Maintien de l’aide compensatoire à la filière canne : les réactions

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Ibrahim PATEL, de la Chambre Commerce et d’Industrie de la Réunion

La filière canne est momentanément sauvée, se félicite le patron de la Chambre de Commerce et d’Industrie de La Réunion, qui le samedi 6 juillet dernier, Ibrahim Patel, a reçu au siège de l’institution le collectif des transporteurs liés à la campagne sucrière. Ceux-ci l’avait sollicité afin qu’il porte auprès de la ministre des Outre-mers leur motion et leurs inquiétudes.Cette motion demandait la réinscription de l’aide à la filière canne qui avait disparu de la proposition de la loi de finances 2020.L’impact de cette disparition sur la filière canne, les transporteurs et, par ricochet, sur l’économie locale aurait été catastrophique.Fidèle à sa mission d’accompagner les professionnels et à son rôle de représenter les intérêts de La Réunion, la CCI de La Réunion s’est saisie du dossier.Par la voie de son président, l’institution consulaire a porté leur message et leur motion à la ministre le mardi 9 juillet et ce message a été entendu.Le président de la CCI de La Réunion se réjouit de la décision annoncée ce soir par le ministre de l’agriculture et la ministre des Outre-mers de maintenir l’aide de 38 millions d’euros annuelle, dont 28 millions pour La Réunion ; Ce, pour la durée des conventions canne signées en Guadeloupe et à La Réunion.Ibrahim Patel remercie le gouvernement pour sa compréhension et la rapidité de sa réaction dans la prise en compte des intérêts vitaux de notre département.

Jean-Hugues Ratenon, député

“C’est une victoire de l’unité réunionnaise”. Après des semaines d’hésitation menaçant cette aide indispensable à la filière canne-sucre, le gouvernement vient de plier devant l’unanimité contre lui.Syndicats, usiniers, politiques, chambre d’agriculture ont fait bloc devant cette menace de suppression de milliers d’emplois et de la disparition de la filière canne à la Réunion .Le gouvernement a reculé mais ce n’est pas une gentillesse, une faveur de sa part mais bien le résultat de l’unité des Réunionnais, chacun à son niveau de responsabilité, que le gouvernement a pris conscience des conséquences de sa décision qui aurait pu entraîner une explosion sociale. C’est pourquoi et comme je l’appelle de tout mes vœux depuis que je suis élu : rassembler dans l’intérêt des Réunionnais nous pouvons obtenir d’autres victoires.

J’aurais l’occasion de m’exprimer plus en détail sur le sujet prochainement.

Ericka Bareigts, députée

Ce jeudi 18 juillet, les ministères de l’Agriculture et des Outre-mer se sont
prononcés sur l’avenir de la filière canne à La Réunion.
Alors que la campagne sucrière a démarré, l’agriculture réunionnaise traverse une
période de doutes, entre annonces gouvernementales concernant une diminution des
aides à la diversification et atermoiements pour la suite du plan exceptionnel d’aide à la
filière canne voulue par le précédent gouvernement.
Ainsi, depuis plusieurs semaines, aux côtés des professionnels, les parlementaires
ultramarins se sont mobilisés pour défendre notre modèle réunionnais. J’avais pour ma
part rencontré le cabinet du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation avec des
représentants des filières locales pour plaider la cause des planteurs et éleveurs.
Aujourd’hui, nous avons avancé. Le plan de soutien de 38 millions d’euros à la canne,
décidé et mis en place par François HOLLANDE, avec l’aval de la commission
européenne, continuera et permettra la sauvegarde des 18 300 emplois de la filière.
Cependant, la mobilisation collective doit se poursuivre et le pack réunionnais rester
soudé. En effet, je ferai partie de ceux qui défendront à nouveau la semaine prochaine
l’intérêt de la diversification agricole à La Réunion, source de création d’activité et
d’emploi sur notre territoire, et facteur de sécurité alimentaire.

Cyrille Melchior, Président du Conseil Départemental

Hier, la Ministre des Outre-Mer et le Ministre de l’Agriculture ont officiellement annoncé le maintien de l’aide compensatoire à la filière Canne, d’un montant de 38 millions d’euros pour
les DOM (28 millions pour La Réunion).

Cette annonce fait suite à une mobilisation collective de l’ensemble des acteurs politiques et socio-économiques de La Réunion, ainsi qu’au récent déplacement à Paris de Serge Hoareau, Vice-Président du Département délégué à l’agriculture et aux affaires européennes, pendant lequel les échanges avec les ministères ont été nombreux et décisifs.
Comme l’a souligné le Président du Département Cyrille Melchior, «l’arrêt brutal de ce soutien national aurait des conséquences désastreuses pour le territoire et les planteurs réunionnais. ». C’est donc une décision positive et salutaire pour notre territoire et une véritable victoire collective.
Il est important de prendre acte de la demande du Gouvernement de « s’engager à bâtir, en lien avec les autres filières agricoles et les élus des collectivités, un modèle agricole qui
permette de relever les défis climatiques et sociétaux tout en tenant compte de l’évolution des tendances de marché ».

L’étude AgriPéi 2030 portée par le Département et associant l’ensemble des acteurs du monde agricole réunionnais, qui a pour objet de porter un nouveau modèle agricole ambitieux, sera présentée en septembre prochain et s’inscrit pleinement dans cette démarche.

