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Le Président Macron et ses ministres : nou ariv’ !

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« La NRL, les transporteurs et le « préfet-papounet » et la venue du Président de la République, cette semaine, dans notre département : voilà les deux principaux « morceaux » de notre menu d’aujourd’hui. Mais, comme tous les lundis, nous démarrons avec les municipales. En effet, depuis quelques semaines, J’ai pris l’habitude de commencer l’édito du lundi par les annonces de candidatures en vue du scrutin de mars 2020, qui avaient tendance à se multiplier ces derniers mois dans les différentes communes de l’île. Mais vacances scolaires obligent, il faut croire que les candidats sont partis en vadrouille en Maurice ou ailleurs. Hormis Anne-Flore Deveaux à La Possession et Jean-François Nativel à Saint-Paul, ils n’ont pas été nombreux à se déclarer durant la semaine qui vient de s’écouler. Pour revenir rapidement sur la candidature d’Anne-Flore Deveaux, conseillère départementale, notons que celle-ci a obtenu le soutien de Didier Robert, qui a d’ailleurs participé à son lancement de campagne, mardi soir. Mais Mme Deveaux, dans son discours, a aussi déclaré qu’elle avait le soutien de Cyrille Melchior, président du Département. Ça, en revanche, c’est pas encore fait. En général, quand le président du Département soutient quelqu’un, il le dit lui-même ou se montre carrément aux côtés de la personne. Ce n’était pas le cas mardi soir. Il n’était pas là et n’a pas (encore) confirmé son soutien à Mme Deveaux. Ça viendra peut-être !

Les résultats du sondage à Saint-Denis donnent Gilbert Annette loin devant ; Les militants demandent à Ibrahim Dindar : « Nassimah n’est pas là ? »

Nassimah Dindar, quant à elle, n’a pas encore tenu de conférence de presse pour officialiser sa candidature à la mairie de Saint-Denis mais, à 95%, c’est quasiment certain qu’elle ira à la bataille. C’est ce qu’elle a clairement laissé entendre, jeudi dernier, dans l’émission « Entretien » sur freedom.fr. Avec son mari Ibrahim Dindar, elle prépare « une liste d’ouverture » pour les municipales dans le chef-lieu où le sondage commandé à Sagis par la Droite Sociale la place à la deuxième position (en intentions de vote), derrière Gilbert Annette, qui reste largement en tête. En fait, il y a eu deux sondages, l’un en mars, et l’autre en septembre. Les deux portant sur un échantillon de 500 personnes. Dans les deux sondages, Gilbert Annette est crédité de 24%. Dans la première enquête, le nom de Nassimah Dindar n’y figurait pas. Ibrahim Dindar avait récolté environ 8%. Dans le second, il passe à 12-13%. Dès son entrée, Nassimah Dindar totalise près de 17-18% d’intentions de vote, reléguant Didier Robert à la 3ème position avec 15%. Gilbert Annette reste le favori (24%), alors qu’Alain Armand demeure en dessous de la barre des 5%.

Aussi bien dans le premier que dans le second sondage, le vice-président du Département ne parvient pas à décoller. A noter en revanche les 8% d’Alexandre Lai kane Cheong (Alec) de « Croire et Oser », qui souhaite aller se présenter à… Sainte-Suzanne. A noter surtout les 12% du Rassemblement National (RN) et de La France Insoumise (LFI) dans le chef-lieu. Qui seront les candidats de ces partis à Saint-Denis ? That is the question !

En tout cas, Ibrahim Dindar n’a plus de doute aujourd’hui. Les dionysiennes et dionysiens lui préfèrent son épouse, plus chaleureuse et ayant le contact beaucoup plus facile. Ce qui n’enlève aucun mérite à Ibrahim Dindar, qui a commencé à travailler activement le terrain depuis plusieurs mois déjà en multipliant les réunions de cellule dans les quartiers de Saint-Denis. Sauf que, lorsqu’il arrive seul à certaines rencontres avec la population, la première question qui lui est posée et qu’il a pris maintenant l’habitude d’entendre, c’est : « Nassimah n’est pas là ? ». Ce qui est sûr, c’est que Nassimah Dindar souhaite conduire une liste, avec la Droite Sociale, mais pourquoi pas également avec toutes les autres mouvances, y compris les proches de Didier Robert tels que Vincent Payet, Vincent Bègue etc… Mais le président d’Objectif Réunion n’a pas encore dit son dernier mot. Une rumeur insistante laisse entendre que Didier Robert pourrait profiter de la présence dans l’île du Président de la République pour annoncer sa candidature à la mairie de Saint-Denis. Candidature ou pas de Didier, ce qui est sûr – et cela Michel Lagourgue aussi l’a compris – seule l’union pourrait (le conditionnel reste de mise malgré tout) déstabiliser le maire sortant, Gilbert Annette. Pour l’instant, son chemin de campagne (électorale) ne semble toujours linéaire.

