Transat Jacques Vabre : le journal de bord de Thibaut et Thomas au 9eme jour

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Thibaut et Thomas poursuivent leur périple en mer, pour la course de la Jacques Vabre, du Havre en direction des Antilles (La Martinique). Ils se positionnent ce mardi 16 novembre à la 39ème position.

L’absence de vent leur a fait perdre deux jours précieux sur les concurrents.

Voici leur journal de bord audio :

Pour l’instant c’est l’équipage Redman qui est en tête de la course pour les Class 40 !

Avec Antoine Carpentier et Pabio Santurde Del Arco . Les premiers  sont en approche de l’archipel des Canaries, théâtre de batailles stratégiques dans les autres classes depuis le début du week-end. Les six bateaux de tête (Redman, Banque du Léman, Edenred, La Manche #EvidenceNautique, Volvo et Lamotte – Module Création) espèrent y tracer la meilleure route possible pour creuser un écart.

Pendant ce temps, à l’arrière, le dernier tiers de la flotte se défait tout juste des latitudes ibériques. Ils doivent f faire un ou deux empannages le long du Portugal puis faire route au sud-ouest pour dépasser Madère mardi ». Là-même où les maxi-trimarans sont passés… il y a plus de trois jours.

Ils poursuivent leur avancée alors que certains autres équipages connaissent de grosses difficultés. Thibaut Lefevere s’est coupé le doigt ce mercredi… Un pansement au grey-tape et c’est reparti, malgré le petit bobo à déplorer.

« Il y a peu d’air ici, on a vu les concurrents s’échapper avec la porte qui s’est fermé devant nous, au cap Finisterre. Moralement, c’était dur. Après, on a eu de bonnes conditions, une mer assez calme. On tient le bon bout malgré que ça soit dure de ne pas avancer. Les nuits, ont ne dort pas… on est très fatigué« , se confie Thibaut.

Ce vendredi, les premiers Class40 lancent leur course grâce au vent à l’approche du cap Finisterre, la deuxième moitié de la flotte des 40 pieds reste encore bloquée dans ce golfe de Gascogne…

Pendant ce temps, les Ultime, les Ocean Fifty et les Imoca filent vers le sud et le Cap Vert. Les 77 bateaux encore en course s’étirent désormais sur plus de 1000 milles.

EN LIVE DE LA COURSE

Escale technique express, sodebo ultim 3 de retour en course !

Après son avarie de foil survenue dans la nuit de mercredi à jeudi, Sodebo Ultim 3 s’est dirigé vers Funchal à Madère, point de rendez-vous avec son équipe technique, arrivée sur place à 0h30 dans la nuit de jeudi à vendredi. En quelques heures, les cinq membres du Team Sodebo sont parvenus à effectuer une réparation express qui a permis à Thomas Coville et Thomas Rouxel de reprendre la mer à 6h ce vendredi matin. Même s’ils ne repartent pas à 100% de la capacité de Sodebo Ultim 3, dont le foil tribord reste endommagé, les deux skippers sont de retour en course, avec une forte motivation et en se disant que tout est possible alors qu’il reste 6 500 milles à parcourir jusqu’à Fort-de-France.

Project Rescue Ocean : Le safran tribord endommagé

Le Class40 Project Rescue Ocean fait route vers Cascais pour une escale technique.

Depuis jeudi matin, 8 h 45, le bateau est en effet touché par une casse au niveau de la rotule et de la ferrure haute du safran tribord. Après avoir un temps envisagé une escale technique sur un port portugais plus Nord , Axel Tréhin et Frédéric Denis ont réussi à réaliser une réparation de fortune leur permettant de bénéficier du vent fort plus longuement.

Ils prévoient une réparation express à Cascais et un retour en course au plus vite.

Escale technique à Madère pour Sodebo Ultim 3

En relation permanente avec la cellule routage et toute l’équipe technique pour trouver une solution, l’équipage de Sodebo Ultim 3 n’a pas réussi à réparer de manière satisfaisante pour rester compétitif et poursuivre sa route vers le sud.

