Réforme des retraites dévoilée par Delevoye : ce qui change pour l’âge de départ, la pension, la décote-surcote…

dans Actualités/Infos Réunion

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Les syndicats réunionnais promettent une mobilisation sans précédent pour les deux premières semaines de septembre 2019 pour dire “non” à ce projet de réforme de la retraite. Hier, le haut commissaire Jean-Paul Delevoye a présenté son rapport, jeudi, contenant les propositions qui doivent servir de base à la réforme des retraites qui doit entrer en application au 1er janvier 2025.
Un seul système pour tous. Après 18 mois de concertation, le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a dévoilé jeudi son rapport contenant les principales pistes qui serviront de base au projet de loi attendu en conseil des ministres à l’automne, pour une application au 1er janvier 2025 qui remplacera les 42 régimes de retraite actuels, actant la disparition des régimes spéciaux.

Un “âge d’équilibre” fixé à 64 ans avec un système de décote-surcote
Jean-Paul Delevoye a proposé que le futur “système universel” comprenne un “âge d’équilibre” assorti d’un système de décote/surcote, à 64 ans, pour la génération née en 1963. Pour inciter “au prolongement de l’activité” et garantir l'”équilibre du système” en place dès 2025, il préconise que “l’âge du taux plein” permettant une retraite complète “soit le même pour tous, contrairement à aujourd’hui où il est compris entre 62 et 67 ans en fonction de la durée travaillée”. Cet âge “évoluera comme l’espérance de vie”, a-t-il précisé.

Ceux qui partiront avant cet âge-pivot, vivement contesté par plusieurs syndicats, verront ce rendement diminuer de 5% par année d’écart, quand ceux qui prolongeront leur activité au-delà bénéficieront d’un rendement majoré de 5% par an. Pour Jean-Paul Delevoye cette mesure doit inciter “au prolongement de l’activité” pour garantir l'”équilibre du système”.

Un minimum retraite fixé à 85% du Smic net
Le minimum retraite du futur “système universel” doit être fixé à 85% du Smic net, contre 81% pour les salariés et 75% pour les agriculteurs actuellement. Ce nouveau minimum “bénéficiera notamment aux exploitants agricoles, aux artisans, aux commerçants et aux personnes, souvent des femmes, qui ont durablement travaillé à temps partiel”, a développé Jean-Paul Delevoye.

Une majoration des droits à la retraite abaissée à 5% dès le premier enfant
Le nouveau “système universel” doit revoir à la baisse la majoration des droits à la retraite par enfant pour les couples de trois enfants et plus. Le haut-commissaire préconise que ce taux passe de 10 à 5%, mais cette majoration pourra être partagée entre les deux parents, alors qu’elle est accordée aux deux actuellement. A défaut, elle sera attribuée à la mère, les femmes, qui “ont une pension moyenne inférieure de 42% à celle des hommes”, devant être “les principales bénéficiaires des mesures de solidarité liées aux droits familiaux”.

Mise en place d’un dispositif de réversion garantissant au survivant 70% de la retraite du couple
Les pensions de réversion versées aux veufs et veuves devraient garantir 70% du total des recettes perçues par le couple. Cette nouvelle mesure proposée pour le “système universel” remplacerait “les 13 règles différentes existant actuellement”, sans modifier “les règles applicables aux retraités actuels”.

Un système à points
Ce futur “système universel” doit se matérialiser par des points. “Chaque jour travaillé permettra d’acquérir des points”, note le haut-commissaire, qui juge ce nouveau système “plus juste” car “un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour tous”. Et “les salariés du privé, des régimes spéciaux et les fonctionnaires auront des cotisations identiques”. Par ailleurs, il assure que le “niveau des retraites sera sécurisé dans le temps” car “la valeur du point ne pourra pas baisser” en étant revalorisée en fonction de “l’évolution des revenus moyens en France, plus favorable que l’inflation”. De leur côté, “les pensions seront revalorisées selon l’inflation (…) comme c’est le cas aujourd’hui”, a-t-il insisté.

