La semaine noire de Didier Robert

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Mardi 9 avril, le gouvernement shoote le projet « zéro déchets 2030 » défendu par le président de la Région et donne raison à Michel Fontaine, président d’ILEVA. Jeudi 11, le président de Région apprend que la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) va saisir la justice concernant sa déclaration « hors délai » d’intérêts et de patrimoine car il subsiste « un doute sérieux ». Durant toute cette semaine aussi, ont eu lieu les premières auditions dans le cadre de l’enquête préliminaire pour détournements de fonds à la SPL RMR dont il était le Pdg jusqu’en décembre dernier. C’était la semaine noire de Didier Robert. Nous y reviendrons.

Avant tout, je souhaite une bonne année (Pouttandou Vajtoukal 5120) à la communauté tamoule de La Réunion. Et également une bonne fête des Rameaux à toute la communauté chrétienne de l’île. C’était hier, dimanche, le jour de l’An tamoul ainsi que les Rameaux.

C’est parti ! Ma grand-mère me disait toujours : « la roue tourne ; Ça peut prendre des jours, des semaines, des mois, parfois même des années, mais elle tourne. Et le mal revient toujours à celui qui le fait ». Parfois aussi, elle me disait : « Bon dieu i punit pas galet et nana un jour i appelle demain ». Au fait, pourquoi je vous raconte ça ? Je crois que j’ai un peu perdu le fil de mes idéesMais ça va me revenir.

Le président de Région débouté par la Cour d’Appel

En attendant, je vais vous parler de la Région et de son président, et plus exactement, d’une décision de justice concernant Sarah Patel, la directrice de la société Sinusoïde qui gère « freedom.fr », le site internet de Radio Free Dom, et moi-même. Une décision de la Cour d’appel de Saint-Denis, datée du 11 mars dernier, déboutant Didier Robert, en tant que partie civile, qui avait déjà perdu en première instance au Tribunal Correctionnel de Saint-Denis, le 23 mars 2018. Représenté par Me Jean-Jacques Morel et Me Basile Ader (avocat parisien), Didier Robert nous avait attaqués pour diffamation suite à un de mes éditos, daté de septembre 2018, et relatif à l’attribution des marchés de la NRL (Nouvelle Route du Littoral) qui fait toujours l’objet, depuis 2014, d’une enquête judiciaire menée par le Parquet national financier (PNF) de Paris.

Après la Correctionnelle, Didier Robert a donc été débouté pour la deuxième fois, par la Cour d’Appel, cette fois. Je ne commente évidemment pas la décision de justice ; Je ne fais que vous la relater, comme un classique compte-rendu de tribunal. Nous étions, Sarah Patel et moi-même, défendus par l’excellente Me Boyer-Bigot (du barreau de Saint-Denis de La Réunion). Nous ne souffrons pas (encore) du syndrome de la goyave de France.

La décision de la Cour d’Appel de Saint-Denis, dans le cadre de cette affaire supposée de diffamation, est on ne peut plus claire. Je me fais un plaisir de vous la livrer sans enlever une seule virgule : « l’éditorial en cause, qui peut-être parfois qualifié d’esprit badin, s’inscrit dans le cadre protecteur de la liberté d’expression et dans celui du droit à l’information dont il n’a pas dépassé le limites. Le premier juge a souligné que l’éditorial, pour l’essentiel, s’est contenté de commenter l’arrivée sur l’île de La Réunion, d’enquêteurs diligentés par le parquet national financier, ce qui était une réalité, et à indiquer qu’un témoin faisait état de pots de vin versés à l’occasion de marchés relatifs à la construction de la nouvelle route du littoral, l’éditorialiste faisant état de montants, tout en se demandant, de manière prudente, s’il s’agit d’une info ou d’une intox, que le titre qui peut-être qualifié d’accrocheur « plus de 100 millions d’euros de pots de vin », n’est suivi d’aucune mise en cause personnelle dans le corps de l’éditorial, qu’il ne saurait être contesté qu’une enquête préliminaire est actuellement diligentée sous le contrôle du parquet national financier au sujet de marchés passés pour la construction de la nouvelle route, et que ce service parisien, comme le rappelle l’article en cause, a en charge des procédures pénales lourdes ; Enfin la phrase « les enquêteurs du PNF ont aussi laissé entendre que Didier Robert, président de la Région, devrait être entendu dans les semaines qui viennent, vraisemblablement à Paris » ne saurait constituer une faute de la part du journaliste, un tel acte de procédure ne saurait être surprenant pour le responsable d’un conseil régional qui a engagé le chantier depuis au moins fin 2013, et qui était déjà en poste, selon ses propres écritures, lorsque que furent attribués les marchés de l’édification de la nouvelle route qui semblent être examinés par des services d’enquête. La construction en cause étant de nature supra-pharaonique, rien ne pouvait interdire au journaliste de souligner que le dossier d’enquête était « du lourd » ou du « très lourd », choix qui relève de la seule liberté du professionnel. Le terme relatif à Didier Robert : « entendu » à Paris par les enquêteurs du parquet national financier étant parfaitement neutre par rapport à d’autres termes comme « interrogé » ou « auditionné », ainsi l’éditorialiste Yves Mont-Rouge, tout en informant ses lecteurs d’une affaire financière d’envergure, a fait preuve d’une parfaite prudence et n’a commis aucune faute civile qui devrait être sanctionnée. Il ne saurait d’avantage être retenu à l’encontre de Sarah Patel et de la société Sinusoïde une quelconque faute civile ».

