PCAET et Fertipéi : la Cinor concrétise sa stratégie d’économie circulaire

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Dans le cadre de la Semaine du Développement durable, la Cinor a présenté ce lundi 3 juin 2019, au Grand Prado, son Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET). Il s’agit – bien du premier plan de ce type à l’échelle de la Réunion et des territoires ultramarins, avec l’ambition de donner un nouvel élan à notre futur quotidien, notamment par la lutte contre les émissions des gaz à effet de serre et le réchauffement climatique sur le territoire du Nord.

Au cours de cette même rencontre, la collectivité a présenté l’autorisation de mise sur le marché d’un engrais issu du recyclage de l’eau, appellé FERTILPEI. Une première dans les Outre Mer et à La Réunion Ce dispositif vient concrétiser un des volets de la stratégie d’économie circulaire de la Cinor.

 Présidée par Gérald Maillot, Président de la Cinor, cette présentation s’est déroulée en présence de Frédédric Joram, secrétaire général de Préfecture, de la députée Ericka Bareigts, de Jean-Michel Bordage, directeur de l’Ademe, Olivier Duhagon, directeur régional d’EDF, de Geoffroy Mercier, directeur général de runéo, d’Eric Jeuffrault directeur régional du Cirad et d’invités divers.

En s’engageant en 2017 dans la réalisation d’un PCAET, la Cinor -devenue coordinatrice de la transition énergétique- conclut une première étape dans sa réflexion sur le problématique de l’Energie, du Climat et de l’Economie Circulaire, en définissant les actions à venir sur un court et moyen terme.

Ce plan a été approuvé le 21 février 2019 par la Cinor, concrétisant ainsi un travail collaboratif réalisé avec les élus des communes membres mais aussi avec le monde associatif et professionnel, les partenaires institutionnels et la population, par l’intermédiaire de consultations.

Devant l’ampleur de la problématique énergétique et du réchauffement climatique, l’objectif national pour 2050 est une division par 4 des émissions de gaz à effet de serre.

A son niveau, la Cinor entend concrétiser des objectifs ambitieux.  Il s’agit par exemple de diviser par deux la consommation d’énergie fossile en 2050 par rapport à 2016, doubler  la production d’électricité à partir d’énergie renouvelable en 2026 par rapport à 2016, et disposer de 90% des logements équipés en eau chaude sanitaire solaire à partir de 2030.

La Cinor, a commencé à œuvrer, bien avant 2015, sur ces sujets de performances énergétique, avec par exemple les projets du Transport en Commun en Site Propre, dans le cadre de l’acquisition de bus articulés hybrides, et prochainement la réalisation du 1er téléphérique de La Réunion ;  la valorisation énergétique des déchets dans le cadre d’un centre de gestion multi filière ou la valorisation des eaux recyclées de station d’épuration. De même, elle travaille, en collaboration avec la Région Réunion, sur un projet de tramway intra urbain.

De manière générale, les objectifs stratégiques et opérationnels affichés par le PCAET Cinor se déclinent en 38 fiches actions se regroupant autour de 6 axes. Des axes qui vont guider l’ action de la collectivité du Nord de La Réunion sur les six prochaines années.

Il s’agit bien d’un programme d’actions vaste et ambitieux permettant d’agir de manière significative sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre dans de nombreux domaines : la consommation électrique dans le secteur de l’habitat, la production d’énergie renouvelable ainsi que la création d’espaces boisés, comme mode de compensation des quantités de carbone émises.

Seule, la Cinor ne pourra relever ces défis. « Si nous porterons en direct certaines actions, nous entendons dépasser le périmètre de notre territoire, dans le cadre de partage d’expertise technique et de sensibilisation, et d’une démarche de mutualisation», conclut Gérald Maillot

EDF à La Réunion, partenaire engagé en faveur de la Transition Énergétique, contribuera concrètement à la mise en œuvre du PCAET à travers 3 priorités :

1. Appuyer le développement des énergies renouvelables et décentralisées de production d’énergie ;

2. Déployer des solutions d’efficacité énergétique pour réduire la consommation ;

3. Mettre à disposition des données grâce au déploiement du compteur numérique afin d’accompagner les nouveaux besoins des consommateurs (véhicules électriques, objets connectés, autoconsommation,…).

Fertipéi : autorisation de mise sur le marché d’un engrais issu du recyclage de l’eau

La station d’épuration (STEP) du Grand Prado, située à Sainte-Marie, vient d’obtenir début 2019  l’autorisation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) de mettre sur le marché un engrais issu de la valorisation de ses eaux pour une durée de 10 ans ;

Et ce après 4 ans de procédure et d’échanges nécessaires pour en préciser l’origine, démontrer son innocuité, la constance de sa composition et ses intérêts agronomiques.

A titre expérimental, et en concertation avec les services de la DEAL, l’engrais est utilisé depuis quelques années par un petit nombre de pépiniéristes, satisfaits de ses propriétés fertilisantes, comme en témoigne Pépinières de Bourbon qui l’utilise pour sa production de gazon en plaques.

Cette autorisation va aujourd’hui permettre aux collectivités, particuliers ou encore agriculteurs de La Réunion d’utiliser plus largement les granulés produits à la station d’épuration du Grand Prado comme engrais pour la canne, les fleurs et les plantes en pot en substitution aux engrais chimiques traditionnellement importés.