Ils ont alors décidé de faire une escale technique – autorisée sur la transat en double – près de Funchal (Madère), où ils ont prévu d’arriver dans la nuit prochaine (de jeudi à vendredi) vers 1h du matin, en même temps que cinq membres du Team Sodebo, dépêchés sur place.

11th Hour Racing Team Alaka’i abandonne la Transat Jacques Vabre suite à un démâtage en Atlantique

Fisher et Mettraux ont informé l’équipage technique que le mât de 95 pieds était tombé par 23 nœuds de vent et dans une mer agitée, alors qu’ils naviguaient en 7e position de la Transat Jacques Vabre, une course de 5,800 milles nautiques entre Le Havre et la Martinique. Les deux marins n’ont pas été blessés dans l’incident mais ont dû abandonner la course. Très déçus, Simon Fisher (GBR) et sa co-skipper Justine Mettraux (SUI) ont passé la nuit dernière dans un hôtel de La Corogne, en Espagne, au lieu d’être à bord de leur bateau de course.

Class40 : passera, passera pas

La flotte des 40 pieds s’étend désormais sur 200 milles. Les écarts se creusent depuis la sortie de la dorsale. Les premiers ont pu commencer leur descente vers le cap Finisterre, laissant le reste du peloton dans leurs tableaux arrière. Le vent sur zone est pourtant peu stable. Joint ce matin à la vacation, l’équipage de Lamotte – Module Création racontait sa mésaventure du matin. “Nous venons de partir en vrac, le spi est passé à l’eau, heureusement nous avons réussi à le récupérer ! Tout va bien, nous avons pu renvoyer une voile rapidement. Nous ne chômons pas et essayons de faire avancer le bateau vite.” Même s’ils ont tous retrouvé des vitesses correctes, il faudra progresser rapidement et être ponctuel. En effet, un deuxième obstacle est en approche. La cellule anticyclonique présente dès le départ se décale vers le sud-est. Aussi, les bateaux les moins rapides pourraient à nouveau rester bloqués dans la pétole dans cette zone synonyme de fort trafic.

Ultime : Sodebo Ultim 3 endommagé. La flotte passe l’île de Madère

Cette nuit à 1h00 (heure française), Sodebo Ultim 3 a heurté un OFNI, endommageant le foil tribord, un diagnostic est en cours pour évoluer la situation. Thomas Coville et Thomas Rouxel vont bien et sont en sécurité dans le bateau. Ils continuent leur route, au ralenti, pour le moment. Leurs concurrents de devant décident de différentes options alors qu’ils approchent de Madère. SVR – Lazartigue et Actual Ultim 3 choisissent de passer à l’est de l’île, tandis que le Maxi Edmond de Rothschild et Banque Populaire XI passeront à l’ouest. Armel Le Cléac’h et Kevin Escoffier ont réussi a bien recoller au groupe. “ Nous avons fait de belles manoeuvres et nous sommes contents d’être à nouveau dans le match. Encore une fois il va se passer pleins de choses.” Racontait Kevin. Les prochaines heures devraient être plus calmes, avant de s’accélérer à nouveau à l’approche des Canaries qu’ils devraient atteindre d’ici le milieu de nuit. “Les alizés ne sont pas établis donc la descente de l’Atlantique va laisser de la place à du jeu. Nous restons dessus car le vent est instable, donc il y a pas mal de réglages à faire.” L’ambiance se réchauffe pour les multicoques géants, une bonne nouvelle synonyme de progression.

Ocean Fifty : Valse d’empannages

L’écart se creuse entre les deux classes de multicoques, mais les 50 pieds se défendent bien. Ils continuent de progresser vers le sud, et sont désormais à la latitude du cap Saint Vincent. Dans ces conditions de 10-15 noeuds de vent, au portant, les Ocean Fifty sont rapides. Depuis le passage du cap Finisterre, les duos bagarrent à coups d’empannages pour tenter de grappiller des milles sur leurs concurrents. “Il y a une super bagarre et nous sommes dans le match. Nous comparons nos performances toutes les heures. Il y a un tas d’options à prendre, c’est génial.” Expliquait Benoît Marie (Les P’tits Doudous) ce matin à la vacation. Les conditions sont changeantes sur cette partie de la flotte qui évolue en limite d’anticyclone. Ils devraient continuer à tenir une route sud afin d’éviter une forte houle présente dans l’ouest.

