avoir permis ce moment de partage solennel.

Mickaël Sihou, conseiller régional

« Trés engagé par ses actions et combats pour la Réunion, souvent relayés dans ses chroniques dans Témoignages, je retiendrai avant tout l’homme de valeurs, de conseil et de soutien au sein d’Endémik. Je perds aussi un tonton. Toute ma sympathie et mon soutien vont à ma tatie, mes cousines et petits cousins ».

Firose Gador, conseillère municipale de l’opposition au Port

« Actuellement hors-département, c’est avec une grande tristesse que j’apprends la disparition de Jean-Paul CIRET survenu tragiquement à Saint-André. J’adresse mes sincères condoléances à l’ensemble de sa famille et proches ainsi qu’aux camarades du P.C.R.

Jean-Paul était un militant, un homme engagé pour La Réunion et au service des autres. A chacun de nos échanges et rencontres, j’appréciais son humilité, son analyse sur les problèmes de la Réunion.

Jean-Paul était un homme attachant, je garderais en souvenir chaque rencontre, nos discussions sur la problématique des violences faites aux femmes notamment, car il était aussi engagé au sein du CEVIF. Bon voyage camarade…le combat continu.

44 Commentaires

  1. Mon dieu que c’est triste. J’ai travaillé avec sa fille V quand elle parlait de lui elle nous relatait toute l’admiration qu’elle avait pour lui. C’était un bon professeur. Repose en paix au paradis.

  2. Professeur d’histoire géo au lycée du butor dans les années 70, il mettait toute sa bonne volonté pour faire réussir les petits créoles que nous sommes . Bon et généreux cet homme est un humaniste qui aimait la Réunion et les réunionnais. Repose en Paix, cher professeur, on ne t’oubliera jamais. Nos sincères condoléances à sa famille.

    • Exact, il était mon prof en 1986 Lycée Leconte de Lisle Butor, et comme vous dites, il voulait que nous, les petits créoles qui étaient ses élèves, et tous les autres bien sûr, réussissions dans notre scolarité.
      Condoléances à la famille, au moins un commentaire positif qui fera effacer un peu les mots irrespectueux que l’on voit ici et qui n’ont pas lieu d’être, on se demande pourquoi c’est édité…

  3. Quelle triste nouvelle ! Bien que ne connaissant pas cette personne dont les commentaires font l’éloge sous le post, on ne peut qu’être attristé, ému et en colère d’entendre qu’une personne décéde après s’être fait renversé juste devant chez elle et qui plus est le soir du Réveillon de Noël. Paix à votre âme cher monsieur.

  4. j’ai eu la chance de l’avoir comme professeur d’histoire-géo quand j’étais en classe de seconde au lycée sarda garriga en 1997/1998. excellent prof, apprécié de ses élèves et de ses collègues. reposez en paix, cher monsieur. et courage à toute votre famille

  5. Nana une maire si i bouge pas plus que ça nora aussi sur la conscience arrive une certaine heure le soir il faut voir le bordel moto trafiqué bruit infernal sur la commune de la possession aucune répression il devient difficile de vivre sur cette commune

    • Tu,te trompe cousin la réunion est à nous,aussi notre souhait c’est d’être majoritaire içi àvec les mahoreun, et comoreun forme la population réunionnaises cette nouvelle génération portera une vraie richesse ici, vivre en harmonie pas de haine C’EST LA C’EST BON.

  6. Une mort aussi brutale et violente ….est difficile à accepter pour nous les membres de sa famille. Merci pour les mots qui nous apaisent, mais de grâce si vous avez un tant soit peu d’humanité, n’ayez pas de propos irrespectueux dans vos commentaires.

    • Je vous adresse mes sincères condoléances. Je suis si triste. Courage à vous. Je vous embrasse.vous pouvez être fier de lui. Il a laissé que du bon dans notre coeur

      • Merci pour votre réponse. C’est difficile de vivre la perte de son père d’une façon aussi atroce et brutale surtout en étant loin.
        J’ai eu Papa au téléphone en matinée mercredi 22 décembre, je vais conserver en mémoire ce dernier joli moment passé avec lui. Est-ce qu’il est possible d’avoir un modérateur qui surveille l’ensemble des publications irrespectueuses ou qui n’ont aucun sens afin de les stopper.
        Merci

  7. C’est curieux … en ce moment tout le monde reconnaît la valeur de ce monsieur !
    Qu’il repose en paix et que ces motards soient bien munis !

    • Vous l’auriez connu vous ne seriez pas étonné que tout le monde rende hommage à ses valeurs, son humanité, sa gentillesse, son professionnalisme. Courage à sa famille. Tout le monde meurt un jour oui mais Il ne méritait pas de partir de cette façon là.

  8. Nous militants communiste sommes attristé, sincère condoléances a sa famille. J’espere que mr bedier et son adjoint délégué à la délinquance et la securite vont mettre tout en oeuvre pour qu’un telle drame ne se reproduise sur les routes de saint andre, on parle bien de rodeo sauvage ,il faut tuer le ver avant qu’il n’attaque le fruit et il paraît que la délinquance a baissé a saint andre, la police et le maire nous l’a dit en conférence de presse en debut de mois

    • Extrême gauche synonyme violence délinquance et immigration, donc je voit pas de changement sur cette ville, que,la droite et Extrême droite peuvent faire évoluer la situation.

  9. Il était mon professeur au lycée Sarda Gariga. Il était gentil et passionné. J’ai eu beaucoup de peine d’apprendre son accident. Au revoir Mr LE PROFESSEUR et merci pour votre engagement.

  10. Sak I Kass à moin : moi mi casse mon  » col  » ( non pas de chemiz , ça ou la bien compri )
    mi passe mon permi moto ( 3 fois , ma pas honte di … mais ma Jamais provoque
    l ‘accident non plus … et moin lé Motard avec 1 gd  » M » depuis 40 ans biento, assis su une bébète homologuée …)…mi paye mon l ‘ assurance ( parce ke mi sent à moin RESPONSABLE ) …Mais sak i  » monte

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