//

La Réunion s’est trouvée un leader : son peuple !

35 min de lecture
74

Pourquoi cette crise sociale des « gilets jaunes », qui dure depuis maintenant dix jours, ouvre-t-elle une nouvelle page de notre histoire et marque-t-elle le début de ce qu’il est convenu d’appeler « l’émancipation réunionnaise » ? Une émancipation qui est incontestablement en marche (sans jeu de mots) et qui met sur le devant de la scène des jeunes et moins jeunes décomplexés, n’hésitant pas à montrer au créneau pour se faire entendre car ne voyant plus en nos élus des porte-paroles crédibles. Des citoyens qui osent et qui s’indignent face à une situation qu’ils jugent « intolérable ». Une chose est sûre, il n’y aura certes pas de miracle immédiat au terme de ces manifestations, malgré tout, plus rien ne sera comme avant tant cette crise est venue bousculer les codes et les consciences. Explications.

Mais avant tout, nous ne le dirons jamais assez et nous le répéterons autant que faire se peut : nous condamnons évidemment toutes les violences qui émaillent les manifestations des « gilets jaunes ». Nous dénonçons avec virulence les « casses » nocturnes perpétrés par des malfrats durant les trois premières nuits de ce mouvement débuté le 17 novembre dernier. Nous déplorons les exactions été commises par quelques « mal éduqués » qui se sont mis à racketter les automobilistes bloqués dans certains barrages. Ceux-là seront sanctionnés par la justice.

Mais jamais, nous ne ferons l’amalgame entre les vrais « gilets jaunes », les « casseurs » et les « mal élevés ».Depuis le début cette révolte citoyenne et pacifique, les « gilets » jaunes » opéraient surtout en journée, alors que les « casseurs » intervenaient durant la nuit. Aussi, c’est avec soulagement que la décision du préfet d’instaurer un couvre-feu dans quatorze communes a été bien accueillie par la grande majorité de la population, notamment par les commerçants, qui s’est sentie rassurée. De même que l’arrivée des forces de l’ordre en renfort pour assurer la sécurité des personnes et des biens a été raisonnablement perçue dans l’ensemble.

Le préjudice des violences, des casses, des pillages est lourd, très lourd. Les conséquences de ce mouvement, qui n’est d’ailleurs pas encore terminé, ne seront pas sans incidence sur les budgets des collectivités, donc sur les impôts de ceux qui travaillent.

Mais cette manifestation des « gilets jaunes », qui dure encore, vient aujourd’hui écrire une nouvelle page de notre histoire. Elle a mis sur nos routes des pères et des mères de famille, des jeunes et des moins jeunes, des actifs et des chômeurs, des retraités, des agriculteurs, des artisans… bref une grande partie de citoyens représentatifs de la population réunionnaise dans sa globalité. Des gens issus des classes modestes, des classes moyennes aussi, humiliées, méprisées, maltraitées par la politique antisociale d’Emmanuel Macron depuis son accession au pouvoir il y a un peu plus d’un an. Bien entendu, il n’est pas seul responsable d’une situation qui dure depuis des décennies, mais sa politique est venue, très rapidement, renforcer l’écart des inégalités existant entre les riches et les pauvres. Et cette politique privilégie clairement « les premiers de cordée » au détriment des citoyens de la France (de La Réunion) d’en bas.

“Le déclencheur de la crise : l’augmentation de la taxe régionale sur les carburants”

Incontestablement, elle a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la colère. Au plan national, n’oublions pas que c’est l’augmentation des taxes sur les carburants dans le cadre de la transition énergétique qui a mis le feu aux poudres et qui a entraîné cette manifestation des « gilets jaunes » dont l’objectif est de protester de façon générale contre la vie chère et contre la baisse du pouvoir d’achat. Cet appel à la manifestation a été, comme il fallait s’y attendre, relayé localement où tous les clignotants, qui plus est, sont au rouge : niveau de pauvreté hors norme (plus de 40% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté), coût de la vie plus cher qu’en métropole, taux de chômage record dont 60% de jeunes de moins de 25 ans, contrats aidés en nette diminution et moins financés par l’Etat, augmentation de la fiscalité, hausse de la CSG sur les petites retraités, situation de monopoles dans plusieurs domaines, dans celui des carburants notamment, pénalisant sérieusement le porte-monnaie des consommateurs, dotations des collectivités en diminution… ».

