La première fille créole de La Réunion était Malgache et s’appelait Anne Mousse

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Elle a été la première fille, femme et mère de famille née dans l’île Bourbon, ancienne île des Mascareignes, aujourd’hui La Réunion. C’était un 10 avril 1668. Anne Mousse, appelée encore « la grand-mère des Réunionnais », a vu le jour à Saint-Paul. Ses parents, Marie Caze (ou Case) et Jean Mousse (ou Mousso) étaient Malgaches.

Ils étaient arrivés à La Réunion un 14 novembre 1663 en compagnie de deux Français (Louis Payen et Pierre Pau) et de 8 autres Malgaches. Dix Malgaches qui sont à l’origine du peuplement de notre île. Anne Mousse est donc la première créole de La Réunion. C’est ce qu’a expliqué, hier soir, dans la salle du conseil municipal de Bras-Panon, l’historien Prosper Eve, lors d’une conférence publique organisée avec la collaboration de la municipalité. Une conférence qui s’est déroulée en présence d’un “petit” mais “passionné” public.

Anne Mousse, qui aurait eu 350 ans cette année, a joué un rôle important durant son existence. Ancêtre de nombreux Réunionnais, elle est considérée comme étant à l’origine du métissage à La Réunion. A 19 ans, de parents Malgache, elle épouse un colon français, Noël Tessier (originaire de Bretagne) en 1687. Le couple ira s’installer à Sainte-Marie. Anne Mousse donnera naissance à 8 enfants dont 6 filles. Elle sera grand-mère de 65 petits-enfants.

Veuve, Anne Mousse épousera Dominique Ferrère. Elle est âgée de 54 lorsqu’elle se marie pour la deuxième fois. Aujourd’hui, les Vidot, Maillot, Guichard, Hoareau, Boyer, Esparon et bien d’autres noms (patronymes) sont les descendants d’Anne Mousse. Elle meurt à l’âge de 65 ans.

Mais ce que les historiens, à l’instar de Prosper Eve, retiendront de sa vie, c’est son combat et sa détermination à concrétiser son ambition, quitte à devoir affronter les gouvernants, en l’occurrence la Compagnie française des Indes orientales, Et son ambition, à l’époque, était de construire une paroisse à Sainte-Marie avec l’édification d’une première chapelle au profit des Lazaristes. Elle prendra dans ses biens personnels, ses terres, pour faire don aux religieux et, après sa mort en 1733, ses enfants unis comme les doigts de la main, respecteront à la lettre son souhait. « Anne Mousse était une guide, une visionnaire », insiste Prosper Eve. Un exemple de combattante pour les femmes d’aujourd’hui.

(Photos Hugues Rodelin)


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