Imoca : bras de fer le long du Portugal

Ils sont en duo à bord, mais aussi sur l’eau. En effet, nombreux sont les duels à avoir lieu au sein de la flotte des 60 pieds. En avant de groupe, Apivia et LinkedOut bataillent depuis le début. Charlie Dalin et Paul Meilhat conservent leur première place, mais l’écart s’amoindrit. 30 milles dans leur nord, Initiatives-Coeur et Charal se disputent la troisième place, et 11th Hour Racing Team – Mālama et Arkea Paprec la cinquième. Le rythme change à mesure qu’ils glissent vers le sud, Morgan Lagravière (LinkedOut) nous expliquait ce matin. “Nous changeons un peu de rythme à mesure des milles. Là, nous passons moins de temps à la table à carte, c’est plutôt sympa car nous sommes dans le match. C’est très positif pour la suite. A chaque fois que nous changeons de configuration de voile, c’est un peu une remise en question de la méthode et des solutions à trouver pour faire aller rapidement le bateau.” Voilà qui promet de belles empoignades pour les prochaines heures. Encore derrière, un petit paquet de cinq bateaux joue collé serré entre la 7ème et la 11ème place. Le passage à l’ouest du DST était donc la plus payante et Fortinet-Best Western s’est emparé cette nuit de la position du chassé, mais ses poursuivants tiennent dans 40 milles. Ces derniers continuent de bagarrer pour tenter de ne pas se faire distancer. Quant à 11th Hour Racing Team – Alaka’i, le duo a été contraint à l’abandonné à la suite de son incident d’hier. L’équipage est sain et sauf et a atteint La Corogne la nuit dernière.

 

Notre dernier échange avec nos deux skippers date de mardi matin, ils passaient la pointe bretonne.

PODCAST : 

Ils sont ce matin à la 40eme place, ralentis par les algues et se dirigent vers le Golfe de Gascogne, lequel fait toujours subir ses vents faibles à l’arrière de la flotte, où se trouvent les monocoques. Pendant ce temps, les plus rapides laissent la bulle anticyclonique derrière eux et approchent l’Espagne en retrouvant du vent

Pour les Class40, le plus mou reste à venir

La galère se poursuit pour les plus petits monocoques, avec la bulle anticyclonique du golfe de Gascogne qui leur barre la route. Ce mardi soir, la flotte est toujours plus groupée… et à l’arrêt. Nicolas Jossier et Alexis Loison, sur La Manche #EvidenceNautique, mènent toujours la danse et devancent de peu un groupe d’une vingtaine de bateaux. Un peloton où se niche notamment Volvo, à bord duquel Jonas Gerckens a déjà le temps de se concentrer sur l’analyse météo du passage du cap Finisterre : « Nous passons pas mal de temps à la lecture des fichiers et sur le semblant de table à carte que nous avons. Les fichiers changent encore pas mal, c’est très aléatoire, ce qui veut dire des heures devant l’écran et les cartes météo pour choisir la meilleure trajectoire vers le Cap Vert. » Une route qui passera, peut-être, par les Açores ? C’est que le routage de Seafrigo – Sogestran, autre bateau du groupe en embuscade, indiquait en tout cas ce midi. « Cette route n’est pas très habituelle, racontait Jérémie Mion, ni Cédric Chateau ni moi ne la connaissons. J’ai hâte que ça déroule et qu’on puisse exprimer les capacités du bateau avec des allures portantes. »

