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Le port de Ste-Marie actuellement désensablé

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L’entrée du port de Sainte-Marie est de nouveau ensablée ! La Cinor assure mettre tout en œuvre, dans la concertation, pour que les pêcheurs et usagers du port puissent se déplacer sans risque et ce alors que les travaux d’extension et de rénovation du port sont en cours depuis plus d’un an, pour une livraison attendue fin 2021. En lien avec les usagers du port, elle procède actuellement à des travaux de désensablement chaque fois que la situation le commande.

Que faire face à la situation répétée d’ensablement, à l’entrée du port de Sainte-Marie, qui nuit à la circulation en toute sécurité des embarcations ? Pour l’heure, aucune “solution miracle” se dégage face à ce phénomène d’origine naturelle, sur un site qui plus est en phase travaux. 

A chaque séquence critique, c’est en effet le même scénario qui prévaut : les pelleteuses s’activent à enlever les sédiments s’entassant à l’entrée du port, et qui ont pour conséquence de diminuer la profondeur d’eau dans le chenal, là où passent les embarcations.

Auparavant, prévalait une distance de 4m de profondeur entre les bateaux et les profondeurs. Aujourd’hui on en est loin. Seules les petites embarcations peuvent encore circuler, les plus imposantes se perdent en vaines manœuvres dans parfois moins d’un mètre.

La Cinor en est consciente. D’autant plus que, passée la séquence d’intervention d’ensablement, la nature reprend ses droits. “La dernière fois 630m3 de sédiments ont été enlevés en une journée pour dégager l’entrée du port”, dévoile Hervé Vidal, DGA à la Cinor..

L’ensablement : un phénomène mondial,

En outre, il a été constaté, après analyse du sable, que d’important sédiments provenaient de l’Est. “On a décelé du sable venant de Sainte-Rose ! Et tous ces sédiments viennent s’accumuler à Sainte-Marie et au délà” 

A chaque fois, il faut dégager cet espace pour refaire le piège à sédiments”, explique explique Didier Gopal, vice-président délégué en charge de l’aménagement du port.

“L’ensablement est phénomène mondial, dû à la force des courants et du dérèglement climatique. A La Réunion, Saint-Gilles et Saint-Pierre sont confrontés au même problème que nous. Et des pays comme le Liban, la Grèce et la Croatie connaissent le même problème que nous”, explique notre interlocuteur au fait de l’actualité, et qui s’est appuyé par ailleurs sur l’expertise d’un ingénieur maritime européen. 

Autre explication : “on n’a plus de cyclone depuis 14 ans. Or, la forte houle ramenait le sable vers le large en ressortant. Ce n’est plus le cas”.

Échanges et concertation

Ainsi, il a été instauré une rencontre de concertation, avec le collectif des pêcheurs et des usagers tous les quinze jours. 

“ Lors de notre dernière rencontre, nous avons échangé sur les difficultés rencontrées, et nous avons adopté une procédure afin de recueillir, par un pêcheur professionnel assermenté, les relevés bathymétriques permettant d’intervenir au niveau des endroits à désensabler. 

Le but étant de disposer d’une profondeur s’approchant de la norme pour que les pêcheurs professionnels puissent emprunter le chenal.

Cela étant, le règlement intérieur du port est clair : ces déplacements se font à leurs risques et périls.

“Nous l’avons dit aux pêcheurs :le site est en chantier et un chantier est interdit au public tant qu’il n’est pas terminé.

La maintenance de la digue assurée en 2022

Concernant une des revendications du comité, à savoir l’allongement de la digue, le VP de la Cinor est clair sur le sujet : “De l’avis des ingénieurs maritimes un allongement n’aurait aucune incidence dans la mesure où mouvements de la mer varient toute l’année d’Est en Ouest. On va donc reste sur l’option d’une digue de 30m, actuellement en phase de consolidation”.

Ce dernier assure que ces problèmes ne se poseront plus avec la livraison du Port en 2022 , la maintenance du port, dont le chenal, faisant l’objet d’un contrat d’entretien permanent 

Les deux parties ont prévu de se retrouver début juillet, au siège de la Cinor pour “discuter et échanger. et faire avancer le projet”. 

Les pêcheurs et les usagers se sont regroupés en collectif, c’est une bonne chose car cela permet de parler d’une seule voix et constitue une source d’avancée”, conclut Didier Gopa. 

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