Tribune de Youssouf Omarjee : “un 1er Mai, pas comme les autres”

dans Courriers des lecteurs

“A l’approche de ce 1er Mai, je ne pouvais qu’avoir une pensée émue pour celles et ceux qui font de notre économie, sa force, son énergie et son dynamisme, que ce soit par le travail qu’ils produisent ou par le capital qu’ils y injectent. Ma pensée se veut encore plus forte pour celles et ceux qui n’arrivent pas à s’insérer durablement sur le marché du travail, de l’emploi ou de l’entrepreunariat faute d’être mieux préparés, faute de savoir se saisir des opportunités, faute d’être en mesure de mieux faire valoir leurs talents, car il n’est aucun être humain qui ne dispose point de compétences rendant sa présence nécessaire quelque part.

En effet, chacun d’entre nous a besoin d’une activité pour s’épanouir, que cette activité    se fasse dans le cadre d’un travail rémunéré, en échange d’une prestation ou tout simplement sous la forme d’une mise à disposition de ses talents et compétences au service de ses pairs par le truchement du bénévolat et du monde associatif, l’être humain a besoin de cette ouverture sur le monde, de cette porte de socialisation, de cette fenêtre qui l’ouvre à l’altérité, à l’utilité et à apporter sa part à l’édification d’un monde plus juste et plus sensible au-delà du comportement rationnel le poussant à agir qui, en vue d’un gain financier immédiat qui, en vue de subvenir à ses besoins les plus élémentaires, qui, encore, en vue de s’élever, nonobstant les circonstances, quand il le peut, pour aller plus loin, plus fort et plus haut.

Mais, aucun d’entre nous, qu’il soit au summum de son art ou qu’il soit au faîte de sa gloire, ne peut réussir seul, car l’intelligent est celui qui lie les choses entre elles                tandis que le sage s’évertue à relier les gens entre eux pour transformer une idée en succès, un projet en exemple porteur, un pas en un parcours honorable, de simples mots extraordinairement agencés en un slogan bien inspiré et déterminant.

Aussi, être sur le chemin d’une carrière tranquille ou tumultueuse, être au bas de l’échelle ou dans les masses nuageuses d’une quelconque entité, être en proie aux difficultés ou en mesure de s’adapter aux changements de stratégie et/ou d’équipe          sont autant de situations exigeantes pour celui/celle qui travaille, pour celui/celle dont les mutations technologiques se promettent sa disparition programmée dans l’automatisation effrénée des tâches, pour celui/celle dont les connaissances sont déjà obsolètes en elles-mêmes au sortir de sa formation, pour celui/celle qui doit satisfaire à la contrainte de performance aux dépens du sens. Soit, autant de situations qui nous contraignent à faire preuve de modestie et de volontarisme, d’obstination et de courage, de créativité et d’audace, d’engagement dans la durée et de renouvellement de notre vision, de notre remise en cause personnelle à notre participation singulière et originale au dynamisme des entreprises et des univers auxquels nous participons, nous contribuons et dans lesquels nous nous investissons.

Il est, toutefois, dommage que l’approche courante nous ait conduits jusqu’alors à séparer les mondes, à isoler les uns comme étant plus utiles et les autres comme étant davantage substituables, à donner plus de valeur à certains actes pour mieux en dévaloriser d’autres. Parce que cette vision dualiste ne correspond nullement à la réalité du monde, nous devons apprendre à relever les défis professionnels tout en assurant leur nécessaire conciliation avec nos besoins personnels, sources d’équilibre, de cohérence et d’harmonie. Parce que cette lecture essentialiste de nos réalités plurielles, ce faisant,        enferme les êtres dans des tâches bien définies et dans des rôles bien circonscrits                tout en les appauvrissant, nous nous devons de nous attacher continuellement                    à progresser dans l’affirmation de nos compétences existantes comme dans la quête de nouvelles par notre attachement aux processus de formation et de développement personnel.

Parce que les conséquences liées à la ségrégation aveugle des hommes et à un blocage invisible des énergies et potentialités, lorsqu’ils surviennent et qu’ils durent, nous obligent, collectivement, à chaque échelle de réflexion et d’action, la mobilisation concertée des moyens nécessaires à sortir l’homme de la frénésie du principe mortifère selon lequel « je n’existe que parce que je consomme » pour le reconnecter avec « le bon ordre des choses, l’intelligence sociale sacrifiée sur l’autel des égos, l’approche solidaire des problèmes pourtant plus pertinente », qui sont autant de conditions indispensables à l’obtention d’un bonheur partagé soulignant les solidarités mutuelles qui nous caractérisent tant et qui nous lient tout autant.

En effet, que serait la baguette de pain de l’artisan sans la matière première produite avec soin et délicatesse par nos agriculteurs et transformée au sein de nos ateliers industriels ? Que deviendrait alors l’enfant qui n’a point rencontré l’espoir dans le regard d’un enseignant bienveillant lui ayant transmis l’envie de se surpasser au-delà de sa pédagogie et de sa méthodologie ? Où serait la fierté d’un patron sans l’investissement loyal et constant de son salarié ? Imagine-t-on un monde plus égalitaire où les services essentiels à la population seraient privatisés ? Quel serait le visage d’un monde de plus en plus rationnel et de moins en moins habité par la force d’écoute, la présence active et le précieux soutien de nos pairs faits d’os, de chair et de sensibilité ?                                       Le monde se construit sur la foi de bâtisseurs(ses) et de visionnaires en prenant forme et vie dans la main de celles et ceux qui s’attèlent à la tâche quotidienne avec minutie et dévouement. Souligner l’unité de tous n’enlève point, pour autant, le mérite de chacun(e), mettre en lumière la force et le génie du travail est une forme minimale de reconnaissance à laquelle la société doit faire plus de place car la vision décliniste du monde se nourrit du sectarisme des pensées. En réalité, il n’y a de vraie fracture que « des fractures liées au retrait des vertus cardinales et à la faille dans l’expression courageuse des valeurs universelles », mais, il n’y a de meilleur ressort que la satisfaction de dépasser ses propres peurs et préjugés ; les stigmatisations désobligeantes et récurrentes et les contingences qui rendent indigent, chacun(e) d’entre nous, face à l’histoire dont la direction semble nous échapper jusqu’au prochain réveil de nos consciences”.

Youssouf OMARJEE

 

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Ramalagasy
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Ramalagasy

Euh…. Attaché territorial au conseil départemental ?
Et le “devoir de réserve” ? Il l’a oublié ?

Omarjee Youssouf
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Omarjee Youssouf

Et le délit de diffamation, tu en penses quoi ?
Droit de réserve..tu le connais toi, en quoi, l’opinion exprimée porte t elle atteinte au “droit de réserve” ? Derrière ton identité masquée