Des salaires « sans fondement légal » déclarés hors délai auprès de la HATVP

Je vous le disais, une décision on ne peut plus claire de la Cour d’Appel de Saint-Denis. Pour être complet sur le sujet, je dois vous préciser que les avocats du président de la Région ont fait un pourvoi en cassation. Il faut aussi préciser que pour tous ces actes de procédure (procès en 1ère instance, Appel, Cassation), contrairement à Sarah Patel et à moi-même, ce n’est pas le président de la Région qui paye de sa poche. Ce sont les contribuables, puisque la loi le lui permet.

Ce qui fait dire aux mauvaises langues que, si Didier Robert n’a pas intenté de procès au Quotidien de La Réunion en tant que ex Pdg de la SPL RMR, c’est parce que la loi ne permet pas à une SPL de prendre en charge les frais de justice de ses salariés lorsque ceux-ci décident d’intenter un procès. En effet, suite aux révélations du Quotidien, en décembre dernier, relatives au « scandale des rémunérations » de Didier Robert à la tête de la SPL RMR, ce dernier avait pourtant, lors d’une conférence de presse, annoncé publiquement et avec véhémence qu’il allait poursuivre le Quotidien en justice pour « appel à la haine et au meurtre ». A en croire le journaliste Hervé Chossat dans son édito du jeudi 11 avril dernier, « le Quotidien attend toujours la plainte » de Didier Robert.

Pas sûr que celle-ci va arriver car entretemps, la Chambre régionale des comptes (CRC) a rendu un rapport qui en dit long sur la gestion de la SPL RMR et sur les rémunérations « sans fondement légal » perçus par son ex Pdg Didier Robert entre le 1er septembre 2017 et le 30 juin 2018. Une enquête pénale a été ouverte depuis sur cette affaire de salaires illégaux.

Des salaires déclarés « hors délais » par Didier Robert auprès de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), apprend-t-on jeudi soir dans un communiqué de l’AFP. Le fait même de les avoir déclarés tardivement peut-être considérée comme une infraction au regard de la loi. A tel point que certains se demandent « s’il n’y avait pas eu les révélations du Quotidien, est-ce que ces salaires considérés comme illégaux par la CRC auraient été déclarés auprès de la HATVP » ?

