Rassemblement devant le rectorat à la mémoire de la directrice d’école qui s’est suicidée

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Ce sera cet après-midi à partir de 14 heures devant le rectorat de La Réunion, à Saint-Denis. Cette manifestation organisée par les syndicats s’inscrit dans le mouvement de colère qui se manifeste un peu partout en métropole suite au suicide de Christine Renon, cette directrice de 58 ans qui s’est donné la mort lundi 23 septembre en se jetant du toit de l’école maternelle de Méhul à Pantin (Seine-Saint-Denis), après avoir envoyé plusieurs courriers à sa hiérarchie, à l’inspection de l’éducation nationale pour attirer l’attention du ministère sur le « mal être » que connaît la profession.

Le dernier courrier en date remonte au samedi 21 septembre, soit deux jours avant de commettre l’irréparable. Une histoire qui bouleverse à plusieurs niveaux : de la famille bien évidemment, des parents d’élèves et de ses collègues enseignants non seulement de son école mais de tous les établissements scolaires de France et de Navarre.

Raison pour laquelle, plusieurs syndicats, ont profité de la minute qui a été observée lundi dernier à 15 heures à la mémoire de Jacques Chirac dans le cadre du deuil national pour appeler à en observer une également, à 14h59, le même jour, à la mémoire de Christine Renon. Par ailleurs, ils appellent à une grève le jeudi 3 octobre dans toutes les académies de France.

Depuis le week-end, une pétition circule. Cette pétition sera adressée à Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale.

Dans son courrier daté du samedi 21 septembre dernier et adressé à l’inspecteur de l’éducation nationale et à ses collègues directrices et directeurs d’écoles, Christine Renon écrivait : « aujourd’hui, samedi (ndlr : 21 septembre), je me suis réveillée épouvantablement fatiguée, épuisée après seulement trois semaines de rentrée. Les soucis depuis bien avant la rentrée se sont accumulés, c’est le sort de tous les directeurs malheureusement… ». Dans sa longue lettre laissée avant de se suicider, et même dans toutes les autres qu’elle avait déjà adressées à sa hiérarchie, Christine Renom n’a pas manqué de répéter tous les problèmes auxquels sont confrontés les directeurs d’établissements et même les enseignants de façon générale.

 Stéphane Checkouri : « on culpabilise trop les enseignants ! »

Le dirigeant du Saiper a suivi cette affaire de très près. Son syndicat fera partie du rassemblement « non pas pour instrumentaliser ce drame car on ne joue avec la mort », mais « ce suicide qui survient après plusieurs courriers adressés à l’éducation nationale doit être considéré comme un acte politique, un sacrifice », souligne Stéphane Checkouri. Ce dernier dit comprendre le « mal-être » de cette directrice d’école qui s’est donné la mort à Pantin. Le syndicaliste est quasiment persuade que par ce geste dramatique, la directrice d’école a voulu attirer l’attention de la hiérarchie et notamment du ministère sur « la souffrance des enseignants » face aux consignes, aux directives « qui ne cessent de se multiplier, mais sans que les moyens ne suivent. On demande toujours aux enseignants d’en faire plus. Il y a des réformes à tout. Mais les moyens manquent cruellement. Et, au final, on culpabilise les enseignants. Ça ne peut plus durer. La hiérarchie ne devrait pas prendre ce geste à la légère ».


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