Saint André, dimanche 1er janvier 2012. procession tamoule et marche sur le feu au Temple du Colosse.

Temples tamouls : « où est passé l’esprit du Tabysman ? »

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C’est une tribune libre qui nous a été envoyée par Damien Rangayanaguy pour “le Collectif Gardyen Tabysman” :
“Ça pourrait être le mot d’ordre de cette nouvelle année. Depuis ces dernières semaines, une polémique anime notre communauté tamoule : va-t-on mettre un terme à notre tradition cultuelle, celle qui a toujours rythmé notre passage d’année civile, celle encore qui marquait la fin de la campagne sucrière pour nos ancêtres ?

Tamouls, engagés après la fin de l’esclavage et de la traite négrière, nous sommes avant tout un peuple de villageois, aux traditions rurales. Celui qui garantissait les travaux des champs, détenteur des techniques de transformation du sucre. Tout ce savoir a voyagé par bateau, dans les cales de l’Espoir, porté par nos aïeux, nos Gramouns, qui fuyaient une misère criante du continent, pour un avenir insulaire plus radieux. Sur place, c’est l’acceptation fatale de ne plus revoir le continent, l’impérieuse nécessité de se réinventer ici et maintenant sur cette île, entre la faim et la misère persistante ; c’est la résilience face au travail harassant, aliénant dans la bitasyon des propriétaires et industriels. Mais dans l’arrière-cour des kalbanons, le soir, à l’ombre des regards scandaleux du contremaitre, dans le silence des oreilles aux aguets du komandèr, le peuple-du-servis, serré entre Kafs et Komoriens – main d’œuvre servile opprimée à leur instar- rêve d’aterlaba, déor l’Espace, le Temps nostalgique, LE Continent. « Celui qui regarde par-dessus le mur » (pousari) confie sa complainte aux divinités de la Terre, aux Gardiens, dans la fumée des tourkal et tambalon, de fer-blanc, cadencée par la mélopée des peaux de cabris, jouée par nos confrères Kafs opprimés. C’est notre syncrétisme, depuis notre épopée océanique, notre roman national : de la traversée de Goa en compagnie des indo-musulmans (du Gujrati), à notre mât Nargoulam, à l’entrée des karé d’fé.

A l’aube de cette nouvelle année, à l’entrée des chapelles Tabysman (marche sur le feu) et de sa capitale : Bois Rouge, il y a évidemment le goût amer de toute cette nostalgie, qui se lit dans les regards hagards, qui se ressent dans les paroles lourdes de tout descendant d’engagé. La crise sanitaire de 2020 a remis en cause la capacité d’accueil et d’officine dans lesdits Tabysman : marche sur le feu, sacrifice d’animaux. Doit-on rechercher un coupable, alors que la Préfecture n’a émis aucun arrêté interdisant le culte sur le territoire de la République ? Alors que le Décret n°2020-1505 du 2 décembre 2020 fixe l’observation d’un protocole sanitaire pour l’accueil des fidèles dans les lieux de culte. Une simple incompréhension.
Nous sommes un collectif de fidèles, gardiens de l’héritage des Tabysman, de ses modalités, qui fait de cette crise sanitaire, l’occasion d’une réflexion fondamentale sur le Sens de notre Action pour la société, à partir d’une détermination culturelle de Tamoul. Par notre syncrétisme, notre action s’adresse à toutes les communautés religieuses de la République Française : nos Frères et Sœurs animistes (comoriens, malgaches, mahorais), musulmans, catholiques, protestants, juifs, bouddhistes, et même athées. Notre Histoire puise ses

racines dans l’Histoire agricole de notre île, ce que nous vivons doit être l’effort de réflexion collective, l’effort de lutte et de résilience qui nous permettront sans cesse de nous réinventer face à l’adversité – comme l’ont fait nos aïeux en 1920, avec le Candee Mariammen, véritable gage d’ingéniosité et de modernité.

100 ans après, nous en appelons à l’unité de la communauté tamoule face à cette crise, à son lot de restriction quant à nos pratiques. Nous en appelons à la solidarité et à l’indulgence, dans la compréhension des décisions de chaque instance associative des Chapelles – qui sont encore le fait des Hommes. Nous en appelons à la Mémoire des Lieux, à Celle de la Terre-des-Opprimés, nous plébiscitons les Tabysman comme lieu d’expression et de Sens populaires. Nous en appelons à tous les fidèles de toutes les communautés religieuses de l’île : il est grand temps de convoquer à nouveau l’Esprit de notre syncrétisme, afin de faire société-en-devenir.

Nous souhaitons présenter notre conception du Temps et de l’Espace, sous le prisme des Chapelles Tabysman, aux plus hautes instances de l’Etat, afin qu’il les sanctuarise, comme espaces originaux, novateurs, Créolisant.