Attention, ce sont des questions que se pose l’homme de la rue. Ce n’est pas un jugement que je porte. A la justice de faire son travail étant donné que la HATVP a saisi le parquet de Saint-Denis pour enquête car, selon elle, il existe « un doute sérieux quant à l’exhaustivité, l’exactitude et la sincérité de ces déclarations », du fait  d’avoir omis de déclarer « une partie substantielle de ses revenus ». Selon la HATVP, « ces faits sont susceptibles de constituer des infractions pénales ». Raison pour laquelle, le dossier a été transmis au procureur de la République Eric Tufféry. Didier Robert se défend de toute « tricherie » en disant qu’il a tout déclaré au niveau des impôts. Mais la direction des services fiscaux et la Haute autorité pour la transparence de la vie publique sont deux choses différentes. Il appartiendra à la justice de dire si Didier Robert n’a rien caché concernant ses intérêts et son patrimoine, s’il n’y a pas eu justement volonté de tricherie. Il appartiendra au Procureur de la République d’ouvrir ou pas une enquête préliminaire. Deux autres l’ont déjà été : une, suite au signalement de la CRC, pour des soupçons de détournements de fonds publics au sein de la SPL Réunion des Musées Régionaux dont Didier Robert était le Pdg et une autre pour soupçons de corruption et de favoritisme concernant l’attribution des marchés de la NRL. Avec celle à venir sans doute, suite au signalement de la HATVP, cela en fera trois au total. Sans compter une autre enquête rouverte récemment sur ordre de Paris et concernant une vieille plainte pour harcèlement sexuel sur la personne d’un employé de la Région. La personne visée par le plaignant se trouve être un proche collaborateur du président de la Région.

Pour boucler ce chapitre judiciaire, je préciserai quand même qu’en un an, le président de la pyramide inversée a déjà attaqué en justice (avec l’argent des contribuables) la société Sinusoïde (freedom.fr) et votre serviteur à quatre reprises, dont une pour demander, via son avocat Me Creissen, à la justice de m’interdire d’écrire sur l’action publique de l’homme politique qu’il est. Par trois fois déjà, nous avons gagné. Il reste encore un procès en cours. Cela ne m’empêche pas de dormir sur mes deux oreilles et d’avoir la conscience tranquille de faire mon boulot de journaliste qui consiste à informer l’opinion publique – comme je le fait depuis 34 ans sans avoir été une seule fois condamné personnellement pour diffamation – en respectant la règle de déontologie qui régit notre profession. Ne pas respecter cette règle de déontologie reviendrait à transformer notre métier en celui de militant politique, ou encore de nervis de la plume, et à transformer le média pour lequel on travaille en outil de propagande électorale au service de celui ou celle qui paye (ou subventionne). Cela ne fait pas partie des habitudes de la maison Free Dom.

La « soufflante » de Couapel-Sauret à…

Rien à voir bien sûr avec ce qui précède. Fabienne Couapel-Sauret a envoyé ce week-end aux rédactions, un communiqué de presse dans lequel elle administre une « soufflante » à un éditorialiste du samedi qui aurait colporté des ragots sur sa personne. En pétard, la conseillère régionale, qui fait partie du syndicat mixte des transports (SMTR), présidé par Alix Galbois, écrit avoir « toujours dénoncé et lutté depuis plusieurs années contre la situation monopolistique de la société Transdev, filiale de la CDC ». « Pour preuve, dit-elle, mes alertes auprès de la Chambre Régionale des Comptes, mes récents échanges avec les services de l’Etat (encore jeudi dernier au siège de la DEAL), mon mail du 9/4/2019 au Président de Région… ». Elle dit également « tenir à la disposition de toute la presse, les courriers adressés aux différents ministères, au préfet et les éléments qui permettent de comprendre les motifs légitimes qui ont conduit à l’unanimité les élus du SMTR, (sauf le président actuel et élu du sud), à déclarer sans suite les marchés. Nous avons évité une gabegie financière ! ».

Mme Couapel-Sauret écrit par ailleurs : « Il serait dommage de confondre le métier de journaliste avec celui de publicitaire ou de propagandiste….il est vrai que le dossier spécial confié au JIR par le SMTR pour un montant de 17 000 € (chiffre confirmé lors du comité syndical du SMTR du 3/4/2019) et publié la semaine dernière pourrait – peut être – expliquer la sympathie soudaine du JIR pour le SMTR ».

Des propos qui n’engagent qu’elle ! Mais comme Free Dom donne (gratuitement) la parole à tout le monde qu’il soit petit ou gros, joli ou vilain, pauvre ou riche, blanc ou noir ou jaune ou vert ou rouge… nous avons donné la possibilité à Mme Couapel-Sauret de s’exprimer.

