Tribune pour le Ramadan par Youssouf Omarjee

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Un Ramadan, pour renaître au monde, par la spiritualité.

La communauté musulmane de l’île entamera, la semaine prochaine, si Dieu le veut, le mois du Ramadan, un nouveau printemps pour notre foi. Ce mois, est un mois du partage, du pardon et du progrès spirituel.

A la suite de la communauté chrétienne, nous entrerons dans cette période faste de carême ou du jeûne, un mois qui nous interpelle sur notre finitude et se doit de réinterroger, par là-même, la finalité de nos actes. Durant ce temps si précieux, ce temps de l’abstinence, ce temps de vigilance, telle la sève redistribuée dans l’arbre, la foi se régénère en même temps que le croyant est ainsi appelé à une véritable métamorphose spirituelle.
Ce mois, du Rappel, est une occasion, sans pareille, d’illumination des cœurs, d’abandon des êtres à la renaissance spirituelle et de leur consécration à la discipline rituelle. Plongé dans le bain de la fraternelle communion des êtres par l’accomplissement scrupuleux des rites, le Ramadan, pour le croyant, devient, en l’espace d’un mois, l’école de l’humilité dans l’action. Appelé individuellement à réfléchir sur le sens de l’existence, le croyant s’attèle à l’éducation permanente de son âme et à l’élévation constante de ses aspirations.
Le jeûne est un symbole fort, une voie d’accès au divin, un appel saisissant à la cohérence entre la parole et l’action, une convocation harmonieuse entre l’être et le paraître.
Il nous faut quitter les apparences, pour cultiver notre être intérieur. Il nous faut donner de l’âme à nos paroles, pour que, d’elles, jaillissent des discours courtois faisant revivre la tradition prophétique dans toute sa splendeur et dans toute sa véracité.
L’abstinence, au-delà de sa dimension privative, est un symbole fort qui incite le croyant à s’abreuver de nourritures spirituelles, nuit et jour, en relativisant l’importance de ses préoccupations mondaines. Cet état d’abstinence invite chacun(e) d’entre nous, à consacrer son être, son énergie et son temps à revenir vers Dieu dans le cheminement de sa vie.

Ce mois s’incarne selon 3 axes (Connaissance-Amour-Perfectionnement), se concrétisant dans la conjugaison de 3 actions (Croire-Adorer-Prier) qui traduisent 3 désirs fondamentaux (Comprendre-Agir-Progresser). Ainsi, à la lumière de ce qui se passe dans le monde, de l’engrenage de la violence collective épisodique à l’outrecuidance de l’homme désireux d’asservir ses pairs,
la Connaissance ne peut qu’être un devoir incontournable et d’une nécessité impérieuse.
Parce qu’un être qui connait est un être guidé par la lumière spirituelle, un être qui croit en l’Eternité qui comprend le sens de son existence, un être pétri par la conscience de soi est un être, qui, jamais, ne blesse l’autre.
Quant à la seconde dimension de ce mois durant lequel débuta la révélation du Coran, à savoir l’Amour, elle devient d’autant plus centrale dans nos vies que les paroles nous en saturent tant et dont les êtres s’assèchent, pourtant, de cette encre primordiale.
L’Amour, pour Dieu, est un verrou si puissant qu’il devrait développer, en nous, l’attention pour le bien et décourager toute volonté d’accomplir le mal à notre propre détriment ou au détriment des autres. Et, on ne manifeste d’Amour, pour Dieu, qu’en faisant preuve d’adoration. Or, adorer Son seigneur n’est, ni plus ni moins, que d’Agir conformément à Sa Volonté.
Et, le Seigneur exhorte les musulmans à se comporter de la plus noble des façons en toutes circonstances. S’éloigner de cette exhortation de base, c’est manquer à notre foi.
Se faisant, la nature humaine étant instable, ce mois de la promesse de l’Absolution Divine est aussi l’occasion d’aborder sa troisième dimension.

En effet, nous ne cessons de varier dans la réalité de notre foi, et, la vie est ainsi faite, que les circonstances nous confrontent, sans nul doute et de façon incessante, à la consistance de la force de notre témoignage d’Amour pour Dieu. C’est pourquoi, notre travail de Perfectionnement spirituel ne peut se faire que si notre conscience prend racine dans la Connaissance, que si cette conscience trouve la plénitude de son expression dans la force que procure l’Amour pour Dieu. Ainsi, notre Perfectionnement nous renvoie à l’examen attentif de nos propres défauts et des innombrables aspérités de notre caractère.
Ce travail introspectif nous renvoie au fait de sonder nos intérieurs, de faire toujours preuve de vigilance, de ne jamais déconsidérer personne, de se voir constamment petit, de se défaire de tout comportement préjudiciable envers autrui si tant est que notre tempérament est encore habité par cet influx spirituel salvateur qui doit nous conduire à nous débarrasser de tout atome d’orgueil pour faire naître le paradis dans le cours même de notre existence terrestre.
Ce qui nous caractérise donc, en tant que musulman, c’est le fait de Prier, un acte qui consacre la dévotion pleine et entière des croyants à Dieu, un acte d’abandon à Dieu pour toutes nos difficultés, un acte qui nous fait Progresser dans la voie des pénitents, un acte de reconnaissance de la souveraineté exclusive du divin sur le cours de notre existence et un acte de dévotion dont le délaissement rend caduque notre foi. Et celui qui est conscient de Dieu et de Sa Présence, devient, avec le temps, un être doux, agréable et facile à vivre.

C’est bien en cela que réside le secret de notre foi et la simplicité de notre parcours de vie sur terre, Ramadan ou pas. Embellir sa vie, c’est se bonifier avec le temps et agir dans l’unique quête de l’Absolu, de la récompense ultime, de la Rencontre avec notre Créateur.

Bon Ramadan à toutes & tous, amitiés envers tous nos concitoyens.

 


Youssouf OMARJEE


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