La CGPER

Ce 18 juillet, pendant une conférence de presse commune avec le ministre de l’Agriculture, la ministre des Outre-mer a annoncé le maintien de l’ aide compensatoire de 38 millions d’euros pour les filières canne des Outre-mer. Les 28 millions destinés à La Réunion doivent donc être assurés pour l’année prochaine.
La CGPER est satisfaite de la décision prise. La lutte pour le maintien de cette enveloppe a été notre principal cheval de bataille ces dernières semaines. L’assemblée générale du 30 juin dernier avait voté une motion allant dans ce sens, transmise la semaine dernière au sous-préfet de Saint-Pierre. Le 1″, juillet, la CGpER, la Confédération paysanne et I’UPG de Guadeloupe avaient publié un communiqué commun pour que le gouvernement respecte la parole de l’État. Le retard pris dans la décision du financement de cette aide est une alerte supplémentaire.
La CGPER estime que la période de maintien de cette aide doit être mise à profit pour organiser une grande concertation. La CGPER soutient l’idée des États généraux de la filière canne. Ceci permettra de faire un état des lieux de la filière avec tous les acteurs : planteurs, usiniers, chercheurs, et financeurs (conseil départemental, Etat, Europe).
C’est le moment de se réunir dans la sérénité pour discuter ensemble de l’avenir de la filière.
Tous les acteurs de la filière sont au pied du mur, la CGPER demande d’agir sans tarder.

A St Pierre le 19 juillet 2019

Nadia Ramassamy, députée

Après s’être fortement mobilisée, la Députée Nadia Ramassamy salue le respect par le gouvernement de ses engagements et du Président de la République de sa promesse de campagne en maintenant pour 2020 les aides à la filière canne-sucre pour La Réunion, la Guadeloupe et la Martinique.
Le secteur canne-sucre est indissociable de l’histoire, de la culture, de l’identité, de l’aménagement du territoire et de l’économie de ces départements d’Outre-mer.
La suppression de ces aides aurait porté atteinte à l’ensemble du tissu économique et à la cohésion sociale de ces territoires ultramarins.
Pour assurer l’avenir de la filière à l’issue de la convention canne actuelle, la Députée Nadia Ramassamy sera vigilante quant aux dispositifs de l’État pour continuer d’accompagner les agriculteurs, en particulier dans le développement de la canne énergie.

Julie PONTALBA pour le PCR

Candidate du PCR aux élections Européennes, j’avais élevé la question de l’avenir des planteurs de cannes au rang de l’urgence absolue. Par la suite, les hésitations du gouvernement sur le versement de l’aide compensatoire de 28 millions prévue à la Convention Canne jusqu’en 2021 avait soulevé l’indignation du monde économique et politique. A l’ouverture de la coupe, le Ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, et la Ministre des Outre-Mers, Annick Girardin, ont confirmé “le maintien des aides nationales”, mais assorti d’une menace à peine voilée. Dans le communiqué du Ministre de l’Agriculture est écrit ceci : “les ministres demandent aux acteurs de la filière de s’engager à bâtir, en lien avec les autres filières agricoles et les élus des collectivités, un modèle agricole qui permette de relever les défis climatiques et sociétaux auxquels il doit faire face tout en tenant compte de l’évolution des tendances de marchés.”
Les ministres ont avancé un délai et des pistes : “Cette réflexion devra aboutir en juillet 2020 à des propositions sur la montée en gamme, la valorisation de l’origine ultramarine, le renforcement de la production biologique, la transition vers la canne énergie et le développement de nouvelles filières pour s’affranchir notamment des importations d’aliment du bétail.”
La fin du communiqué clarifie le rôle des acteurs : “L’accompagnement durable par l’État de cette filière sera lié à la capacité qu’elle aura à s’adapter en construisant avec l’ensemble des acteurs des territoires concernés un projet agricole global, soutenable dans le temps.”
Je me permets de rappeler la position constante du Parti Communiste Réunionnais.

En 2013, l’Union Européenne a voté la fin du quota sucrier et de la garantie sur les prix pour 2017. Dès ce moment, le PCR a proposé de “Réunir d’urgence une conférence extraordinaire pour préparer l’échéance de 2017 et ouvrir de nouvelles perspectives pour la filière canne par la recherche, l’innovation et la valorisation de tous les produits issus de la canne et par un nouveau partage des richesses découlant de ces valorisations”. Dans l’immédiat, le PCR demandait “d’assurer les revenus des planteurs de cannes”.

Cette énoncé figure en 25e position dans le document public intitulé “Pour une nouvelle poli- tique à La Réunion : 25 propositions du PCR”. Nous avons perdu 4 années d’anticipation.

Désormais, tout le monde se trouve dos au mur, car le gouvernement réclame pour 2020, “un projet agricole global, soutenable dans le temps”. Il faudra faire en un an ce qu’on a refusé de faire durant 6 ans.
Le PCR espère vivement que cet exemple finira par convaincre les plus sceptiques car l’heure est grave et il n’y a plus une seule minute à perdre ! En effet, il faut tout remettre à plat si on veut de nouvelles cohérences.


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