Le 2 janvier 2021 marque ce premier galé que nous posons pour la Mémoire, l’Esprit de lutte et de résilience, pour nos Tabysman…

« On est vraiment mort quand il n’y a personne pour se rappeler notre nom, sur cette terre. » (Dany LAFERRIERE – essayiste Haïtien -, L’Odeur du Café)
Nos Gramouns rient,
Je les entends du haut de notre Courage.

Enfin… Leur Aterlaba dantan”.

Le Collectif « Gardyin Tabysman »


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25 Commentaires



  1. Arrêtez de souffrir ainsi. La France est votre sauveur et le métissage, la vraie égalité entre les hommes. L’homme est sorti de la caverne pour se civiliser. Il n’y a pas de honte à partir de rien car il est l’heure de grandir et de changer de discours. Vous êtes un jeune des années Mitterrand -Chirac, l’ère des allocations et du rmi, la France vous a beaucoup donné comme elle donne aujourd’hui à ses enfants de Mayotte. Vos origines indiennes sont d’ailleurs hypothétiques. Votre avenir, c’est la France, il ne faut pas l’oublier!

    • Monsieur, il est nécessaire de vous rafraîchir la mémoire : ce jeune décrit parfaitement ce que nous avons vécu et que nous n’avons le droit d’oublier nos racines. Ce n’est pas parce qu’un pays nous a rendu plus ‘civil” que nous pouvons le permettre de nous déraciner. Nos valeurs ancestrales ont valeur, une résonnance profonde, et nous rallient directement à nos racines; elles permettent de grandir car elle est notre identité. Couper la racine principale d’un arbre c’est lui priver de vie. Nos coutumes, nos mœurs, nos traditions se retrouvent au cœur de cet embryon originel. Comment voulez vous, comment osez vous parler de la sorte. Nous ne pouvons pas nous travestir dans des cultures qui ne nous appartiennent point. Nous vibrons dans ce sens, sur terre de nos ancêtres, nous chérissons nos valeurs et nous mourrons pour elles.

    • Et ici c la réunion c vous les français qui ont déraciner nos grand parent pour enrichir la république française donc veuillez parler pour dire quelque chose et non pour rien dire

    • C’est une belle culture malheureusement mal fréquentée. Mais c’est trop tard pour rectifier le tir. « Les vieux » comme vous dites doivent se retourner dans leur tombe, eux qui sont à l’origine de ce renouveau et de ces édifices exceptionnels et magnifiques. Il n’y a visiblement plus de relève. Mais c’est peut être l’histoire de ces Indiens au passé !

  2. Arréter de dénigrer notre peuple. Notre culture fout le camp
    Avant tout nos ayeux étaient trés pauvres, tout le monde se cotoyait, chacun avait son poulailler, ses cochons qu,on élevait pour nourrir la famille , son maïs , ses patates et maniocs , on gênait personne maintenant meme le chant d,un coq géne nos voisins et les cérémonies malbars dans les temples familiaux faisaient partie de notre vivre ensemble
    Aujourd’hui on veut le modernisme , on ne suporte plus rien . On nous impose une vie européenne mais nous sommes un peuple avec un passé d’ esclaves , de travailleurs indiens d’engagés , et de multitudes commerçants chinois ,musulmans indiens , d’imigrés malgaches , notre patrimoine reunionnais fout le camp. C’ est triste d’être devenus individualiste

    • Apprenez l’histoire des Irlandais fuyant la misère ou l’oppression en migrant par obligation vers l’Amerique ou l’Autralie et vous verrez des scènes de grande misère souvent aussi dure que celle vécue par les réunionnais de toutes origines. Vous croyez que la vie en Europe était extraordinaire et facile au 18, 19 et jusqu’au milieu du 20 siècle ? Si c’est le cas, vous n’êtes pas du tout informé de l’histoire des autres peuples et vous vous êtes enfermé dans un nombrilisme suspect et il y a lieu de s’interroger sur la qualité de vos enseignants et sur l’objectivité de vos historiens chercheurs. La misère n’a pas de couleur et il en est de même pour l’exploitation des plus faibles. La liberté est un combat à mener au quotidien et non à célébrer de façon obscène une fois par an pendant que les exploiteurs demeurent dans la place et vous donnent à boire et à manger. Les Réunionnais doivent se réveiller et cesser d’être naïfs avant qu’il ne soit trop tard.

