Joé Bédier : “le pouvoir tape sur les petits et ménage les puissants”

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C’est une tribune signée de Joé Bédier, conseiller municipal de l’opposition à Saint-André et conseiller régional PLR (Pour La Réunion).

“Pour faire des économies, le gouvernement a décidé de s’en prendre à l’outre-mer et à ce qu’il considère comme des cadeaux non justifiés, en veillant toutefois à ne pas s’attaquer de front et trop brutalement aux tout puissants. Ce qu’il fait sans ménagement pour ceux qui n’ont pas les mêmes armes pour se défendre. Ainsi sans aucune concertation et par surprise il mit fin à l’Allocation Logement Accession. Tout le tollé et les dégâts provoqués par cette mesure incompréhensible n’ont pas été suffisants pour faire fléchir le gouvernement, jusqu’à l’annonce le 23 octobre – visite à la Réunion de la ministre de l’outre-mer et élections européennes de 2019 obligent – du rétablissement « transitoire » de la mesure pour seulement résorber les dossiers en cours. On parle de l’étude d’un dispositif équivalent mais on sait ce que valent les promesses d’avant échéances électorales, sans compter le mal qui a été fait. C’est aussi brutalement qu’est tombée la décision gouvernementale de s’attaquer à l’abattement fiscal dont bénéficient les contribuables d’outre-mer sur leurs revenus. Et ce ne sont pas que les ménages les plus riches qui seront concernés.

Nos gouvernants se montrent en revanche plus prévenants avec les plus puissants. Voyez le projet d’augmentation de la fiscalité sur les rhums. C’est une mesure de santé publique qui est réclamée depuis longtemps par tous ceux qui luttent contre l’alcoolisme. Et bien cette fois la méthode est plus douce, cette augmentation se fera progressivement, annoncé sur une durée de quatre ans dans un premier temps et, sous la pression des lobbies de fabricants d’alcool, de dix ans ! (On reviendrait aujourd’hui à cinq ans, mais contre l’avis du gouvernement et des parlementaires qui soutiennent les industriels). Rappelons que sous le quinquennat précédent, il a fallu beaucoup de combats pour obtenir que la teneur en sucre des denrées alimentaires distribuées outre-mer (boissons rafraichissantes, produits laitiers, biscuits…) ne soient pas supérieure à celle de la métropole, comme c’était le cas (de 10 à 50 %). On a dû attendre trois ans pour que le gouvernement de l’époque signe un arrêté d’application d’une loi votée en 2013. Et quant à l’application réelle, on attend toujours un bilan”.

Joé Bédier, conseiller municipal de Saint-André et conseiller régional

 

 

 

 

 


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