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L’après Grand Débat : le Président Macron fera des annonces avant Pâques

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C’est ce qu’annonce en tout cas le gouvernement. Le Premier ministre Edouard Philippe devrait prendre la parole demain mardi devant les députés à l’Assemblée nationale, puis mercredi, devant les sénateurs au Sénat. Quant au président de la République, il devrait faire les premières annonces de l’après Grand Débat d’ici à la mi-avril. « Avant Pâques », promet-on du côté de l’Elysée. On y revient dans un instant. Un coup d’œil, si vous le permettez, sur l’actu locale.
Comment commencer cet édito sans revenir sur l’événement médiatique de la semaine dernière. Je veux parler du « piratage » d’Antenne Réunion par Free Dom. Vous avez été nombreux à être – agréablement – surpris. On imagine en effet la surprise des nombreux téléspectateurs qui, en ce lundi 1er avril, s’installant confortablement dans leur fauteuil, pour suivre comme à l’accoutumée leur série policière « Hawaï 5-0 », voient apparaître sur leur petit écran d’autres individus qui n’ont rien du look des flics américains dans un décor inhabituel, un décor vieux de 30 ans, celui de Télé Freection. Free Dom de retour à l’antenne et sur Antenne Réunion ! Les téléspectateurs n’en croyaient pas leurs yeux. Et ce n’était pourtant pas faute de les avoir prévenus toute la journée durant via radio Free Dom et le site freedom.fr. Toute l’équipe d’animateurs et d’animatrices s’y est mise. Il aura fallu attendre le soir, après 20 heures, pour que le vrai faux poisson d’avril se réalise sous nos yeux. Avec bien entendu l’aimable collaboration d’Antenne Réunion. Encore un coup de Camille Sudre qui, à travers cet événement, a aussi voulu montrer qu’il existe à La Réunion un créneau à prendre, un vide à combler, celui de l’absence de débat politique où l’on se dit tout sans tabou, sans fioritures, mais avec un langage brut de décoffrage conformément à l’ADN de Free Dom qui a fait de la liberté d’expression sa marque de fabrique. Et c’est qui explique d’ailleurs son succès inégalé. Camille Sudre ayant trouvé en Charles Luylier un animateur hors-pair qui sait mettre de l’huile sur le feu lorsque la flamme du débat commence à s’estomper pour tenir en éveil les téléspectateurs. Il y a un public pour ça. Il y a ceux qui aiment et ceux qui aiment moins. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il en faut de tout pour faire un monde, il en faut pour tous les goûts. Le coup d’essai a été un coup de maître. Nul doute que Camille Sudre ne manquera pas de remettre le couvert si Antenne Réunion le veut bien, dans le cadre, cette fois, non plus d’un poisson d’avril, mais d’une collaboration constructive et fructueuse donnant-donnant et gagnant-gagnant. Et pourquoi pas, carrément, un retour en bonne et due forme de Télé Free Dom ? Laissons mûrir les bonnes idées ! Camille Sudre n’a peut-être pas encore dit son dernier mot !

Quand le JIR fait la leçon de morale et d’objectivité aux confrères !