Pour revenir au sondage, où est En Marche ? Question qui a quand même son importance, à deux jours de l’arrivée d’Emmanuel Macron, fondateur du Parti, dans notre île. N’ayons pas peur des mots : inexistant, brouillon, illisible, invisible, inaudible. Par exemple, sur Saint-Denis, Jean-Claude Fidji et Brigitte Hoarau sont « En Marche » alors qu’ils appartiennent à la majorité municipale de Gilbert Annette lui même parfois En Marche, avant ou arrière, selon la conjoncture. Michel Lagourgue et Faouzia Vitry, eux, proches de Didier Robert, sont « En Marche » alors qu’ils font partie de l’opposition municipale d’Annette. Sur un dossier comme le tram-aéroport (un exemple parmi tant d’autres) « En Marche » pro-Annette est pour et « En Marche » anti-Annette est contre. Complètement ubuesque ! C’est cette confusion qui doit sûrement expliquer la montée du Rassemblement National et de La France Insoumise dans le chef-lieu. Quant à « En Marche » à l’échelle locale, Farid Mangrolia semble être de bonne foi et être animé d’une volonté sans faille mais, on a vu aussi que dans les grands rendez-vous, à l’instar des dernières européennes, le jeune homme se fait vite « cannibaliser » par les leaders, que sont Didier Robert (Objectif Réunion) et Cyrille Melchior (LR) qui avaient mené la campagne de Stéphane Bijoux, aujourd’hui eurodéputé de LREM !

« Emmanuel Macron en terre ni ennemie, ni amie. Il faut le laisser arriver et causer avant de critiquer »

Si l’actu du Brexit ne le contraint pas à repousser (ou à annuler carrément son voyage), le Président de la République devrait être à La Réunion du 23 au 25 octobre prochains. Il passera d’abord par Mayotte et l’île Glorieuse, les 22 et 23, puis débarquera dans l’après-midi d’après-demain, mercredi 23, dans notre île. Dire que Macron est amoureux fou de La Réunion serait mentir. Les scores d’En Marche à la présidentielle de 2017 et aux Européennes de 2019 n’ont pas de quoi l’envoyer au plafond, mais en tant que chef d’Etat, il avait promis de rendre visite aux Réunionnais. Le voyage initial prévu en juin dernier a été repoussé en septembre, puis repoussé en octobre. Depuis son élection, Emmanuel Macron s’est rendu à quelques reprises déjà dans les Caraïbes et en Nouvelle-Calédonie. Alors, que viendra-t-il faire à La Réunion ? Ben, nous rendre visite. Ça fait toujours plaisir de recevoir un Président de la République. Ne comptez pas sur moi pour lui casser du sucre sur le dos. Je ne suis ni Macroniste, tout comme je n’ai jamais été Mitterrandiste, Chiraquien, Sarkoziste, Hollandiste. Je ne suis pas non plus « lécheur » de « Gros Blancs », ni de « Gros Noirs » d’ailleurs, et encore moins « békeurs » de primes ! Comprenne qui pourra !

Non, je suis journaliste, et un journaliste poli, bien élevé. Pourquoi critiquer une visite qui ne s’est pas encore réalisée ? Pourquoi juger des propos qui n’ont pas encore été tenus ? Pourquoi critiquer des mesures qui n’ont pas encore été annoncées. La moindre des choses serait de le laisser se poser, de visiter, de discourir avant d’analyser, d’encenser s’il y a matière ou, alors, de « dégommer » si besoin. Pour l’instant, il serait malhonnête de crier, de stigmatiser, de fustiger car le « boug’ » lé pas encore arrivé. On dit qu’il viendra avec plusieurs ministres, outre celle de l’Outre-mer Mme Annick Girardin. C’est peut-être bon signe. Il devrait en effet amener dans ses bagages Didier Guillaume (Agriculture), Agnès Panier-Runacher (secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances). Il serait question également de la ministre du Travail ou encore de Marlène Schiappa. A voir ! Tout cela me fait penser à un titre de DJ Sebb et d’Abdoul : « Nous ariv ‘ ! »

Que dire des grandes séquences prévues ? Une rencontre avec le monde économique via l’ouverture du Business Forum NxSE, qui se tient à la Nordev les 24 et 25 octobre. Personnellement, j’y crois pas trop à ce genre de grand-messe qui bouffe beaucoup de fric pour pas grand-chose. Du « bla-bla » dernier cri avec des mots savants qui font chic mais sans apporter de remèdes chocs à nos problèmes endémiques. Le Président Macron et le gouvernement Philippe ont-ils réellement besoin de ce Business Forum NxSE pour connaître la situation économique de La Réunion et, par conséquent, pour agir ? C’est quand même désolant de constater – et ce n’est pas exclusif à l’actuel Président – de voir que chaque gouvernement qui arrive fait comme s’il ignorait tout de notre situation sociale et économique alors que, depuis des lustres, des dossiers, rapports, livres bleus, blancs, rouges, verts, jaunes… s’empilent dans les ministères parisiens et décrivent tout ce qu’il y a à décrire. Le diagnostic a été posé depuis des décennies. Le seul truc qui manque, c’est le remède aux maux dont souffre notre île. Pas plus compliqué que ça !