Les avocats réunionnais pas contents

La colère gronde du côté des professions libérales et les tensions se cristallisent du côté des avocats. Le Conseil national des barreaux refusera toute absorption dans le régime universel et remet en cause le principe même de la réforme qui condamnerait à mort l’indépendance financière de la profession. Si les demandes fondées des avocats ne sont pas prises en compte, le Conseil national des barreaux appellera à une mobilisation sans précédent sur tout le territoire national, et à une manifestation dès la rentrée de septembre 2019 à Paris.

Une réforme des retraites qui condamne à mort les cabinets d’avocat et l’accès au droit Mobilisés lors d’une assemblée générale au sein du Conseil national des Barreaux début juillet 2019, les avocats et élus de l’institution ont unanimement partagé leurs craintes des conséquences qu’entrainerait une telle réforme. Le doublement des cotisations retraite, de 14 à 28% provoquera notamment une hausse exponentielle du taux de charges des avocats, passant ainsi de 46 à 60%.

Les avocats perdraient également tous les avantages liés au principe de solidarité professionnelle de leur régime, qui impose une base de retraite commune quel que soit le niveau de revenu antérieur des professionnels. Un principe qui protège les avocats au revenu plus faible et leur garantit le plein exercice de leurs fonctions.
Christiane Féral-Schuhl, présidente du Conseil national des barreaux, souhaite porter les intérêts de la profession auprès des pouvoirs publics : « Nous ne nous laisserons pas faire ! Si Jean-Paul Delevoye ne répond pas, jeudi 18 juillet, à nos demandes fondées, nous appellerons immédiatement tous les avocats de France et leurs salariés à une manifestation nationale à Paris dès la rentrée de septembre. Et je proposerai à toutes les professions libérales menacées par cette nouvelle « taxe retraite » – il faut dire le mot ! – de nous rejoindre. Doubler les cotisations retraite des avocats c’est condamner une profession à la mort économique. Et avec elle l’accès au droit ! »

Une campagne de mobilisation nationale : les avocats prennent la tête de la fronde

Face à ce danger imminent, les élus du Conseil national des barreaux ont adopté une motion dans laquelle ils s’opposent fermement à l’inclusion des avocats dans le régime universel de retraite prévu par la réforme, et lancent une campagne de communication nationale d’envergure. Les 68 000 avocats de France, réunis dans 164 barreaux, recevront tous un kit de communication « clé en main » afin d’interpeller les élus locaux et les candidats aux municipales et ainsi faire entendre leur voix auprès du plus grand nombre.
Le CNB appelle également l’ensemble des professions libérales à rejoindre ce mouvement de mobilisation porté par les avocats afin de faire bloc ensemble contre un projet de réforme qui remet en cause l’indépendance même de certaines professions et leur survie économique.

L’UR CFTC REUNION réagit

Le haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye a annoncé ce jour ses préconisations pour un futur “système universel” des retraites. Des préconisations censées
servir au projet de loi attendu en Conseil des ministres à l’automne. Ces annonces sont l’aboutissement d’un long travail d’écoute et de réflexion qui s’est étalé sur plus d’un an et demi. La CFTC tient à souligner la qualité de la méthode de travail initiée par Monsieur le Haut-Commissaire, méthode qui a permis d’étudier de manière apaisée un grand nombre de sujets.
Si le système actuel garantit peu ou prou, un bon niveau de pension, la CFTC partage le constat d’une architecture complexe qui présente des éléments d’iniquité de moins en moins en adéquation avec le monde de demain. Elle ne s’oppose donc pas au principe d’une réforme systémique.
Certaines des options présentées ce matin contribuent à conforter le caractère redistributif et solidaire qui prévaut aujourd’hui. La CFTC s’en réjouit ! parmi celles-ci, les droits familiaux qui sortent renforcés du rapport. La CFTC retient la majoration de 5% attribuée dès le premier enfant ; Des points attribués pendant 3 ans pour les périodes d’éducation des enfants ; des pensions de réversion harmonisées et sans condition de ressource… Toujours en matière de droits familiaux, la CFTC revendiquait de nouvelles solidarités pour de nouveaux risques à destination de nouveaux publics, comme celui des aidants familiaux. Le rapport prévoit l’attribution de points aux aidants au titre de cette période d’accompagnement. Pour la CFTC, c’est un début de reconnaissance des activités à forte valeur sociale !

