Transition écologique : 4 jours d’échanges pour “mieux éclairer demain”

dans Actualités/Infos Réunion

C’est une action qui s’inscrit dans le cadre des “Ateliers Territoriaux, Transition Ecologique et Lumière” organisés depuis hier mardi 12 novembre jusqu’à ce vendredi par la Région Réunion et le Parc national, en partenariat avec la SPL Horizon Réunion, EDF, l’ADEME, le SIDELEC et en coordination avec la DEAL.

Hier, mardi, dans l’hémicycle de l’Hôtel de Région, la journée était consacrée à des présentations de synthèses et des « retours d’expériences » sur des innovations et succès dans ce domaine. Six chercheurs et scientiques se sont relayés pour des interventions synthétiques de 15 minutes, suivies d’un temps d’échanges.

Élus et techniciens des collectivités et des grandes infrastructures sont invités à cette occasion pour mettre en œuvre une convergence des politiques publiques.

Initier une dynamique collective sur les enjeux de l’éclairage dans l’espace public. L’ensemble des participants répondra à une question : « Comment mieux éclairer ? ”

Les enjeux sont capitaux

• réduction des impacts sur la santé humaine

Troubles du sommeil, de la concentration, agressivité, diminution des performances… Plus de 80 perturbations, conséquences d’une exposition excessive aux éclairages.

• économie d’énergie et baisse des dépenses

En éclairant mieux, il serait possible de faire des économies de 25 à 50 % sur la facture énergétique globale.

• réduction de l’empreinte carbone

La production électrique représente 47% de l’empreinte carbone à La Réunion.

• préservation de la biodiversité (pétrels, tortues marines et équilibre des écosystèmes)

• observation des étoiles et des paysages nocturnes

À la fin de cette semaine, ces Ateliers Territoriaux permettront de dégager des orientations pour préparer un plan opérationnel multithématique.

« Il s’agit de tester une nouvelle approche de ce sujet, de décaler les regards pour construire, ensemble, des solutions adaptées aux problématiques du territoire de La Réunion», explique-t-on.

“Pourquoi mieux éclairer ?”

Troubles du sommeil, de la concentration, agressivité, diminution des performances… L’homme subit les effets néfastes de la lumière artificielle. La nuit noire est essentielle au maintien de notre rythme biologique. Elle permet d’activer la production de mélatonine, l’hormone du sommeil.

Les éclairages mal orientés ont un impact direct sur la santé humaine : ils modifient notre rythme biologique naturel. La qualité du sommeil est alors détériorée. Des cas de myopie précoce peuvent même se déclencher chez l’enfant, à cause des veilleuses et autres écrans. L’exposition prolongée à une lumière intense peut aussi perturber la sécrétion de cortisol, qui régule les glucides, lipides, protides, ions et eau du corps… Aujourd’hui, plus de 80 perturbations sont reconnues comme conséquence d’une exposition excessive aux éclairages. Par exemple, des études montrent qu’une perturbation du cycle biologique pourrait contribuer à l’augmentation du risque de cancer chez les travailleurs des trois-huit.

“La lumière ça coûte cher !”

La lumière, ça coûte cher ! Ces dernières années, l’éclairage extérieur n’a cessé d’augmenter : plus d’équipements, plus de sources, plus longtemps. Dans les communes ultramarines, le poids de l’éclairage public représente 40% de la consommation totale d’électricité. Si les collectivités travaillaient sur la puissance, l’orientation et les horaires d’éclairage, il serait possible de faire des économies de 25 à 50 % sur la facture énergétique globale.

Certaines communes réunionnaises éteignent déjà leurs éclairages publics en milieu de nuit généralement entre 22h et 4h du matin toute l’année.

Réduire sa facture d’électricité, c’est réduire les gaz à effet de serre. La production électrique représente 47% de l’empreinte carbone à La Réunion (l’autre poste important étant les transports). La plus grande part (66%) de l’électricité est produite à partir d’énergie fossile qui génère la production de CO2 et contribue au réchauffement climatique. Le transport de ces matériaux jusqu’à l’île accroît encore leur empreinte carbone. Le réchauffement climatique représente un enjeu mondial !

