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Le ministre délégué aux Outre-mer appelle « à jouer collectif »

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Comme ça a été le cas notamment pour sauver Air Austral ,cette compagnie aérienne régionale qui emploie près de 800 personnes et fait, indirectement travailler, 3000 autres. Jean-François Carenco a été cash sur ce dossier, il n’a pas mâché ses mots. Un ministre plutôt offensif qui a invité les élus réunionnais à se serrer les coudes et à travailler ensemble dans l’intérêt de la population. J’y reviendrai dans un  instant dans ce  » Ti Kozman » exceptionnellement court cette semaine pour cause de déplacement ; Quelques rendez-vous professionnels à honorer hors du département. Mais je vous rassure tout de suite, moi je ne suis pas passé au ministère des Outre-mer, rue Oudinot, à Paris, pour essayer de savonner la planche à la présidente de Région Huguette Bello à la veille de la visite de Jean-François Carenco à la Réunion. Je dis ça, parce qu’en début de semaine, j’ai reçu quelques coups de fil, tant depuis la Réunion qu’à Paris, m’informant que le ministre Jean-François Carenco, à l’occasion de sa visite à la Réunion, devrait zapper la Région dans le cadre de son séjour réunionnais.

Certains, pas forcément des élus, auraient, semble-t-il, via leurs relations, tenté de dissuader le ministre de se rendre à la pyramide inversée sous prétexte que Mme Bello passait son temps, localement, à tirer à boulets rouges sur la politique gouvernementale. Force est de constater que le ministre délégué des Outre-mer a envoyé paître les détracteurs de la présidente de Région. Je ne sais pas si la Région a fait pression mais, aussitôt arrivé dans notre île, hier matin, jeudi 16 février, le ministre délégué aux Outre-mer a animé une réunion avec les actionnaires publics et privés d’Air Austral, avant d’aller serrer la poigne à la présidente Huguette Bello, par ailleurs ravie (comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous, signée du service Com’ de la Région) de recevoir dans son bureau du 4e étage un membre du gouvernement d’Elisabeth Borne (elle même nommée par Emmanuel Macron).

Un brin crispé le ministre mais il est passé quand même par la Région comme le veut le protocole républicain. (Photo : Com’ Région)

Ce qui n’empêche pas, dans le même temps, les députés de la Nupes, proches de Mme Bello et dont certains font partie de la majorité régionale qu’elle préside depuis juillet 2021, de sonner régulièrement le tocsin quant à la politique de Macron. Deux postures radicalement opposées. L’une très complaisante selon le bon principe républicain. Et l’autre très « rentre dedans » selon la politique politicienne. On retiendra, en tout cas, que Jean-François Carenco s’est bel et bien rendu à la Région saluer sa présidente qui l’a accueilli avec le sourire. Comme quoi, on peut avoir des députés de la Nupes, à l’instar de Frédéric Maillot et de Karine Lebon, qui considèrent cette visite ministérielle comme « inopportune » (en créole, ils auraient pu dire « inutile ») et une présidente de Région Mélenchoniste très heureuse de recevoir la visite « à domicile » d’un membre du gouvernement, avec lequel il a été surtout question de formation durant les quelques minutes d’échange en présence du préfet Jérîme Filippini.

Parce qu’il faut aussi le dire, même si l’Etat (le gouvernement) est souvent la cible de la Nupes, la Région (tout comme d’autres collectivités d’ailleurs) ne pourraient rien envisager de durable sans l’aide publique. C’est bien le message qu’a souhaité faire passer Jean-François Carenco, hier matin, lors de la rencontre qu’il a eue avec les membres de la Sematra et les actionnaires privés majoritaires de Run Air, société portée par Michel Deleflie. « Jouer ensemble le match », c’est-à-dire travailler ensemble : Région, Etat, Europe, Département, CCIR et les acteurs économiques privés pour faire décoller, pas seulement une compagnie aérienne, mais la Réunion toute entière dans quel que domaine que ce soit.