Autre option positive : Les fonctions régaliennes (pompiers, militaires, forces de l’ordre) continueront elles de conserver leurs spécificités et leurs possibilités de départ anticipé. Compte tenu des risques auxquels sont confrontées ces professions, c’était une demande de la CFTC !
La CFTC rejette en revanche la piste d’une décote appliquée en cas de départ avant 64 ans. Cela revient à augmenter l’âge de départ à la retraite, sans le dire. En plus de méconnaître la réalité de l’emploi des séniors, une telle mesure est d’autant plus injuste qu’elle pénalise les assurés qui auraient pu partir avec un taux plein, sans décote, à 62 ans dans le système actuel. Cette mesure fait aussi perdre le bénéfice de la surcote pour ces mêmes assurés qui auraient fait le choix de travailler au-delà de 62 ans.
Dans le cadre de la concertation qui va s’ouvrir, la CFTC demandera au gouvernement de ne pas suivre cette préconisation. Elle formulera des alternatives à même d’inciter le prolongement d’activité sans pour autant pénaliser ceux qui continueront à rentrer tôt sur le marché du travail.
Dans ce même cadre, elle appuiera d’autres propositions issues du rapport notamment celles visant à renforcer les droits pendant les périodes de transition entre études et l’emploi (stages, service
civique…)

La CFDT Réunion

Ce jeudi, Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites  (HCRR), a présenté aux partenaires sociaux ses préconisations sur la réforme des retraites avant de les remettre au Premier ministre. Ce moment marque la fin d’une première étape de la concertation initiée il y a plus d’un an et dans laquelle la CFDT a pris toute sa part.
La CFDT revendique une réforme globale du système de retraites depuis de nombreuses années. La parole de la CFDT tout au long de la concertation s’est appuyée sur les 120 000 répondants de l’enquête Parlons Retraites, traduits dans le Manifeste pour les retraites, publié en octobre dernier.
La CFDT souhaite souligner la qualité de la méthode choisie qui a permis de prendre le temps de la discussion. Le débat a été constructif et de qualité, et l’écoute a été réelle. Le premier résultat de cette concertation est de montrer qu’il est possible de construire une réforme de cette ampleur sans mesures punitives. Le système envisagé, plus contributif et plus juste, doit profiter aux travailleurs les moins favorisés, ceux qui ont les carrières les plus heurtées et les moins dynamiques. Il reste cependant à préciser le processus exact de transition et de garantie des droits acquis.
C’est maintenant au Gouvernement de se prononcer sur la réforme qu’il veut conduire, et de décider s’il veut saisir l’occasion pour répondre à la demande de progrès social que porte la CFDT. Plus particulièrement, il devra se prononcer sur :
– Une prise en compte complète de la pénibilité au travail. Il s’agit d’un élément essentiel de justice sociale : nous ne serons pas tous égaux devant la retraite tant que nous ne serons pas tous égaux devant le travail. La retraite est liée au travail, mais nous ne sommes pas tous égaux devant le travail. La CFDT restera mobilisée pour que cette question soit abordée.
– Le développement de la retraite choisie et progressive. L’aménagement des fins de carrières est une revendication partagée par l’ensemble des salariés, parce qu’on ne travaille pas à 60 ans de la même manière qu’à 30 ans.
– Un effort soutenu en direction des basses pensions. Porter le minimum de pension à 85% du SMIC ne pourra suffire pour répondre aux inégalités et aux discriminations qui persistent sur le marché du travail, notamment en défaveur des femmes.

Par ailleurs, la CFDT se félicite de l’intention du Gouvernement de ne pas insérer dans le projet de financement de la sécurité sociale pour 2020 de mesures paramétriques visant notamment à accélérer la réforme Touraine. Cette intention restera à confirmer à la rentrée. Par ailleurs, si le retour à l’équilibre du système de retraites en 2025 peut être visé, la CFDT estime que cela ne nécessite pas de mesures paramétriques : le déséquilibre du système ne provient pas d’une non maitrise des dépenses, mais de ressources qui ont diminué du fait de choix indépendants du système de retraite. La CFDT réaffirme son opposition à la mise en place dans le nouveau système de retraites d’un âge de référence collectif uniforme, quelle que soit la carrière du salarié, ce qui serait injuste et injustifié.

