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“La dengue, l’autre fléau sanitaire…”

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L’épidémie de dengue frappe actuellement de façon sévère, notamment la région ouest, malgré l’arrivée de l’hiver. Il ne se passe pas un jour sans que l’on ne rencontre des personnes tombées malades, parfois avec des complications nécessitant une perfusion, voire une hospitalisation.

La crise COVID a totalement occulté la dengue. Il n’y a pas eu d’anticipation ni de véritable prévention afin de mobiliser la population pour l’entretien des jardins, ou encore d’actions de démoustication à la hauteur de l’ampleur de cette l’épidémie.

On constate de nombreux cas survenus dans des quartiers, et parfois même dans la même résidence. Les gens s’inquiètent à raison, et s’agacent aussi, car ils ne voient pas assez sur le terrain d’équipes de lutte anti vectorielle de l’agence sanitaire locale. Leurs services sont d’ailleurs très difficiles à joindre par téléphone et même par mail.

Le sentiment d’impuissance de la population laisse place à la colère. Il aurait fallu prendre des mesures drastiques pour juguler cette épidémie de grande ampleur dès son apparition.

Les pharmaciens constatent une hausse significative de la fréquentation : une ordonnance sur trois concerne cette maladie. Cela fait dire à l’un d’entre eux, avec 2000 cas officiels par semaine (bien plus au réalité) et de plus en plus de formes graves, que nous serions face à une situation qui se rapprocherait de celle du chikungunya, qui avait ravagé notre île en 2006.

Bien évidemment, il faut également que l’ensemble des citoyens se mobilisent pour faire la chasse aux gites larvaires encore trop nombreux dans les cours et limiter les dépôts sauvages. Mais il est aussi du devoir de l’ensemble des élus de prendre les responsabilités qui sont les leurs, face au constat d’autorités sanitaires débordées par la COVID !

Ils doivent engager les moyens sur le terrain pour répondre aux besoins de la population démunie face à ce fléau. Combien d’entre eux savent qu’il existe depuis 2019 un guide à destination des élus édité par l’ARS ?

 Un guide qui précise que les élus doivent : « renforcer l’entretien des sites particulièrement propices à la prolifération des moustiques (cimetières, ravines…), renforcer la propreté urbaine (gestion des dépôts sauvages, friches, évacuation des véhicules hors d’usage et des pneumatiques usagés …), renforcer l’entretien des bâtiments communaux, et notamment des écoles (élimination hebdomadaire des gîtes larvaires), pour les opérations de renforcement de salubrité publique (élimination des gîtes larvaires), recruter des emplois PEC, informer et communiquer auprès des administrés, sensibiliser et éliminer les gîtes larvaires au domicile des particuliers, pour les opérations de sensibilisation et d’information, faire appel à des volontaires du service civique et des emplois PEC et soutenir des équipes d’intervention pour l’accès aux propriétés au besoin (médiateurs, pouvoirs de police) , réprimer les entreprises ou les particuliers dont la négligence est incompatible avec la lutte contre la dengue, intervenir sur le domaine privé en cas de refus ou d’absence du propriétaire (terrain à l’abandon) ». https://www.lareunion.ars.sante.fr/system/files/2019-03/2019-dengue-guide_a_destination_des_elus_1.pdf

Combien de maires à l’île de la Réunion ont mis en place ces recommandations datant pourtant de 2019 ? Sont-ils trop occupés à courir derrière le Département ou la Région ?

Fort heureusement, l’épidémie va se tasser avec l’arrivée de l’hiver, mais il est déjà temps d’en tirer les leçons, afin de ne pas se retrouver dans la même situation l’année prochaine.

Jean-François Nativel
Elu municipal d’opposition à Saint-Paul

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