La Fabrik occupée par des artistes “confinés” et la CGTR Spektak

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Le samedi 13 mars, suite à l’appel de la fédération nationale CGT Spectacle, la section syndicale Spektak (CGTR Spektak) a  investi avec un collectif de citoyens le Centre Dramatique Nationale de l’Océan Indien dans leur locaux de La Fabrik, à Saint-Denis.

Dans un communiqué, elle explique:  “Aujourd’hui nous sommes dans l’obligation de nous poser la question de notre « essentialité ». 20 % de la population assiste à des spectacles vivants en France et parmi eux il n’y en a que 4 % qui le font régulièrement. Au collège ou au lycée, 100 % des élèves sont passés par les salles de spectacle. A la Réunion les chiffres sont encore plus flagrants. Le malaise ne date pas de la crise Covid mais celle-ci cristallise le ras le bol des travailleurs de la culture. Depuis le premier confinement ce malaise a été porté au travers de divers collectifs qui n’ont eu de cesse d’interroger les lieux et les collectivités sur la nécessité de repenser nos métiers et la culture sur le territoire : le rapport à la population / les liens à tisser / la prise en compte du vécu de l’expérience et du talent des travailleurs de la culture / la solidarité / la reconnaissance de la richesse culturelle des artisans de la culture et la prise en compte de leur expertise. Même si la Réunion reste privilégiée par rapport à l’hexagone depuis le début du
COVID, le couvre feu instauré dernièrement ruine tous les efforts et espoirs. Même si les lieux tentent de s’organiser pour préserver leur programmation, même si les collectivités locales mettent en place
des dispositifs : Il est plus que jamais nécessaire de le faire avec TOUS et mobiliser ensemble les énergies.”

Elle dénonce entre autres:

– La façon dont se déroule actuellement LA RÉFORME SUR L’ASSURANCE CHÔMAGE : Nous n’avons pas besoin que la réforme de l’assurance chômage se mette en place au 1er juillet. Vraiment nous n’avons pas besoin de cela, réduire les droits et les montants d’indemnisation de dizaines de milliers d’hommes et de femmes privés d’emploi du seul fait de la crise sanitaire et sociale qui nous traverse. Nous sommes pour RETRAIT IMMÉDIAT DE CETTE RÉFORME !

– LA NON PRISE EN COMPTE DE LA CULTURE ET DES TRAVAILLEURS CULTURELS et de leur place dans la société
– LA RESTRICTION DE NOS LIBERTÉS DE CRÉER, PARTAGER, RENCONTRER, RÊVER. La santé c’est aussi le social, le psychologique, c’est pouvoir avoir une vie sociale, se cultiver,
se rencontrer, fêter, se soutenir, et cela même dans le respect de gestes barrières !

Ainsi, la section syndicale revendique :

– Une reconnaissance des “artisans de la culture” de la Réunion dans la mise en place d’une POLITIQUE CULTURELLE RÉ-INVENTÉE AVEC EUX. Repenser les lieux, la diffusion, les cahiers des charges, créer sur tout l’île des résidences d’artistes, décloisonner, ouvrir ! RÉFLEXION à mener en concertation avec tous sur la présence QUOTIDIENNE des artistes dans les lieux et sur le territoire, le rapport au public et la place de l’artiste dans la société réunionnaise.

– Une CLARIFICATION des mesures d’adaptation à la situation sanitaire et au couvre feu pour que nous puissions exercer nos métiers et Une CONCERTATION artistes/ lieux/ institutions, pour permettre aux artistes réunionnais de continuer d’exercer leur métier et aux publics d’être touchés.

– Un plan MASSIF DE SOUTIEN POUR L’EMPLOI pour permettre à la création de se poursuivre dans un contexte économique très dégradé. Nous donner très clairement les montants alloués pour la
Réunion et la répartition des aides. Quels sont les moyens que met l’Etat pour la culture à la Réunion ? Quels moyens ont été alloués pour faire face à la crise : Konbien ? Pou Kisa ? Èk kèl
konsèrtasyon ?

– PROLONGATION de l’aide aux compagnies et aux artistes et aux jeunes qui commencent, soutien aux petites structures, associations plus fragilisées, indépendants, salariés etc….

– Nous avons besoin que les problématiques des artistes-auteurs du monde de l’écrit, des arts plastiques, visuels ou numériques, soient enfin reconnues et prises en compte sérieusement. Ils et elles ont besoin d’aides spécifiques en relation avec la crise sanitaire et surtout d’une refonte de leur système de protection sociale.

– PROLONGATION de l’année blanche ET ÉLARGISSEMENT À TOUS LES TRAVAILLEURS PRÉCAIRES / CHÔMEURS / JEUNES : Nous avons besoin que tous les intermittents de l’emploi, qui
vivent depuis un an une crise autrement plus violente que la nôtre soient aidés de manière comparable. Elles et eux aussi sont empêchés de travailler, elles et eux aussi n’ont que très peu
bénéficié du chômage partiel et elles et eux aussi n’ont aucune visibilité sur leur reprise d’activité. Mais contrairement à nous, ils n’ont pas eu d’année blanche. Il est indispensable que leurs droits à
indemnisation chômage soient non seulement prolongés sans condition mais surtout adaptés à leurs rythmes et pratiques d’emplois spécifiques.

– Nous avons besoin de la PRISE EN COMPTE DES SPÉCIFICITÉS RÉUNIONNAISES ( le territoire, la culture, la géographie, la situation des artistes au vue de leur implantation à la Réunion ne peut être
calquée sur le modèle métropolitain )

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