Problème d’héritage à Sainte-Marie : une famille dénonce les “méthodes” d’un généalogiste

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Pour le généalogiste Erik Terquem, dont le cabinet Généalogique de l’océan Indien gère plus de 450 cas d’indivision pour des milliers de familles réunionnaises, l’affaire est classée. Contacté par Freedom.fr, il explique que la famille Grondin n’est propriétaire que de la parcelle qu’elle occupe actuellement. Mais celle-ci n’en démord pas et conserve des classeurs de documents en guise de sa bonne foi. Pour cette dernière, un autre terrain des hauts de Sainte-Marie lui appartient, comme nous raconte Louis Grondin. 

Il y a dix ans, il apprend par hasard que sa famille serait propriétaire non pas d’un mais de deux terrains de plusieurs hectares dans les hauts de Sainte-Marie. “Suite à un conflit de voisinage, je suis allé voir le notaire pour en savoir plus sur le bornage de notre terrain. Et c’est là que j’ai appris que nous avions deux actes de propriété”, déclare Louis Grondin. Pour démêler le vrai du faux, la famille est mise en relation avec le généalogiste spécialisé dans les successions Erik Terquem, connu à la Réunion pour être intervenu dans la succession Bavol à Trois-Bassins.

 

Le généalogiste entame alors un long travail de recherche. Si long, que la famille Grondin finit par déposer une plainte pour savoir pourquoi elle n’a plus de nouvelle d’Erik Terquem, qui est parti avec tous leurs documents. “J’ai été condamné par le tribunal de Toulouse parce que j’ai pris trop de temps pour gérer le dossier mais faire des recherches demande beaucoup de temps”, explique le généalogiste. Mais pour les Grondin, ce dernier tenterait de les escroquer. 

Des fonds découverts à la Caisse des Dépôts ?

D’après les dires de Louis, lors de son important travail de recherche, outre les terrains dans les hauts de Sainte-Marie, le généalogiste aurait eu la confirmation que la Caisse des Dépôts conserve des fonds revenant à Mr. Grondin, le grand-père décédé en 1979, qui ont été versés suite à une expropriation d’un terrain situé à Gillot. Pour débloquer la totalité du montant, qui serait de 700 000 euros, le généalogiste aurait alors fait signer une procuration aux descendants de monsieur Grondin âgés de 80 ans et plus. “Oui, leurs enfants étaient présents mais eux aussi ne savent pas bien lire et écrire. Ils n’ont pas compris ce que toute cette paperasse signifiait”, clame Louis Grondin. Erik Terquem a alors récupéré l’intégralité de leur dossier et s’est évanoui dans la nature, d’où la plainte déposée.

Lors de notre entretien téléphonique, Erik Terquem explique n’avoir jamais annoncé à la famille qu’elle hériterait de fonds à la Caisse des Dépôts. “Je pense que les Grondin ont été mal renseignés depuis le début et j’en suis désolé”, déclare-t-il. La famille Grondin n’accepte cependant par cette justification. “Pourquoi a-t-il fait signer tous les documents pour s’occuper de débloquer les fonds si nous ne sommes pas les héritiers ?”, annonce l’une des arrières petites filles. 

La famille Grondin récupère une partie de leurs documents sous la menace

Pour récupérer leurs documents, les Grondin vont aller jusqu’à menacer le généalogiste et le frapper. Le petit-fils Grondin raconte : “Je suis sûr que si je ne l’avais pas menacé et giflé, il ne nous aurait jamais donnés les documents. C’est regrettable d’en arriver à là mais on n’avait pas le choix. Et, il en a encore certains en sa possession, qu’on aimerait bien récupérer.” Face à ce déchaînement violence, le généalogiste a décidé de porter plainte pour agression.

Louis tient également l’homme responsable de la dégradation de la santé physique et mentale de sa mère. “Il a fait croire à ma mère qu’elle allait être riche. Il faisait venir toute la famille à des réunions à l’hôtel Saint-Alexis”, nous confie le petit-fils Grondin. Joséphine Grondin, âgée de 87 ans, tient effectivement un discours, dans lequel elle est convaincue que La Réunion lui appartient. Rien ne prouve cependant que c’est à cause d’Erik Terquem que ses propos sont désormais déconnectés de la réalité. “On n’en peut plus de voir maman comme ça. Pour nous, c’est de l’abus de confiance ce qui s’est passé avec le généalogiste. On veut connaître la vérité sur la succession et que toute cette affaire prenne fin”, déclare le fils de Joséphine. 

Dans le flou juridique concernant les terrains de Sainte-Marie, la famille Grondin se retrouve en conflit perpétuel avec son voisinage, qu’il accuse d’être sur ses terres. “Mi aimerait bana i reconnaît que zot lé su nout terrain. En plus, bana i veut vend’ des parcelles qui sont à nou. Nou peu pa laisse ça passer”, explique-t-il.

Après toutes ces années, la famille Grondin veut aujourd’hui savoir la vérité. Elle comparaîtra devant le tribunal ce lundi pour l’ensemble de cette affaire, incluant des litiges avec leur voisinage.

Erick Terquem rappelle que 37% du territoire réunionnais est en indivision. “Le processus de recherche est simple mais il y a des familles qui ne veulent pas comprendre qu’elles n’ont pas de bien. Aujourd’hui, j’ai fait mon travail. Il n’y a rien qui prouve que les Grondin sont propriétaires”, déclare-t-il. Comme la famille Grondin, nombreux sont les Réunionnais qui revendiquent un titre de propriété mais manquent de preuves.

 


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