Pourquoi organiser systématiquement des salons, des forums, des Assises, des Grenelle, des grand-messes, bref tout un tas de « machin-choses » inutiles ? Perte de temps et perte d’argent. Attention, je ne critique pas la venue du Président de la République. Je dis tout simplement qu’il n’avait pas besoin de cette mise en scène à la Nordev, qui doit sans doute nécessiter une grosse logistique, pour faire quelques annonces – si tant est qu’il y en a- en matière économique.

De la même façon, avait-il besoin d’organiser un pique-nique à Grand-Anse (Petite Ile) pour discourir sur l’agriculture. Là encore, les difficultés dans ce domaine ont été répertoriées depuis très longtemps. Je peux comprendre que les télés nationales ont besoin d’images folkloriques, que le Président Macron a besoin de refaire sa côte de popularité, y compris sous les tropiques, mais c’est trop de mise en scène quand même ! La population souffre. Pas besoin de tout ce côté spectacle ! Quant à savoir s’il faut blâmer ou pas les élus qui ont décidé de « composer » avec cette visite, je n’irai pas jusque là. Je trouve que la posture d’un Cyrille Melchior, d’un Serge Hoareau (maire de la Petite Ile et vice-président du Département, délégué à l’Agriculture) est parfaitement républicaine. Une attitude constructive. Idem pour celle de Joseph Sinimalé, maire de Saint-Paul où se déroulera une séquence « Emploi/Insertion ». On m’a dit que « Sini » est un très proche de Dominique Perben, l’ancien ministre de l’Outre-mer de Balladur, qu’Emmanuel Macron a ramené à ses côtés pour lui donner un coup de main sur l’Outre-mer. Le Président a également recruté récemment un ancien de chez Sarko pour venir renforcer le cabinet Outre-mer à l’Elysée, aux côtés de Stanislas Cazelles. Parce que le Président de la République a vraiment envie, à un peu plus de deux ans de la prochaine présidentielle, de se refaire une santé dans toutes les régions ultra-marines, qui représentent tout de même un vivier de 1,2 million de voix. Ce n’est pas rien !

NRL : tout le monde il est beau, tout le monde il est content ! Et, depuis vendredi, les transporteurs sont comme de gros bébés faisant risette au « préfet-papounet »

 Tout est mal qui finit bien pour la NRL ? Il y a trois semaines, les transporteurs (et leurs gros camions qu’ils payent encore à crédit) ne savaient plus à quelle sauce ils allaient être mangés aussi bien par le Groupement NRL (Maître d’œuvre) que par la Région (Maître d’ouvrage). Conférence de presse, rencontres avec les différents partenaires, menaces, puis blocage des locaux de GTOI au Port. Une action qui a manifestement payé. Il faut dire également qu’à quelques jours de l’arrivée dans l’île d’Emmanuel Macron – pour la première fois depuis son élection – le préfet Jacques Billant, qui est là depuis environ trois mois, n’avait pas envie qu’une grève générale lui pète au nez. Aussi, la table ronde tant attendue par les transporteurs s’est donc déroulée à la préfecture, vendredi dernier, de 14h30 à 21 heures.

Près de 7 heures de réunion, de discussion, parfois même de crêpage de chignon entre notamment la Région et le Groupement NRL. Didier Robert allant jusqu’à menacer le Groupement de résilier le marché MT5-2 (la partie Digue, à savoir les 2,7 km restant à réaliser). Tout compte fait, après de longues heures d’échanges et une pause cigarette, le préfet a proposé un protocole d’accord qui a été signé par tous les acteurs pour, dans un premier temps, permettre le prélèvement d’andains afin de poursuivre le chantier « MT 5-1 » la première partie digue, juste après le viaduc, côté Grande Chaloupe, et d’ici au début de l’année prochaine, la deuxième partie, le « MT 5-2 », la route Digue de 2,7 km pour terminer la NRL, en fonction des analyses d’ordre juridique et financier, qui seront menées sous la houlette du ministère des Transports. Le délai fixé pour cela a été de un mois. Pour l’analyse.

