« Kour cirkui », un documentaire sur les initiatives locales pour parvenir à l’autonomie alimentaire

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Ce jeudi 30 septembre a lieu la projection du film Kour cirkui à la Cité des métiers, à St-Pierre. Réalisé par Guillaume Fournat, le film questionne l’autonomie alimentaire de La Réunion et met en avant les initiatives de personnes souhaitant y parvenir.

Voici le synopsis du film : « Kour cirkui » est un film documentaire ayant pour objectif de mettre en lumière des initiatives et des bonnes pratiques déjà existantes sur le territoire de la Réunion, en matière d’alimentation, de santé et d’environnement.
En partant des questions que se pose le consommateur réunionnais sur les bonnes pratiques à adopter, nous menons une investigation auprès des entrepreneurs, associations ou agriculteurs afin d’identifier des initiatives déjà mises en place qui répondent aux problématiques abordées et qui ont fait leurs preuves.

Le réalisateur : Guillaume Fournat

Originaire de Lyon, Guillaume Fournat a travaillé comme commercial dans le secteur bancaire et informatique. En parallèle de ses activités, il s’exerce à la réalisation dans des tournages de court-métrages spécialisés dans les thrillers. Une volonté d’avoir une maîtrise totale de son sujet se dessine, c’est ainsi qu’en 2012, il décide avec ses propres fonds de financer et réaliser un court-métrage d’anticipation éclairé à la bougie : Abri 17, qui raconte de manière prémonitoire comment une population se retrouve confinée.

Il arrive à La Réunion en 2014, et a un coup de foudre pour l’environnement : il est notamment fasciné par la végétation foisonnante qu’il trouve sensuelle et inquiétante, et s’étonne que ce territoire produise si peu en ressources alimentaires.

Alors, il fait ses propres recherches sur l’agriculture, rencontres des producteurs, des acteurs de la restauration, des simples citoyens qui créent leur propres plateformes pour aider les réunionnais à manger local. Lui prend alors l’envie de laisser une trace, témoigner comment toutes ces micro-initiatives sont capables de converger, et ainsi donner des idées aux réunionnais qui veulent mieux manger.

Voici sa note d’intention sur le documentaire :

« Mon engagement écologique se construit dès mon enfance. Une fracture dans le paysage lyonnais me bouleverse. La production agricole intensive et l’industrie chimique côtoient tels des voisins impassibles les parcs nationaux et les sites historiques. Parallèlement, dans la ferme de mon grand-père, j’écoutais attentivement les histoires d’une époque où le cycle de la vie s’accorde avec la nature. Comment envisager l’avenir, et prendre conscience de sa propre transition dans un tel environnement ? Les mêmes questions résonnent en moi, et me poursuivent depuis que La Réunion m’a adopté. Je découvre un chiffre qui me
bouleverse : notre capacité de production alimentaire locale n’est que de 42 %. Ce qui veut dire qu’en cas de blocage du
Port, un habitant sur deux mourra de faim. Face à ce constat, la situation reste inchangée. En principale cause, 56% de la part des aides publiques agricoles, qui sont toujours dédiées à l’industrie de la canne.

Pourtant, il existe des jeunes entrepreneurs et des innovateurs qui proposent des alternatives à cette fatalité.
Par l’image, j’ai voulu valoriser cette multitude de talents “Lakour” qui tentent de se développer sans attendre de décisions ou de financement public. Une solution ressort à travers mes échanges : le circuit court.

Je pars alors à la rencontre de particuliers et de professionnels qui partagent et confrontent leurs visions sur la nécessité d’un changement de modèle de consommation. L’émotion que je cherche à transmettre à travers ce film n’est pas celle de la culpabilité. Seuls la bienveillance, le positivisme et l’espoir permettent de réaliser les enjeux de notre transition collective. L’envie de réaliser ce film a été catalysée par des personnes inspirantes. J’ai été conquis par Carole. Elle incarne son attachement au
terroir de son île. Son rayonnement de bienveillance permet aux autres protagonistes de se livrer de manière authentique et naturelle, de manière que chaque protagoniste apporte sa pierre à l’édifice. J’ai été impressionné de voir avec quelle abnégation un professeur de SVT pouvait construire autant de projets et mener ses élèves jusqu’au parlement européen de Strasbourg. J’ai été ému de rencontrer Jack Fort qui pratique un mode d’élevage raisonné, exigeant, tout en s’occupant de ses enfants.

La structure narrative du film est à l’image de ce que j’ai vécu à La Réunion : des rencontres chaleureuses, de la transmission et du partage entre les différentes générations. Je crois que c’est en multipliant les actions de sensibilisation que nous créerons les vocations de demain, et mèneront notre belle île sur la voie du développement durable ».

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