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« Saint-Leu : allez-vous attendre le prochain accident avec un requin ? »

11 min de lecture

Courrier des lecteurs

Collectif d’associations :
Sea Shepherd Conservation Society – Longitude 181
One Voice – Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS)
Sauvegarde des Requins – Requins Intégration
Tendua pour la sauvegarde de la biodiversité
Vivre Activement pour Garder Un Environnement Sain (VAGUES)

« Monsieur le Maire,

Je vous écris à nouveau, en qualité de représentant d’un collectif d’associations.
Nous vous avons adressé le 9 janvier 2021 un courrier relatif aux aspects juridiques des Zonex surf de Saint-Leu.
Il y était question notamment de la responsabilité du Centre Sécurité Requin (CSR) et de l’association Leu Tropical Surf Team (LTST) en cas d’accident, mais aussi et surtout de la vôtre en tant que maire de la commune.
Nous n’avons jamais reçu de réponse. Nous le regrettons d’autant plus que la situation actuelle nous semble peu rassurante.

En effet, sur le site de l’association Océan Prévention Réunion (OPR), on trouve en date du 24 mars 2021 les affirmations suivantes :
« Précision sécurisation de Saint-Leu.
Dans notre dernière publication à ce sujet, nous avions repris ce qui était mentionné dans la presse… qui malheureusement n’était pas exact. Nous avons donc eu les bonnes informations avec les porteurs de projets et nous les remercions.
Voici trois précisions IMPORTANTES :
1- les créneaux d’ouverture seront de 9h à 15h quelle que soit la saison,
2-il y a aucune obligation d’être licencié à la fédération française de surf,
3-les EPI (dispositifs de protection électrique individuelle) sont exigés afin que les assurances fonctionnent. Mais il n’y aura pas de contrôle ou de chasse aux contrevenants, qui auront juste à assumer leurs responsabilités en cas de « problème ».
Voici la seule « contrainte », une charte qu’il conviendra de respecter dans la perspective d’un fonctionnement correct de cette future zone sécurisée ».
(https://www.facebook.com/oceanpreventionreunion/posts/4043150365735133).

Pourtant l’arrêté municipal n° 223 relatif à la création de ces Zonex, que vous avez signé et envoyé en préfecture le 23 mars 2021, est on ne peut plus clair :
Art. 3-1. : « Une session sécurisée ne peut en tout état de cause être ouverte qu’au sein des plages horaires suivantes : entre 7h30 et 16h30 en été (du 01/11 au 30/04) ; entre 8h00 et 16h en hiver (du 01/05 au 31/10) ».
Art 4-2. : « La mise à l’eau, en vue de la pratique du surf et des disciplines associées, n’est autorisée qu’aux personnes qui ont préalablement et formellement :

  • Justifié, auprès du personnel de l’association (….) être en possession d’un équipement individuel de protection (….).
  • Justifié, auprès du personnel de l’association (….) être actuellement membre de l’un des clubs affiliés à la Fédération française de surf, et à ce titre détenteur d’une licence-assurance en cours de validité au moment de la session sécurisée ».

Art 4-3. : « Les personnels de l’association (….) tiendront à jour un registre regroupant :
La mention de l’identité du pratiquant ;

  • Le numéro et la date-limite de la licence acquise par le pratiquant (….) ;
  • Les caractéristiques de l’équipement individuel de protection en sa possession (….) ;
  • Les chartes de bonne conduite signées en vue de la pratique du surf ou d’une discipline associée lors d’une session sécurisée ouverte au sein d’une Zonex ;
  • Toutes indications utiles concernant les personnes qui se seraient mises à l’eau en méconnaissance de l’une ou de plusieurs des exigences posées par le présent arrêté et le protocole y annexé ».

Art 1-5. : « Les infractions au présent arrêté seront constatées par les forces de l’ordre habilitées et tout contrevenant s’expose aux poursuites et peines prévues par les articles 131-13 et R.610-5 du Code Pénal ».

On aurait pu croire, M. le Maire, que l’association LTST à laquelle vous avez confié la gestion des Zonex (art. 2- de l’arrêté municipal), viendrait à minima contredire les affirmations du site d’OPR. Mais il n’en est rien !
Bien au contraire M. Gilbert Pouzet, président du LTST, semble les corroborer dans les commentaires qui suivent sur le site :
« La licence pour le prix qu’elle coûte sur l’année n’est pas obligatoire en soi pour surfer mais pour le dispositif on vous engage à la souscrire. Ainsi que d’avoir un Epi. Maintenant chacun fera comme il veut mais on fait passer l’info ».
Et il enfonce le clou dans un article du JIR du 27 mars 2021 :
« « On réduit le risque à l’intérieur de la zone de surveillance », indique Gilbert Pouzet. « On rappelle aux surfeurs les risques auxquels ils s’exposent. Mais on n’est pas là pour faire la police. » ».
« Pour être dans la légalité, les surfeurs doivent être équipés d’un dispositif de protection individuelle qui permet de repousser les requins. Ils doivent aussi être titulaires d’une licence de surf et signer la charte de bonne conduite. Dans le cas contraire, ils s’exposent à une amende des forces de l’ordre. Mais en aucun cas l’accès au spot leur est interdit. « On rappelle aux surfeurs que face à la problématique requin, ils doivent être équipés. Mais on ne réglemente pas l’accès au spot », insiste Gilbert Pouzet ».
Des déclarations pour le moins équivoques……

M. le Maire, l’association LTST a déjà bénéficié d’une subvention de 300 000€ du conseil régional pour, notamment, l’achat du matériel. Le fonctionnement du dispositif des Zonex va coûter en sus 900 000€ sur 18 mois. Payés par le contribuable bien sûr. C’est beaucoup d’argent, pour le loisir exclusif d’une poignée de pratiquants, alors surtout que la commune de Saint-Leu traverse un « contexte budgétaire et financier tendu » (JIR du 1er avril 2021).
Qui plus est, on prévoit pour cela de pêcher les requins jour et nuit dans la zone de protection renforcée de la réserve marine, avec le lot de destruction des captures « accessoires » que cela implique.
Alors la moindre des choses serait que les surfeurs en question respectent les prescriptions de l’arrêté municipal : nul n’est au-dessus des lois.
Les expérimentations menées par le CSR à la Réunion et en Nouvelle Calédonie ont montré que les EPI n’étaient pas fiables à 100%. Parallèlement, des observations de requins ont déjà été faites à proximité de drumlines sans pour autant que les requins ne mordent à l’appât (exemple à Saint-Leu les 1er et 2 février derniers). Enfin, les Zonex de Saint-Leu n’utilisent pas la surveillance sous-marine de surface type Vigies Requins Renforcées, seul dispositif à avoir fait ses preuves depuis 6 ans.
Si, en plus, les prescriptions de l’arrêté en matière de sécurité ne sont pas respectées, on risque de se diriger vers un nouvel accident avec un requin. Et l’on aura encore droit au concert des pleureuses d’OPR et consorts qui viendront sur la place publique s’en prendre au Préfet, au Maire, à Dieu et à tous ses Saints……Nonobstant les risques de procédure en responsabilité à l’égard de l’édile que vous êtes. Est-ce là ce que vous souhaitez ?
Une clarification officielle nous semble pour le moins nécessaire.

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions d’agréer Monsieur le Maire l’expression de nos sentiments respectueux.

Didier Dérand »

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