« Les quatre éléments », selon Mario Edmond, adjoint au maire de Bras-Panon

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L’adjoint délégué aux finances à la mairie de Bras-Panon a décidé de prendre sa plume pour nous faire part de son analyse de la situation actuelle, non pas celle de la commune de Bras-Panon mais celle du monde dans lequel nous vivons.

« Nous connaissons tous la théorie enseignée depuis les temps antiques des quatre éléments que sont l’eau, l’air, le feu et la terre. Il s’agit en l’espèce des matières indispensables à la vie sur terre que l’homme n’a eu de cesse de maîtriser à son profit mais également et malheureusement considérées par certains mégalomanes comme des éléments de pouvoir qu’ils ont toujours voulu s’approprier, posséder, dompter pour espérer dominer le monde.

Les quatre éléments ont très souvent inspiré beaucoup de réalisateurs qui ont produit de nombreux films relevant pour la plupart de la fiction ayant pour thèmes des catastrophes naturelles se terminant presque toujours par un état apocalyptique d’un champ de ruine et à la fin du monde, sans qu’il n’eût jamais de nation victorieuse ou d’homme triomphant, tout juste quelques héros satisfaits d’avoir sauvé quelques vies, si ce n’est que la leur.

Loin de la fiction cependant, certains chefs d’états bien réels et actuels semblent ne pas désespérer de devenir les nouveaux maîtres du monde en changeant la constitution de leur pays pour être élus à vie, soumettant leur peuple à un obscurantisme séculaire, se dotant lourdement en armes nucléaires, voulant l’expansion de leur nation par l’annexion de pays libres dont ils revendiquent encore à ce jour la suprématie sur les terres, poursuivant ainsi l’unique ambition de devenir la plus grande puissance mondiale, tant économique que militaire, multipliant de ce fait la production de gaz à effet de serre, ne respectant point les traités internationaux, snobant le sommet de la COP 26 dont visiblement ils n’en ont que fiche, cela même au détriment du bien-être de leur propre peuple souvent très miséreux et de leur pays qui compte parmi ceux des plus polluants de la planète.

Pourtant, il est une autre réalité désormais démontrée, c’est qu’en raison de l’activité humaine, la nature parait reprendre toute sa force et rendre aux éléments toute la puissance qui les rend si invincibles comme pour rappeler à l’homme égoïste et cupide qu’il est vain de vouloir la vaincre ou de tenter d’en user pour régner. Elle se manifeste par des cataclysmes en tous genres, les incendies gigantesques ici et là de la planète, la fonte des glaces de l’arctique à l’antarctique, la montée des eaux dans tous les océans, les éruptions plus fréquentes des volcans, les pluies diluviennes dévastatrices et les inondations meurtrières dans des zones jusque-là préservées, des phénomènes cycloniques beaucoup plus intenses …aboutissant à chaque fois à des spectacles de désolation totale de territoires détruits avec tout ce qu’ils comportent de faunes et de flores disparues, des villes terrassées, des champs dévastés, et pour les simples hommes que nous sommes, à nos immenses regrets et à nos seules larmes pour pleurer.

A travers ces manifestations désastreuses de la nature pour l’homme, nombreux y voient la conséquence de l’effondrement de notre civilisation. C’est ce qu’on appelle la collapsologie relative aux méfaits et aux impacts du réchauffement climatique. Sans nous en rendre compte peut-être, nous sommes presque tous devenus des collapsologues inquiets au regard de la prise de conscience qui s’opère depuis quelques années pour un développement plus respectueux de la nature et plus écologique dans notre manière de vivre. Il va sans dire qu’il y a beaucoup de chemin à faire et qu’il s’agit véritablement d’un défi, peut-être même le plus grand que nous ayons à relever en raison du nombre des états et de leurs intérêts divergents, des différentes civilisations et des divers modèles de sociétés, des situations économiques, sociales et religieuses propres à chacun dans un monde devenu d’un coup si petit et si hostile.

En effet, notre planète abrite aujourd’hui près de 8 milliards d’habitants répartis dans environ deux cents nations. Elle dénombrera dans les projections moyennes 10 milliards d’habitants en 2050 et 11 milliards en 2100 sachant que la capacité de renouvellement des ressources de la terre ne cesse de se restreindre et le jour de dépassement de reculer, du mois de décembre en 1990 au mois de juillet en 2021.

Pour les âmes très simples, la solution paraît tout aussi simpliste et même évidente qu’elle ne nécessite même pas d’en faire état. L’évolution de la population doit être considérée comme une donnée avec laquelle il faut faire et non pas comme un enjeu vital dont il conviendrait de limiter le nombre car de quel droit quiconque se permettrait de décréter le nombre d’habitants que devrait compter notre planète.