Cela dit, ça ne me revient toujours pas pourquoi ma grand-mère me disait que « la roue tourne et le mal revient toujours à celui qui le fait ». Promis, je vous le dirai lorsque je retrouverai le fil de mes idées…

Le projet régional « zéro déchets en 2030 » shooté par le gouvernement

En attendant, j’en connais un qui a dû sabrer le champagne mercredi dernier après avoir eu au téléphone la sénatrice Viviane Malet. Cette dernière ne fait pas souvent parler d’elle, mais quant elle intervient au Sénat, ça passe pas inaperçu. La preuve : elle a obtenu du gouvernement, via la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Emmanuelle Wargon, le feu vert pour les UVE défendus par ILEVA, présidé par Michel Fontaine, dans le cadre de la problématique du traitement des déchets. Il faut dire que les sites d’enfouissement de La Réunion sont saturés et que le préfet commence à en avoir marre de devoir signer chaque année une dérogation pour tenter de gérer autant que faire se peut le problème. Tout cela, parce que deux élus n’arrêtent pas de se crêper le chignon sur le sujet. Michel Fontaine, président de la Civis et président d’ILEVA, plaide en faveur des UVE (unités de valorisation énergétique) alors que Didier Robert, président de la Région prône un scénario « zéro déchets 2030 » en limitant le recours à la valorisation énergétique des déchets et en privilégiant la pyro-gazéification. La secrétaire d’Etat a tranché sur la question en abondant dans le sens de Viviane Malet et donc de Michel Fontaine. Sa réponse est claire comme de l’eau de Roche. La voici : « La mission du Conseil général de l’environnement et du développement durable, qui a rendu ses conclusions en juillet 2018, considère que la valorisation énergétique des déchets reste nécessaire et souhaitable, à court et moyen terme. Une réponse doit être apportée à la question des déchets à La Réunion sans attendre 2030. La valorisation énergétique des déchets est une priorité de l’État, que la PPE révisée devra intégrer ». Autrement dit : arrêtez vos guéguerres politiques stériles et pensez au peuple dont vous en avez la responsabilité, entre autres, en matière de traitement de déchets ! Pour la petite histoire, il faut savoir que Didier Robert et Michel Fontaine étaient sur la même longueur d’ondes depuis des lustres concernant ce sujet. Mais Didier Robert a changé de braquet après décembre 2017, après que son candidat Jean-Claude Lacouture se soit fait « ramasser » par Cyrille Melchior, soutenu par Michel Fontaine, lors de l’élection pour la présidence du Département. En tout cas, la réponse de la secrétaire d’Etat sur ce dossier a sonné, mercredi dernier, comme un véritable « coup d’ pattes » au président de Région et à ses supporters, lesquels s’absentaient souvent de leur job payé avec de l’argent public pour aller manifester devant les locaux d’ILEVA. Des manifestations « anti incinérateurs » systématiquement reprises et partagées sur les comptes Facebook des proches de la présidence régionale.

Je vous le disais, cette décision de la secrétaire d’Etat Wargon est intervenue mercredi dernier.

La Région à fond la caisse avec En Marche !

(Crédit Photo : Y.M)

Cette journée de mercredi avait pourtant bien commencé. Dans la matinée, à peine descendu de l’avion, Didier Robert a animé une réunion à laquelle il avait convié de nombreux élus de sa majorité pour débattre des Européennes. En clair, pour savoir qui soutenir. Peu d’élus ont fait le déplacement. Parmi les maires présents, Bachil Valy (maire et conseiller régional de l’Entre-Deux) et… Joseph Sinimalé, qui n’est pas conseiller régional. Mais que pouvait donc bien faire Joseph Sinimalé à une réunion réservée aux conseillers régionaux de la majorité ?

