Saint-Philippe : Yohan Cervantes répond au bilan du maire sortant, Olivier Rivière

Le samedi 1er février, Olivier Rivière, maire sortant de la commune de Saint-Philippe, a partagé son bilan. Yohan Cervantes, l’un de ses opposants dans la course aux municipales, a tenu a nous faire parvenir son “contre-bilan” via le communiqué ci-après :

“Nous attendions avec une certaine impatience le bilan du maire sortant.
C’est chose faite.
Bien évidemment, nous ne sommes absolument pas d’accord avec ce qui a été dit.
Le bilan du maire sur les dix dernières années est un échec au point de vue de la solidarité, de la démocratie participative et de l’écologie.

La démocratie version parti radical n’est pas la nôtre

Le début de mandat est ubuesque.

Dès le début, souvenez-vous, à cause d’une erreur matérielle, le tribunal administratif est saisi par la
sous préfecture de Saint-Pierre. La liste « Saint-Philippe en avant » avait récolté 100 % des suffrages ! Ce qui évidemment n’est pas possible. Cette décision donnera le « la » des relations entre les élus de l’opposition et le premier magistrat.
Suite à cette « erreur », les élus de l’opposition ne pourront s’exprimer que quelques mois plus tard, dans l’attente du verdict du tribunal administratif. En attendant, les voilà cantonnés au sein du public. Le discours du maire lors de son « intronisation » n’est pas à la hauteur de l’enjeu et de la fonction.

Outre le fait de régler ses comptes de manière fort virulente avec l’ensemble de ses adversaires qui, je le rappelle, ne peuvent s’exprimer puisque privés de conseil, il n’incarne pas la fonction républicaine ni la figure de l’apaisement censé représenter le peuple dans son entièreté. Certes, la politique n’est pas le pays des « bisounours », mais il ne devrait plus être le lieu de la continuité de la guerre non plus.

Vieille pratique pour un maire incarnant soi-disant le renouveau.

Pendant tout le mandat, les droits des élus de l’opposition ne seront pas respectés : ni dans les journaux communaux (nous ne serons jamais invités à y publier notre tribune quand bien même cela relève de la loi), ni au niveau des inaugurations (où nous ne serons jamais invités). La Démocratie exige un meilleur respect des élus de la minorité.

Le premier magistrat avait promis de mettre Saint-Philippe en avant, ce fut chose faite, mais pas dans le bon sens du terme. Saint-Philippe a malheureusement fait la une des journaux, mais pas pour des projets ou des actions positives. Durant ce mandat, le premier magistrat a, par trois fois, fait appel à la protection fonctionnelle :

une fois contre ses propres agents municipaux qui réclamaient leurs dus et faisaient valoir leur droit
(il s’agissait du point de calcul des rémunérations). C’est donc avec l’argent des contribuables que le premier magistrat a épuisé tous les recours juridiques, tribunal administratif, cour d’appel administrative et Conseil d’Etat pour au final être condamné à rembourser les dus.

Une deuxième fois ensuite pour son DGS, actuel candidat à Saint-Pierre, pour une raison, cette fois-
ci plus légitime : il s’agissait de protéger l’agent lors d’une confrontation.

Une troisième fois, enfin, pour l’affaire dite « de la chanson de Facebook » où le maire, piqué au vif, décide de bénéficier de ladite protection fonctionnelle dans l’éventualité d’une poursuite judiciaire.

Il y a une judiciarisation de l’action politique qui révèle une forme d’autoritarisme politique. Car, en effet, durant la même période, un de ses agents et proche militant a, lui, été condamné pour gestion de fait et détournements de fonds publics. Cette condamnation est le fruit du travail, il faut le dire, de l’opposant socialiste Didier Dalleau.

Il faut savoir rendre à César ce qui lui appartient.