Puisque nous parlons médias, j’y reste encore deux minutes pour vous parler du JIR, un journal que j’ai bien connu. Un journal qui se permet de faire la leçon aux autres, aux autres médias locaux qualifiés de « médias amis » pour avoir passé la tribune de Marie-Rose Won Fah Hin, la directrice générale de l’AURAR, ainsi que les réponses apportées par celle-ci au rapport provisoire (je dis bien provisoire) de la Chambre régionale des comptes. Je ne connais pas les problèmes qui existent entre le JIR et l’AURAR (ça ne me regarde pas et je suis convaincu que les Réunionnais dans leur grande majorité s’en battent les c…) mais ce que je constate en tant que journaliste, observateur de la vie publique, c’est que je le JIR pond des pages et des pages entières (grande Une comprise) sur un rapport provisoire de la CRC consacré à l’AURAR mais, dans le même temps, il n’écrit pas une seule ligne sur le rapport définitif (j’insiste sur définitif) de la Chambre régionale des comptes sur la SPL RMR (Société publique Réunion des Musées Régionaux) dont le Pdg était Didier Robert, également président de Région. Un rapport définitif accusateur qui met le doigt sur une utilisation discutable de l’argent des contribuables. Les mots de la CRC sont on ne peut plus clairs sur la gestion « douteuse » de cette SPL où il est même écrit noir sur blanc que le Pdg doit rembourser ses rémunérations. Un rapport croustillant qui en dit long sur une certaine forme de gestion manifestement répréhensible aux yeux de la loi à tel point que la CRC l’a signalé au parquet qui a ouvert une enquête préliminaire dans le cadre de laquelle des auditions ont débuté la semaine dernière. Hélas, les lecteurs du JIR devront acheter le Quotidien ou lire les sites internet pour savoir ce qui se passe à la SPL RMR et sur ce que la CRC a relevé sur cette même SPL dans son rapport définitif (je le redis : définitif). Ça me fait donc rire quand je vois que ce journal vient donner des leçons de morale aux autres médias, quand je vois que ce journal met en exergue l’interview que David Gruson, ancien directeur du CHU, a donné récemment au Figaro concernant l’AURAR, alors que le même Gruson a mis le CHU dans un état financier tellement catastrophique que son successeur (et ancien adjoint), Lionel Calenge, ne sait plus quoi faire pour redresser cet établissement. Je vous invite à lire le rapport de l’IGAS (voir sur le site de Freedom.fr en septembre 2017) et vous aurez un aperçu de la gestion Gruson qui, aujourd’hui, se qualifie de « lanceur d’alerte » et se permet de faire la leçon à l’AURAR. C’est l’hôpital qui se fout de la charité ! Aux dernières nouvelles, j’apprends dans un communiqué (à voir sur notre site) que le rapport définitif sur l’AURAR vient de sortir. Nul doute que le JIR y consacrera une édition spéciale ! Enfin, pour terminer sur ce chapitre, pas besoin d’être grand clerc pour savoir qui fait vivre le JIR. Il n’y a qu’à regarder les pages entières de pub (sur le traitement des déchets et sur la NRL) qui y figurent, des pages financées avec l’argent public émanant d’une grande collectivité « amie ». Des pages visibles nulle part ailleurs dans les autres médias locaux. Le directeur général de ce journal a même déjà annoncé à ses journalistes, lors d’une conférence de rédaction, qu’un repreneur pourrait succéder prochainement à l’actuel actionnaire majoritaire. Mais qu’il ne faut pas compter sur lui pour donner le nom de ce repreneur. Certains parlent aussi d’une association financière qui pourrait prendre les commandes, avec à sa tête un actuel directeur de SPL, « cousin de… ». Pour l’instant, ce dernier gère une structure publique qui est abondamment subventionnée à coups de millions. Qui sait, le repreneur potentiel se trouve peut-être déjà dans l’immeuble ! Pourquoi aller chercher midi à 14 heures ? En tout cas, les journalistes du JIR sont prévenus : si quelqu’un ose aller demander à la direction générale qui est ce repreneur, celle-ci se garde le droit de lui indiquer le chemin de Pôle Emploi. C’est ainsi que les choses ont été formulées. Ceci explique donc cela, notamment le silence sur certains rapports définitifs de la CRC « restés coincés sous le bureau du directeur de la rédaction », pour reprendre l’expression employée par un journaliste de l’immeuble Cadjee lors d’une récente conférence de presse. Remarque qui avait fait rigoler tout le monde dans la salle. Je ne dis pas laquelle (conf) car le journaliste sera vite identifié et sans doute viré. Bonjour l’ambiance !

