Le tourisme durable comme moteur économique dans l’océan Indien

6 min de lecture

À l’occasion de la journée mondiale du tourisme, célébrée chaque 27 septembre, les territoires participant à l’Année bleue de l’océan Indien en 2021-2022 réaffirment leur engagement pour un tourisme durable dans cette région au haut potentiel touristique, afin de concilier développement économique et social et protection de l’environnement marin et littoral.

Ramassage de déchets sur les plages du Mozambique, sensibilisation sur les déchets plastiques en Tanzanie ou encore inauguration d’une salle dédiée à l’économie bleue au Musée national des Comores : les territoires côtiers de l’océan Indien occidental ont lancé des actions concrètes pour encourager le tourisme durable, dans le cadre du projet de l’Année bleue de l’océan Indien.

L’objectif est d’attirer des visiteurs, tout en les sensibilisant, ainsi que les communautés hôtes, à la protection des sites qu’ils admirent.

Le tourisme représente une part essentielle de l’activité économique des pays de l’océan Indien. L’industrie du tourisme et des voyages rapportait par exemple à l’archipel des Seychelles 21,2% de son PIB en 2017. S.E. Marcel Escure, Ambassadeur français à la coopération régionale dans l’océan Indien, souligne la volonté de développer un tourisme durable : « un tourisme qui reste viable dans le temps, qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, qui répond aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l’environnement et des communautés d’accueil. »

Des atouts touristiques dégradés à cause du changement climatique

« Point chaud » de biodiversité et offrant une diversité d’opportunités touristiques naturelles et historiques, le sud-ouest de l’océan Indien voit pourtant ses atouts se dégrader à cause du changement climatique, d’un développement côtier rapide, ou encore des aléas climatiques extrêmes.

Aujourd’hui, 80% des récifs des pays de la Commission de l’océan Indien sont menacés. « En plus des conséquences environnementales considérables, la région perd l’un de ses grands avantages touristiques.
Les crises sanitaires, telles que le chikungunya, la dengue ou la Covid-19 montrent également la vulnérabilité des économies de la zone, qui comptent sur la venue des touristes », précise M. l’Ambassadeur.

Face à ces défis, il s’agit d’ancrer le tourisme dans la durabilité et d’impliquer l’ensemble des acteurs de l’économie bleue pour permettre l’émergence et la diffusion de modèles touristiques vertueux plus respectueux des écosystèmes naturels et de la biodiversité marine et côtière, sobre en carbone et permettant un développement local inclusif et durable.

Rassemblant depuis 2010 les représentants des Offices de Tourisme et les autorités touristiques de l’océan Indien, l’association « Îles Vanille » vise par exemple à rassembler les destinations de la région afin de valoriser les atouts de plusieurs îles pour un développement touristique commun. Visiter plusieurs îles lors d’un même voyage diminue également les impacts environnementaux du tourisme, pour une meilleure préservation des écosystèmes.

« Le développement d’un tourisme durable est un atout considérable pour notre territoire. Il permettra de valoriser la richesse et la diversité de nos paysages et de créer des emplois locaux qualifiés. C’est aussi un vecteur d’attractivité et de rayonnement. Avec l’association des îles vanille, la Réunion est fière d’accueillir sur son sol une initiative qui fédère les offres touristiques régionales. » indique Jacques Billant, préfet de La Réunion.

L’implication des populations locales dans la prise de décision et la mise en place des politiques de développement du tourisme, la gestion intégrée des zones côtières, l’extension des aires marines protégées ou la priorité donnée à la conservation de la biodiversité font partie des solutions pour suivre la voie d’un tourisme durable et inclusif.

« Nous travaillons à renforcer la coopération régionale, par les organisations internationales et régionales et par des initiatives telles que l’Année bleue de l’océan Indien. La France a fait du renforcement de la coopération régionale en matière d’économie bleue, dont le tourisme durable, l’une de ses priorités durant sa Présidence de la Commission de l’océan Indien en 2021-2022. » ajoute M. Escure.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

Le Plate St-Leu : des bénévoles ramassent les déchets abandonnés dans la rue

Article suivant

Semaine européenne du développement durable : le programme sur notre île !

Free Dom