Les « papillons-la-lampe » de la politique

dans Actualités/Edito de Yves Montrouge/Infos Réunion/Politique

Ça va de mal en pis à droite. Après la démission de Laurent Wauquiez, il y a une semaine, de son poste de président de « Les Républicains », suivie, quelques jours plus tard, du départ de Valérie Pécresse, qui va se consacrer exclusivement à son mouvement « Libres ! » sans doute dans la perspective de la présidentielle de 2022, tout un « tacon » de maires et d’élus locaux de métropole, estampillés droite et centre-droit, ont décidé, hier dimanche, d’apporter, via une tribune libre publiée dans la presse nationale, leur soutien au Président de la République ainsi qu’au chef du gouvernement.

Pas moins de 72 maires et élus locaux de 34 Départements et de 12 Régions clament haut et fort aujourd’hui leur décision de rejoindre Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Ils souhaitent « la réussite impérative de la France » et veulent « la réussite du Président de la République et du gouvernement ». Des « papillons la lampe » diront certains, des « opportunistes » qui vont là où il y a de la lumière. Des « rats » qui quittent le radeau incertain de « LR » et du centre pour courir se mettre à l’abri sur le paquebot LREM qui, en dépit des flots tumultueux de critiques fusant des quatre coins de France (crise gilets jaunes et autres crises sociales), arrive à maintenir son rythme de croisière et à braver tous les vents contraires. Il n’y a pas à dire, Emmanuel Macron a le cul bordé de nouilles. Sa politique est décriée mais, manifestement, il a ce petit quelque chose qui plaît aux Français. Un sex appeal politique ! Sans le vote outre-mer, pas sûr que le Rassemblement National aurait devancé d’un point le mouvement présidentiel. Ce qui veut dire que tout est possible pour les échéances à venir et notamment pour la présidentielle de 2022 où Emmanuel Macron pourrait rempiler en bénéficiant, une fois de plus, du sursaut républicain face aux nationalistes. D’autres élus de droite et du centre-droit pourraient dans les semaines ou les mois qui viennent rejoindre la majorité présidentielle.

Le « Pathé-Marconi » de la pyramide ou la « voix de son maître »

A La Réunion, Jean-Jacques Morel, porte-parole d’Objectif Réunion, mouvement politique présidé par Didier Robert, a été le premier à monter au créneau une semaine après les européennes pour demander à la tête de Michel Fontaine, président local de « LR ». Avouons que cette sortie de l’avocat dionysien n’a rien de surprenant. L’a-t-il fait de son plein gré ou plutôt à l’insu de son plein gré ? Ce qui est sûr, c’est qu’en le faisant, il souhaite sûrement se faire mousser par son mentor politique qui a surtout tendance à le délaisser un peu depuis sa défaite aux législatives de 2017 dans la 1ère circonscription. Jean-Jacques Morel ne cesse de multiplier les appels du pied et les clins d’œil pour se faire remarquer par son chef, qui ne pense même plus à lui pour les prochaines municipales dans le chef-lieu. C’est triste, mais la politique est ainsi faite. Alors, pour essayer d’attirer l’attention sur lui et caresser son mentor dans le sens du poil, le conseiller départemental n’hésite pas à « shooter » publiquement le patron de « LR ». Sauf que Michel Fontaine n’est pas du genre à se laisser intimider par ce que son entourage appelle « le Pathé- Marconi de la pyramide » (la voix de son maître). L’appel à la démission faite par Morel à son encontre lui a touché une sans faire bouger l’autre, comme l’aurait si bien dit Chirac. Le maire de Saint-Pierre qui a toujours été élu dès le premier tour aux municipales dans sa commune de Saint-Pierre où le score de RN est le plus bas au soir des dernières européennes n’a pas de leçon politique à recevoir de la part du porte-parole d’Objectif Réunion.

Pour autant, Michel Fontaine n’en veut pas à l’avocat dionysien car il sait que ce dernier n’a fait que « répéter ». Cela étant, si la sortie de Morel est un tantinet « gros doigt », Michel Fontaine n’est toutefois pas exempt de tout reproche dans le score de « LR » à La Réunion. Il aurait pu se bouger un peu plus le popotin durant cette campagne électorale. Or, il a surtout brillé par son absence et son silence sur la place publique. Sans doute a-t-il travaillé dans l’ombre, « de nuit », comme il nous avait laissé entendre, en préférant, semble-t-il, privilégier « le porte-à-porte jusqu’à 23 heures », mais il a tellement travaillé dans l’ombre qu’il faut à présent une loupe pour regarder le résultat microscopique de « LR ». Un résultat à un chiffre (5% ici, 8% en métropole) qui plonge aujourd’hui son parti non pas dans l’ombre mais carrément dans le fénoir.