  3. On est au 21 eme siècle les gars. Arrêtez avec ce folklore religieux qui ne rime avec rien. Il n’y a que l’islam qui ne s’est pas folklorisé ni creolisé ni politisé. Vous confondez tout parce que n’avez rien avoir avec la communauté d’origine qui n’existe plus depuis 60 ans. Un patronyme, une tradition, un lien de parenté ne fait de vous ni un Tamoul, ni un Malabar, ni un Indien. La Reunion est très métissée avec une forte proportion africaine et française et l’apport mahorais va renforcer notre identité africaine bien que nous serons culturellement très français. Ces temples deviendront à terme des musées, ainsi va la vie!

    • C’est quoi ce charabia de complexé? Vous connaissez l’Inde? Laissez moi rire! C’est vrai que votre qualité ethno-culturelle est de type afro-aborigène .Et vous vous pensez sérieusement avoir des points communs avec eux? Vous êtes tellement mieux ici, dans votre jus!

    • Heureux les simples d’esprit et les dégénérés car les clés des temples leur appartiennent dorénavant . Il est vrai que les anciens, d’un autre niveau, aurait mis toute cette lie à sa place et jeté les clés à la mer. Mais ce zambrocal ne durera pas cent ans non plus.

    • Est ce que les Francais exposent de leur condition de serfs qui a duré plus de 1000 ans? Non, et pourtant nous les mettons sur un piédestal et les considérons comme des maitres. La faute à qui? A notre ignorance et à ceux qui sont payés pour faire notre histoire en insistant plus que de raison sur la partie peu reluisante de la colonisation. Nos dirigeants savent qu’en nous complexant, nous n’irons pas exiger d’eux les réformes nécessaires à notre développement. Ce n’est pas par hasard que le maloya a été consacré à l’Unesco, que les plus mauvais d’entre nous soient promotionnés et que les meilleurs soient éjectés insidieusement ailleurs.le but c’est d’anéantir les réunionnais par l’avilissement et la sous culture et les populations déshéritées et analphabètes leur servent à cet effet mais aussi comme réservoir électoral et outil de leur propagande….La Reunion est foutue à cause de notre laxisme face à nos décideurs qui n’ont plus de pudeur à mal se comporter.

    • Vous connaissez rien de l’histoire réelle de la Reunion et des ethnies avant leur disparition totale dans le métissage. Contrairement à ce que vous déclarez, nos aïeux ne voulaient pas ou n’acceptaient pas le mariage interacial, vu à l’époque comme une déchéance. Que ce soit chez les malabars, les zarabes, les chinois et les créoles blancs , la plupart d’entre eux partageaient cette même conception de la société. L’abatardisation rebaptisée pudiquement métissage a été reconsidérée et promue en force avec la gauche et l’église après 1981! D’où ce fossé qui s’est créé entre la Reunion et l’île Maurice. C’est facile aujourd’hui de venir chanter les éloges du fameux « mélanze reyoné » ,mais un peu de modestie de votre part serait le bienvenu! Sans la France et son modèle assimilationiste, vous n’oseriez même pas parler de vous dans ces termes et encore moins de vos guêpes et tangues surgelés et importés avec autant d’imbécilité, pardon, avec autant de légèreté!

  4. On est des metis d’africains, de bretons et de malgaches avec un peu d’Inde et de Chine. L’apport indien et chinois est très faible dans notre culture contrairement à l’île Maurice. D’ailleurs, il n’y a qu’à nous regarder. On est très typés cafre et malgache et il n’y aucune honte à être ainsi. Mais c’est vrai que la France est notre pays et nous devons nous identifier à elle par l’assimilation. Non, c’est nul d’avoir la nostalgie du passé. C’est stupide de croire qu’on était bien entre nous en mangeant des patates et du manioc.
    Les logements sociaux , l’aide sociale nous ont permis de devenir des hommes.

  5. Nou lé Réunionnais! C’est tout!
    Africain, Français, Chinois, Malgache, Comorien, Indien, tout mélangé donc Réunionnais!
    Une race métisse qui fait de nous des êtres multiculturels, multiethniques, multiraciaux! C’est pour cela que nous ne pouvons pas être racistes!
    Nout manzé lé métissé, nou cheveu lé métissé, nout musik lé métissé, nout sang lé métissé!
    Kaf la mélanz ek malbar dan kalbanon, lo blanc la mélanz ek lo kaf, lo chinois la mélanz ek malbar, lo malgache la mélanz ek toute! Qui va se revendiquer d’une race? Il n’y a pas de sang pure! mais c’est notre force de nous sentir chez nous chez tout le monde! Zarab, kaf, malbar, chinois, malgache, comore, maoharais, c’est la FRATERNITE!
    Deux trois racistes i essaie de monte nout tête contre les autres mais nou lé in seul famille : la Réunion!