L’île de La Réunion est un hot-spot de biodiversité et enregistre un taux d’endémisme record. L’éclairage massif nuit fortement aux espèces animales de l’île, toutes catégories confondues (insectes, reptiles, chauve-souris…). Les insectes, par exemple, sont les victimes silencieuses de cette pollution, à l’instar des papillons de nuit, massivement attirés par les éclairages. Cette surmortalité a une conséquence directe sur la chaîne alimentaire naturelle et sur la pollinisation de certaines plantes. Chez les poissons, le bouleversement du cycle jour/nuit peut modifier les capacités de locomotion : déplacement en banc, migration, alimentation… Les amphibiens et reptiles sont également concernés puisque la lumière artificielle bouleverse leurs cycles et périodes de chasse. Les éclairages provoquent aussi des concentrations artificielles de certaines espèces de chauve-souris, au détriment de leurs proies, les papillons de nuit notamment.

Le Pétrel de Barau et le Pétrel noir de Bourbon sont des oiseaux marins endémiques de l’île de La Réunion. Respectivement, en danger d’extinction et en danger critique d’extinction, ils sont directement affectés par les éclairages puissants tournés vers le ciel. Lorsque les jeunes pétrels prennent leur envol depuis les sommets de l’île, le re et de la lune sur l’océan leur indique naturellement la direction à suivre.

Les lumières des villes créent, en revanche, le même effet d’attraction et provoquent alors l’échouage de nombreux pétrels. Une fois au sol, impossible de redécoller.
Les oiseaux peuvent, alors, mourir de faim ou être attaqués par d’autres animaux, comme les rats, les chats ou les chiens errants. La période massive d’échouage des pétrels de Barau se situe au mois d’avril, plus de 1000 oiseaux sont alors récupérés !

Sur l’île, deux autres espèces s’échouent également à cause des éclairages : le Puffin tropical et le Puffin du Pacifique.

Le nombre de tortues qui viennent pondre sur nos côtes se compte sur les doigts d’une main. En cause, notamment, un éclairage massif et mal orienté qui perturbe leur reproduction. Les adultes évitent les plages éclairées pour venir pondre. Les nouveaux-nés guidés naturellement par le re et de la lune sur la mer, sont complètement désorientés par les lampadaires allumés en haut des plages.

Perdus, ils peuvent mourir de déshydratation, de fatigue ou être victimes de prédateurs. Au musée régional Kélonia, dédié aux tortues marines de La Réunion, les lumières des bâtiments et du parking sont éteintes en permanence, sauf lors d’événements particuliers. Un important programme d’amélioration des qualités des plages pour favoriser la ponte des tortues marines est en cours sur l’île.

Le terme « pollution lumineuse » a longtemps été utilisé pour désigner le halo lumineux généré par la lumière mal orientée, et donc perdue. Cette lumière diffuse est une véritable gêne pour les astronomes désireux d’observer le ciel et les étoiles.
Le phénomène alimente également une vraie méconnaissance et un désintérêt pour les étoiles et les constellations, en particulier chez les nouvelles générations et en milieu urbain.

L’Observatoire astronomique des Makes a mesuré l’évolution des effets de la pollution lumineuse. Désormais, il est quasi impossible d’observer les étoiles sur les 30 premiers degrés au-dessus de l’horizon. Le ciel nocturne et les paysages de la voûte céleste, sont reconnus comme un bien collectif, source d’inspiration, de questionnement et d’émerveillement.

Aujourd’hui, l’ONU envisage même de considérer le ciel étoilé comme « patrimoine commun de l’humanité ». Les «paysages nocturnes» ont également été inscrits dans la récente Loi pour la reconquête de la Biodiversité de 2016.

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noe
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Tous ceux et celles qui se disent “écolos” doivent donner aux autres , l’exemple ! Ils doivent se déplacer à pieds , en vélo , voitures électriques et manger bio pas de viandes (élevages intensifs), se laver 1 fois par semaine (gaspillage d’eau) , porter des couches culottes en randonnée (pollution par déjections) …. enfin plein de bonnes choses pour l’écologie ! Après je croirai en eux !

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