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SPL Oté à Saint-Paul : liquidation et plainte contre X

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Rien ne va plus à la Société Publique Locale Ouest Territoire Evènementiel (SPL Oté), créée en janvier 2017 par Fabrice Marouvin, adjoint au maire de Saint-Paul et élu du TCO ; lequel a démissionné de son poste d’administrateur de la SPL depuis décembre 2017. La SPL Oté est présidée par Daniel Pausé, maire de Trois-Bassins. Elle est dirigée par Laurent Bidois, fonctionnaire en détachement de la mairie de Saint-Paul. Rappelons que les deux plus gros clients de la SPL sont le TCO et la municipalité de Saint-Paul.

Le 22 mars dernier dans un article que nous publiions sur notre site, nous vous faisions part des grandes difficultés que traversait déjà cette structure chargée des manifestations relevant de l’évènementiel (Festival détak baro, organisation du SBA stratégie du bon achat, des réunions pour des ministres etc…) dans les communes du TCO (Saint-Paul, La Possession et Trois-Bassins), à l’exception du Port et de Saint-Leu.

Nous vous informions que le salaire de la quinzaine de salariés de la SPL n’avait pas pu être versé faute de crédits. La SPL accusait déjà un déficit de l’ordre de 200 000 euros. Nous vous signalions également que les gendarmes de la Brigade de Recherches enquêtaient depuis le début de cette année sur cette structure ; Que son directeur général Laurent Bidois avait déjà été entendu à trois reprises par les gendarmes et que son président Daniel Pausé, maire de Trois-Bassins, avait été convoqué une seule fois. Fabrice Marouvin dont le nom n’avait cessé d’être cité au terme de toutes ces auditions survenues en tout début d’année n’avait pas encore été entendu par les enquêteurs. On vous signalait que le dossier de la SPL avait atterri sur le bureau du procureur Eric Tuféry parce que Daniel Pausé et Laurent Bidois avaient décidé d’enclencher la procédure tel que le permet l’article 40. Il s’agissaitd’alerter le pouvoir judiciaire de certains faits « troubles » au sein de la SPL Oté. Une affaire prise très au sérieux par les enquêteurs. L’enquête est d’ailleurs toujours en cours.

Depuis le 22 mars, parallèlement à l’enquête des gendarmes, la situation financière de la SPL s’est empirée. Le passif de la structure serait d’environ 400 000 euros à présent. Le salaire des employés pour le mois de mars n’a toujours pas été réglé. Il en sera de même pour celui du mois d’avril.

Jeudi dernier, le 12 avril, lors d’un conseil d’administration, les administrateurs ont acté le principe d’une « liquidation à l’amiable » ainsi que le dépôt d’une plainte contre X. La SPL Oté se dirige tout droit vers une cessation de paiement qui devrait être officiellement déclarée à l’occasion de l’assemblée générale prévue le 3 mai prochain. D’après nos informations, le bureau de la SPL Oté aurait formulé auprès des actionnaires une demande d’avance sur compte courant d’associés afin de pouvoir rembourser les dettes de la société. Les communes de Trois-Bassins et de La Possession ne seraient pas opposées. En revanche, la commune de Saint-Paul et le TCO dont Joseph Sinimalé est respectivement maire et président refusent aujourd’hui de mettre la main au pot. Or, l’avenir de la SPL repose sur Saint-Paul et le TCO. La balle est dans le camp de Joseph Sinimalé. Mais faudrait-il y voir un lien de causalité, « depuis que Fabrice Marouvin a démissionné, depuis qu’il s’est brouillé avec le directeur général, la mairie de Saint-Paul et le TCO ont retiré leurs billes dans cette structure, un peu comme si c’était Marouvin qui décidait pour Sinimalé », constate (à tort ou à raison ?) un des administrateurs de la SPL Oté. Lequel ajoute : « Joseph Sinimalé fait tout un cinéma devant les jeunes en leur demandant de se lever tôt et de se mettre debout, mais lui ne fait rien pour les jeunes agents de la SPL Oté qui vont perdre leur emploi parce que la commune de Saint-Paul a décidé de ne plus passer commande à la structure ».

Autre remarque : « la mairie de Saint-Paul ne veut plus soit disant travailler avec la SPL mais, bizarrement, la municipalité de Saint-Paul passe commande pour des prestations culturelles et festives avec les mêmes entreprises qui travaillaient avec la SPL. Comprenne qui pourra ! ».