Il se trouve que Joseph Sinimalé revenait de Paris, lui, aussi en ce mercredi et qu’il avait voyagé dans le même avion que le président de Région, qui lui a demandé de venir faire un tour à la réunion en question. Le maire « mi aime zot tout’ » de Saint-Paul et président du TCO a eu tout juste le temps de rentrer chez lui, de se doucher avant de participer à ladite réunion présidée par Didier Robert. Réunion au cours de laquelle, la décision a été prise par Objectif Réunion, de soutenir Stéphane Bijoux, le candidat placé à la 10ème position sur la liste d’En Marche « Renaissance » menée par l’ancienne ministre des Affaires étrangères Nathalie Loiseau, arrivée dans l’île, hier dimanche, pour mener la campagne électorale en compagnie de Stéphane Bijoux, candidat réunionnais, journaliste de profession. D’où la prise de position de Didier Robert dans le JIR de samedi en faveur de Stéphane Bijoux, d’où la « consigne » donnée, toujours le même jour, par le DG du même journal, d’où le communiqué dont s’est fendu le même jour le maire de l’Entre-Deux en faveur du même candidat, d’où le communiqué d’Imrhane Moullan, référent départemental d’AGIR La Droite constructive et, accessoirement employé à la Région et attaché parlementaire de la députée Nathalie Bassire (également conseillère régionale). Le président d’Objectif Réunion (et président de Région) a manifestement décidé de s’accrocher à la branche « En Marche «  en mettant le paquet pour Loiseau et Bijoux et en mobilisant sa garde rapprochée en faveur du mouvement présidentiel dans le cadre des élections européennes du 26 mai prochain. Certains diront qu’il est « opportuniste » et « qu’il sait encore lire des sondages ». D’autres diront qu’il n’a plus trop le choix car «politiquement, il ne sait plus vraiment où il habite aujourd’hui », après avoir été Sarkoziste, Juppéiste, puis Fillonniste, le voilà à présent (Edouard) Philippiste via « AGIR, la Droite sociale) et, enfin, Macroniste pour les Européennes. Comme dirait l’autre, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Commentaire amusé d’un élu de droite : « avec bientôt trois enquêtes pénales sur la tête et un shootage en bonne et due bonne sur le traitement des déchets, vaut mieux se coller aux basques du pouvoir en place ! ».

Dans le camp du président d’Objectif Réunion, on se fiche de toutes « ces critiques inutiles et infondées ». Les proches de Didier Robert rappellent que « Cyrille Melchior soutient lui aussi Stéphane Bijoux, alors qu’il aurait pu soutenir la liste LR dont le président local est son mentor Michel Fontaine à qui il doit sa place à la présidence du Département».

Explication fournie du côté de l’entourage de Melchior : « c’est un choix de raison. Stéphane Bijoux est un Réunionnais en position éligible, quelqu’un que le président Melchior connaît depuis près de 30 ans et c’est aussi le candidat d’un parti qui n’est ni de droite, ni de gauche et qui plus est s’inscrit dans l’espace républicain ». Il est plus facile à Cyrille Melchior, tout comme à Didier Robert de soutenir En Marche plutôt que de soutenir le Rassemblement national de Marine Le Pen ou La France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, même si le bilan du député insoumis réunionnais Younous Omarjee est loin d’être négatif. Enfin, que ça soit Melchior ou Robert, les deux sont présidents d’une collectivité, les deux ont besoin du soutien de l’Elysée et de Matignon pour faire avancer les dossiers de La Réunion. La recentralisation du RSA, pour ne prendre que ce seul exemple, a aussi un prix politique à payer. Et je ne vous apprendrai rien en vous rappelant que la politique, c’est du donnant-donnant !

« L’élu a failli étrangler un chef de projet du port de Sainte-Marie »

C’est triste ce qu’il se passe à Saint-Louis ! L’actuelle majorité municipale menée par son maire le Dr Parick Malet, fait des misères à l’association « Nou lé là », présidée par Yves M’Houmadi. Une association pourtant « privée, libre, indépendante et apolitique », pour reprendre les mots de son président. Une association qui ne compte plus son engagement et ses multiples actions sociales en faveur des plus démunis. Jugez-en vous mêmes : 2 171 familles bénéficiaires de colis alimentaires pour 68 tonnes de denrées distribuées depuis 2017, 2 220 petits déjeuners et collations offerts aux personnes sans-abris durant la même année, 57 familles bénéficiaires de l’épicerie sociale et solidairen »Ti Boutik Kréol », soit plus de 275 personnes concernées, 92 interventions décès… Malgré tout cela, la municipalité et le CCAS (Centre communal d’action sociale) somment par courrier du 24 août 2018 puis par courrier du 25 mars 2019, l’association « Nou lé là » de libérer les locaux qu’ils occupaient dans le cadre d’une convention avec la mairie. Pourquoi tant de haine ? Réponse de Yves M’Houmadi à Patrick Malet et à la vice-présidente du CCAS : « vous faites de la politique et nous du social. A un an des échéances municipales de 2020, votre choix est clair. Vous préférez combattre ceux qui luttent contre la misère (dont vous en êtes en partie responsables) au lieu d’être à nos côtés et d’essayer de résorber ce fléau. Chacun appréciera ». L’ancienne élue municipale de la majorité, Juliana M’Doihoma, qui donne aujourd’hui ses indemnités à l’association, a posté sur son compte Facebook une vidéo pour dire sa déception de cette majorité municipale : « une décision absurde », dit-elle.