Ici, le maire ne se constitue pas partie civile et ne fait d’ailleurs aucun commentaire. Deux poids
deux mesures ? L’affaire « Le Superbe » se transforme en véritable cauchemar et en très mauvais feuilleton
avec ses mauvais rebondissements. Les articles de presse se multiplient et de révélations en révélations, les Saint-Philippois prennent de plus en plus conscience que le projet, finalement, ne se fera pas et quand bien même le maire s’obstine à vouloir faire croire le contraire au fil des différents conseils municipaux.

Il faut dire que ce projet, ambitieux sur la forme, était mal ficelé sur le fond. La complexité du montage financier et la complexité des relations entre les individus ont contribué à son échec. Initialement prévu pour une livraison mi 2018, on le voit, au final, il ne verra pas le jour.

Il faut savoir que le maire avait en grande partie gagné sa campagne la dessus : la promesse de 100 emplois créés dans une commune au taux de chômage élevé avait fait mouche. Cette affaire fait parti du bilan du maire que ce dernier a omis de citer lors de sa conférence de presse. Nous sommes là pour le lui rappeler

Cet hôtel est un échec sur plusieurs points :
Du point de vue écologique puisqu’il laisse sur le paysage des vestiges et des bâtiments qui ne seront jamais utilisés dans une zone qui était classée protection de la nature !
Le premier magistrat est aussi investi dans la cause écologique que le président Didier Robert lorsqu’il était sénateur en ayant voté CONTRE toutes les lois qui auraient permis des avancées significatives en matière d’écologie.

C’est un échec du point de vue de la Démocratie
La Démocratie c’est la transparence, c’est informer sa population, c’est faire avec elle et voir
ensemble les avancées sur les grands travaux. Ici, ce n’est pas le cas.

Sa responsabilité politique aurait été de mieux communiquer sur ce sujet, au lieu de s’arcbouter sur des arguments qui ne trouvaient pas l’écho du réel, à savoir que les travaux continuent et que le projet est toujours en cours, quand bien même la nature et les arbres ont repris leurs droits sur des villas aujourd’hui clairement à l’abandon.
C’est un échec économique, puisque aucun emploi n’a malheureusement été crée
C’est un échec au niveau de l’attractivité du Territoire, car cette affaire révèle la précipitation et un certain amateurisme dans sa préparation, bien loin du bilan mirifique qu’aura pu faire le Président de Région lors de la conférence de presse.

Enfin, cet hôtel est un échec du point de vue de l’éthique. Une fois encore les intérêts économiques et financiers ont primé sur la nature et l’environnement surtout lorsqu’il s’agit de grands groupes. Demandés aux agriculteurs des hauts s’il leur est possible d’exercer tranquillement leur activité en plein cœur du parc national par exemple pour voir si les contraintes sont les mêmes selon qui l’on est.
Cette précipitation est liée à son absence du territoire. On ne peut prétendre à défendre la Démocratie participative tout en n’étant jamais présent sur le territoire à cause du cumul de nombreux mandats et postes. Logique. Il est matériellement impossible d’être partout à la fois et d’avoir un suivi attentif et
scrupuleux des affaires. En effet, il occupe plus d’une dizaine de postes et, de ce fait, il aurait dépassé le
plafond légal de cumul des indemnités. La question ici est de savoir si, dans la vraie vie réelle, on peut occuper autant de lourdes responsabilités dans autant de structures (même à titre bénévole comme il l’a lui même déclaré à la Haute autorité).

Difficile, je crois, d’être efficace partout et tout le temps.

Baril les bains : un projet ambigu qui cache des zones d’ombre en matière d’écologie.
Enfin, le pharamineux projet « Baril Les Bains », projet d’envergure donc qui vise, selon la stratégie choisie, de changer la qualification du quartier du Baril afin d’obtenir sur le plan administratif et financier une revalorisation budgétaire (ville côtière) et un référencement différent.