Des jeunes aux dents longues… qui rayent le parquet

Quoi de neuf en politique locale ? Il y a des jeunes qui s’agitent à la veille des municipales de 2020. Ce n’est pas plus mal, sauf que certains ont déjà les dents qui rayent le parquet alors que, de toute leur jeune carrière, ils n’ont pas encore été foutus de sortir un rat d’une cave. Il y a l’exemple du jeune Dimitri Rangama Petchi, référent « LR » dans la 7ème circonscription. Il se conduit, paraît-il, comme s’il était déjà élu et comme s’il avait vraiment un poids électoral dans cette circonscription. Il a effectué un tour des communes de la circonscription, a rencontré plusieurs maires dont celui de Trois-Bassins, Daniel Pausé à qui il a promis de laisser le canton aux élections départementales de 2021 (comme si le canton lui appartenait). Lorsque les maires de l’Ouest se retrouvent entre eux et se racontent les « grandes analyses » de Rangama Petchi, ses calculs pour les prochains scrutins, je ne vous dis pas à quel point ils se marrent. Michel Fontaine, le patron de « LR » devraient recadrer un peu ses jeunes loups aux dents longues qui n’ont pas encore compris que la politique ça ne se fait pas sur papier mais sur le terrain et, surtout, dans les urnes. C’est comme au foot : sur tableau, tout est possible, mais sur le stade, c’est une autre paire de manches.

Idem pour Ranjit Camalon, la dernière trouvaille de Farid Mangrolia, référent territorial d’En Marche à La Réunion. Ranjit Camalon, un jeune ambitieux qui a mangé déjà à pas mal de râteliers en politique vient d’atterrir à LREM (La République En Marche) du côté de Saint-André où il lui a été confié la responsabilité du mouvement présidentiel et où il affûte ses armes pour les municipales de 2020. Avec des méthodes dignes des anciens. C’est ainsi qu’il a cloué le bec au député Ratenon sur le plateau de Télé Freection, lundi dernier, en remettant sur la table une petite phrase prononcée en avril 2018 par le parlementaire de La France Insoumise (LFI). Ratenon disait : « j’aime bien quand ça explose… y’a des bombes lacrymogènes, c’est bon ça, j’aime ça ! ». Une phrase dite en effet par Jean-Hugues Ratenon lors d’une émission télé sur Réunion La 1ère TV « Un jour avec… » de Jean-Marc Collienne, qui suivait alors le député à Paris. Mais une phrase sortie de son contexte. Ratenon était accompagné d’une jeune élue de LFI et, n’ayons pas peur des mots, il avait prononcé cette petite phrase pour frimer devant la petite dame, pour « faire son l’intéressant », comme on dit en créole. C’était lors d’une grève de cheminots (rien à voir avec les Gilets Jaunes) en avril 2018 à Paris. Des mots maladroits, « gros doigt » que Ranjit Camalon a stratégiquement et malicieusement replacés dans le contexte des Gilets Jaunes pour démontrer un tantinet démagogique que « Ratenon aimait la violence » et qu’il voulait mettre La Réunion à feu et à sang. Si tel est son angle d’attaque pour les prochains scrutins, il est fort à parier que Ranjit Camalon, marchera… à reculons !

Lui aussi a eu en son temps les dents relativement longues. Mais à la différence de Rangama-Petchi et de Camalon, il a fait ses preuves plus d’une fois dans les urnes. Je veux parler de Thierry Robert, l’ancien (jeune) député-maire de Saint-Leu qui, après s’être mis un peu au vert, revient via Facebook et, peut-être même bientôt via les ondes bientôt. On vous en dira plus sur ce dernier volet une prochaine fois. Thierry Robert se manifeste de plus en plus sur son compte Facebook en faisant croire que son téléphone a « bugué » et que, pour le contacter, il faut passer par message privé sur Facebook. Selon nos informations, la technique fonctionne à merveille. C’est une façon pour lui de tester sa cote de popularité et de l’attention que lui porte (encore) ou pas ses militants. Et ça marche ! Les sollicitations ne manquent pas. Il en a besoin. Non pas pour lui car il ne sera pas éligible avant juillet 2021. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que Thierry Robert n’a pas complètement abandonné le terrain politique. Il se concentre, certes, davantage sur ses activités professionnelles, sur ses entreprises. Néanmoins, il reste très actif en politique en organisant régulièrement des réunions pour son ami Bruno Domen, l’actuel maire de Saint-Leu, et candidat à la mairie de Saint-Leu en 2020. Thierry Robert se prépare parallèlement pour les régionales de 2021 et les législatives de 2022. Au fait, y’a-t-il un député dans la 7ème circonscription ?

