Préfecture : renforcement des moyens de lutte contre la dengue

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Pour lutter contre cette vague épidémique, l’État et l’Agence Régionale de Santé avec leurs partenaires des collectivités locales et du Service Départemental d’Incendie et de Secours, mettent en place de nombreuses actions : démoustication, prévention, lutte contre les dépôts sauvages, enlèvement de carcasses de véhicules…

Selon le préfet de La Réunion, Jacques Billant, “Depuis quelques semaines, l’épidémie de dengue se propage à La Réunion. Du 29 mars au 4 avril, nous comptions 994 nouveaux cas. Au total plus de 4 500 personnes ont été touchées par le virus en 3 mois”.

“L’inquiétude et les mesures prises pour lutter contre La Covid-19 ne doivent pas occulter cette autre épidémie, très virulente qui touche maintenant toutes les communes du territoire. La dengue peut, elle aussi, être une maladie grave, avec des risques de complications ophtalmiques, des formes hémorragiques voire un risque létal”, dit-il

En effet, la dengue circule à La Réunion depuis 2017, avec l’apparition de vagues épidémiques en période d’été austral. Entre 2018 et 2020, plus de 40 000 malades ont été identifiés par le dispositif de surveillance (pour 120 000 infections estimées) entraînant plus de 1 700 hospitalisations et 42 décès.

En 2021, la circulation de la dengue s’est à nouveau accélérée. Durant l’été austral, le nombre de cas enregistrés est plus important qu’en 2020 sur la même période. Contrairement aux années précédentes, seul le sérotype 1 est identifié à ce stade, dans le cadre de la surveillance spécifique mise en place sur le territoire. Ce dernier a été en 2020 à l’origine de complications ophtalmiques chez plusieurs patients pouvant aller jusqu’à la cécité partielle. Des complications ophtalmiques sont de nouveau rapportées cette année.

L’arrondissement ouest compte à lui seul plus de 80 % du total des signalements reçus à l’échelle de l’île. La commune du Port est la plus touchée, avec plus de 50 % des cas rapportés.

Les communes adjacentes de la Possession et de Saint-Paul sont aujourd’hui également concernées par une circulation active de la dengue.

Dans l’arrondissement Sud, la ville de St-Joseph est la plus touchée. On constate également une recrudescence significative du nombre de malades à Saint-Pierre.
Les arrondissements Nord et Est restent impactés dans une moindre mesure, avec la présence de nombreux cas isolés et et l’apparition récente de foyers sur les quartiers de la Bretagne et Sainte Clotilde. Par ailleurs, des circulations isolées sont identifiées dans plusieurs communes de l’île.

La gestion de cette épidémie mobilise un grand nombre d’acteurs : services de l’Etat, l’ARS, professionnels de santé, collectivités, associations…. Conformément au plan de lutte contre les arboviroses (disposition spécifique du plan ORSEC départemental), l’ARS est chargée de coordonner les actions des équipes d’intervention de la lutte anti-vectorielle (ARS, SDIS, Sécurité Civile).

Des équipes de lutte anti-vectorielle coordonnées par l’ARS
Cette coordination repose sur les données transmises par le dispositif de surveillance. En effet, les résultats positifs pour la dengue sont adressés par les laboratoires d’analyses médicales à l’ARS. Les enquêtes épidémiologiques réalisées auprès des malades permettent d’identifier les lieux nécessitant des interventions et de mettre en évidence l’apparition de nouveaux foyers.

Chaque jour, à l’issue de cette analyse, les interventions de lutte anti-vectorielle sont programmées pour les équipes de l’ARS, du SDIS et de la Sécurité Civile afin de limiter la
propagation du virus.

Pour chaque zone programmée, les équipes d’intervention ont pour mission :

– d’informer les personnes rencontrées sur le risque de transmission de la dengue et les moyens de s’en prémunir : éliminer les gîtes larvaires, consulter un médecin dès les
premiers signes évocateurs et se protéger contre les piqûres de moustiques ;
– de rechercher d’éventuels nouveaux malades, en les incitant à consulter rapidement un médecin ;
– d’éliminer dans les cours et les jardins toutes les situations de développement de larves de moustiques (pots, soucoupes, déchets, …) et traiter celles ne pouvant être éliminés;
– de procéder à des traitements insecticides contre les moustiques adultes dans les cours et jardins en journée, complétés au besoin par des traitements visant à éliminer des
larves de moustiques. Le cas échéant, des pulvérisations insecticides de nuit peuvent être programmées sur les foyers actifs.

Un renforcement des moyens d’intervention

Dès les premiers cas de dengue identifiés en début d’année 2017, les équipes de Lutte AntiVectorielle (LAV) de l’ARS ont été déployées sur le terrain.
Pour faire face à la recrudescence de l’épidémie, les effectifs pérennes du service de lutte antianti-vectorielle de l’ARS La Réunion, sont actuellement renforcés:

– Déploiement de l’effectif total des agents de traitement de lutte anti vectorielle de l’ARS : 80 agents.
– Recrutement de contractuels pour le traitement : 15 personnes.
– Renfort pompier sur le terrain : passage de 20 pompiers depuis le 15 février à 40 pompiers depuis le 15 mars.
– Renfort national de la sécurité civile activé le 31 mars : 40 militaires

Ce sont donc 175 personnes qui interviennent chaque jour autour des cas de dengue déclarés.

Le déploiement des renforts opérationnels est aujourd’hui à son seuil maximal. Ces effectifs permettent de poursuivre une stratégie basée sur des interventions systématiques et réactives autour de l’ensemble des cas isolés et foyers émergents, complétées de traitements de pulvérisation de Bti dans les zones de circulation virale les plus actives. Près de 2 000 visites domiciliaires sont actuellement réalisées chaque jour.

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