Réunion des transporteurs : les syndicats OTRE et CPME n’ont pas signé la convention

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Voici ci-dessous la convention qui a été signée par tous les autres syndicats (patronat et salariés) sauf par l’OTRE et la CPME, au terme de la réunion qui s’est déroulée, hier, lundi 15 novembre 2021 à St-Denis :

Convention transporteurs et syndicats salariés

Rappelons que le syndicat présidé par Johnny Grindu, c’est-à-dire  « OTRE/ Organisation des transporteurs routiers européens) a fait savoir par écrit au ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari qu’il souhaitait un accord-cadre réunionnais et non un copié-collé de métropole ou de mayotte. Syndicats des salariés et syndicats des transporteurs se sont retrouvés  ce lundi matin 15 novembre pour une réunion à Saint-Denis, plus précisément à la Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DEETS). La première rencontre entre ces différentes parties s’était déroulée le 25 octobre dernier. Cette réunion a été organisée à la demande de la FNTV et du Medef. Elle concerne l’application dans notre île d’un accord-cadre visant à transférer le personnel d’une entreprise à une autre, en cas de perte d’un marché. Une question qui se pose depuis ce qui s’est produit concernant les marchés du transports scolaire au sein du TCO. Marchés remportés par le Groupement Moutoussamy Ouest et Cap Ouest au détriment du Groupement GTO2.

L’OTRE se démarque de la position de la FNTV. « Notre volonté est la création d’une convention collective adaptée aux spécificités de la Réunion », affirme son président Johnny Grindu. 

Voici le contenu du courrier adressé le 28 octobre dernier, soit trois jours après la première réunion, au ministre délégué par le président de l’OTRE Réunion :

« Monsieur Le Ministre Délégué

L’OTRE REUNION réagit dans un communiqué expliquant que suite à la volonté de MadameChristelle

LIM SU KWAI responsable du Pôle Travail à la DEETS concernant « un conflit social relatif à la perte d’un marché dans le secteur du transport scolaire. Des discussions ont émergé avec les partenaires sociaux, concernant la nécessité d’encadrer le transfert de personnel dans le cas de perte de marché. A l’instar de l’accord signé à Mayotte l’année dernière, un accord-cadre local pourra it être signé afin de sécuriser le changement de prestataire sur un marché.

Cet accord aurait vocation à prendre en compte l’impact social lié au changement de prestataire et garantirait une continuité du service public ». L’OTRE REUNION ne peut donc qu’être satisfaite de cette volonté de faire évoluer le secteur du transport du voyageur dans son ensemble par les organisations professionnelles représentatives.

Néanmoins, et chacune et chacun le sait, les dispositifs pour accomplir un tel projet ne peuvent s’accomplir dans l’urgence d’autant plus que cela ne changera en rien la situation actuelle ! Nous sommes disposés pour débattre sur le fond de façon pérenne « convention collective adaptée aux spécificités locales » et trouver les meilleures solutions pour une évolution saine de notre corps de métiers. Tout cela commence par l’analyse que chacune des organisations doit faire en interne avec leur base sur le comment, le pourquoi et les pistes de réflexions à mener pour apporter les changements

TRIPLE GAGNANTS : « CONDUCTEURS, ENTREPRISES ET DONNEURS D’ORDRES » Comprenez qu’il s’agit bien d’un véritable changement de paradigme

L’OTRE REUNION sollicite une réunion de travail avec tous les donneurs d’ordres en présence du Préfet de la Réunion et de la DEETS
Nous estimons que ce passage est une nécessité absolue car seul un engagement ferme de la part de trois parties permettra d’initier et de bâtir les fondements de cet écosystème vertueux où l’humain sera au cœur des préoccupations. L’OTRE REUNION estime que notre noble métier ne peut se suffire d’un copié collé d’un modèle établi à Mayotte « accord cadre » qui nous servirait potentiellement de document de travail. Même si nous avons pris conscience de l’Urgence de la situation, il est à noter qu’il ne peut y avoir d’effet rétroactif donc les questions sont les suivantes et se posent nécessairement :
Pourquoi se précipiter ? Est-ce pour protéger une catégorie d’entreprises ? Souhaitons-nous véritablement construire demain ou… ? N’est-il pas plus préférable de CONSTRUIRE UN NOUVEAU MODELE ECONOMIQUE DANS LE MONDE DU TRANSPORT PERMETTANT ATOUS LES ACTEURS CONCERNÉS DE TROUVER UNE SERENITE, QUE D’AGIR DANS L’EMPRESSEMENT ET L’URGENCE ?
Pourquoi un tel engouement à vouloir faire signer un accord cadre mal travaillé surtout que chacune et chacun d’entre nous savons, dès à présent que très vite il faudra se remobiliser et retrousser les manches pour qu’une véritable convention adaptée soit validée par l’ensemble du monde du transport ? Comprenez que toutes ces questions sans des réponses claires et précises entrainent la méfiance et cela aboutit systématiquement à l’échec !

