La Réunion – Une conjoncture moins favorable aux grandes surfaces alimentaires réunionnaises

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La hausse de l’inflation, conséquence de la crise sanitaire et de la guerre russe en Ukraine, a fait ressurgir le thème de « la vie chère » et s’interroger de nouveau sur la formation des prix en Outre-mer, en particulier dans le secteur de la grande distribution alimentaire.

L’examen des résultats financiers des entreprises de ce secteur au cours de la période 2019-2022 montre cependant que leurs performances sont moins bien orientées aujourd’hui qu’avant la crise sanitaire. Elles ont notamment souffert de l’inédite recomposition du secteur des grandes surfaces alimentaires (GSA) et du retour de l’inflation. Ces performances restent toutefois supérieures en moyenne aux GSA établies dans l’Hexagone.

Une recomposition inédite du secteur, qui pèse sur les résultats d’exploitation Le paysage de la grande distribution alimentaire en profonde recomposition Le secteur de la grande distribution alimentaire est en recomposition à La Réunion depuis fin 2019. D’une part, de nouveaux magasins ont été installés. Le groupe E. Leclerc Réunion a ouvert trois hypermarchés : le premier (Les Terrasses) à Saint-Joseph en 2019, le deuxième (La Réserve) à Sainte-Marie en 2020 et le troisième (La Caserne, ex-Géant) à Saint-Pierre en 2021. Le groupe Système U a également ouvert trois supermarchés : le premier à l’Éperon en 2019, les deux autres à La Plaine-desPalmistes et à Saint-Joseph en 2020. Ces ouvertures augmentent les capacités globales du secteur et accroissent la concurrence dans les zones géographiques déjà les mieux dotées (par exemple, l’axe Sainte-Clotilde-Sainte-Suzanne comprend 4 hypermarchés sur 14 km). Chronologie des principaux changements du paysage de la grande distribution alimentaire à La Réunion

 

Le secteur a, d’autre part, connu des changements d’actionnaires significatifs sur la période. Le Groupe Bernard Hayot (GBH) a pris le contrôle de la société Vindémia Group (filiale du groupe Casino dans l’océan Indien) qui exploitait sept hypermarchés et quatorze supermarchés sous les enseignes Jumbo Score et Score respectivement. Cette opération a été autorisée par l’Autorité de la concurrence le 26 mai 2020, contre la cession de certains magasins. Quatre des hypermarchés ont ainsi été repris par le groupe Make Distribution, sous enseigne Run Market (partenaire d’Intermarché), et 2 supermarchés ont été cédés au groupe Thien-Ah Koon (enseigne Intermark). Au final, 3 hypermarchés Jumbo et 12 supermarchés Score ont rejoint GBH sous enseigne Carrefour.

Une conjoncture plutôt moins favorable

En moyenne sur la période 2019-2022, le chiffre d’affaires (CA) du secteur augmente de 2,3 % par an (graphique 1).

L’activité du secteur progresse de manière moins soutenue que l’économie dans son ensemble : tous secteurs confondus, les entreprises enregistrent une hausse du CA de 3,8 % par an sur la même période. En % 10 5 0-5 1 – Évolution du chiffre d’affaires à La Réunion 8,6 4,4 3,2 2,5 1,9 7,1 0,7 3,8 2,3 Dans le détail, les GSA s’inscrivent à contre-courant des autres secteurs.

En 2020, leur CA s’accroît de 4,4 % en moyenne par rapport à l’année précédente, tandis que celui des autres secteurs se contracte de 3,7 %. La grande distribution alimentaire est considérée comme un commerce essentiel et reste moins impactée par les restrictions d’ouverture.

En 2021, l’activité se normalise malgré le début des difficultés d’approvisionnement et du renchérissement des coûts. Le CA du secteur n’augmente que de 1,9 %, alors que l’économie réunionnaise enregistre un rebond d’activité (+8,6 %) suite à une année 2020 négative. En 2022, en revanche, le CA du secteur ralentit à + 0,7 %. Le retour de l’inflation (+5,5 % en moyenne annuelle) pèse sur la consommation des ménages. De plus, la fin des restrictions d’activité redirige une partie des flux de -3,7 2019 2020 2021 2022 GSA* Tous secteurs

* Grandes surfaces alimentaires Sources : IEDOM, Banque de France, FIBEN, Octobre 2023 Moy. par an 2019-2022 consommation vers les services. Parallèlement, l’activité demeure bien orientée dans le reste de l’économie

 

Des résultats en repli pour le secteur

La combinaison de la réorganisation des points de vente et du retour de l’inflation dégrade les résultats d’exploitation du secteur sur la période. La richesse créée mesurée par la valeur ajoutée (VA) et la rentabilité d’exploitation mesurée par l’excédent brut d’exploitation (EBE) des GSA réunionnaises se contractent, respectivement de 3,8 % et de 19,7 % entre 2019 et 2022 en moyenne annuelle . Le recul de la VA s’explique en grande partie par les coûts induits par les opérations de rachats et de changement d’enseignes et de marques. En effet, ces transformations1 ont entraîné des charges supplémentaires en changement de marque, réassort des rayons, logistique, entreposage, gardiennage, études, etc. Celles-ci contribuent à l’accroissement des charges externes : +6,1 % par an entre 2019 et 2022. Les résultats restent, malgré tout, également mal orientés pour les magasins non concernés par ces changements d’enseigne. -24 VA-19,7 GSA* Tous secteurs * Grandes surfaces alimentaires Sources : IEDOM, Banque de France, FIBEN, Octobre 2023 EBE Enfin, la baisse de la VA, conjuguée à une hausse des charges de personnel (+3,5 %), dégradent la rentabilité d’exploitation

1 Commentaire

  1.  » Le Sénégal sera très bientôt en mesure de produire ses propres médicaments et vaccins

    C’est l’obtention du niveau 3 de maturité en matière de réglementation pharmaceutique qui va permettre à Dakar de s’y lancer. Il deviendra ainsi le premier pays de l’Afrique francophone à posséder ce brevet.

    Après une évaluation récente de l’OMS, le pays a jusqu’au 20 mai pour effectuer certaines mises en conformité. À leur issue, le passage au niveau 3 sera acté.

    Ce résultat permettra de booster l’économie dans la production, l’importation et la résilience des produits, a noté Oumou Kalsoum Ndao, directrice générale de l’Agence de réglementation pharmaceutique (APR).

    « Notre pays a l’ambition de réduire de façon considérable sa dépendance vis-à-vis des importations des produits », a pour sa part mis en avant le secrétaire général du ministère de la Santé.

    Il y a deux ans, le pays a décidé de relancer son industrie pharmaceutique et créé l’ARP. À l’époque, l’OMS avait formulé 187 recommandations que l’instance a exécutées. »

    la france est un pays de consommateurs débilisés qui ne veulent plus et ne savent plus fabriquer ses médicaments comme biogaran:

    La société française pharmaceutique Biogaran, produisant 32% des génériques en France, pourrait prochainement être vendue à un repreneur indien. Le ministre de l’Industrie Roland Lescure temporise et tient à rassurer : « Nous pouvons imposer des conditions à ces reprises, voire les refuser ! »

    on est dirigé par des imbéciles

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