De Saint-Louis, nous passons à Sainte-Marie où, semble-t-il, plusieurs plaintes ont été déposées par des employés tant de la mairie que de la Cinor contre l’élu Yves Ferrières pour « agressions verbales », « harcèlement moral » et même « violences physiques ». Il aurait même failli étrangler, dit-on, un chef de projet du port de Sainte-Marie, un homme souffrant, en plus, de problème cardiaque.

Nous restons dans le Nord, à Saint-Denis plus précisément, où un élu municipal s’interroge sur une association ayant pour nom « Mov-A », laquelle a déjà bénéficié d’une grosse subvention de la part du Casino (plus de 300 000 € ?) et devrait profiter prochainement d’une subvention de 100 000 € de la municipalité de Saint-Denis « sur appui de l’adjoint à l’animation » Daniel Pestel et d’une subvention d’une centaine de milliers d’euros également de la Cinor « grâce à l’appui du DGS ». Ce qui ferait un budget de 500 000 € et plus pour une association composée de plusieurs femmes de l’Ouest dont le but sera de valoriser les artistes locaux, paraît-il, via l’opération « Dofé » (1ère édition du nom) du 26 au 29 septembre prochains sur le sentier du littoral Nord et à la Cité des Arts de Saint-Denis. Petit bémol tout de même dans cette « belle musique » si on puis dire, c’est que l’association en question est domiciliée à la fois à Saint-Gilles et à Saint-Denis. Question de l’élu municipal qui nous a alerté : « comment se fait-il qu’une association composée de femmes de l’Ouest, apparemment copines avec Pestel et le DGS de la Cinor, puisse-t-elle bénéficier de l’argent des contribuables de Saint-Denis et de la Cinor ? ». L’élu municipal aura sûrement la réponse dans les jours qui viennent lors des conseils municipal et communautaire. A moins que les personnes intéressées préfèrent nous appeler directement à freedom.fr pour éclairer notre lanterne !

Une petite dernière avant de vous quitter pour vous dire que le neveu par alliance du DG d’un média local s’est fait choper par les flics avec un permis sans points et un faux en lieu et place de déclaration d’assurance. A chacun son boulet ! A chacun son neveu ! Comprenne qui pourra ! Ce même média local devrait voir arriver prochainement de nouveaux actionnaires grâce à une ouverture de son capital. Deux « Chinois » seraient dans le circuit – un ancien imprimeur du centre-ville de Saint-Denis et un imprimeur du Port toujours en fonction – ainsi que le DG lui-même, qui a dû gagner au loto ? Pas sûr, d’autant que le DG adjoint de ce média de cesse de claironner dans les couloirs de la rédaction et autres que « la ligne éditoriale ne changera pas ». Oups ! Mauvaise nouvelle pour les journalistes. Faudrait donc attentivement passer à la loupe le montage financier pour voir l’origine de l’argent qui serait mis au pot par le DG, lequel DG laisse entendre discrètement qu’il va devenir le big boss du média en question. Prétentieux et frimeur quand on sait que le vrai patron restera celui qui détiendra les 51% des parts. Et celui là n’a finalement pas l’intention de vendre ses parts. Tout devrait être annoncé aux salariés à l’occasion d’un comité d’entreprise extraordinaire prévu au plus tard dans une semaine.

Y.M.

