Réforme des retraites, mouvement ce lundi des Avocats en colère

dans Actualités/Infos Réunion

Ce lundi les avocats vont observer un mouvement de protestation pour dire non au projet de réforme de leur régime de retraite, en cours d’examen par le gouvernement.

Selon le Batonnier de St Pierre, qui aujourd’hui, rejoindra ses collègues dans le nord devant le tribunal : “Quelle profession accepterait que l’Etat : lui confisque ses économies, tout en doublant ses cotisations, et en réduisant parallèlement le montant de ses retraites ?”

Dans un long communiqué, Me Eric Bodo le dit : “La confiscation des sommes économisées par la profession pour garantir les retraites futures. La CNBF, c’est-à-dire la Caisse de retraites des avocats, a anticipé le vieillissement à venir de la profession. C’est pourquoi, années après années, générations après générations, elle a patiemment économisé une partie des cotisations payées pour financer les retraites futures. A ce jour, le montant de ce fonds s’élève à environ 2 milliards d’euros … que le gouvernement entend récupérer sans aucune indemnisation pour notre profession !

“On parle d’un doublement des cotisations”

Le régime de retraite des avocats réussit à être à la fois solidaire et bénéficiaire. Certes, il bénéficie momentanément d’une pyramide des âges favorable. Il en profite néanmoins pour :

— Financer les régimes déficitaires des autres professions. C’est ainsi que chaque avocat a payé près de 1400 euros en 2018, soit un total de 92.000.000 euros, au titre de la solidarité nationale,
— Financer des minima pour assurer le versement de sommes décentes aux pensions les plus basses. Nous prenons ainsi en compte des temps d’activité réduite liés aux grossesses, à l’éducation des enfants ou aux accidents de la vie. A ce titre, les propositions contenues dans le rapport Delevoye constituent, pour les avocats, des régressions.
Diminuer le montant des cotisations des jeunes avocats pour faciliter pendant 5 ans leurs débuts professionnels ; de manière générale, minorer les cotisations des revenus les plus bas.
Avec la réforme envisagée, le premier « PASS », c’est-à-dire la tranche de revenus comprise entre 0 et 41.000 euros annuels verrait ses cotisations doubler pour atteindre 28,12 % des revenus !

En moyenne, l’augmentation de cotisation par avocat s’élèverait à 650 euros par mois.
Ce serait donc plus de 540 millions d’euros supplémentaires qui seraient annuellement prélevés sur les avocats. Cette somme dépasse largement la somme totale versée aux avocats par l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle : 469 millions (dont une partie correspond à de la TVA qui est donc restituée à ce même Etat). Il faut ici préciser que ce montant d’aide juridictionnelle correspond à la réalisation de près d’un million de missions de défense et d’assistance des plus démunis réalisées annuellement.

La réduction des droits à la retraite

Les avocats seront soumis à la triple peine. Malgré la perte de sommes économisées et l’augmentation de leurs cotisations, la réforme envisage de réduire leurs droits à la retraite. Ainsi, le montant de la retraite de base baisserait d’environ 400 euros/mois.
Le taux du point de la retraite complémentaire serait quasiment réduit de moitié.

Les conséquences économiques de la réforme de la retraite

Quels que soit son engagement au service de la justice, un avocat doit assurer l’équilibre économique de son cabinet. Il doit pouvoir payer ses salariés, ses fournisseurs, ses cotisations et impôts etc. L’honoraire est calculé de manière à atteindre cet équilibre.
Dès lors, si leurs charges augmentent, les avocats seront contraints :
– soit de répercuter ce coût supplémentaire dans le calcul de l’honoraire, au moins pour les clients qui ne sont pas pris en charge par l’Etat au titre de l’aide juridictionnelle,
− soit de réduire leurs propres charges en proportion, c’est-à-dire principalement de licencier.
Aucune de ces solutions n’est bonne pour l’économie réunionnaise, sans même parler du coût humain évident.
Enfin, la réforme ne prend pas en compte qu’une part importante des missions des avocats est effectuée au profit des plus démunis, au titre de l’aide juridictionnelle, de l’accès au droit, de la commission d’office, etc.
Pour ces missions, nous ne pouvons pas adapter nos honoraires, fixés par l’Etat et déjà manifestement sous-évalués à l’heure actuelle.
Aucune revalorisation de l’indemnité versée n’étant prévue, comment le gouvernement envisage-t-il que les avocats continuent à assurer des missions déficitaires, au risque de déséquilibrer l’ensemble de leurs cabinets ? La réforme met donc directement en danger l’accès des plus démunis à un avocat, conclut Me Eric Bodo.

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yolapoilGérard Jeanneaunoe Recent comment authors
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noe
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noe

C’est pour ça qu’un avocat nous coûte si cher … et pour seulement 10 secondes de bobards à l’audience !

Gérard Jeanneau
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Gérard Jeanneau

Mon bon bâtonnier anonyme, permettez que je vous donne un petit coup de bâton ! Votre belle réserve financière pour votre retraite est due à l’apport financier des justiciables qui sont passés sous les fourches caudines de dame Justice ! Et donc il faur rendre à César ce qui est à César. Il faut rendre cette réserve à la caisse commune, à la caisse universelle. Pourquoi, si on suit votre raisonnement fort biscornu, ne pas créer une caisse de sécurité sociale qui vous serait propre ? Et tant pis pour les ouvriers, les paysans et les chômeurs ! Chacun pour… Lire la suite »

yolapoil
Invité
yolapoil

Toutes les français doivent payer , pourquoi simplement les travailleurs pauvres qui doivent subir , je reconnait que nous représentons la majorité , mais il faut de tout pour faire bouger notre pays , arrêter de vous plaindre la bouche pleine .