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Rupture de stock de vélos sur notre île (REPORTAGE VIDEO)

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Au niveau mondial, par rapport à l’an dernier, le chiffre d’affaires du secteur du vélo a augmenté de 25 %. Cela entraîne une pénurie mondiale de vélo ! Il faut à présent attendre plusieurs mois pour acheter le modèle de vélo que l’on convoite. La pénurie risque de durer jusqu’en 2023 et elle touche également La Réunion.

Sur notre île, la demande de vélos a effectivement augmenté. À ce propos, écoutez Younous Gadia, Dirigeant de la société Ecobike, société spécialisée dans les vélos, vélos électriques et trottinettes électriques, qui explique pourquoi il y a une pénurie de vélos sur l’île.

Selon lui, au niveau local, la pénurie de vélos s’explique par trois raisons. Premièrement, les pièces viennent d’Asie et les vélos sont assemblés en Europe. Pour s’approvisionner, cela prend donc du temps ! Deuxièmement, on est à La Réunion, il s’agit d’un marché beaucoup plus petit qu’en Hexagone. « Les magasins en métropole commandent 100/150 vélos pour un mois, alors que nous, ce sont des commandes pour l’année. Donc, forcément, nos commandes passent après tout le monde », explique-t-il. Enfin, le fret maritime augmente : « on ne peut plus commander aussi facilement qu’avant ».

Certains modèles de vélos, notamment les vélos à assistance électrique, peinent à être livrés. Il faut en moyenne attendre six mois voire plus, pour avoir son propre vélo. En dépit des difficultés à trouver des pièces importées et à cause de la hausse de l’aluminium, les prix des vélos ont augmenté d’au moins 10 %.

Quant aux réparateurs de machines, ils ont des difficultés à s’approvisionner en pièces détachées. En effet, le fabricant français Moustache, ayant 150 salariés, installé dans les Vosges, a été contraint de mettre son équipe au chômage technique, et ce, même si la demande de vélos était importante.

Dans la grande distribution et les magasins spécialisés, les ventes ont flambé, ce qui a entraîné une pénurie de vélo dans les rayons. Ainsi, les ventes de vélo en France ont augmenté de 25 %, +77 % pour les Etats-Unis et +45 % pour le Royaume-Uni.
Cela s’explique par la pandémie de coronavirus. En effet, les habitudes prises pendant les confinements ont entraîné chez certains des envies de changer de moyens de transports. Certains se sont mis à faire de l’exercice, notamment du cyclisme. D’autres, redoutaient de prendre les transports en commun et ont donc investi dans un vélo.

En France, entre 2019 et 2021, les ventes de vélo électriques ont doublé, passant alors de 400 000 à 800 000 unités. Et l’offre de vélo n’est pas suffisante pour satisfaire à la demande. Ces phénomènes de hausse d’utilisation de vélo ont été remarqués dans plusieurs grandes villes du monde. Certaines villes ont anticipé ces phénomènes et ont même adapté leurs plans de circulation en allongeant les pistes cyclables.

Certaines pièces prennent plus d’un an à être livrées !

La plupart des pièces proviennent d’Asie, y compris pour les vélos assemblés en France. L’un des majeurs fournisseurs, à savoir le japonais Shimano, qui fabrique des freins et les systèmes de vitesse et détient plus de 60 % du marché mondial sur les vélos haut de gamme, est dépassé par les commandes. Il faudrait attendre environ 400 jours pour certaines pièces ! Au niveau mondial, les fournisseurs sont saturés. S’ajoutent à cela, les difficultés du fret maritime et les renchérissements des matières premières.

À cause de la crise sanitaire, un grand embouteillage de containers ralentit toujours le trafic du port de Yantian, l’un des plus importants de mer de Chine. Sachez que 350 000 containers sont en attente d’être traités. Les effets de cet embouteillage dureront toute l’année 2021, à la fois sur les prix et sur les délais de livraison.

Le coût du fret a explosé : un container de 40 pieds, autrement dit, un container de 12 mètres de long, coûte environ 5 000 euros entre la Chine et l’Europe, soit 60 % de plus qu’en janvier, et presque quatre fois plus qu’avant l’épidémie.

Toute la chaîne planétaire de l’industrie du vélo est en stand-by.

Un retour à la normale en 2023 ?

Au niveau national, il faut presque un an pour que les pièces d’un vélo sortent d’Asie et soient acheminées en Europe. Bien souvent, un vélo peut rester des mois dans son entrepôt. Même s’il est quasiment prêt, il peut manquer le dérailleur ou une autre pièce. La pénurie va durer au moins jusqu’en 2023, car les principaux fabricants n’acceptent plus de commandes pour 2022.

Si vous souhaitez acheter un vélo, avec un modèle très précis en tête, patientez jusqu’à l’année prochaine. L’alternative serait d’avoir des vélos made in Europe ou made in France. La réflexion est actuellement en cours. Plusieurs fabricants chinois ouvrent des usines en Europe de l’Est : Roumanie, Bulgarie, Lituanie et Pologne.

Certains experts pensent qu’il ne sert à rien de fabriquer les composants de base : fourches, cadre, les systèmes de freinage et de dérailleur, car ce serait trop cher. En effet, 70 % des composants d’un vélo proviennent de Chine. Selon les experts, la France devrait innover en se concentrant sur les batteries, les moteurs et les capteurs.

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