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« Le Parc du Volcan : la municipalité doit revoir sa copie ! » selon Isabelle Musso

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Tribune pour un Parc du Volcan, plus écologique et plus authentique !

Le Parc du Volcan version 2021, un projet à revoir !

Le Parc du Volcan est un vieux projet dont la municipalité parle depuis près de 20 ans ! Véritable serpent de mer, il a connu diverses versions. Nous avions réagi par une contribution durant l’enquête publique en juillet 2021 avec les critiques que nous développons ici.

Visiblement ce projet ne fait pas l’unanimité. En tant que Section Socialiste du Tampon et anciens élue municipale, nous avons toujours privilégié une opposition constructive. Sans rejeter la totalité de ce projet notre réflexion nous pousse à de nombreuses réserves. Sans doute, écouter et consulter les Cafriplainois, Tamponnais et usagers de ce site dans le cadre d’une démocratie participative aurait été un préalable constructif pour bonifier ce projet de transformation, d’aménagement touristique de plein air car pour l’instant il semble plaqué, imposé alors qu’une telle réalisation devrait obtenir une large adhésion de la population, des partenaires et des acteurs économiques

Trois semaines de concertation c’est beaucoup trop peu pour un tel projet qui englobe des pistes de réflexion multiples et pas des moindres : environnement, finances, économie, emploi, circulation, authenticité, culture, choix des loisirs… D’ores et déjà nous constatons la dimension plus modeste par rapport au projet de départ. L’axe attractions/animations nous avait semblé démesuré et non avenu pour le territoire de la Plaine des Cafres dans la version 2019.

Par contre, dans cette nouvelle phase du projet nous regrettons fortement la disparition d’un axe fort le tourisme équestre (il ne s’agissait pas d’un hippodrome mais de manèges et d’espaces d’entrainement et d’écuries) qui pour nous constituait un enjeu majeur, bien plus approprié pour La Plaine des Cafres, plus authentique que les attractions à sensations que sont les tyroliennes, le ballon captif… Le tourisme équestre correspondait à la découverte d’un espace naturel grandiose, avec une approche animalière, un soutien à la filière équine. On aurait pu penser à un meilleur aménagement des sentiers, des points d’eau, de ravitaillement pour les chevaux, des bivouacs… On peut craindre que cet axe ne voie le jour, le Parc du Volcan était déjà dans les cartons depuis au moins 2006.

De même nous pointons les faiblesses ou les incohérences de ce projet : l’opportunité des attractions à sensations, bien éloignées d’un tourisme vert : tyroliennes et ballon captif, leur coût/famille ne va-t-il pas exclure les familles les plus modestes ?
les nuisances sonores pour les riverains ?
– les nuisances de voisinage : parking sauvage, va-et-vient incessant ?
– la rentabilité de telles infrastructures, le coût de leur maintenance ?

L’axe du Parc de plantes endémiques est sans doute la dimension la plus pertinente du projet.

Si nous pouvons adhérer au volet découverte de la végétation, de la zone ludique familiale, on se doit de préserver l’authenticité du lieu. Le choix des matériaux, des couleurs doit être de nature à respecter et s’intégrer au paysage : jaune, orange… ce ne sont pas les couleurs du site. Ne pas défigurer la Plaine des Cafres et valoriser ce site exceptionnel doivent être des préoccupations majeures.
Pour qu’un tel projet soit viable et prometteur, il ne doit en aucun cas être géré à la légère. Or, rien ne laisse entrevoir la manière dont il sera géré, notamment sur l’espace famille – pique-nique. Qui interviendra ? Avec quels statuts ? Comment vont être gérés les différents espaces : respect de l’environnement, gestion des déchets, respect de la tranquillité des usagers, respect d’un temps d’usage acceptable pour qu’un plus grand nombre en profite et éviter la monopolisation du site ?

L’objectif d’un tel équipement est aussi la création d’emplois, or aucun élément dans le projet ne nous informe des créations d’emploi engendrées par le Parc, les tyroliennes et l’ensemble des équipements. Nous pouvons regretter aussi l’absence de dimension culturelle au projet aussi bien sur l’aspect environnement que sur l’aspect de la Culture Réunionnaise et particulièrement des Hauts et de la Plaine des Cafres.
En conclusion, nous sommes très réservés sur le projet « Parc du Volcan » qui semble mal ficelé, contradictoire dans ces différents axes, avec une faible adhésion des habitants du quartier.

Face à ces mécontentements et à ces incohérences, la Municipalité doit revoir sa copie pour un Parc du Volcan écologique et respectueux des modes de vie et de la Culture Réunionnaise et créateur d’emplois.