A La Réunion, plus particulièrement, l’enchaînement de trois faits a attisé le ras-le-bol des « gilets jaunes » : la révélation par le site internet Imaz Press d’une des rémunérations du président de Région (6 800 euros), l’annonce de l’application de la hausse de la taxe régionale sur les carburants et la conférence de presse de Didier Robert, le mardi 13 novembre, avec cette annonce d’une aide annuelle de 100 € pour les familles les plus modestes. Les plus démunis ont vu rouge et ont, du coup, stigmatisé une classe politique faite globalement selon eux, de « profiteurs qui ne pensent qu’à eux, qu’à leurs poches, qu’à leurs proches aussi ». D’où le réveil citoyen via une manifestation qu’ils ont voulue « apolitique ». Très vite, ce mouvement des « gilets jaunes » s’est transformé en un miroir du malaise social, en un révélateur de toutes les frustrations, de tous les traumatismes vécus par une partie de la population depuis des décennies et de toutes les injustices subies par certaines catégories sociales, par ce peuple qui a faim, qui souffre, qui en a marre de payer ; Ce peuple qui est descendu dans la rue pour faire entendre sa colère face à ceux qui sèment la misère. D’où le slogan qu’on a pu voir et entendre sur les barrages : « qui sème la misère récolte la colère ! ». Et c’est parce que, directement, il porte, avec sa majorité, la responsabilité de l’augmentation de la taxe régionale des carburants, que le président de Région a été, dès le départ, politiquement ciblé par les manifestants.

“Gestion la crise : retard à l’allumage, côté Etat”

N’ayons pas peur des mots : tel un moteur diesel, le préfet a eu un peu de retard à l’allumage. La manifestation a démarré samedi. Les « casses », n’ayant strictement rien à voir avec les « gilets jaunes », ont démarré quasiment la première nuit. Ce n’est que le mardi matin que le préfet a officiellement pris la parole pour annoncer l’arrivée des renforts venus de Mayotte et expliquer, via sa directrice de cabinet, que « le dialogue était ouvert ». Sauf que, lorsqu’arrivent les premiers « gilets jaunes » à la préfecture, il n’est pas disponible, occupé à une réunion avec les maires, les élus, ceux-là mêmes en qui les « gilets jaunes » ne croient plus. A cette réunion à laquelle ont répondu tous les maires, physiquement ou par visio-conférence, ainsi que d’autres élus (le président du Département), Didier Robert s’était excusé. Pourtant présent dans l’île, le président de Région a préféré vaquer à d’autres occupations. Le préfet, représentant de l’Etat, aurait pu insister pour qu’il y participe étant donné que le déclencheur de cette crise a quand même été une décision prise par sa collectivité, à savoir la hausse de la taxe régionale sur les carburants. Rien ! Dès les premiers jours et, avant même de parler des renforts de force de l’ordre, le préfet aurait pu également intervenir à la télé sur un plateau de son choix (Réunion La 1ère ou Antenne Réunion), ou les deux, ainsi que sur la radio la plus écoutée dans l’île pour passer un message solennel aux « gilets jaunes » en leur demandant publiquement de former une délégation de représentants. Rien ! Le premier entretien avec les « gilets jaunes » n’interviendra qu’au 7ème jour à la préfecture. Et ce n’est qu’au 8ème jour, samedi matin, que le préfet décide de partir à la rencontre des « gilets jaunes » regroupés en masse sous ses fenêtres, au square Labourdonnais.

Parallèlement, la ministre des Outre-mers qui reçoit quelques élus (les sénateurs Nassimah Dindar, Viviane Malet, Michel Dennemont, Jean-Louis Lagourgue, le président de l’AMDR Stéphane Fouassin, le maire du Tampon André Thien-Ah-Koon), annonce qu’elle se rendra dans l’île « dans quelques jours ». A sa décharge, localement, le préfet n’a pas beaucoup été aidé par les élus, qui avaient perdu leur langue, sans doute victimes de « la jaunisse ». Nombreux sont ceux qui « la gagne la patte » ou que « la parti cachiette ». C’est du pareil au même !