Ce d’autant que nous savons qu’avec la population actuelle, si tous les peuples se mettaient à vivre à la mode occidentale puisque considérée comme la plus développée, il n’y aurait pas assez de ressources sur terre et qu’il faudrait disposer de deux ou trois autres planètes pour subvenir à nos besoins. Il viendrait à l’idée de qui de dire que la solution serait de supprimer une partie de la population existante pour permettre à l’autre de vivre des richesses que la nature procure si nous admettons qu’Il n’y a point de peuples barbares, de races inférieures ou de civilisations supérieures, quand bien même les usages des uns ne seraient pas ceux des autres, qu’il n’y a que des humains de cultures différentes, égaux et libres, vivants sur une seule et même terre.

Nous voyons bien que le problème ne tient pas du nombre d’habitants mais de notre modèle économique capitaliste et productiviste. Le ralentissement de l’activité humaine pendant la pandémie de la COVID atteste s’il en était besoin que c’est ce système basé sur la croissance, la consommation et la production soutenues qui est bien la principale cause de dérèglement climatique et de bien d’autres malheurs d’ailleurs que sont la pauvreté, les injustices et les inégalités entre les nations, entre les hommes.

Un ralentissement de l’activité humaine et la planète se porte mieux. De même que la reprise de l’activité de ces derniers mois est la preuve contraire. La demande a en effet explosé face à l’offre, s’accompagnant d’une accélération soudaine de la production mondiale et par conséquent d’une augmentation des émissions de gaz à effet de serre, occasionnant par là-même une inflation significative des prix des matières premières, des énergies, du fret, de l’alimentation…, sans distinction aucune des riches et des pauvres, des pays développés où la surconsommation règne et des pays indigents où la misère jusque parfois la famine sévit.

Alors que ce que nous endurons depuis le début de la pandémie n’est que la conséquence d’un virus et d’une mise à l’arrêt « volontaire » de l’économie mondiale nécessitée par des mesures sanitaires, et alors que nous en sommes seulement aux prémices des effets du réchauffement climatique, qu’en sera-t-il lorsque les impacts se feront ressentir tels qu’envisagés. Puisqu’en plus des conséquences climatiques et météorologiques déjà évoquées, se poseront de graves problèmes qui s’observent déjà par ailleurs de gestion des ressources en eau, de production d’énergies et de nourriture pour toute la population mondiale, de pollution de l’air dans les grandes métropoles, de gestion des déchets, des mouvements migratoires inévitables des populations impactées que ce soit par la misère ou les sécheresses en certaines zones et la montée des eaux dans d’autres.

A cela s’ajoutent les pénuries de matériaux et de matières premières déjà ressenties dans toutes les économies et qui menacent subrepticement tous les marchés mondiaux. Il s’agirait même d’un début de transition écologique imposée par le tarissement de nos ressources fossiles. Durant des décennies, le monde a exploité sans retenu et même plus qu’abondamment le gaz et le pétrole. Aujourd’hui, ces ressources commencent sérieusement à être limites expliquant l’empressement des états acculés à trouver des ressources alternatives. Le choc risque d’être violent et les impacts très importants.

Face au réchauffement climatique et au risque désormais réel de pénuries de matières premières, les états se sont certes engagés à réduire à termes leurs émissions de gaz à effet de serre et à revoir leurs moyens de production mais sachant qu’ils sont pour beaucoup plus soucieux de leur puissance que du bien-être de leur peuple, le scepticisme pour ne pas dire le pessimisme est permis.

Si la France compte parmi les pays qui émettent le moins de gaz à effet de serre, il n’en est pas de même pour les pays tels que la Chine, l’Inde ou la Russie et ou encore les Etats-Unis, tandis que l’Argentine de Bolsonaro n’a pas encore tout à fait achevé le crime de la déforestation de l’Amazonie.

Comment en effet assurer la prospérité des états et le bien-être des peuples dans le respect de leur culture et de leur mode de vie. Comment assurer à tous le droit à la liberté, le droit à la vie par un autre modèle économique qui préserve la planète.

C’est toute la difficulté de l’exercice et on ne voit poindre à ce jour ne serait-ce qu’un début de théorie de ce qu’il serait la mieux appropriée pour une économie écologique et humaine à l’échelle planétaire.

Certains proposent la solution de la décroissance, ce dont il est sérieusement compliqué d’envisager en raison de nos accoutumances à moins d’y être contraints par les circonstances. Peut-être conviendrait-il plutôt de réfléchir à une croissance qui ne repose pas uniquement sur la production et la consommation qui appellent toujours davantage de ressources naturelles.

