Le CSAPR répond à la CGSSR suite à la manif’ du 31 mai dernier

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Suite au communiqué transmis par la direction de la Caisse Générale de Sécurité Sociale de la Réunion (CGSSR) aux différents médias, et de son refus, lors de notre action du 31 mai dernier, de recevoir une délégation de “CSAPR”, nous souhaitons répondre point par point aux fausses affirmations, au profond mépris, mais aussi aux menaces, dont notre collectif fait l’objet de la part de la direction de cet organisme.

Selon la “CGSSR”, “la sécurité sociale ne serait pas un système assurantiel”. Elle tente de différencier maladroitement les termes “sécurité sociale” et “assurance sociale”. Par cette distinction, elle espère ainsi échapper, au moyen d’arguments fallacieux, à l’application de la directive européenne 2016/97, portant sur la distribution d’assurance. En effet, cette directive, contrairement aux précédentes (en particulier celle de 1992), n’exclut pas de son champ d’application, à contrario des autres, les “assurances comprises dans un régime légal de sécurité sociale”. Sinon, comment dès lors interpréter l’article 1 dans son ensemble, qui précise que celle-ci (La Sécurité sociale) “assure… le service des prestations d’assurance sociale” ? Faut-il également rappeler que le chapitre du même code, concernant les dispositions particulières à la Réunion, classe “l’assurance maladie” et “l’assurance vieillesse” , dans les “assurances sociales” ? Au surplus, est-il besoin également de rappeler que l’organisation de la sécurité sociale, telle que définie dans le même code, comprend une “caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés”, une “caisse nationale d’assurance vieillesse”, des “caisses primaires d’assurance maladie”, des “caisses d’assurance retraite et de la santé au travail” ?

Et de nous rappeler ensuite le principe de “solidarité nationale” tellement galvaudé et auquel participent si peu nos élus. Une “solidarité”, qui contrairement aux idées reçues, profitent souvent, voire toujours aux mêmes, sans que ceux qui la financent, puissent réellement en bénéficier de manière juste et équitable (jours de carence, prévoyance, retraites, etc..). Quant à affirmer que la Réunion bénéficie doublement de cette “solidarité”, au regard du ratio cotisations/dépenses, et en dehors d’une remarque stigmatisante pour notre île, certainement conviendrait-il d’arrêter d’asphyxier les indépendants de l’île, pour en espérer quelques retours en termes de cotisations ?

Nos “apparatchik sociaux”, en profitent aussi pour nous rappeler à dessein, mais surtout pour servir leurs propres intérêts, la formule “de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins”, citation reprise de Karl Marx (la critique du programme socialiste allemand de Gotha, 1875), de Lénine (l’Etat et la Révolution, 1917) et Trotsky (La Révolution trahie, 1936), qui traduit bien le caractère intrinséquement collectiviste et totalitaire de la sécurité sociale, inspiré par des personnages en phase avec les idées de la Révolution bolchévique et notamment la dictature du peuple par une “nomenklatura” aux commandes.

On ne peut non plus éluder certaines réalités historiques et notamment le fait que Ambroise Croizat, le “ministre ouvrier”, “père” également de la sécurité sociale, était un agent du “Komintern”, placé sous les ordres de Staline.

Quant à l’affirmation que la sécurité sociale est “un modèle social consubstantiel à notre République”, parce que figurerait dans le préambule de la Constitution de 1958, le qualificatif de “sociale”, nous doutons que le législateur de l’époque, ait pu entendre une telle acception ou conception dudit qualificatif. Surtout, cette citation apparaît tronquée, voire inexacte (elle ne figure pas non plus dans le préambule, mais à l’article 1), et fait fi de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, qui est aussi de valeur constitutionnelle. Cette dernière déclare en particulier, en son article 2 que “les droits naturels et imprescriptibles de l’homme, sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression”. En son article 13, elle précise qu’une contribution commune et donc l’impôt, n’est indispensable que pour “l’entretien de la force publique et les dépenses d’administration”. La “sécurité sociale”, composée d’organismes de droit privé, n’est assurément pas cela.

Pour être plus prosaïque, et au fait de l’actualité, dernièrement à Saint Louis, qu’en a-t-il été du “social” ? Quid également des médecins à la Réunion, menacés par la “CGSSR” de ne pas être payés pour leurs actes, en cas de “carte Vitale” du patient non à jour ? En quoi les médecins sont-ils responsables des errements et dysfonctionnements récurrents des systèmes de l’organisme social ?

Enfin à l’issue de son communiqué, la Caisse Générale de la Sécurité Sociale, rappelle solennellement l’article L 114-18 du code de la sécurité sociale et les sanctions pénales, voire d’emprisonnement, que notre collectif encourerait et qu’elle souhaite voir appliquer. Elle affirme faussement que “plusieurs leaders nationaux des mouvements de désaffiliation ont récemment été condamnés sur le plan pénal pour ce délit d’incitation à la désaffiliation”. Aucune condamnation définitive n’a été prononcée, tant au niveau des deux associations, que des cinq personnes physiques concernées. Bien au contraire, une relaxe a été obtenue, les autres ayant fait appel.

C’est pourquoi, devant un tel comportement irresponsable et inadmissible de la part de la direction de la “CGSS”, qui n’a pas souhaité nous rencontrer lors de notre journée d’action du 31 mai dernier, devant le mépris affiché à l’endroit des travailleurs indépendants qui souffrent économiquement car littéralement “fliqués” par ” l’attestation de vigilance“, devant notre détermination à obtenir des avancées en termes de moratoire des poursuites judiciaires, de mise en concurrence des organismes privés de la sécurité sociale, mais aussi concernant la liberté sociale dans son ensemble, le “CSAPR” appelle tous ses adhérents à une nouvelle journée d’action le jeudi 14 juin à 07h30, sur le parvis des Droits de l’Homme à Saint Denis (lieu du rendez-vous). Le convoi au complet, se dirigera ensuite vers son objectif.


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