“Fiasco de la com’, côté Région”

Un peu partout dans l’île, certains élus sont descendus sur les barrages : Jean-Hugues Ratenon, David Lorion, Cyrille Melchior, Michel Fontaine, et bien d’autres encore, des maires ou leurs adjoints dans leur commune respective. Dès le lundi, Cyrille Melchior, président du Département, a invité les élus à se mettre autour d’une table pour réfléchir dans l’urgence à un mémorandum, un document non figé, donc ouvert à toutes les bonnes volontés afin de présenter dix propositions au gouvernement. Plus d’une quarantaine d’élus signent, des élus de tous bords politiques. Mais pas Didier Robert. Les députées Huguette Bello et Ericka Bareigts émettent également des propositions. Les sénateurs interviennent à la tribune pour interpeller le gouvernement. Cyrille Melchior adresse la contribution de tous les élus pétitionnaires au préfet de La Réunion (c’est la moindre des choses) puis à la ministre des Outre-mers. Le président de Région, pour sa part, écrit directement au Président de La République, Emmanuel Macron. Du genre, on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Lui joue dans une autre cour. Dès les premiers jours de la crise, il aurait pu essayer d’apaiser les tensions en réunissant par exemple une commission permanente extraordinaire pour re-débattre, ici, localement, de cette augmentation de la taxe régionale sur les carburants qui pose manifestement problème. Rien !

En revanche, la Région fait annoncer « en exclusivité » par la presse subventionnée avoir obtenu de l’Etat « l’autorisation de geler » cette augmentation. De la com’ gros doigt, qui ne passe visiblement pas dans les rangs des « gilets jaunes ». Ces derniers savent que la Région n’avait pas besoin de l’autorisation de l’Etat, ni de dérogation gouvernementale pour intervenir sur cette hausse, de la même façon que le président de Région n’a jamais eu besoin de Paris lorsque lui et sa majorité ont décidé, en décembre 2017, malgré les multiples et insistantes mises en garde de l’opposition régionale, notamment de Karine Nabénéza, d’augmenter cette taxe. Premier fiasco de la com’.

Autre pilule qui n’est pas passée : l’argument défendu par le président de la pyramide et ses partisans selon lequel « si augmentation de la taxe il y a eu, c’est de la faute à Ericka Bareigts, la députée socialiste ». Deuxième fiasco. Les « gilets jaunes » n’ont pas gobé cette explication, sachant que la loi de 2015 relative à la transition énergétique qui, dans l’absolu, part d’un bon sentiment, n’obligeait aucunement la Région Réunion d’augmenter la taxe eu égard à la situation sociale réunionnaise.

Même la ministre des Outre-mers, Annick Girardin, dans une interview accordée au Quotidien, vendredi matin, désavouera l’argumentaire régional : « A La Réunion, dit-elle, le gouvernement n’a pas la compétence de fixer le taux de la taxe spéciale de consommation sur les carburants (TSCC). C’est une décision accordée par le président de Région en vertu des compétences qui sont les siennes ». C’est ce qu’elle avait déjà déclaré, deux jours auparavant, aux élus réunionnais qu’elle avait rencontrés à Paris.

Troisième fiasco de la com’ : la tentative de victimisation personnelle avec cette histoire de « menaces de mort » sur la personne du président de Région et de sa famille. Laquelle a été reprise au plus haut niveau de l’Etat, par le Président de la République qui, alors que ça pétait de partout dans l’île, n’avait rien trouvé de mieux que de déclarer à la tribune, devant 2000 maires réunis à l’Elysée, que « l’exécutif réunionnais » (parce que La Réunion a un président !) avait le « soutien de toute la Nation ». Ainsi donc, le chef de l’Etat, à la grande surprise de la population réunionnaise, venait de ramener la situation explosive vécue dans l’île à un problème de personne, en l’occurrence à celle du président de Région. Ce qui n’a pas manqué de susciter une avalanche de « moucatages » sur les barrages routiers entre « gilets jaunes », faisant passer ainsi « l’exécutif réunionnais » pour « un kapon qui va se plaindre auprès du Président Macron » lorsque le peuple se réveille. D’où certaines ironies du genre : « comment ou ral sah ou président ? ».

