(Reportage photos)/La chasse aux camps de braconnage est ouverte dans l’Est

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Le Parc national, en étroite collaboration avec la Cirest, EDF et l’ONF, a lancé l’opération « démantèlement des camps de braconniers » dans l’Est de l’île. Plusieurs acteurs se sont rendus sur le terrain, hier matin, au lieu-dit l’Eden dans les hauts de Bras-Panon, avec à leur tête Ingrid Fontaine, responsable Est du Parc national, pour « raser » 7 camps sauvages sur les 64 recensés dans les communes de la Plaine-des-Palmistes, Bras-Panon, Saint-Benoit… L’hélicoptère appelé en renfort a ramené plusieurs centaines de kilos de déchets laissés sur place par les braconniers. Comme le rappelle le Parc national, les chiffres sont significatifs : « Les braconniers s’y installent pour prélever, principalement, des palmistes rouges, variété unique au monde, des poissons et crustacés de rivière et des tangues.

  • 29 camps ont été nettoyés et évacués par hélicoptère ou à dos d’homme entre 2012 et 2019.
  • 23 camps ont été abandonnés par les braconniers sans intervention directe.
  • 12 camps actifs restent à évacuer dans les prochains mois. 
Ces camps très sales sont toujours situés en bord de ravines. Ils permettent aux braconniers d’avoir un accès à l’eau. Les déchets s’y accumulent d’année en année. 
Les camps démantelés ne sont presque jamais reconstruits, les zones sont alors beaucoup moins braconnées. 
Tout au long de l’année, des actions de surveillance et de contrôle sont menées par l’Of ce National des Forêts, la Brigade Nature Océan Indien, la Fédération de Pêche, les services de Gendarmerie et le Parc national qui travaillent avec les services du parquet. 
Les braconniers passent 1 à 3 jours en forêt. Ils peuvent repartir avec une quarantaine de palmistes, de tangues ou une vingtaine de kilos de poissons ou crustacés, par personne.
Cela peut se produire plusieurs fois par semaine, toute l’année. 
Les contrevenants risquent jusqu’à 1500 euros d’amende voir être poursuivi pour des délits qui peuvent être sanctionnés par des amendes très importantes ou des peines de prison.
Cette année, sur 3 camps uniquement, 1 tonne de déchets a été collecté.
Ces camps de braconniers entrainent de graves impacts sur la biodiversité réunionnaise.
  • Sur la faune… 
Le braconnage implique la réduction des populations d’animaux aquatiques.
Les déchets abandonnés en forêt favorisent la prolifération des rats et des chats, prédateurs des oiseaux forestiers. 
Sur la flore… 
Le braconnage implique la réduction du nombre de palmistes, orchidées, fanjans, le piétinement et la coupe d’espèces endémiques et indigènes et la dissémination d’espèces exotiques envahissantes. 
Sur la qualité de l’eau… 
Les piles utilisées par les braconniers pour leur lampe torche, par exemple, les viscères de tangue jetés, les plastiques, les déchets alimentaires ont pour conséquence la pollution de l’eau des rivières.
Certains braconniers n’hésitent pas à utiliser des insecticides ou de l’eau de javel pour récupérer un grand nombre de poissons. Ces techniques illégales polluent massivement les cours d’eau et sont nocives pour la santé des consommateurs de poissons braconnés.
Hier matin, Sept camps actifs utilisés pour le braconnage de palmistes et la pêche illégale, ont été démontés.
 Ces camps sont situés sur les massifs de Trou de Fer, Plaine des Lianes, Eden, Takamaka, Bébour, Ilet Patience et Cratère.

Les déchets ont été rassemblés dans des « big bags » : 7 au total. Ils ont été récupérés par un hélicoptère, déposés sur un camion de l’ONF puis amenés dans une déchetterie de la Cirest.
 13 agents du Parc national et 6 personnels de l’ONF y ont été mobilisés.

Il faut savoir que les actions de lutte contre le braconnage en forêt sont réalisées sur le domaine départemento-domaniale. Tout au long de l’année, les équipes de l’Of ce National des Forêts passent sur les sites naturels et aires de pique-nique pour collecter les déchets laissés par les braconniers mais aussi par la population et les visiteurs.

Les agents du Parc national mènent des actions de surveillance et de contrôle sur l’ensemble du territoire. La lutte contre le braconnage fait partie des priorités en matière de préservation de la biodiversité.
Des viscères de tangues laissés sur place par les braconniers. (Crédit Photos Parc national et ONF)

Pour cette opération, EDF Réunion, a souhaité mettre en valeur son engagement en faveur de la biodiversité réunionnaise en mettant à disposition certaines de ses installations.

 


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