En tout cas l’OTRE REUNION fidèle à sa méthode de travail souhaite que nous puissions travailler dans un esprit de confiance et de collaboration partagé dès le départ, ce qui ne peut être le cas actuellement. Nous aspirons tous à un avenir meilleur et nous souhaitons tous être fier de nos métiers et de les valoriser. C’est pour cela que, nous soutenons nos adhérents à l’OTRE et nous les encourageons à être force de propositions.
Le transport que ce soit de voyageurs, de marchandises ou autres doit retrouver ses lettres de noblesses ! L’OTRE REUNION demande à tous les acteurs de la profession souhaitant participer à ce débat et voulant apporter une pierre à l’édifice de se rapprocher des différentes organisations participant à la réalisation de cette convention collective adaptée.
Nous ne voulons pas des laissés-pour-compte, l’avenir du transport réunionnais doit et va s’écrire !

L’OTRE REUNION insiste sur la nécessité de la mobilisation de toutes et tous pour que demain personne ne puisse dire que notre histoire a été écrite par des acteurs autres que ceux de notre profession ! Nous croyons fermement à l’affirmation suivante : « il y a toujours des solutions pour les personnes désireuses d’atteindre un objectif commun pour le bien de toutes et tous ! » L’OTRE REUNION estime que les mesures prévues ne sont pas suffisantes et dénoncent une forme de « suivisme ». Mieux vaut prévenir que guérir nous dit l’adage !
Nous avons bien écouté les débats, les échanges, les propositions de chacun. « Face à cette crise : osons regarder autrement et interrogeons-nous ensemble. « POUR QUE L’ENTREPRISE NE RIME PLUS AVEC CRISE » Les profondes inquiétudes exprimées sont l’écho du désarroi de notre société. La crise est toujours là, profonde, complexe et multiforme, guettant sa prochaine proie.
QUI SERA LE PROCHAIN ?
Après le monde, des Agriculteurs, du BTP, du Transport …nous sommes tous concernés personne ne peut se sentir hors d’atteinte. »
En effet, dans notre contexte insulaire où la concurrence est une question de survie, le dumping social et fiscal est devenu la solution entrainant la paupérisation.
L’OTRE REUNION exige une réponse urgente et précise aux revendications faute de quoi nous n’aurons pas d’autres alternatives que d’alerter notre base de l’URGENCE d’AGIR pour reprendre notre DESTIN EN MAIN.
Comment pouvons-nous parler de transition écologique dans le transport à l’Île de La Réunion ?
LA SPECIFICITE REUNIONNAISE EST « LE TOUT VEHICULE » nous ne sommes pas dotés comme en métropole ou ailleurs d’un réseau de tramway, métro ou train. Tous les déplacements intérieurs s’effectuent par les routes. Il est important de préciser, de prime abord, que la transition dans les transports passe par différentes mesures.
La prise en compte du potentiel de l’hydrogène, du GPL, de l’électrique et des biocarburants comme sources alternatives et moins polluantes à l’essence et au diesel. Le scénario d’investissement pour la transition repose sur un ensemble de projets et de propositions, ainsi que sur des hypothèses de travail.
• Le premier axe du scénario est celui des investissements publics dans le réseau routier et dans les réseaux de transports en commun;
• Investissements dans des véhicules dits « propre »;

• S’intéresser au transport des marchandises et de voyageurs;

• Les nécessaires investissements dans l’écosystème productif lié au transport.
Le financement est le nerf de la guerre aux changements climatiques. Mais pour faire face à la pensée de l’austérité qui s’est imposée ici et ailleurs, il faut innover financièrement.
Le transport des voyageurs et des marchandises est le plus complexe des domaines où il faut agir pour la transition dans les transports en raison d’un ensemble de facteurs hors de contrôle.
Toutes les hypothèses émises nous confortent dans la nécessité d’établir un plan d’action pour LA REUNION qui pourra servir de modèle de travail pour les territoires ultrapériphériques.
L’OTRE REUNION est déjà dans cette piste de réflexion et nous réitérons notre volonté d’avoir un rendez- vous au plus vite avec toutes les parties prenantes « TRIPLE GAGNANTS » pour établir un plan d’action solide afin de définir les modalités de la mise en place de cette nouvelle convention collective adaptée. Nous pensons que cela permettra de ré étalonner le déséquilibre engendré depuis des décennies dans la profession ! »

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

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