Cap Finisterre en approche pour les Ultime

Enfin du vent, cet après-midi, pour les maxi-trimarans, dont la tête de flotte file à plus de trente noeuds. Tête de flotte composée de 4 des 5 bateaux de la catégorie, puisque seulement Banque Populaire XI est légèrement décroché (d’une soixantaine de milles). Sodebo Ultim 3, Maxi Edmond de Rothschild, SVR – Lazartigue et Actual Ultim 3, eux, sont en approche du cap Finisterre. Et dans cette ambiance « tricot » aux abords des côtes espagnoles, Yves Le Blévec est ravi d’avoir à bord d’Actual Ultim 3 son coéquipier Anthony Marchand : « C’est une histoire de Solitaire de Figaro là, et lui est rompu à l’exercice. Dans ce genre de situations, il y a plein d’informations qui arrivent en même temps, il faut faire des choix et savoir prendre les bonnes décisions. »

Les Ocean Fifty encore au contact des géants

« Ca n’était pas forcément prévu, mais après 48 heures on accroche encore les Ultime, on a navigué avec Banque Populaire toute la nuit dernière par exemple. C’était bien de les avoir avec nous, ça nous donnait des indications météo. » Erwan Le Roux, en tête de la flotte des 50 pieds sur Koesio, savoure. Mais ça risque de ne pas durer, confirme Gilles Lamiré, à la barre de Groupe GCA – 1001 Sourires : « Ca ne va peut-être pas durer, il ne faut pas rêver, la course ne fait que commencer !” C’est donc le bateau violet Koesio, qui a choisi un décalage plutôt dans l’ouest, pour tracer une route plus directe vers la pointe de l’Espagne et toucher un meilleur angle de vent, qui devance Solidaires en peloton – Arsep et Primonial, tous deux à l’est. Mais Erwan Le Roux reste prudent : « Je pense qu’on est sortis des méandres de l’anticyclone, mais il y a encore quelques petites molles devant nous ».

Apivia confirme, LinkedOut s’avance, en Imoca

Dans la trace des Ocean Fifty, les Imoca, eux, sont dans la nasse. En fin d’après-midi ce jeudi, il faut s’estimer heureux quand on touche 5 noeuds de vent – et c’est le cas seulement pour l’avant de la flotte. Apivia conserve sa position en tête, mais voit revenir LinkedOut à moins de 10 milles. Morgan Lagravière, co-skipper de Thomas Ruyant, sourit : « Nous nous en sommes plutôt bien sortis par rapport à d’autres, ça fait plaisir, mais la route est longue ». Le duo a profité de l’après-midi pour prendre ses distances sur Charal et 11th Hour Racing Team Mālama, avec qui il était bord-à-bord encore ce matin. D’autres Imoca restent en embuscade : Arkea Paprec et 11th Hour Racing Team Alaka’i sur une route plus ouest, et Initiatives-Coeur à l’est.

Classement de vendredi 12 novembre 8h00 (heure française)

Ultime 
1. Maxi Edmond de Rothschild
Franck Cammas
Charles Caudrelier
2. SVR-Lazartigue
François Gabart
Tom Laperche
3. Banque Populaire XI
Armel Le Cléac’h
Kevin Escoffier

Ocean Fifty
1. Koesio
Erwan Le Roux
Xavier Macaire
2. Primonial
Sébastien Rogues
Matthieu Souben
3. Solidaires En Peloton
Thibaut Vauchel Camus
Frédéric Duthil

Imoca
1. LinkedOut
Thomas Ruyant
Morgan Lagravière
2. Apivia
Charlie Dalin
Paul Meilhat
3. Charal
Jérémie Beyou
Christopher Pratt

Class40
1. La Manche #EvidenceNautique
Nicolas Jossier
Alexis Loison
2. Banque du Léman
Valentin Gautier
Simon Koster
3. Edenred
Emmanuel Le Roch
Pierre Quiroga

 

 

 

3 Commentaires

  1. Liberté, Liberté, contre vents et marrées je te chérie. Que le vent nous emporte et nous nous en allerons!!!!!! (De Renaud) Freedom à vous.

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