Jean-François Carenco a subtilement et politiquement repris la main sur le dossier Air Austral où le rôle de l’Etat a été capital grâce à l’effacement de la dette sociale et fiscale à hauteur de 189 millions d’euros. Faut-il également rappeler que l’Etat mettra au pot pas moins de 420 millions d’euros pour terminer la Nouvelle Route du Littoral (NRL) dans le cadre de Matignon 3 ou encore que la Région d’Huguette Bello a pu récupérer près de 100 millions d’euros au titre de la formation (PACT) etc…

Le ministre Carenco a rappelé que l’Etat (avec la Région, le Département et la CCIR, sans oublier bien entendu les privés), n’a pas sauvé la compagnie aérienne pour rien. Il existe bel et bien un véritable enjeu économique avec la desserte aérienne, pas seulement vers Paris, mais dans la zone océan Indien, vers l’Asie, l’Inde (Chennaï)… Une compagnie qui a un rôle certain à jouer pour le transport des passagers, mais pas que. Comme l’a fort justement souligné Cyrille Melchior, le président du Département, « Air Austral doit aussi davantage accompagner l’agriculture réunionnaise », notamment les producteurs de fruits, de légumes ainsi que les produits transformés afin de faciliter les exportations. La compagnie pourrait également intervenir au niveau du rapatriement des dépouilles sanitaires des Réunionnais.

« Le match se joue avec tous les joueurs », dixit Jean-François Carenco

Le ministre Carenco tout comme les élus présents dont le président Melchior, plaident pour « une dimension locale, agricole et sociale » de la compagnie régionale. Mais un tel objectif ne pourrait être atteint qu’à la seule condition de jouer collectif, de travailler ensemble en adoptant une posture d’élus responsables, dans l’intérêt des Réunionnaises et des Réunionnais. « On s’est donné des objectifs clairs et difficiles pour les mois qui viennent ; Avec la restructuration, on est rentré sur le terrain pour le match. Maintenant, le match, il se joue ; Et il se joue avec tous les joueurs sur le terrain : les salariés, les actionnaires, les cadres, les collectivités, l’Etat. Maintenant, ce match, c’est la coupe du monde du transport aérien dans l’océan Indien. Il n’y a pas de match gagnable si le match ne se joue pas», a insisté le ministre en rappelant que « la condition que Bruxelles a donnée, c’est de faire des choses rentables car on ne peut pas avoir aidé comme ça et dire dans 2 ans, on recommence à remettre de l’argent. Ce n’est pas du tout l’ambition de la présidente et du président ». Comprenez Huguette Bello et Cyrille Melchior.

En tout cas, en mettant d’emblée l’accent sur Air Austral dès son arrivée dans l’île, Jean-François Carenco a, indirectement donné une claque, à toutes celles et tous ceux qui se sont opposés à la restructuration de cette compagnie aérienne. Je pense, entre autres, à la conseillère régionale Sandrine Aho-Nienne, élue de la majorité municipale saint-pierroise et proche de Michel Fontaine.

Avec Cyrille Melchior, le président « Macron-compatible » du Département, ce sera plus qu’une poignée de main et quelques minutes d’échange. Au palais de la Source, ce vendredi matin 17 février, Jean-François Carenco prendra le temps de « petit-déjeuner » avec le président du conseil départemental. Quasiment toute cette journée du vendredi sera consacrée à la politique départementale (agriculture et autres). A Petite-Ile où le maire n’a jamais caché sa sympathie en faveur de la Macronie. A Saint-Pierre où Michel Fontaine n’appellera jamais la population à descendre dans la rue contre le gouvernement, contrairement à une Huguette Bello ou aux députés de la Nupes. Le patron de « LR » ne s’affiche, certes pas publiquement, ni n’ira crier sur tous les toits, mais tout laisse à penser qu’à l’instar de Melchior, Hoareau, Vergoz… il est lui aussi « Macron-compatible ».