Un parti qui a besoin d’être secoué de l’intérieur s’il souhaite rebondir. Au cas contraire, nombreux sont ceux qui pourraient imiter les 72 maires et élus locaux de l’hexagone ou encore de suivre les pas de Cyrille Melchior et de Didier Robert qui se sont mis En Marche durant les européennes. En rappelant aussi que Didier Robert, pour sa part, avait déjà déchiré sa carte « LR » suite à l’élection du candidat de Michel Fontaine r à la présidence du Département le 18 décembre 2017.

Tout cela pour dire qu’il ne serait pas surprenant de voir demain un certain nombre d’élus de droite et du centre-droit de La Réunion franchir le pas en basculant dans le camp du pouvoir parisien. Michel Fontaine quant à lui attend d’obtenir les ordres de Paris, plus précisément de la nouvelle direction nationale de « LR » pour agir. Lui est pour Gérard Larcher, l’actuel président du Sénat, qui ambitionne de prendre les commandes de ce Parti en déliquescence ayant subi une véritable déroule électorale européennes. Localement, Michel Fontaine prend le pari que les résultats des municipales de 2020 ne seront en rien identiques à ceux sortis des urnes au soir des européennes. Il aura du pain sur la planche pour remettre en ordre de marche une droite partie en eau de boudin.

Rien ne va plus entre Bruno Domen et Thierry Robert !

Ça ne va plus à droite. Ça ne va pas non plus au centre. Au LPA aussi, il y a « tangage » dans la case. Cessons en effet de tourner autour du pot car s’il y a encore des gens vilains, il n’y en a plus de couillons. Y compris les Saint-Leusiens qui ont déjà tout « capté », surtout depuis l’embauche récente, par le maire Bruno Domen, de Christian Maldat, cet ancien directeur de cabinet et accessoirement directeur de campagne de Thierry Robert. Comme nous vous le rappelions en début de semaine, dans l’édito de lundi dernier, Thierry Robert avait viré Maldat en 2017. Et avant de quitter la politique il y a quelques mois pour se mettre au vert, Thierry Robert avait tout confié à son homme de confiance, à savoir Bruno Domen, un ancien conseiller municipal qu’il a sorti de l’ombre pour en faire le premier magistrat de la commune de Saint-Leu, via un vote du conseil municipal (à ne pas confondre avec un vote au suffrage universel auquel Bruno Domen n’a jamais été confronté).

Politiquement parlant, à l’échelle de Saint-Leu, on peut donc dire, sans être péjoratif que Bruno Domen est un produit « Made in Thierry Robert ». Autrement dit, sans l’ancien député-maire de Saint-Leu, il n’existerait politiquement pas.

Or, tout laisse à penser aujourd’hui que l’actuel maire souhaiterait voler de ses propres ailes qui ont poussé depuis ; Qu’il ne souhaite plus exercer sous la « franchise » Thierry Robert. Aussi, pour s’émanciper, il n’a rien trouvé de mieux que de recruter celui-là même que Thierry Robert avait viré avec pertes et fracas. Un recrutement qui fait beaucoup causer en mairie. Un recrutement censé « renforcer » le service Communication de la commune, comme l’a souligné dans un communiqué Bruno Domen. Sauf que le vacataire Maldat est payé 50 euros nets de l’heure et qu’il sera, selon le maire, rémunéré à hauteur de « 2000 €/mois ».

Maldat a sans doute des compétences très développées en matière de communication mais peut-on vraiment « renforcer » la Communication d’une collectivité en travaillant 10 heures par semaine (soit 500 €/semaine pour faire 2000 €/mois) quand, dans le même temps, les « petites mains » du même service bossent 35 heures par semaine pour un Smic ou un petit peu plus ? Qui va réellement faire le job ?

De l’avis de certains agents de mairie, « Bruno Domen a fait revenir Maldat en se disant que ce dernier a le bras long auprès des médias et qu’il pourrait le protéger politiquement en achetant la paix médiatique ». C’est ce qu’ont crû en effet nombre d’employés communaux en apprenant, il y a deux semaines, la tenue d’une réunion « entre le maire, son vacataire à la Com’ et le directeur-journaliste d’un site internet qui avait passé son temps à casser Thierry Robert, l’ancien maire de Saint-Leu. Il n’y a qu’à reprendre tous les articles écrits par ce site pour s’en rendre compte ».