En attendant, grâce aussi à la collaboration du Département, les andains vont pouvoir être prélevés dans les champs et 80 camions (au lieu de 6 actuellement) répartis entre tous les groupements de transporteurs (Transrun, CTTR, OTI, FTOI et GRTS) pourront commencer à travailler dès ce mercredi, jour de l’arrivée du Président Macron et de ses ministres, sur le « MT 5-1 ». Sur les 2,6 MT répertoriés, il existerait déjà près d’1 MT de roches qui seraient prêtes à l’emploi. Pendant ce temps, les transporteurs pourront également stocker au Port des andains plus gros (entre 2 et 6 tonnes), correspondant à des roches massives pour le « MT 5-2 ».

Au sortir de la table ronde de vendredi soir, à l’exception des représentants du Groupement NRL, qui ne s’adressent quasiment jamais à la presse, tous les autres acteurs affichaient un sourire tranche-papaye. Contents ! Didier Hoareau (OTI) n’a pas cessé de remercier le préfet « qui a fait un énorme boulot ». Joël Mongin n’a pas tari d’éloge sur le représentant de l’Etat. « Nous avons un très bon préfet ». Ils étaient trop mimi ces transporteurs devant la grille de la préfecture aux environs de 21 heures, tels de gros bébés faisant risette à maman ou à papa (ou au « préfet-papounet »). « Je ne suis plus en colère », a dit Joël Mongin de sa voix rauque. Il en a profité pour lancer un SCUD aux écologistes. Idem pour Didier Hoareau qui, lui, a fait dans la poésie en disant : « nou, nou vive dans des cases en bois sous tôles, nous chier dans des cases en bois sous tôles, alors que les écologistes vivent ici dans maisons en dur dernier cri. Qu’ils nous laissent travailler ! ». Plus sérieusement, Didier Robert, visiblement content lui aussi, a promis de « terminer cette route dans le meilleur délai possible, avec des ressources locales, et en tenant compte d’un juste prix, d’un juste coût ». C’est sur ce dernier point que l’expertise du secrétaire d’Etat aux Transports sera importante. Car à en croire les transporteurs, les andains coûtent plus chers que les roches issues d’une carrière. Mais les parties concernées ont consenti à faire un effort pour finir cette route. Autrement dit, il y aura de toute façon une rallonge financière. C’est incontournable.

Qui va payer le surcoût ? De combien sera-t-il ? Pas besoin d’être grand clerc pour répondre. Ce sont les contribuables qui passeront à la caisse puisque ceux qui avaient promis de faire ouvrir la carrière de Bois-Blanc ont échoué face à la SREPEN, à la mairie de Saint-Leu et aux associations écologistes. J’en veux pour preuve une ordonnance du Tribunal administratif daté du 29 avril (N° 1900354, 1900594) qui avait suspendu l’arrêté du préfet (l’ancien, celui qui a été muté) du 9 novembre 2018, autorisant la SCPR à procéder au défrichement d’un terrain de 35 hectares au lieu-dit « Ravine du Trou-Bois Blanc » à Saint-Leu. Il y est écrit, noir sur blanc, que « le retard susceptible d’être constaté en juin 2019, date prévue par l’entreprise et le carrier pour l’acheminement sur le site de la future digue des roches massives en provenance de la carrière de « Ravine du Trou-Bois-Blanc », peut être regardé comme principalement imputable au maître d’ouvrage (ndlr : la Région) et à l’autorité préfectorale, qui ont négligé de lancer en temps utile les procédures, notamment celle de l’évaluation environnementale préalable à une révision ou modification importante du schéma départemental des carrières, permettant de conforter la base juridique de l’une ou l’autre des hypothétiques autorisations d’exploitation des roches massives. Dès lors, l’intérêt public dont se prévalent les défendeurs (ndlr : Région et préfecture) est insuffisamment caractérisé ».

En clair, le Groupement NRL, en s’appuyant sur cette décision du TA, pourrait très bien dire que ce n’est pas à lui de mettre la main à la poche pour payer le surcoût des andains étant donné que, pour terminer cette NRL, le maître d’ouvrage et l’autorité préfectorale avaient initialement prévu de tout mettre en œuvre pour faire ouvrir à temps la carrière de « Ravine du Trou-Bois Blanc ». Nul doute que la question reviendra sur le tapis d’ici à mars prochain, après la saison cyclonique, lorsque viendra le moment de recourir aux roches massives afin de pouvoir attaquer le « MT 5-2 ». Sans compter que l’on ne pourra pas non plus vider La Réunion, île volcanique, donc avec de nombreux terrains en pente, de tous les andains car, par temps de grosses pluies, toutes les terres pourraient finir à la mer ! On n’en a pas fini de parler de la NRL !

Y.M.

([email protected])

 


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