Raynaud Sadon plus fort que Jean-François Carenco

Voilà, vite fait, quelques mots sur cette visite ministérielle officielle de Jean-François Carenco, ministre délégué aux Outre-mer, dans notre île. Une visite de trois jours avec un programme bien fourni qui lui permettra de prendre, en direct, le pouls de la Réunion, un département où il aura également constaté que le mouvement de protestation contre la retraite semble s’essouffler sérieusement. Un peu plus d’un millier de grévistes à Saint-Denis. Idem à Saint-Pierre. On est loin des 5 000 manifestants d’il y a deux semaines. Le nombre de grévistes s’est rétrécit comme peau de chagrin au fil des manifs. Comme si la population était résignée, persuadée que cette réforme des retraites, avec ou sans les « LR » de métropole, finira par passer. Sans compter qu’en cette période de l’année où le soleil « poike », les députés de la Nupes, plutôt que de ruer dans les brancards comme au tout début, ont préféré rester au frais, je veux dire à l’Assemblée nationale, pardon ! C’est peut-être aussi, leur façon de boycotter (confortablement) la visite ministérielle. Cela dit, la présidente Bello a, pour sa part, honoré toutes les invitations du ministre au cours de cette première journée de visite très consensuelle, constructive, pour ne pas dire républicaine, tout simplement !

La sénatrice sortante Nassimah Dindar ou l’élue « mi aime zot tout' » ici en compagnie d’Huguette Bello.

Cela dit, j’ai vu, hier soir, en consultant le Facebook de Radio Free Dom que l’article relatif à Raynaud Sadon, le vainqueur de The Voice Kid qui enregistre actuellement son premier single, avait totalisé plusieurs dizaines de milliers de vues contre un peu plus de deux (petits) milliers seulement à celui relatant la visite de Jean-François Carenco. Notre ministre délégué aux Outre-mer devrait peut-être se mettre à chanter du Mike Brant et du Demis Roussos !

Je ne serai pas plus long aujourd’hui. Rien de spécial concernant Sainte-Marie. Je veux dire par là que la situation politique est restée inchangée et tend inexorablement vers le pourrissement. Comme vous avez pu le constater, le vice-président du CCAS, Gaëtan Adam, a tenu une conférence de presse lundi dernier pour dire qu’il en avait gros sur la patate face aux élucubrations de certains « élus pleurnichards ». Contrairement aux « on dit », sa tête n’a toujours pas été « coupée » par le maire Richard Nirlo, qui ne sait plus trop où il habite car pris entre un groupe d’élus qui le pressent à « couper la tête » à certains de ses administratifs ou fidèles collaborateurs et ces derniers qui lui font comprendre que toute action communale doit se faire dans le strict respect de la loi, en l’occurrence le code général des collectivités territoriales.

Un petit mot des sénatoriales pour terminer : ça évolue au fil des semaines. Aux dernières nouvelles, la sortante Nassimah Dindar n’aurait pas encore dit son dernier mot. Elle est centriste et elle fait partie de la majorité municipale d’Eric Bareigts à Saint-Denis.

Le ministre salue Nassimah Dindar sous le regard d’Ericka Bareigts et de Mario Lechat, le patron de Cyrano (Antenne Réunion…)

Du côté de Michel Fontaine, il a été dit que le maire de Saint-Pierre souhaitait, outre la sortante Viviane Malet, faire également de Serge Hoareau, maire de Petit-ile, un sénateur. Dans le cadre de notre émission « Ladilafélapafé » (visible sur freedom.fr depuis hier matin), nous avons posé à la personne concernée. Il a répondu : « je suis maire de Petite-Ile, pour le moment ». Je retiens, « pour le moment». Les élections sénatoriales auront lieu en septembre prochain. Donc, pas « pour le moment » !

Y.M.

([email protected])

 

 

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

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