A quel jeu joue donc Bruno Domen ? C’est la question que se posent aujourd’hui non seulement des employés communaux mais aussi les élus de la majorité saint-leusienne convoqués par le maire la semaine dernière. Réunion lors de laquelle, Bruno Domen leur a annoncé sa décision de « bloquer » Thierry Robert et de ne plus répondre à ses appels ou messages téléphoniques. Certains élus regrettent cette décision et ont estimé que ce n’était pas la bonne méthode, qu’il fallait au contraire « privilégier le dialogue ». Ces élus et agents municipaux sont pris entre deux feux. Entre leur confiance historique à Thierry Robert et leur loyauté envers leur nouvel « employeur » Bruno Domen, ils ne savent plus sur quel pied danser. Ce qui est certain, c’est que depuis une quinzaine de jours, toute liaison téléphonique a été rompue entre Bruno Domen et Thierry Robert. Il y a incontestablement des fritures (politiques) sur la ligne entre les deux hommes qui étaient pourtant comme cul et chemise. Ou comme « chouchoute ek la morue », si vous préférez. D’aucuns diront que si l’actuel maire réagit de la sorte en prenant de haut celui qui l’a fait politiquement, « c’est parce qu’il a certainement eu des garanties auprès d’autres ténors », dans la perspective des municipales de 2020 et des régionales de 2021. Des élus qui, tout comme certain vacataire à la Com’, doivent se dire que « depuis la défaite de Pierrick Robert aux dernières législatives, Thierry Robert ne pèse plus rien à Saint-Leu et qu’il est peut-être temps de prendre ses distances avec l’ancien maire de la commune ». Peut-on confondre une circonscription avec une commune ? Sans compter que Thierry Robert n’est pas Pierrick Robert, et qu’il a n’a jamais été « sorti » du circuit politique par la voie des urnes. Ce n’est pas le peuple (les électeurs) qui l’a mis à la porte. Et il n’a pas l’intention de rester au vert toute sa vie.

La situation devient d’autant plus ubuesque à Saint-Leu d’un point de vue politique que Bruno Domen a coupé les ponts avec Thierry Robert mais qu’il continue de présider le Parti (LPA) créé par ce dernier et dont le porte-parole n’est autre que Pierrck Robert, le « frère de ». Les mauvaises langues disent que « Bruno Domen ne devrait sans doute pas tarder à prendre sa carte Objectif Réunion ». Les gens sont médisants !

Une OPA sur l’Ecole militaire du Tampon ?

Il y en a qui détestent les réseaux sociaux même s’ils sont les premiers à s’en servir. Moi je trouve que ces réseaux sociaux sont enrichissants. C’est ainsi que j’ai découvert le message suivant : « en tant que membre du CA sortant ayant organisé la tenue de cette AG, je tiens à m’excuser personnellement auprès de ceux qui ont vécu ce déplorable moment et assisté en direct à cette OPA habilement mené par un groupe d’anciens sans scrupules à grand renfort de procurations et de cotisations avancées sur leurs deniers personnels ». Je suis donc allé me renseigner pour en savoir plus. Il s’agit en fait de l’’assemblée générale de l’association des anciens élèves de l’Ecole militaire du Tampon (EMPR) qui s’est déroulée le 1er juin dernier. Lors de cette AG, il est dit qu’à la surprise générale, un groupe « d’anciens » élèves sont arrivés et, grâce à une multitude de procurations en leur possession, ils ont mis la main sur le conseil d’administration de l’association. C’est ainsi que Dominique How Pan Hie, qui n’avait plus donné signe de vie depuis longtemps, a repris la présidence de l’association. Et pas plus tard que samedi dernier, 8 juin, le conseil d’administration a élu son nouveau bureau qui regroupe une majorité « d’anciens » (Jean-Claude Surroux, Serge Clain…) présentés comme « des très proches » du président de Région, lequel fait partie lui aussi de l’association en tant que membre pour avoir été un ancien élève de l’Ecole militaire. Nombreux sont d’ailleurs les « anciens » de l’EMPR qui bossent à la pyramide inversée, voire même au cabinet du président. Nombreux sont les anciens « bien placés » à des « postes clés » dans les collectivités et administrations de l’île (police, gendarmerie, mairie, préfecture, sous-préfecture, tribunaux…). Mais alors, quel intérêt d’opérer une OPA sur une association d’anciens de l’Ecole militaire qui, pour rappel, a existé de 1972 à 1992 ? « Justement parce que ce sont des personnes qui occupent des postes clés au sein de cette puissante machine qu’est l’association. Elles ont la main sur tout ce qui est sensible. Donc, c’est tout bénèf pour préparer la prise d’une collectivité. Avant les régionales de 2010, ces anciens, aujourd’hui de retour, étaient aux commandes de l’association. Ce n’est pas par hasard s’ils reviennent un peu moins de 2 ans avant les régionales de 2021. Renseignez-vous bien et vous allez comprendre… ». Pas trop le temps, j’avoue. Je sais tout simplement que Dominique How Pan Hie a été au cabinet du président de Région de 2010 à 2017 avant de quitter la pyramide. Mais rassurez-vous, il n’est pas à la rue. Chez les « anciens » de l’EMPR, on ne laisse jamais tomber les camarades ! Il serait actionnaire de Design System. Cette société bosserait-elle avec la Région ? Comme tant d’autres certainement. Je sais aussi que nombreux anciens de l’EMPR occupent ou ont occupé des postes importants et très bien rémunérés au sein de la pyramide ou dans les SPL.