Manière aussi d’augmenter maladroitement la notoriété saint-philippoise en terme d’attractivité
touristique. Quid des différents acteurs de l’agro-tourisme ? Quid des artisans ?
Projet pharamineux par son financement (30 millions d’euros, soit 4 fois le budget de la piscine municipale) et son volet étude (900 000 euros), dont on attend toujours les résultats.

Problème : le sable artificiel au coût environnemental très conséquent.

Le projet est porté par la SPLA Maraina, SPL chargé des travaux et de l’aménagement.
A ce jour, on attend toujours les résultats des études.

Une mauvaise stratégie financière !

La collectivité a négocié avec la Région réunion un budget de 30 millions d’euros.
Un PPI a été d’ailleurs adopté.
Un PPI est un plan Pluriannuel d’Investissement qui permet une planification et un meilleur suivi des travaux sur plusieurs années.
Il a l’avantage de donner une visibilité à long terme.
Il faut souligner, tout d’abord, que le PPI n’a pas été entièrement respecté, ce qui en soi pose problème.

Deuxièmement, la stratégie financière du premier magistrat s’est concentrée à assurer l’investissement et non pas se donner des marges de manœuvre sur le fonctionnement.
Je m’explique. Le Président Melchior a mis en place au département une enveloppe budgétaire dans
le cadre du Pacte de Solidarité Territorial.

Cette enveloppe contient elle-même deux enveloppes.

L’une privilégie les investissements, l’autre des actions nouvelles de développement telles que l’amélioration de l’habitat, l’agripéi en faveur des agriculteurs et les aides pour les personnes fragiles.
Or, qu’a fait le premier magistrat ? il a négocié un PST de 2,5 millions d’euros pour s’assurer sa politique d’investissement quand bien même la région financée déjà à hauteur de 90% les travaux. Drôle de stratégie alors qu’une manne financière non négligeable aurait permis un meilleur développement de l’agriculture et un meilleur soutien aux personnes vulnérables. On est assez éloigné d’une gestion saine et responsable comme il l’a affirmé récemment. Tout d’abord parce que les investissements réalisés n’ont pas permis le développement d’activité ni d’amélioration de la vie sur le territoire. Si on prend le cas de la piscine notamment, cette dernière nécessite de gros volumes de fonds en matière de coût de fonctionnement, mais n’apporte quasiment rien en retour sur investissement.

Le budget de la collectivité ne permet pas non plus de dégager des marges de manœuvre financières avec une capacité d’autofinancement relativement faible. La mairie est pour ainsi dire sous la tutelle de la Région. Conséquence, deux marges de manœuvres en terme de finances : soit un recours à l’emprunt, soit
l’utilisation de subventions d’autres collectivités.

Le recours aux subventions est bien évidemment la meilleure stratégie. Mais des efforts en terme
d’optimisation d’achat public et de réorganisation des services permettraient de dégager un peu de marge de manœuvre pour des finances plus saines.

Un bilan catastrophique au niveau social

C’est véritablement au niveau social que le bilan est le plus catastrophique. Saint-Philippe est l’une
des premières villes avec un taux de chômage important et un taux de pauvreté touchant quasiment
une famille sur deux. C’est horrible ! Il ne faut pas oublier qu’il a aussi été conseiller départemental en 2011 et qu’à ce titre il a aussi échoué à faire venir sur le territoire les outils et instances nécessaires afin de lutter contre la précarité et la misère sociale. Il ne peut s’exonérer de son bilan.

Un macroniste caché

Il est clair, si on en avait un doute, que le maire est plutôt du genre macroniste.
Parce qu’il ne combat pas la misère.
Par le soutien qu’il a apporté à l’eurodéputé Stéphane Bijoux sur la liste de la République en marche.
Par soutien clair et net à la République en marche (LREM) en tant que candidat du Parti Radical, parti allié et soutien du Président de la République et de son premier ministre Edouard Philippe ; les gilets jaunes saint-philippois apprécieront.
Le parti radical, en effet, compte parmi les soutiens de la politique gouvernementale.