    • La vérité c’est que nous lé trop mélangé et nous à point la qualité avec nous. Nous lé toute et rien à la fois. Même nos jeunes y dit à nous ça. A l’étranger nous lé même un peu menteur sur ce que nous lé. Le métissage lé bon dans un sens mais dans la vie , nous lé creux et inventer une identité avec maloya, et cheveux pété , c’est vraiment n’importe quoi! Personnellement, mon marmaille la toujours refusé ça et zot n’a raison. Être français, lé largement suffisant.

  6. La politik
    Rienk la politik sainte sizanne pou itilize la sapél malbar.
    Ek lo nom 1 marmail.
    Ti cousin continié lire ton prière laisse pas domoune monte ton tét.
    Ton momon ton papa ton frère Bana mém ton bondié

    • Sois plus clair, on ne comprend rien à ce tu dis. Pas la peine d’avoir peur d’exprimer ton point de vue. Sinon à quoi bon encombrer le forum!

  7. Le seul religion dangereux pou la Réunion, c’est toute bande mauvais marmaille aujourd’hui que n’a pu respect pou rien, que n’a point repère pou avancer à part zotte sauvagerie congénitale , une race à éradiquer…

  8. Il faut arrêter avec ces superstitions d’un autre temps. L’histoire de la Reunion est politisée à fond. Tous les peuples du monde ont souffert et d’autres encore plus que nous. Les israéliens ont été massacrés, torturés, exterminés à cause de leurs origines, ça ne les a pas empêchés de bâtir un pays prospère et se faire respecter contrairement à nous qui préférons nous faire manipuler, à nous rouler dans la boue à chaque occasion pendant que les politiques tirent profit de la situation. Mêmes les Mauriciens ont une grandeur que nous n’avons pas. Peut-être parce qu’ils sont plus stratèges que nous. En tout cas, ils se sont débrouillés seuls depuis 53 ans et ils peuvent en être fiers.

  9. Aide toi, et prends soin de toi et de ta carrière naissante, le temple n’a pas besoin de jeunes clowns qui pensent se faire une place dorée à l’ombre du banian qui devrait pourtant te montrer le chemin de la pureté et de l’élévation de ton esprit! T’as encore un terrible besoin de reconnaissance à travers d’une rolex, d’une Ferrari, de soirées arrosées et de relations intéressées pour comprendre l’histoire plus complexe de la majorité des Indiens aujourd’hui totalement disparus , que t’as vite apprise de façon parodiée dans les bouquins de nos pseudo intellos qui confondent tentacule et…. 
    « Tabisman » vous dites? Ou na pouin na hont’, non? Ça c’est le kosé ek lékritir des universitaires péi à l’adresse des faibles d’esprit de ce pays dont vous pourriez effectivement être le gardien contre leur malfaisance!

  10. « Temples tamouls », « tabysmam », rien de bon pour valoriser un héritage très dégradé par l’ignorance de ceux qui se sont appropriés cette culture par l’effacement des vieilles souches et en l’absence d’héritiers de qualité. Entre ceux venus donner un coup de main après une guérison obtenue, des alliances non désirées qu’il fallait malgré tout accepter, le métissage qui en a découlé, des convertis en mal de vivre et en quête d’une identité pour se détacher de son groupe d’origine vu comme un handicap voire comme une honte ; la politique n’allait pas tarder à s’en mêler pour en faire une grosse boutique électorale sur fond de reconnaissance culturelle et cultuelle. 6 décennies, on a une minorité qui s’est écrasée devant une majorité d’invités, la rolizion popilaire tamoul dravidien est née. L’agitateur de mouvement fleurte avec les curés. La vierge s’est invitée dans son Disneyland de ssapel’ , pendant que le Monde Indien s’est réduit aux forêts et pratiques primitives du Tamilnad exactement de la même façon que ce même public de voyageurs identitaires égarés recherchent leurs origines du côté des lacs de crocodiles et de zébus sacrifiés à Mada. Car, c’est ça l’intérêt d’être Reyoné-malgasso-çinois-malba-yabozarab, un autre package du tout en un et rien à la fois!

  11. Consternée par certains commentaires qui citent l’exemple (plus pur ?) de Maurice? C”est quoi ce complexe ? chaque pays et chaque peuple a son histoire et sa personnalité, La Réunion est plus mélangée que Maurice et continue à se mélanger, alors qu’à Maurice les communautés sont beaucoup plus séparées. Que voulez-vous qu’on fasse pour “ressembler” à Maurice : une campagne contre les unions mixtes ?

    • Ce qui est le plus consternant c’est les complexes des “mélangés » comme vous dites , menteurs sur leurs origines diverses considérées comme « honteuses » préférant brocarder sur ce qu’ils sont pas. Ce n’est un secret pour personne, les « mélangés » ont le cul assis entre plusieurs chaises et se positionnent dans le sens du vent qui souffle.

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