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Tribune d’Aline Murin Hoarau sur la traite négrière

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Une manifestation sur la Traite négrière se déroulait ce dimanche sur le site historique du Lazaret de la Grande Chaloupe. C’est en effet à cet endroit que débarquaient à l’époque les engagés, et où les malades étaient “gardés”.La conseillère régionale en charge de la Culture, Aline Murin Hoarau y était. Voici sa tribune :

“La commémoration de la Traite négrière, des regards tournés vers l’Afrique, nouvel espace de coopération et non de compétition. Je tenais d’abord à saluer le travail et l’implication des associations qui donnent à cette commémoration tous le sens qu’elle doit avoir. La traite négrière a été une période où nous savons tous que les pays occidentaux dont la France pour asseoir leur domination ont pratiqué l’esclavage, le colonialisme et bien sur ont approuvé la Traite Négrière. Mais aujourd’hui … D’abord peut- on dire que cette exploitation est terminée ? Quelle revanche? Quelle repentance et quelle réparation ? Ce sont ces mots qu’on retrouve très souvent dans les kozé…

La nouvelle configuration économique actuelle et surtout le désordre international que nous subissons nous poussent inéluctablement à avoir un regard sur les pays notamment ceux de la zone de l’océan Indien où l’Afrique a toute sa place avec La Réunion. L’espace africain comptera plusieurs milliards d’habitants demain. Et c’est avec l’Afrique qu’il faut continuer à réfléchir à cette organisation, à ce nouvel ordre économique où cette fois ci l’homme doit être au centre. L’Afrique doit s’inscrire dans un espace de coopération et non de compétition. Ensuite, cette commémoration reste importante pour rappeler cette histoire ô combien elle a été douloureuse.

A La Réunion, nos ancêtres ont été victimes de ces maltraitances, enlevés dans leur famille, transportés comme des bêtes pour servir la cause capitaliste coloniale. Et cette connaissance de cette histoire doit aussi se faire dans l’unité ,dans la sagesse. Grâce à notre savoir vivre ensemble, qui est le résultat de la façon dont ont vécu nos ancêtres, nos parents, nous pouvons aussi aujourd’hui avoir côte à côte plusieurs monuments qui valorisent notre histoire, plusieurs statues qui comme Laboudonnais, Elie, Cimendef et même Sudel Fuma qui se regardent. Cette commémoration est l’affaire de tous et elle doit se faire dans l’union et non dans la division. On ne peut plus faire revivre les cendres et aller vers la culture de la haine, de la vengeance. La construction vers une réparation doit rassembler tous les protagonistes pour dire comment demain préserver notre vivre ensemble et placer l’humain au centre pour favoriser son épanouissement. Nous avons aujourd’hui et ceci aussi grâce à l’implication de nombreux chercheurs et historiens … qui ont mis à notre disposition des outils pour connaître cette histoire, notre histoire.

Et donc en terme d’éducation, l’enseignant comme les familles ont alors les moyens pour mieux connaître notre passé et réfléchir dans l’unité à une meilleure approche de notre futur qui a mon sens doit toujours faire miroiter notre savoir être réunionnais.


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