Plaidoyer pour le Congrès de la Réconciliation

“Il y a un moment pour tout, et un temps pour toute activité sous les cieux”. Et le dernier épisode électoral, enfin clos, devrait nous inspirer.

La grande pauvreté à La Réunion demeure hors norme dans la République. Le chômage, l’illettrisme, le mal-logement, les inégalités persistent, à des niveaux élevés. Même ceux qui ont la chance d’avoir un emploi ne sont pas à l’abri de la paupérisation. Le maintien du niveau de vie des Réunionnais dépend entièrement des transferts sociaux. L’inanité des politiques exacerbent les frustrations populaires. Les revendications de justice sociale et de résilience face aux chocs économiques et climatiques s’expriment davantage, et de plus en plus énergiquement.
Ce pendant que la crise sanitaire du Covid-19 engendrera une crise économique et sociale d’ampleur inconnue et que les collectivités locales devront composer avec la diminution de leurs ressources fiscales (la Région et le Département ayant déjà drastiquement réduit leur capacité d’intervention).
C’est dans ce contexte que le scrutin municipal et communautaire de cette année –pour exceptionnel qu’il soit– fait apparaître un essor des « forces de progrès » au détriment de la « plateforme de droite ». Ce que d’aucun considère de bonne augure pour une alternance progressiste aux élections départementales et régionales prévues l’année prochaine. A condition de tirer les leçons du passé.
En effet, en 2008, le paysage politique issu des municipales était semblable. Cela n’a pas empêché la catastrophe régionale de 2010. Ceux qui pensaient faire mieux que Paul Vergès ont fait perdre 10 ans à La Réunion. Mais ils ne sont pas seuls fautifs. L’intransigence qui leur a été opposée ce soir-là au chemin bœuf mort porte indéniablement sa part de responsabilité. Entraînant une décennie de guerres fratricides et intestines. Jusqu’à l’émergence d’une nouvelle génération prête à reconstruire une communauté de destin pacifiée et respectueuse de l’identité de chacun.

Voilà pourquoi je plaide pour le Congrès de la Réconciliation.

Pas uniquement dans le but électoraliste de ne pas reproduire les divisions de 2010 et 2015. Ce qui serait déjà un bon objectif en soi. Mais pour La Réunion. Parce que La Réunion, les Réunionnaises et les Réunionnais en ont besoin. Le régime politique de 1946 ne porte plus ses fruits. Le monde a évolué. La mondialisation s’est intensifiée et les conséquences du changement climatique sont de plus en plus redoutables. Elles impactent notre économie insulaire et défient les politiques publiques. Tout le monde en est désormais conscient. Ainsi, le gouvernement proposera bientôt une réforme constitutionnelle visant à réformer l’organisation administrative et politique des territoires.

Le temps est venu pour toutes les gauches, les écologistes, la société civile progressiste d’être au rendez-vous de l’histoire qui s’écrit. Les générations futures ne nous pardonneraient pas d’avoir encore une fois laissé passer l’opportunité de reprendre le cours du développement social et environnemental interrompu il y a 10 ans.
C’est le moment de réunir le Congrès de la Réconciliation pour un Avenir Durable et Solidaire de La Réunion, y compris au delà des forces de la gauche traditionnelle. Ce qui participerait à formuler un consensus suffisamment large afin de parler d’une seule voix aux Réunionnais et au gouvernement.

Philippe Yée-Chong-Tchi-Kan
Heureux Réunionnais, Citoyen Terrien
Secrétaire de la section communiste de Saint-Paul
Délégué au Dialogue International du Comité Central
du Parti Communiste Réunionnais (IXe Congrès)

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