Capital rappelle qu’il s’agit de “La route la plus chère du monde”

Le montant initial s’élevait à 1,6 milliard d’euros, soit 133 millions d’euros le kilomètre. La NRL accumule à ce jour plus de 300 millions d’euros de surcoûts. Cela porte le montant final à plus de 2 milliards d’euros, soit environ 160 millions d’euros le kilomètre ! C’est 20 à 30 fois plus qu’une simple autoroute dont le prix de construction pour un kilomètre s’élève en moyenne à 6,2 millions d’euros selon le SETRA – Service d’études sur les transports, les routes et leurs aménagements.

Toujours selon Capital, au delà de l’aspect financier qui pose question pour ce chantier réunionnais, il y a aussi des tensions à signaler entre les maires des communes, bordant cette NRL. Des tensions qui durent depuis 2011 notamment avec la municipalité de St Denis, à propos des chemins d’accès de part et d’autre de la NRL. Ca vire au politique.

Lors d’un rassemblement à Saint-Denis en 2015, le Président de la Région a ainsi affirmé, “du côté de Saint-Denis, c’est l’absence d’un projet clairement identifié. Il y a une difficulté financière, le maire de Saint-Denis a voulu faire financer des aménagements du front de mer de Saint-Denis qui n’avaient rien à voir avec la NRL”. En 2012, un décret a jugé d’utilité publique la Nouvelle Route du Littoral permettant au chantier de débuter un an plus tard, note encore Capital, dont l’article intégral est donc à retrouver sur ce lien : https://www.capital.fr/economie-politique/la-reunion-la-nouvelle-route-du-littoral-abandonnee-1390282

Le chantier touché par une enquête judiciaire

“Au début du mois d’octobre 2013, le Conseil Régional de la Réunion a attribué le chantier du viaduc au groupement Vinci-Bouygues. La digue a quant à elle été confiée à deux entreprises réunionnaises, la GTOI – Grands Travaux de l’Océan Indien – et la SBTPC – Société Bourbonnaise de Travaux Publics et de Construction. Mais l’attribution du marché à Vinci-Bouygues a laissé un grand perdant : Eiffage. Ce dernier a contesté l’appel d’offres dès fin octobre et a lancé deux recours au tribunal administratif de Saint-Denis. La société pointait notamment une “procédure entachée de nombreuses irrégularités”. Malheureusement pour Eiffage, les deux recours ont été rejetés en décembre 2013. En réponse, le groupe de construction français a déposé deux pourvois au Conseil d’Etat, également rejetés le 5 mars 2014. Les travaux ont donc finalement pu débuter quelques semaines plus tard et doivent alors s’achever en 2020. Mais une nouvelle enquête est lancée, pour favoritisme cette fois, par le Parquet National Financier qui vise les conditions dans lesquelles le marché de la NRL a été négocié.

Dans le cadre de cette enquête, plusieurs perquisitions furent menées en octobre 2015, en particulier aux domiciles de Didier Robert et de Dominique Fournel – délégué à la Nouvelle Route du Littoral (NRL) et membre de la commission permanente de la Région au moment de la passation du marché – ainsi que de plusieurs autres élus. Pendant deux années, les perquisitions s’enchaînent et une série d’auditions réalisée en 2017 par les enquêteurs du Parquet National Financier aboutit à la mise en garde à vue de Dominique Fournel. L’enquête est à ce jour toujours en cours”, indiquent nos confrères

Ce qui ralentit encore ce chantier aujourd’hui : les roches… qui ne sont pas là.

Le Conseil régional et le groupement, qui ont misé sur la carrière de l’île pour finir la digue, n’en sont pas restés là. Et entre 2018 et 2020, des recours en justice entre les parties ont encore retardé la reprise du chantier. A cela s’ajoute la crise sanitaire survenue en 2020 qui a, elle aussi, empêché la reprise du chantier pendant quelques mois. Depuis septembre dernier, les travaux ont repris mais à un rythme extrêmement lent, indique CAPITAL.

Les surcoûts et les retards se sont accumulés portant le coût total à près de 2 milliards d’euros.

Malgré toutes ces incertitudes, Didier Robert annonce la mise en service de la NRL pour 2023 désormais.

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