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MichelMarc dorcelOublie pas le principal mounoirExpérience demandéeKANGOUROU Recent comment authors
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Cocode
Invité
Cocode

Otwoi i fé honteeeeeeeeeee 3 affaires là jistice , danzereux pou lu

Expérience demandée
Invité
Expérience demandée

Pas de problème avec la justice . Quand les élus vont au palais de justice c’est pour rencontrer des collègues , faire part de son expérience ,partager les bons coups et se filer les bons tuyaux . L’expérience des politiques se mesure comme celle des pilotes aux heures de vol et plus ils volent plus il est difficile de les attraper . Cette marque de fabrique est très appréciée des électeurs , cela les rassure de se savoir entre de bonnes mains . Pour la honte , c’est un concept inconnu pour les élus , leurs familles et amis .… Lire la suite »

Rosa
Invité
Rosa

Bjr la le tiroire y commence être fouillé feuille par feuilles et nena travailleur lycées que didier Robert la embauché les payer li fait son travaux son case mais pour travailler li le malade et faut rouvre les yeux sur les associations que Didier la dit rouvre pour les route tamarins nena la fermer vites fait et puis sinimale y donne CDD ?
Sa mangé périmé domoune y mange et zote restaurant???

Gina
Invité
Gina

Bjr Mr montrouge,rien sur les jeunes qui ont fermé la mairie annexé de basse terre et des jeunes à la civis venus réclamé leurs contrats promis par fontaine dans le blocage des ronds points de st pierre. C’est vrai en la matiére vous étes d’une beutralité incomparable.

Cerise
Invité
Cerise

Pourquoi tant de haine Mr Montrouge?
Histoire en lien avec la Mauricienne? Histoire à suivre. Emploi? Chantage?Double vie?

DINAROBIN
Invité
DINAROBIN

quand Montrouge dit la vérité , i parle de haine. Aller cherche définition du mot haine dand dictionnaire siouplait!!!!! Pffff donne pou allé yves ou lé tro fort

Sinama
Invité
Sinama

Mdr hé ben SOFÈR la disparaîte

Indila
Invité
Indila

Une girouette ce Didier Robert. Et avec les alizées à la Réunion, ça tourne beaucoup. Triste spectacle. L’histoire ne va pas retenir grand chose de ce gars.

Colimaçon
Invité
Colimaçon

On retiendra placement matante / tonton- parrain – marraine- maîtresses- femmes- epouses- cousins- cousines- belle famille- copains coquins de l’ École Militaire – neveu- les dossiers pénal en cours – la demie route du littoral – la révolution des gilets jaunes- dans le collimateur de la Haute Autorité – chauffeur porté disparu – la suite à compléter par vos soins FREEDOMOFFICIEL

Oublie pas le principal mounoir
Invité
Oublie pas le principal mounoir

Et surtout retenir queques bons zavocats pays et de France payés par les contribuables pour les accompagner au tribunal .

Michel
Invité
Michel

En tout cas on retiendra les ponts et la nrl pas votre haine et la bile hargneuse habituelle de ce cher montrgouge qui a oublié d’où il venait

Merlucharoo
Invité
Merlucharoo

Bonjour cher(e)s amis ! Je ne reviens pas sur les affaires en cours concernant notre président de région ; je voudrais juste rebondir sur les Européennes 2019 : Je n’ai rien contre Monsieur Bijoux, sauf que ce n’est pas parce que quelqu’un me dit de mettre un corde au cou, que je vais le faire. Autrement dit, ce n’est pas parce qu’il y a un gros trou la, que je dois me laissé prendre moi aussi. Té créole rouvre notre yeux, sa la politik la sa y sava mette a zot en l’air, et nou, nou va reste toujours a… Lire la suite »

KANGOUROU
Invité
KANGOUROU

mi vote Marine le Pen # LE PEN# Barrage à Macron et sa casse sociale

Koo2gle
Invité
Koo2gle

Je suggère à Didier ROBERT de porter plainte contre la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), pour harcèlement et diffamation judiciaire, atteinte à son intégrité, probité, honnêteté, honneur… !
De toute façon, les frais seront payés par les contribuables.

Lapine en chaleur
Invité
Lapine en chaleur

LA CHOUTE A LI SA MEME LI ROD MACRON POU CLASSE SON PÉ DOSSIÉ LI LA VOL BAS SOLEMENT

Marc dorcel
Invité
Marc dorcel

Un très grand homme mr MONTROUGE,mais je trouve que tout les fraude de nos élus sont pas assez médiatisé