A sa décharge, Didier Robert n’est évidemment pas le seul responsable de cette crise sociale qui était prévisible depuis longtemps déjà. Tous les élus de sa majorité ont voté en faveur de cette taxe, y compris ceux-là mêmes (Nathalie Bassire, Nadia Ramassamy, Jean-Gaël Anda, et même les Nassimah Dindar, Stéphane Fouassin, Jean-Louis Lagourgue,…une trentaine de conseillers régionaux au total) qui ont tenté vainement une explication auprès des manifestants. Raisin pour laquelle, Didier Robert aurait dû organiser cette commission permanente extraordinaire, afin d’identifier publiquement la responsabilité collective de cette décision d’augmentation, afin de reconnaître que cette hausse était mal venue (faire son mea culpa, ce n’est pas se rabaisser, bien au contraire) et proposer enfin de revenir sur cette décision non pas pour la geler mais pour la supprimer, en expliquant par la même occasion que les recettes de cette hausse n’allaient pas profiter qu’à sa collectivité mais à toutes les autres aussi. Or, il est resté cloîtré dans sa tour d’ivoire laissant cette impression d’un élu peureux se réfugiant derrière un Président de La République déjà lui-même déstabilisé vu l’état de « chienlit » dans lequel se trouve la France. En évitant tout contact avec le peuple des « gilets jaunes », en se comportant tel un élu-salon ou un élu de « l’ancien monde », Didier Robert a cristallisé sur lui tous les mécontentements, toutes les déceptions d’une politique qui date pourtant de plusieurs décennies et dont il n’est pas (le seul) responsable. Notre département souffre de retards structurels qui ne sont pas de son fait. Sauf qu’à l’image de Macron, Didier Robert donne l’impression de celui qui assène les derniers coups de marteau pour enfoncer le clou de la crucifixion (fiscale) sur un peuple déjà « saigné » ; Un peuplequi attendait plutôt de lui un changement de vision, de posture, en raison de sa jeunesse. Raté ! Mais en politique, il faut savoir que rien n’est jamais figé. A condition de faire gaffe de ne pas se prendre les pieds dans une politique « gros ker » ou revancharde, tel qu’on peut le voir depuis ce week-end sur les réseaux sociaux où, pour faire diversion, certains (ou certaines) « arrosent » leur page Facebook de photos montrant Nassimah Dindar, Michel Dennemont, Stéphane Fouassin, Jean-Louis Lagourgue à Paris ou encore le député Jean-Hugues Ratenon assis dans le salon VIP d’une compagnie aérienne avec une coupe à la main, comme si, lui, l’ancien Rmiste, contrairement à d’autres élus, devaient voyager en soute et n’aurait jamais dû avoir droit au salon VIP. Franchement pitoyable ! En plus, Ratenon avait adressé un mail depuis le matin aux rédactions pour annoncer qu’il prenait l’avion dimanche car il doit intervenir en séance publique à l’Assemblée nationale sur cette crise sociale vers 16 heures, heures de La Réunion, lundi (aujourd’hui) avant de reprendre l’avion le soir même pour être de nouveau aux côtés des « gilets jaunes » dès demain, mardi.

“Tentative de récupération politique, de manipulation”

Tout au long de cette semaine, certains ont reproché aux « gilets jaunes » d’être « désorganisés », « pas structurés », « d’aller dans tous les sens ». Ce qui n’est pas faux. Pourquoi ? Parce que justement, ce mouvement des « gilets jaunes » n’a rien d’un mouvement politique ou syndical. C’est un mouvement citoyen, spontané sans arrière-pensée politique ou électorale. Un mouvement qui échappe donc à « l’establishment », au système. Et c’est bien cela qui, quelque part, agace, les autorités tellement habitués aux mêmes interlocuteurs depuis des années. C’est un mouvement émanant de la base, du peuple qui n’a rien à faire des « querelles de chapelles », des ambitions de tel ou tel élu. C’est un mouvement fait de « monsieur et de madame tout-le-monde », de jeunes et de moins jeunes, de gens qui souffrent et qui n’en peuvent plus de mettre la main dans leur porte-monnaie quasi vide pour payer toutes les extravagances, les privilèges, les passe-droits de la classe dirigeante et de leurs proches. Ce sont des jeunes et des moins jeunes totalement décomplexés qui ont décidé de se prendre en main et de parler en leur nom au préfet ou même aux ministres sans avoir besoin des élus qu’ils suspectent d’être « complices du système » depuis des décennies. Raison pour laquelle, si les « gilets jaunes » appellent à la contribution de tout un chacun pour une prise de conscience qui puisse changer la donne, ils refusent toute récupération politique d’où qu’elle vienne. Aussi, ont-ils refusé d’être accompagné chez le préfet par des collaborateurs de telle ou telle collectivité; Aussi ont-ils « chassé » Thierry Robert du Port Est samedi. Aussi, ont-ils remis très vite à sa place Jean-Bernard Caroupaye, qui s’est « réveillé » au 7e jour seulement des manifestations… Les « gilets jaunes » s’organisent et se structurent doucement mais sûrement. Ils ne font plus confiance aux élus qui, selon eux, « faillottent trop » avec le pouvoir parisien en « se contentant » de la bise et du sourire de la ministre des Outre-mers ou des autres membres du gouvernement. Annick Girardin arrive ici, tape la bise à quasiment tous les élus, de droite, du centre et de gauche, du genre mi aime zot tout’ ou peace and love, et tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, et le tour est joué. Pendant ce temps, elle repart à Paris et rabotte sur tout ce qu’elle peut rabotter sur le budget Outre-mer. Idem pour le Premier ministre et le Président de la République à qui nos politiques font des yeux doux. Certains caressant même l’espoir de devenir ministre quitte à sacrifier le peuple réunionnais sur l’autel de leur parcours personnel. Dans ces conditions, comment voulez-vous qu’ils obtiennent satisfaction pour La Réunion..