L’homologation de ce fertilisant produit par l’unité de traitement de la plus grande station d’épuration des Outre-mer vient concrétiser la stratégie d’économie circulaire portée par la CINOR depuis 2009. Une belle réussite pour la communauté d’agglomération, qui permet, à travers ce nouvel engrais « péi », le recyclage de matières à pouvoir fertilisant issues du traitement des eaux, au bénéfice du territoire et du secteur agricole.

Ce résultat est le fruit de quatre années de procédures et d’échanges, qui ont mobilisées plusieurs acteurs dont runéo, expert des métiers de l’eau et de l’assainissement à La Réunion, qui exploite la station d’épuration du Grand Prado, et le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement, le CIRAD, qui suit depuis 2013, dans le cadre d’un programme scientifique, les effets à long terme de l’engrais sur les cultures de cannes à sucre.

En 2019, le potentiel de production est estimé à près de 2000 tonnes d’engrais sur l’année. FERTILPEI est par conséquent une vraie alternative aux engrais importés et apporte plus largement sa contribution locale aux enjeux majeurs de développement durable sur le territoire de la CINOR et de La Réunion.

Enfin, cette reconnaissance, par une autorité référente dans le domaine sanitaire, constitue une base de partage d’expérience à l’échelle locale, mais aussi d’autres départements d’Outre-mer, ou territoires à l’international évoluant dans un contexte tropical.

Une fierté donc pour La Réunion et ces différents acteurs puisque cette première dans les Outre-mer est également le deuxième cas d’homologation en France depuis 2003. L’autre cas d’homologation en France concerne Saint-Brieuc.

PCAET : 6 axes stratégiques

 Le 1er axe fort est celui d’ « engager la transition énergétique » avec pour objectifs de réaliser une étude de potentiel en énergie renouvelable sur le territoire

– D’engager la collectivité dans une démarche d’économie d’énergie, en vue d’obtenir le label national Cit’ergie

– De maîtriser la consommation de l’éclairage public

– De promouvoir la mobilité électrique durable

– De développer l’autoconsommation sur le patrimoine public

– De mettre en place un programme d’économie de flux

 Le second axe de « disposer de bâtiments performants énergétiquement ». Il conviendra dès lors de

– de mettre en œuvre des audits énergétiques sur le patrimoine public de la CINOR et des communes membres

– d’Inciter nos usagers à installer de chauffe-eau solaire dans les logements existants

– de mettre en place un guichet unique pour accompagner financièrement et techniquement tous les demandeurs, sur la construction, rénovation et exploitation de l’habitat

– de construire des bâtiments à énergie positive exemplaires

– de demander systématiquement la certification Haute Qualité Environnementale DOM pour toutes les opérations de logement social

– d’accompagner des entreprises à mettre en place des bonnes pratiques environnementales

 Le 3e volet de ce PCAET consiste à « Encourager la mobilité durable », à savoir  déduire la part quotidienne de la voiture dans nos modes de transport,

d’encourager le développement du vélo

et de développer des alternatives à la voiture individuelle et notamment le transport ferré ou par câble

 Parallèlement, il nous faudra accompagner la transition écologique du transport routier de marchandises vers l’utilisation d’une énergie plus propre : par exemple le GNV et le bio GNV

– Accompagner les entreprises privées de transport de personnes vers l’électromobilité

– et Co-élaborer dans un plan de déplacement inter-entreprises sur la plateforme aéroportuaire en lien avec le Réseau Régional de Transport Guidé

 – Le4e axe est celui  de l’ « adaptation du territoire au changement climatique et l’amélioration de la qualité de vie ».

– Il s’agira de dessiner une projection de l’impact du changement climatique sur notre territoire

– Intégrer dans la commande publique, des critères environnementaux durables et des labels,

– Conduire une expérimentation d’écologie industrielle et territoriale sur une zone d’activités, ou les déchets des uns peuvent servir de ressource aux autres, limitant ainsi les déplacements

– Améliorer la surveillance de la qualité de notre air en installant une station de surveillance à proximité de l’aéroport Roland Garros,

– Instaurer une démarche d’économie circulaire dans les écoles et sensibiliser ainsi les générations à venir,

– Mesurer la qualité de l’air et son impact sur la santé,

 L’axe 5, consiste à « préserver les milieux naturels et les ressources ».

Au travers de notre ressourcerie, notre territoire a commencé à s’engager dans une démarche de réduction, de réemploi et de valorisation pour réduire les déchets,

Nous allons par la suite optimiser la collecte des déchets, développer des solutions de traitement des déchets,

Il nous restera encore à accompagner le développement de jardins partagés et de projets d’agriculture urbaine,

A mettre à disposition des plantes aux habitants et aux porteurs de projets pour encourager la végétalisation,

A participer à la pérennisation de la filière bois d’œuvre locale,

Et à encourager la consommation agricole locale et raisonnée.

 Enfin le 6 ème et dernier axe, vise à « Mobiliser le territoire à travers une gouvernance partagée ».

Notamment en organisant des évènements de formation/ communication permettant aux différents acteurs de s’approprier les enjeux du PCAET

– De mettre en place une enveloppe financière annuelle au soutien de projets exemplaires “labellisées PCAET”

– de sensibiliser les scolaires aux enjeux de l’Energie-Climat de manière à inciter au changement de comportement

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Denis
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Quel charabia technocratique