Lui n’est plus très jeune, mais n’est pas très vieux non plus. Lui, c’est Eric Magamootoo, l’ancien dir-cab du socialiste Jean-Claude Fruteau à Saint-Benoit, ancien patron de syndicat (CGPME), ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCIR), avocat de profession, auteur et conférencier à ses heures perdues, ancienne tête de liste aux régionales, collaborateur du président de Région, Didier Robert, à Bruxelles, producteur d’huile en Grèce. Il s’attaque à présent aux méfaits du sucre, au diabète plus précisément. Vice-président de l’association « cosaladi », il tiendra, demain, mardi, une conférence de presse sur ce fléau. Eric Magamootoo et le diabète : tout un programme qui mérite son pesant de sucreries !

Le Grand Débat aura coûté 12 millions d’euros

Revenons aux choses sérieuses. Parlons de l’emploi, du développement économique… La situation n’est pas rose. L’INSEE a rendu publique son analyse sur la situation du marché du travail à la Réunion en 2018 : 149 000 personnes sans emploi ; 24% taux de chômage, soit +2 points depuis 2016 ; 1 Réunionnais sur 4 sans emploi; 40% des jeunes sont au chômage. L’emploi salarié recule. Un lien avec la baisse des contrats aidés ? Moins de 6 500 contrats en 2018. C’est dire si les attentes des Réunionnais (et de tous les Français d’ailleurs) sont nombreuses après le Grand Débat qui a eu lieu un peu partout en France durant ces dernières semaines. Deux mois de consultations, en ligne et dans les collectivités avec des rencontres sur le terrain, 10 000 réunions locales, 16 000 cahiers de doléances ouvertes dans les mairies et autres collectivités, sans oublier les propositions citoyennes et les contributions écrites des élus. Le travail de synthèse a déjà commencé. Le gouvernement a fait appel à des cabinets spécialisés qui devront décortiquer les 1 500 pages d’informations recueillies sur les quatre grands thèmes que sont la fiscalité, l’écologie, la démocratie et l’organisation de l’Etat. Ces thèmes avaient été imposés par l’Etat, mais les citoyens se sont permis aussi de donner leur avis sur le pouvoir d’achat, sur les entreprises et l’emploi, sur l’éducation, la santé et le social. Emmanuel Macron avait lui même entamé un tour de France de Grand Débat en 80 jours. Il a bouclé la boucle en Corse vendredi dernier. Le coût de cette consultation s’élèverait à 12 millions d’euros. Alors, comment sortir de la crise des Gilets Jaunes aujourd’hui à partir de l’étude de toutes ces doléances citoyennes ? Le Premier ministre Edouard Philippe commencera à communiquer sur le sujet, cette semaine. Et du côté de l’Elysée, on assure que le président de la République fera les premières annonces avant Pâques. Des réponses concrètes aux attentes des Français ? Encore trop tôt pour le dire. De ses réponses dépendront, en grande partie, les résultats des prochaines européennes. Emmanuel Macron n’a donc pas droit à l’erreur s’il ne veut pas faire mentir les sondages qui sont en faveur d’En Marche en ce moment.

Une petite dernière pour finir. Rien à voir avec Macron. Je vous parlais dans un précédent édito d’un chauffeur évoluant dans une collectivité locale et émargeant à 5 000 € par mois ; Un chauffeur qui avait été tenu à l’écart depuis quelques temps pour je ne sais quelles raisons alors qu’il avait l’habitude de jouer au « DRH » bis et avait son mot à dire dans certains recrutements (notamment des contrats aidés) de ladite collectivité. J’apprends que ce chauffeur a été très récemment affecté à l’antenne parisienne de la collectivité en question en tant que « conseiller technique ». Sa femme, également employée par la collectivité, a été elle aussi affectée à Paris.

Y.M.

([email protected])

 


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