Dans de telles conditions, nos élus auront beau crier qu’il faut des contrats aidés financés à plus de 85%, qu’il ne faut supprimer l’AL Accession, qu’il ne faut pas remettre en cause l’abattement fiscal de 30%, qu’il ne faut pas augmenter la CSG sur les retraites, qu’il ne faut pas baisser les dotations des collectivités, que la situation devient explosive etc… mais tant qu’ils iront négocier à Paris avec la fleur au bout du fusil et le sourire en tranche papaye, le gouvernement les prendra pour des comiques soucieux de leur intérêt personnel. En revanche, le jour où nos élus, toutes tendances politiques confondues, comprendront qu’il faut, après les élections, se mettre autour d’une table pour parler d’une même voix et en tapant du poing sur cette même table des négociations dans l’intérêt général, l’intérêt collectif, nul doute que le gouvernement réagira différemment.

“Le sourire ne suffira pas pour les amadouer Mme la ministre !”

En attendant, en guise de réponse, Annick Girardin et Emmanuel Macron renvoient systématiquement nos élus au Livre Bleu des Assises de l’Outre-mer, c’est-à-dire aux calendes grecques. Cette fois, Mme la ministre, vous qui avez reconnu que « La Réunion est la région la plus inégalitaire de France », ce n’est pas avec les « élus complices » qui se sont jusqu’ici fait passer pour les chefs de La Réunion que vous allez discuter dans les salons dorés et feutrés de la République à Paris, mais avec le nouveau leader de l’île, à savoir son peuple dans toute sa diversité et avec son langage authentique et sincère de la rue. Un peuple qui gagnera à être encore plus solidaire. Avant de venir, lisez attentivement les revendications que les « gilets jaunes » ont fait parvenir vendredi soir au préfet Amaury de Saint Quentin. A priori, elles peuvent paraître un peu confuses voire « farfelues », mais ces revendications traduisent une volonté de changement à tous les niveaux. Il y est question de cherté de la vie, de pouvoir d’achat, du coût de la vie, de fiscalité, de monopole, de plan de lutte contre le chômage, de préférence régionale dans une île rongée gangrénée justement par le chômage, de jeunes réunionnais qui ne trouvent pas d’emplois alors que les « réseaux » les « entre soi » fonctionnent bien au profit d’une catégorie de personnes non réunionnaises ; Il y est aussi question d’embauches familiales, de recrutements de complaisance, de rémunération légale mais insolente et indécente des élus… L’envie d’une vraie révolution citoyenne en somme ! Ils veulent des réponses concrètes, madame la ministre. Pas sur tout, tout de suite, mais rapidement. Et avec « les gilets jaunes », pas sûr que la bise et le sourire suffiront pour les amadouer !

Y.M.

([email protected])

 

 


74
Poster un Commentaire

avatar
56 Fils de commentaires
18 Réponses de fil
0 Abonnés
 
Commentaire avec le plus de réactions
Le plus populaire des commentaires
52 Auteurs du commentaire
BaboeufSullivanRAL SASouanagoutamoins Auteurs de commentaires récents
plus récent plus ancien Le plus populaire
Free Dom
WordPress Video Lightbox