Il en est de même pour le groupe politique AGIR, la droite constructive, proche du premier ministre Edouard Philippe, dont le candidat à Saint-Pierre, Imrhane Moullan, a été DGS sur la commune de Saint-Philippe.

Un maire qui n’a rien appris des gilets jaunes

Lorsque éclate, en novembre 2018, la crise des gilets jaunes, un immense espoir s’est levé : celui de pouvoir enfin remettre à un plat toute une organisation politique.
Il a mis également en avant deux volontés : une fiscalité plus juste et mieux répartie entre les différentes classes sociales et la nécessité de revoir de fond en comble l’appareil démocratique et politique du pays en participant notamment à sa moralisation. Force est de constater que, de ce mouvement, le maire candidat n’en a rien retiré. Aucun conseil de quartiers n’est né. Aucune forme de démocratie participative non plus.
La politique n’est pas une question d’intérêt et d’opportunité, elle est un engagement.
Force est de constater que nous ne partageons absolument pas la même vision de l’engagement en
politique.

Son parcours politique le prouve : Ancien UMP, admirateur de Nicolas Sarkozy, puis centriste UDI et objectif réunion avant enfin de devenir le référent local du parti radical 974, faisant partie de la galaxie de la République en Marche du Président Macron.

Et 2020 dans tout cela ?
En 2020, vous aurez le choix entre trois listes, une de gauche, une de droite et la seule liste citoyenne alternative, écologique, démocratique et a-partisane, la nôtre. Il est donc temps de mettre fin à cette alternance droite-gauche qui a longtemps animée notre vie politique avec les résultats que l’on sait depuis maintenant quarante ans. Il est donc temps de faire advenir cette radicalité citoyenne.

Ensemble imaginons et agissons en solidarité !

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jeune st philippoisJeune en colère33 Ap. JCRecrutement familialIl faut changer Recent comment authors
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110 000 euros par an
Invité
110 000 euros par an

Le maire sortant c’est bien lui qui a été rattrapé par la patrouille et qui cumule plusieurs indemnités ?

Vraiment triste.

Il faut changer
Invité
Il faut changer

Dans cette ville il faut changer. La commune fonctionne à l’Image de la la NRL.

Le fiasco en marche.

Recrutement familial
Invité
Recrutement familial

La femme de qui a été embauchée à la Region ?

Il ne faut rien caché aux électeurs.

33 Ap. JC
Invité
33 Ap. JC

Bonjour, comment faire entendre à la population où, 50% de ses membres vivent sous le seuil de pauvreté et qui attendent un ti-contrat où, bon nombre d’entre elle pensent que le macroniste sortant est l’employeur en chef alors qu’il n’est que le premier employé payé avec leur propre deniers où, beaucoup ne croient pas que la commune est notre bien à tous, qu’elle est notre propriété commune et qu’il faut la préserver et enjoliver et ne pas la laisser entre les mains de gangs ou de clans qui profitent de la faiblesse (économique surtout) de certains de ses habitants pour… Lire la suite »

Jeune en colère
Invité
Jeune en colère

Maire sortant qui na pratiquement pas de bilan qui cumule les fiascos.Un maire qui vend du rêve à la population avec des contrats précaires alors que pendant ce temps là lui et sa bande de copains se remplissent les poches,quelle tristesse !

jeune st philippois
Invité
jeune st philippois

Je ne comprend pas que les jeunes de st Philippe ne se réunissent pas tous derrière ce candidat, un jeune qui connait les défis et les problématiques que rencontre notre commune. UN JEUNE QUI NOUS REPRÉSENTERAIT VRAIMENT!!!!
On en a marre des corrompus, marre de ceux qui ne pensent qu’à leur propre intérêts…
Réfléchissons un coup et agissons, il n’y a que nous qui puissions changer le destin de notre commune!