Océans : notre biodiversité marine s’effondre, réagissons !

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A l’occasion de la journée mondiale de l’océan, ce lundi 08 juin 2021, le ministre des Outre-mer s’est lancé dans un exercice d’autosatisfaction insistant sur le rôle des autorités gouvernementales pour restaurer l’état de santé dégradé des récifs coralliens, des mangroves et des herbiers marins des outre-mer français. Pourtant le déclin de la biodiversité marine est une réalité. Loin des déclarations incantatoires, les pouvoirs publics doivent prendre en urgence des décisions pour restaurer nos écosystèmes marins

La pêche intensive est l’une des premières menaces pour les océans. En effet, les chalutiers sont devenus de plus en plus nombreux et de plus en plus gros, sillonnant les océans à la chasse des derniers bancs de poissons à capturer à l’image du thon dans le nord de l’Océan Indien. Les méthodes de pêche les moins durables sont toujours largement utilisées, saccageant les fonds marins et par la même occasion toute forme de vie. Ces méthodes sont destructrices, profondément barbares et insupportables dans un contexte où les scientifiques affirment que la biodiversité est entrée dans une période d’extinction de masse. Les filets piègent et tuent de manière indiscriminée toutes sortes d’espèces. La surpêche épuise les océans, détruit leur biodiversité, avec pour seul motif « faire plus de bénéfices ». Les multinationales de l’industrie agroalimentaire et de la pêche maltraitent les océans, mais aussi les pêcheurs artisanaux et les communautés locales, largement touchées par la diminution des populations de poissons. Génération Ecologie La Réunion réaffirme son opposition à cette pêche intensive destructrice du Vivant et se prononce pour une pêche traditionnelle respectueuse de la biodiversité régénérée dans une logique d’inclusion sociale des femmes et des hommes de notre bord de mer.

Nos littoraux sont devenus le déversoir final de nombreuses pollutions liées aux activités humaines. Parmi celles-ci, les pratiques agricoles dans nos territoires reposant sur l’utilisation de pesticides et d’engrais, charriés vers les océans par les fleuves, rivières et ravines, devraient être contrôlées, interdites ou limitées de façon draconienne car les pesticides détruisent le corail. Nous devons permettre un aménagement adapté des bassins versants, en particulier dans les zones à fortes densités d’activités humaines pour éviter l’envasement des lagons et un traitement des eaux de ruissellement et des eaux usées pour lutter contre les pollutions. Un changement des pratiques agricoles sans pesticides est lui aussi indispensable pour stopper la contamination de la biodiversité marine.

Les rejets de déchets plastiques est aussi une des causes graves de la dégradation des océans. L’utilisation croissante des plastiques à usage unique dans le monde ou le mauvais retraitement de ceux-ci a pour conséquence le fait que certains de nos déchets se retrouvent partout dans les milieux marins. Ces milliards de déchets se décomposent en microplastiques ingérés par toute la faune, depuis les tortues, les mammifères marins, les poissons ou les oiseaux. La pollution des océans est source de nombreuses inquiétudes quant à la possibilité de consommer des poissons contaminés : actuellement nous ingérons déjà l’équivalent d’une carte bleu (5g) de plastique par semaine selon le WWF. Pour notre santé et notre environnement prenons des décisions courageuses et immédiates : faisons de La Réunion un territoire Zéro Plastique.

Le déclin de la biodiversité marine lié pour l’essentiel aux activités humaines et accentué par le réchauffement climatique n’est pas irréversible, c’est notre Génération qui par des mesures d’urgence concrètes pourra regénérer l’Ecologie de la mer.

VINCENT DEFAUD, membre du Conseil Exécutif de Génération Ecologie, chargé des Outre-mer, Référent Génération Ecologie La Réunion

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