Rappelons que, auprès des gendarmes de la brigade de Saint-Paul, la direction générale a beaucoup fait mention des « pressions » qu’elle subissait de la part d’un élu Saint-Paulois, anciennement dirigeant de fait de la structure. Autrement dit, si la direction générale assume une partie des problèmes de gestion, tout ne pourrait incomber à sa seule responsabilité. Le bureau de la SPL Oté n’exclut pas par ailleurs de déposer un recours auprès des autorités compétentes, contre la municipalité de Saint-Paul, pour « rupture abusive de contrat ». Les administrateurs estiment que « Saint-Paul et le TCO nous ont coupé les vives ». D’où l’impasse financière dans laquelle se trouve aujourd’hui la SPL Oté.

Joseph Sinimalé cible le directeur général de la SPL

Nous avons sollicité une réaction de la municipalité sur ce dossier. Motus et bouche cousue. Aucune communication. Cependant, nous avons pu mettre la main sur un long courrier que Joseph Sinimalé a adressé par coursier au président Daniel Pausé. Lequel courrier a aussi été envoyé par mail à tous les administrateurs de la SPL Oté mais également- sans doute par erreur – au service Communication de la mairie de Trois-Bassins. Inutile de préciser que des exemplaires de ce courrier daté du 27 mars dernier et signé du maire de Saint-Paul se « promènent » dans la nature. Dans ce courrier de quatre pages, le maire Joseph Sinimalé n’y va pas avec le dos de la cuillère contre le directeur général de la SPL Oté a qui il fait entièrement porter le chapeau de tous les problèmes rencontrés par cette structure créée il y a un an par son adjoint aux affaires économiques Fabrice Marouvin. Et il laisse clairement entendre que la commune de Saint-Paul et le TCO ne mettront plus la main à la poche en faveur de la SPL.

Il écrit : « Nous déplorons l’incapacité de M. Bidois à gérer une telle structure et sommes par conséquent très inquiets sur la viabilité de cette société qui semble malheureusement reposée que sur les commandes d’un seul actionnaire (…) La commune de Saint-Paul ne peut être ainsi accusée de ne pas remplir ses engagements et elle ne peut être tenue pour responsable du déficit structurel de la société (…) Nous nous interrogeons donc légitimement sur la viabilité de cette structure qui ne peut économiquement pas dépendre des commandes d’un seul client l’apparentant d’ailleurs quasiment à une structure municipale, qui plus est, sur un poste de dépenses facultatif que les collectivités sont logiquement amenées à revoir à la baisse dans un contexte financier actuel ».

Et la lettre se termine ainsi : « par conséquent, nous vous demandons, non seulement de bien vouloir statuer rapidement sur les mesures d’urgence proposées mais aussi d’échanger au plus vite avec les administrateurs représentant Saint-Paul sur les modalités d’une liquidation à l’amiable ». Certains administrateurs se demandent toutefois si c’est bien Joseph Sinimalé qui a rédigé ce courrier ou s’il n’a pas plutôt été inspiré pour ne pas dire dicté par un autre élu de Saint-Paul dont l’objectif est, depuis fin de l’année dernière, de « tuer » la SPL sur laquelle il n’a plus du tout la main. Raison pour laquelle, outre la procédure de liquidation (à l’amiable ou pas) vers laquelle semble se diriger la structure, le bureau de la société déposera également plainte contre X afin de d’identifier les vrais responsables de la situation dans laquelle se trouve à présent la SPL Oté. « Nous avons toutes les preuves du jeu trouble qu’a joué un élu dans cette affaire », explique un des administrateurs de la structure. Ce dernier explique encore qu’il y a certaines « circonstances malheureuses » qui interpellent. Par exemple l’agression, survenue il y a environ trois semaines au Port, sur un des jeunes agents de la SPL lequel a été brûlé au visage et aux deux mains dans sa voiture. « Un autre agent a vu deux pneus de sa voiture crevés. Il y a eu aussi une tentative d’intrusion forcée au parc Expobat où se trouvent certaines affaires de la SPL. Ça sent pas bon tout ça. Vivement la fin de l’enquête de la brigade de recherches ! ».

Y.M.

([email protected])

 


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