Obligation de formation jusqu’à 18 ans : mise en œuvre de nouvelles dispositions

7 min de lecture
5

A La Réunion, on estime à 2 500 le nombre de jeunes ayant décroché et étant sortis du système de formation initiale à 16 ans. Parmi les jeunes décrocheurs, environ 55% sont des mineurs. Ils rencontrent de grandes difficultés pour s’insérer dans le marché du travail et sont les premières victimes de la pauvreté.

Obligation de se former jusqu’à 18 ans

Afin qu’aucun jeune ne soit laissé dans une situation de décrochage scolaire, l’obligation de se former jusqu’à l’âge de 18 ans a été mise en place à l’issue de la scolarité obligatoire.

Cette obligation de formation prévoit que le jeune puisse :

–          poursuivre sa scolarité dans un établissement d’enseignement,

–          être apprenti ou stagiaire de la formation professionnelle,

–          occuper un emploi,

–          effectuer un service civique,

–          bénéficier d’un dispositif d’accompagnement ou d’insertion sociale et professionnelle.

Une mesure pilotée par l’Etat dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté

Le 10 septembre dernier, le Comité de Pilotage « Décrochage en formation initiale et obligation de formation des 16-18 ans » s’est réuni sous la coprésidence de Camille Dagorne, Sous-préfète chargée de mission la Cohésion sociale et jeunesse, et de Karine Nabenesa, Vice-Présidente du Conseil Régional en charge de la formation professionnelle et de l’apprentissage.

Cette instance rassemble notamment les représentants du Conseil Départemental, les autorités académiques du territoire, Rectorat de l’Académie et Direction de l’agriculture, de l’alimentation et  de la forêt (DAAF), ainsi que la Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS) et l’Association Régionale des missions locales. Y participent aussi des partenaires comme le Comité Régional de l’Emploi de la Formation et de l’Orientation Professionnelles (CREFOP) et le Conseil de la Culture, de l’Éducation et de l’Environnement (CCEE).

Les représentants de plusieurs administrations centrales (délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle, délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté et direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère de l’Éducation nationale) ont également participé en visioconférence aux échanges.

Lors de ce comité de pilotage, une nouvelle convention de partenariat entre l’État, la Région, le Département et l’Association régionale des missions locales a été adoptée. Elle fixe les modalités de mise en œuvre de l’obligation de formation des 16-18 ans et à la prise en charge des jeunes sortants du système de formation initiale sans diplôme national ou certificat professionnel à compter de 16 ans.

Cette réunion a également permis de présenter aux partenaires les dispositifs de prévention, de repérage et prise en charge des jeunes en formation initiale et les actions mises sur le territoire.

Les mesures mises en œuvre à La Réunion

Les autorités académiques et les missions locales, notamment par l’intermédiaire des Plateformes de suivi et d’appui aux décrocheurs (PSAD), sont mobilisées pour accompagner ces jeunes en difficulté de façon personnalisée. Des solutions de retour en formation sous statut scolaire, d’accès à la qualification et à l’emploi adapté à leur situation leur sont ainsi proposées.

L’obligation de formation est une réelle opportunité car elle offre la possibilité aux jeunes décrocheurs de se réinsérer dans la société, de se qualifier et de valoriser leurs compétences. En ce sens, cette mesure permet de lutter contre la pauvreté et la précarité.

Un numéro vert dédié à l’information des jeunes en situation de décrochage scolaire et de leurs proches a été créé : le 0 800 122 500. Ce numéro est gratuit. Les professionnels des 4 Missions locales du territoire et du Centre d’information et d’orientation (CIO) y pour accompagner les jeunes et leurs parents.

Un appel à projet a par ailleurs été publié le 8 septembre pour la mise en place de parcours personnalisés pour les jeunes de 16 à 18 ans. La date limite de candidature est fixée au 4 octobre 2021. Toutes les informations sont disponibles sur le site internet de la DEETS :

https://reunion.deets.gouv.fr/Appel-a-projets-pour-pour-la-mise-en-place-de-parcours-personnalises-pour-les

La mise en œuvre de l’obligation de formation se poursuivra dans les semaines à venir avec un approfondissement des partenariats entre acteurs de terrain, la formalisation d’une cartographie des solutions et une communication ciblée vis-à-vis des jeunes et de leurs familles.

5 Commentaires

  1. A l’attention du conseil régional.
    Priorité à la formation des jeunes dites-vous. Comment expliquez-vous que des dizaines de jeunes reçus sur les listes complémentaires à l’irts et l’emap de pierre les concours préparant au diplôme d’État accompagnement éducatif et social (DEAES) sont restés sur le carreau. Au vu des besoins au service de la personne ne peut-on pas ouvrir une autre session à st benoit et une à st Pierre avec les lauréats des listes complémentaires ? La nouvelle réforme qui a pris effet le 1er septembre 2021 prevoit même la formation par apprentissage, que fait la région dans ce domaine de formation ? Le grand âge est devenu une priorité, les besoins existent, alors que les sélectionnés attendent une réponse rapide. Merci M. Bello pour votre attention pour les 17 de la liste complémentaires de st Benoît et les 20 de l’emap de bois d’olive.

  2. La formation c’est la compétence de la région reunion, les actes sont mieux que les intentions. Les services à la personne doit une urgence absolue Mme la présidente. Merci pour eux.

  3. L’apprentissage des AES pour service à la personne est une voie d’excellence.
    Vu le taux de l’illettrisme à la Réunion, vu le taux de chômage des jeunes et leur demandes de formation, vu le taux de décrochage scolaire lié aussi au covid….l’apprentissage est une très bonne réponse que la région doit soutenir. Je sollicite M. Bello pour mettre des actions en place dans nos collectivités ( ccas, cias, conseil départemental, régional intercommunalités…etc l’exemple vient de vos collectivités et d’un meilleur soutien. Je suis d’accord avec Gaston.

  4. Effectivement, les contrats d’apprentissage dans collectivités sont aux abonnés absents contrairement aux structures privées . Pourtant des aides existent pour les contrats d’apprentissage en AES. La région doit être un fer de lance pour l’apprentissage, promesses de nos élus.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

Saint-Leu, dégradation de la qualité de l’eau sur certains secteurs

Article suivant

Mayotte : les bâtiments de la police municipale et de la mairie de Koungou incendiés (VIDÉOS & PHOTOS)

Free Dom