Le rachat de la SIDR par la SNI: un coup d’État

5 min de lecture

Depuis ce lundi, les salariés du bailleur historique de la Réunion sont entrés en grève pour exprimer leurs inquiétudes quand à leur avenir et à celui de leur société. Pas seulement eux, mais aussi des milliers de locataires.  Et il y a de quoi être inquiet.

Le rachat des parts de l’État par la société nationale immobilière se fait dans la plus grande opacité. Des informations comme la réduction des effectifs, (confirmé aujourd’hui par le directeur de la SIDR: 30 suppressions de poste par an)des mutualisations de service, sur des facturations de service faites depuis la métropole,…. circulent et se vérifient jour après jour. La SIDR ne renouvellerait plus les contrats avec les artisans pour la réalisation de travaux dans les logements, mais aussi pour l’entretien, le gardiennage, la sécurité. L’ordre devant venir de Paris. Ce sont les entreprises réunionnaises qui vont trinquer.

On est en droit de s’interroger sur le silence de notre classe politique. Comment peuvent ils accepter de brader un des piliers du lien social à la Réunion?
Il est question là de la disparition de l’identité de la SIDR;
Cette affaire ne mériterait elle pas une assemblée extraordinaire de toutes les instances de la Réunion?
Faut il rappeler que beaucoup de Réunionnais s’identifient à la SIDR; Que 80% des locataires sont pauvres?

La politique de gros bénéfices, de logements inadaptés à notre climat, la vétusté grandissante du parc de logements, la volonté de transformer la SIDR comme simple agence de la SNI est inacceptable.

Il se dit par ailleurs que pour réduire les coûts du personnel, les départs à la retraites ne seraient plus remplacés, on pousserait certains employés à partir à la retraite même s’ils n’ont pas le nombre d’annuités; et le pire c’est qu’il serait mis en place une politique de mobilité…
Pas une mobilité locale, mais nationale.
Va t-on une nouvelle fois faire une « déportation » de Réunionnais dans des agences en métropole?

Enfin, quand au prix de cession: selon mes informations, l’État et la SNI se seraient mis d’accord sur un prix de vente de la SIDR de 47 millions d’euros alors qu’elle serait estimée à 2 milliards d’euros comprenant le capital social, le foncier et les logements.

Un pacte d’actionnaires aurait été conclu avec l’État. Il confère à la SNI, encore minoritaire pour l’instant dans le capital social, des droits de votes pour les questions de gestion.

Un cadre d’objectif aurait été aussi conclu : l’État aurait fixé comme objectifs à la SNI : une rationalisation des coûts, la constitution d’un socle commun de gestion, le développement de la mutualisation et de favoriser la mise en réseau des sociétés immobilières des DOM.
Un cadre taillé sur mesure pour la SNI.

Les statuts conventionnels et les accords collectifs sont fortement menacés.
La représentation syndicale locale risque de disparaître au profit des organisations syndicales au niveau du Groupe en métropole.
Et depuis la loi travail de Macron, un accord de Groupe peut se substituer à un accord d’entreprise.
C’est Paris qui va tout décider.

Devant la gravité de ce dossier, je demande audience au Président du Directoire du groupe SNI à Paris,
je salue l’initiative des syndicats, je soutiens les salariés dans leur juste combat; j’appelle à l’amplification de cette grève à la SIDR, dont je condamne les propos méprisant de son directeur qui qualifie les inquiétudes des grévistes, de «plaisanterie de garçons de bars »!!! Moi je pense plutôt que ce sont les gros zozos qui vont trinquer dans les grands salons parisiens sur le dos des Réunionnais.
Je souhaite que tous les élus de la Réunion soient solidaires de ce combat.

Jean Hugues RATENON
Député de la Réunion

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Website Protected by Spam Master




1 Commentaire



Free Dom
WordPress Video Lightbox