Journée de la Femme : un buste pour Célimène Gaudieux au collège de la Saline-les-Hauts à St-Paul

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Célimène Gaudieux, la muse de Trois-Bassins, possède désormais une sculpture à son effigie. Un buste coulé dans le bronze. Cette figure féminine poétesse, chanteuse et musicienne a été honorée en ce 8 mars. Une esclave qui s’érige en femme libre et qui s’affranchit des normes d’une société dominée par les hommes. Tout un symbole pour les collégiens présents ce matin dans la cour du collège Célimène Gaudieux à la Saline les Hauts. Un moment d’histoire et de commémoration de la femme en présence de la rectrice, Chantal Manès-Bonisseau, du maire de Saint-Paul, Alain Séraphine, de la Conseillère départementale, déléguée à la Vie éducative, Sabrina Tionohoué et du Président du Département, Cyrille Melchior.

Nathalie MAILLOT artiste

Une journée des Droits de la femme très particulière au Collège Célimène Gaudieux en ce 8 mars. Un collège qui a fait des figures féminines un projet pédagogique. Un buste à l’effigie de Célimène a été dévoilé ainsi que plusieurs portraits de femmes. Le projet initié par le Département en 2021 et pour lequel le collège a adhéré, intitulé « La Réunion, terre d’esclaves », a été l’occasion pour les collégiens d’honorer une figure féminine historique, Célimène Gaudieux, se définissant elle-même comme n’étant « jamais allée à l’école ». Ce qui ne l’a pas empêché d’écrire des poèmes, de les chanter et de faire de la musique en français et en créole.

« Le Département est honoré de s’associer à l’installation de cette sculpture. Un buste féminin pour marquer la place importante occupée par les femmes dans l’histoire de La Réunion, mais aussi dans la société insulaire actuelle », a rappelé Cyrille Melchior   

Une jeune collégienne vêtue de la tenue de Célimène avec une guitare s’avance et le voile se lève enfin sur la sculpture de bronze, au son de la chanson écrite par Déborah Boyer, sous les applaudissements.

Ce sont les artistes, Nathalie Maillot et Nelson Boyer, qui sont à l’origine de la création de ce buste en bronze. « On remercie le Département et l’équipe pédagogique du Collège et bien sûr les élèves qui nous ont permis d’aller au bout de ce projet ».

Le projet « La Réunion, Terre d’esclaves » a aussi été l’occasion d’offrir aux élèves un support visuel qui leur permet de se projeter dans l’univers de l’écriture et du langage, de l’expression des talents. Une manière pour ces jeunes dont l’établissement scolaire est placé en zone REP de mieux appréhender l’histoire et la culture de leur île.

Mémoire d’esclaves

« J’ai découvert que l’esclavage n’avait pas seulement concerné La Réunion. Partout dans le monde, il y a des personnes qui ont subi l’esclavage », précise Tevanadj, élève de 3ème.

Mettre des noms sur ces héros de lutte contre cette ségrégation a permis de mieux appréhender leur propre histoire. « Moin la découvert la souffrance que nout band z’ancètres l’était. Les conditions dans lesquels zot la vive i fait prendre à nou conscience qu’aujourd’hui nou lé lib », explique de son côté Coraline.

Un travail effectué avec leur professeur d’arts plastiques, « c’est important de faire ce travail de valorisation de la place de la femme dans notre société. Il reste encore tellement de choses à faire. Chaque action est importante encore plus dans le cadre éducatif », précise Eve Bernard.

Un buste et également 13 portraits de femmes iconiques dont celui de Mémona Hintermann-Afféjee, grand reporter et ancien membre du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Cette dernière était présente en décembre dernier pour le lancement du projet. Présente également aujourd’hui, en vidéo, pour dire l’honneur que cela représente pour elle d’être associée à cette commémoration et à cet hommage à Célimène.

Le buste de Célimène et une galerie de portraits de toutes ces figures féminines, qui se sont battues pour les droits des femmes dans des domaines aussi divers que l’art ou encore la politique, trônent désormais au sein du Collège Célimène Gaudieux.

Pour clôturer la manifestation, une chanson écrite et mise en musique par Déborah Boyer a été interprétée pour rendre hommage à Célimène, la muse de Trois-Bassins.

« Rendre visible l’invisible, c’est encourager les jeunes dans leur projet culturel et impulser leur esprit citoyen en les impliquant notamment dans les réflexions liées à la cause féminine. C’est encore les accompagner dans l’univers de l’écriture et du langage, de l’expression et partout où cela est nécessaire pour baliser le chemin de leur avenir », a conclu Cyrille Melchior, président du Département de La Réunion.

Yves Mont-Rouge

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1 Commentaire

  1. « Journée de la femme »
    Vous n’avez rien compris, c’est pas la journée de la femme, comme celle des mamans, des mamies, des pères, mais c’est la journée internationale des droits des femmes.
    Des droits, vous comprenez la différence ?

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