Nous avons appelé, hier, dimanche, le nouveau président Dominique How Pan Hie. Nous lui avons dit que certains membres présents lors de l’AG du 1er juin ont qualifié de « minable » et de « dégueulasse » ce qui s’est passé. Dominique How Pan Hie ne partage pas du tout de cet avis. « Les statuts de l’association autorisent les anciens à présenter une liste et un projet. C’est ce que nous avons fait. Nous avons présenté une liste de 10 membres et avons laissé une ouverture pour 5 jeunes. Nous avions 22 procurations contre 19 à l’équipe d’en face. Tout a été fait de façon réglementaire. Nous avons comme projet l’ouverture d’un lycée militaire au Tampon. Dès 2020, nous préconisons une EMPR numérique. Notre association ne pouvait pas seulement organiser des pique-niques comme c’était le cas ces derniers temps. Nous devons préparer comme il se doit les 50 ans de cette association d’ici au 22 septembre 2022… Oui, je sais que les perdants disent que nous sommes des proches de Didier Robert. Didier est un ancien élève comme nous autres. Je ne vois pas où est le problème… ». Ben, c’est vrai ça !

Je voulais finir avec quelques broutilles du genre un ring de boxe que la mairie de Saint-Denis aurait acheté et fait venir de Thaïlande pour la modique somme de 300 000 € histoire de faire plaisir à un boxeur de la ville et employé à la Cinor ou encore d’un « business » de pompes funèbres dans le chef-lieu ou de patentes non payées au Grand Marché de Saint-Denis, mais ce sera pour une prochaine fois.

Y.M.

([email protected])

 

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Ti Malkok bengaltampon 974 nid joliCIMETIÈRE MARIN SAINT PAULDiesel Recent comment authors
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Montblanc
Invité
Montblanc

Votre neutralité me tue Mr montrouge, pour votre infos quel maire aux initiales M F à embaucher Mme BD adjointe de TR.mais je sais comme toujours mon commentaire va être supprimé de votre part comme d’hab.

rosienne
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rosienne

ce que moin la compris nora pu besoin allé voté parce nora un seul parti donc nou nora un roi

Diesel
Invité
Diesel

Ah ha ah ha non mais allô quoi? Vous êtes à la reunion et ici les dinosaures sont roi! Allez détrône les dinosaures vous!!!

CIMETIÈRE MARIN SAINT PAUL
Invité
CIMETIÈRE MARIN SAINT PAUL

In Reunion Island, on vote à l’envers. Dites vous bien que le poids des anciens est incontestable. Les gris gris qui vont avec qu’on enterre sous les pieds de tamarins aussi, à saint Paul n’existent pas dans la France hexagonale. Ces mêmes sortilèges qui vont anéantir ceux qui les ont mis……… Life is beautiful monsieur Montrouge, Life is Tennis, Life is bat karé …………………………

tampon 974 nid joli
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tampon 974 nid joli

l’ecole militaire & ce société l’a point conflit d’intérêts là dan- lo pé l’ecole Militaire i travay bon poste côté lu- ca la ropren ça pou prépar zelection com 2010- 2015 – lo pé poste fantôm aprè i disparaîte – nena in bon pé woui ma donne à vou foto en recommandée ek accisé récepsion

kok bengal
Invité
kok bengal

déjà le didier robert c’ est entourer d’avocats autour de lui sur sa liste au dernier régional et maintenant il envoie son porte parole j. j Morel (avocat) lui nettoyer le chemin . je ne sais si ce sont des avocats mure ou vert ‘mais je crois qu’il n’a pas gagné beaucoup de procès avec toute les plaintes qu’il a déposer depuis qu’il est président de région,et que c’est nous contribuable qui payons ces avocats pour le défendre .

Ti Mal
Invité
Ti Mal

Ah ah ah ! Montrouge fait du teasing comme Tiller, mais version gros doigt…