Isabelle MUSSO
Juillet 2021
Section Socialiste du Tampon

1 Commentaire

  1. Association Domoun la Plaine Historique :
    En 2018 avant la consultation préalable du dossier des tyroliennes, a été créé le collectif « Cafriplainois de cœur » avec sa page facebook et une pétition. 3 194 personnes ont signé la pétition alertant sur la « Disparition de la forêt primaire du 27ème et de l’aire de pique-nique ».
    En juillet 2021 a eu lieu la concertation préalable sur le dossier du Parc du volcan, avec la population et un certain nombre d’organismes concernés dans leurs champs.
    Au cours des réunions, nous étions quelques-uns à nous opposer au projet de parc du volcan tel que décrit dans les dossiers mis à notre disposition !!!!! Prenant conscience que nous étions nombreux à partager les mêmes préoccupations de préservation de la nature et de protection de notre patrimoine, et qu’en nous rassemblant nous serions peut-être plus audibles et incontournables, nous avons décidé de créer cette association.
    L’association est née en septembre cette année. Elle a vocation à rassembler toutes citoyennes et tous citoyens, de la Plaine des Cafres, du Tampon, de La Réunion et de tous horizons, sensibles à cette cause et désireux de transmettre ce patrimoine naturel intact aux futures générations.
    Objet déclaré dans nos statuts déposés à la Sous-préfecture de Saint Pierre :
    Fédérer toutes personnes (physiques ou morales) pour la préservation, la promotion et la valorisation de la Plaine des Cafres et de toute la Commune du Tampon en veillant, pour tous les projets d’aménagement, à la protection, restauration des espaces naturels tout en tenant compte du principe de solidarité écologique entre les hommes, la faune et la flore, au respect et à la valorisation de l’identité culturelle
    Notre position sur le Projet de Parc du Volcan :
    Les adhérents de cette association veulent faire connaître leurs avis et propositions et se faire entendre par la Municipalité du Tampon.
    Celle-ci ne peut pas se contenter d’un formalisme administratif de consultation pour faire faire passer ce projet, coûte que coûte, vaille que vaille, conçu hors sol et dont l’impact écologique et économique sera, de notre point de vue, irréversible et lourd de conséquences pour ce territoire.
    Ce n’est pas en implantant des structures inspirés de modèles vus ailleurs (Puy du Fou, Angers, etc.) que la Municipalité du Tampon va augmenter l’attractivité de ce territoire.
    Il suffit de se promener sur le GRR2 et les autres sentiers de randonnée pédestre, et d’ouvrir les yeux et les oreilles pour comprendre ce qui fait que des milliers de personnes, habitants de La Réunion ou touristes venus d’ailleurs, parcourent à longueur d’années les sentiers, les routes de campagne et forestières de la Plaine des Cafres.
    Ce qui fera l’avantage concurrentiel de ce pays pour ceux qui viendront le visiter et passer quelques moments, ce n’est pas la possibilité de se jeter dans le vide suspendu à des filins, ou de monter dans un ballon captif pour admirer le paysage. L’avantage concurrentiel de ce pays, c’est en réalité les innombrables atouts que Dame Nature a façonné des millénaires durant et qui ont permis à un écosystème spécifique de s’y développer et de créer une ambiance. C’est cela que viennent rechercher les touristes : la beauté majestueuse des pitons, des ravines, des forêts primaires ; la faune et la flore endémiques ; le calme revigorant des pâturages et des fermes ; la chaleur de l’accueil des habitants ; la culture ancestrale des hauts de l’île ; le temps long qui permet de voir se succéder les quatre saisons et qui permet aux visiteurs de faire la coupure avec le stress et l’absence de sens de la vie moderne.
    Il faudrait vivre cloitré dans des visions mégalomanes sans connaître notre réalité de terrain, pour imaginer que les touristes viennent chercher ici ce qu’ils peuvent ramasser à la pelle ailleurs, sans avoir à traverser toute l’île ou les océans.
    Ce qui nous semble certain, c’est qu’à travers les délires d’un Parc d’attraction copié sur tous ceux qui sont en train de sombrer dans des déficits colossaux ailleurs – même sur notre île – la Municipalité va nous tirer une balle dans les pieds en procédant à un écocide généralisé qui nous privera à jamais de ce qui a fait la richesse de ce territoire et son attractivité jusqu’à ce jour. Il est urgent pour l’équipe municipale d’entendre la voix de la raison.
    Il faut qu’elle réponde aux nombreuses questions que nous avons posées lors des réunions de concertation et dans les carnets d’acteurs.
    Ce n’est pas nous qui le disons, mais les garants de la Commission Nationale des Débats Publics qui ont rendu leur rapport.
    Hormis les fonds du FEDER arrachés en montrant le vernis des travaux d’arrachage des plantes invasives et de la préservation de la biodiversité (sic), le dossier est vide quant aux autres ressources qui seront mobilisées pour les aménagements pharaoniques du Parc, mais surtout les coûts de fonctionnement : emplois (hormis les emplois aidés précaires), entretien et maintenance des installations, nettoyage et entretiens des espaces, sécurité des riverains et des visiteurs, voies de circulation…
    Aucune réponse à nos questions que les garants ont insisté pour qu’elle soit donnée au préalable, n’a été pour l’instant fournie, ni collectivement, ni individuellement.
    Malgré tout, la Municipalité engage les travaux avant même le démarrage de l’enquête publique annoncée en juin 2022 ! Notre association a retranscrit l’ensemble des discussions qui ont eu lieu lors des trois réunions plénières et des trois ateliers : Environnement, Tourisme, Riverains.
    Ces transcriptions, plus faciles à étudier que l’écoute des 12 heures d’enregistrements des débats que vous pourrez trouver en ligne sur le site de la Mairie du Tampon, sont à la disposition de la Presse sur notre site internet pour qu’elle informe la population tamponnaise en particulier et les réunionnais en général sur ce qui se trame et les préoccupations qui sont celles de l’association Domoun la Plaine.
    Nous allons de même mettre en place un groupe de travail pour nous approprier les rapports d’études qui sont déjà publiés et d’autres que la Municipalité nous dit qu’elles sont en cours – ce qui ne l’empêche pas d’avancer, curieux non ? Les rapports qui ont déjà été publiés, comme ceux sur les nuisances sonores, sont déjà assez alarmants.
    Il ne faut pas que la Municipalité croie que nous nous laisserons bercer par les propos de ses administratifs qui minimisent, lors des débats publics, ce qui est mis en exergue dans ces rapports. Nous savons aussi lire et dénicher les loups.
    Nous voulons faire savoir à tous que nous sommes déterminés et resterons vigilants jusqu’au bout.
    Venez nous rejoindre, ensemble, nous parviendrons à empêcher que cet écocide soit perpétré. Toutes les infos sont visibles sur notre site internet http://domounlaplaine.re
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