La modernisation de nos moyens de production et de déplacement offre bien des voies de progrès. Elle doit cependant se faire de manière universelle, au profit de l’humain. Si la modernisation doit se substituer à l’humain dans la production des biens et des services, elle doit cependant concourir à l’amélioration de sa condition même si cela n’a pas toujours été ainsi dans tous les pays, pour tous les peuples.

Sur le plan du mode de vie, hormis l’aspect restrictif du droit d’aller et de venir, des privations de liberté décrétées lors du confinement et de la situation d’urgence sanitaire, en matière économique, la démonstration a été faite que nous pouvons vivre sans polluer, travailler dans des situations adaptées aux conditions environnementales, nonobstant l’inconvénient que l’économie a été fortement soutenue par l’état et financée par la dette.

Des solutions paraissant autrefois utopiques telle la réduction du temps de travail ou tel le revenu universel deviennent chaque jour un peu plus réalistes. Le philosophe Bertrand Russel faisait l’éloge de l’oisiveté dans les années 1930 alors que la durée de travail était à l’époque de 48 heures par semaine. Nous en sommes aujourd’hui à trente cinq heures. Le revenu universel n’a jamais été instauré mais dans les faits, combien de personnes perçoivent un revenu sans travailler. Le télétravail n’avait pratiquement jamais été appliqué, aujourd’hui, il est plébiscité par beaucoup de salariés et même des entreprises au point de vouloir le généraliser.

Ce ne sont là que quelques constats. Il est évident qu’un tel chantier consistant à changer de modèle économique dépasse allègrement les compétences de tout humble et modeste citoyen et nécessite que les plus hautes instances politiques, économiques et financières se saisissent de la question. Si nous entendons beaucoup de personnes avisées s’accorder à dire que le modèle actuel va s’effondrer, finissant même parfois par paraitre fatalistes, il est plus que temps que les institutions ouvrent la réflexion et offrent de nouvelles perspectives pour l’évolution de notre manière de produire et de vivre au-delà de la seule question du réchauffement climatique.

Nous savons que nous attendons trop souvent d’être au pied du mur pour réagir. Mais l’enjeu est trop fondamental pour les humains et la planète pour le laisser entre les seules mains des politiques. Il faut pouvoir également compter sur la résilience des peuples plutôt que sur les seuls états qui trouveront toujours un exutoire pour s’y soustraire en fonction de leurs propres intérêts.

L’histoire nous enseigne qu’à travers les siècles, pour des causes certes différentes, ce sont les peuples et les intellectuels qui ont initié les plus grandes révolutions politiques et philosophiques face à des pouvoirs forcément réactionnaires et l’humanité n’a pas fait tout ce chemin, depuis le siècle des humanistes des Rabelais, Montaigne et la Boétie, en passant au siècle des lumières des Diderot, Rousseau, Voltaire et Montesquieu pour que l’on finisse dans ce siècle aux idéaux psychopathiques des Poutine et Xi Jinping ».

 

 

Yves Mont-Rouge

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2 Commentaires

  1. C’est bien Mario, depuis le temps que tu attendais un poste dans la majorité, si tu étais resté à gauche, tu serais toujours dans l’opposition en train de dénoncer les inactions et incompétence du maire.
    C’est bien de vouloir changer le monde, je crois qu’il y a suffisamment de gens qualifiés qui s’en occupent actuellement.
    Par contre, il y a beaucoup de choses que tu peux faire à ton niveau, ne va pas chercher à blok la mer, tu n’en as pas les moyens, mais régler le problème de la privatisation des trottoirs dans toute la ville, tu peux le faire.
    Il n’est pas normal que certaines personnes utilisent les parkings à disposition situés à moins de 2 0 mètres et que d’autres bloquent les trottoirs en permanence obligeant ainsi les personnes à mobilité réduite, les personnes âgées, les enfants, les piétons à circuler sur la chaussée.
    Apparemment pour jeannick atchapa il y a des citoyens plus égaux que les autres, lui faire entendre raison est à ta portée, tu n’es plus dans l’opposition, tu peux le faire, ancien policier, le respect de la loi tu n’as pas oublié,

    L’article R417-11 du Code de la route stipule qu’un stationnement sur le trottoir d’un véhicule motorisé est considéré comme gênant la circulation publique. De fait, c’est verbalisable. L’amende s’élève à 135 euros pour les voitures et à 35 euros pour les deux-roues et trois-roues.

    De plus, le véhicule peut également être mis en fourrière en cas d’entrave à la circulation ou de stationnement gênant.

    Par ailleurs, le Code de la route ne prévoit pas d’exception pour un arrêt de quelques minutes, même si vous êtes restés au volant de votre véhicule.

    Il n’existe aucune dérogation non plus pour le stationnement d’un véhicule à cheval sur le trottoir et sur la route.

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