La CFDT se satisfait du travail collectivement accompli jusque-là. Mais elle continuera de peser dans la deuxième phase de concertation qui va s’ouvrir en amont de l’écriture du projet de loi. Elle y portera son exigence de justice sociale particulièrement en faveur des plus pauvres, des femmes et des jeunes et s’attachera à la création dans cette réforme de droits nouveaux dignes de la retraite du XXIème siècle.

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MarinaTi renardPersonne ne réagit pas.AUMAXIMUMroro 61 Recent comment authors
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Filiao Philippe
Invité
Filiao Philippe

C’est le jeu du chat et la souris mais quand est-ce que le gouvernement va prendre la réalité en face car nous sommes pas de mariole,mais nous électeurs on les met en place pour bosser pour la France et non pas de courir derrière les petits fours et de marcher sur les tapis rouges

Enfumage
Invité
Enfumage

Ce gouvernement nous enfume une fois de plus. La façade semble agréable mais cache en réalité un danger. On ne dit plus l’âge pivot pas l’âge d’équilibre. En fait l age de départ a la retraite est de 64 ans.

64 ans
Invité
64 ans

Malheureusement beaucoup seront mort avant 64 ans, l age de la retraite. Ce gouvernement est de mauvaise foi et nous manipule.

noe
Invité
noe

Surtout que l’obésité , les drogues , le diabète guettent beaucoup de jeunes et moins jeunes !

974 dan mon ker
Invité
974 dan mon ker

Un type qui ne sait pas gérer le budget de l’Élysée et qui le dépasse nous dit comment faire pour la réforme des retraites ?

Y a comme un problème. ?

noe
Invité
noe

C’est tout ? 64 ans pour le départ et ensuite faire la fête dans les clubs 3e âge ??? il faut tout le temps “bosser” et jamais s’arrêter … moi j’ai cotisé seulement 254 trimestres et on m’a mis à la porte !

roro 61
Invité
roro 61

Noe , lorsqu’on fait semblant de bosser , on peut bosser toute sa vie , mais votre cas le patron s’en est rendu compte du fainéant qu’il avait dans son équipe .Vous avez casser les 4 pattes au fameux canard à vous lire .

AUMAXIMUM
Invité
AUMAXIMUM

BIEN DIT RORO

Boina
Invité
Boina

Repos i tuer pas travail i fait veilli,moin la vote macron et je suis fiere,pchn éltn il sera réelu

Yoland
Invité
Yoland

Mais c’est quoi 800 euros de moins sur une retraite de fonctionnaire réunionnais qui gagne plus de 4500 euros, minimum en fin de carrière ? Personne ne pense aux privés dans les syndicats ?

Pffff
Invité
Pffff

Les avocats se plaignent ? Comme si leurs revenus les faisaient vivre dans la misère.

Personne ne réagit pas.
Invité
Personne ne réagit pas.

Qu’attendent nos parlementaires pour qu’on prenne en considération la situation des couples pacsés qui ont passé leurs vies ensemble . N’ont -ils droit à aucune considération surtout que si un des membres est de classe moyenne , celui qui n’a pas d’emploi perd tous ses droits sociaux . Ne peut – on penser aux conditions de vie du survivant et aux enfants surtout . Ne méritent – ils pas un peu de considération Ayant de moins en moins de couples mariés , en cas de décès du retraité c’est tout bénéfice pour l’état . Bizarrement ni élus, ni syndicats ne… Lire la suite »

Marina
Invité
Marina

Tout à fait d’accord avec vous ! Si le conjoint survivant d’un couple pacsé doit recourir à l’Aspa (minimum vieillesse), faute de pouvoir bénéficier d’une pension de réversion, les enfants du couple devront rembourser cette allocation à l’État.
C’est très injuste, car cela veut dire, par exemple, que dans un tel cas les enfants ne peuvent pas conserver la maison héritée de leurs parents. Ils doivent impérativement la vendre afin de pouvoir rembourser l’État d’une aide qui n’est demandée qu’en raison de la discrimination des couples non mariés !

noe
Invité
noe

Les êtres humains sont faits pour bosser jusqu’aux derniers souffles !

Ti renard
Invité
Ti renard

A François Mitterrand nous manque