Une conférence ce soir sur la liberté de religion dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme

dans Actualités/Infos Réunion

Ce soir se déroulera une conférence intitulée : “La liberté de religion dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme”  sous l’égide de l’association Unir Océan Indien, en partenariat avec l’ITMR (Institut de Théologie Musulmane de la Réunion).

Le coup d’envoi sera donné à 19 h au Grand Salon d’Honneur de l’ancien Hôtel de Ville de Saint-Denis et le conférencier est Laurent Sermet, professeur d’université, agrégé des facultés de droit.
Dans un contexte de montée des extrêmes qui fragilise notre vivre ensemble, Unir OI a entrepris depuis 2016 un travail de pédagogie sur la laïcité avec l’organisation de conférences publiques et de formations.
Après Jean Baubérot, éminent spécialiste du sujet, en 2016, nous avons reçu en 2017 Nicolas Cadène, rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité auprès du Premier Ministre.

Depuis 1950, le Conseil de l’Europe s’est doté d’un instrument international de
protection des droits de l’homme qui s’inscrit dans la dynamique initiée en 1948 par
l’Assemblée générale des Nations unies. Celle-ci adopte l’un des textes fondateurs du
contrat social contemporain : la déclaration universelle des droits de l’homme. La
Convention de 1950, un traité international européen, reconnaît non seulement des
droits, dont la liberté de religion au titre de l’article 9, mais également un mécanisme de
contrôle supranational qui conduit à juger la façon dont les Etats protègent les droits.

Selon la disposition européenne :
« 1. Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit
implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de
manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou
en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites.
2. La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne peut faire l’objet d’autres
restrictions que celles qui, prévues par la loi, constituent des mesures nécessaires, dans
une société démocratique, à la sécurité publique, à la protection de l’ordre, de la santé
ou de la morale publiques, ou à la protection des droits et libertés d’autrui. »

Malgré le fait que l’article 9 de la Convention puisse être qualifié de parent pauvre,
en raison de la subsidiarité de cette clause par rapport à d’autres articles plus visibles
(droit à la vie privée / liberté d’expression), une jurisprudence européenne sur la liberté
d’expression se construit et donne à voir comment les Etats européens protègent et
définissent leur rapport à la « question » religieuse.

Parmi les très nombreuses affaires instruites par la Cour, et dont la conférence sera
l’objet, se trouve l’affaire Lautsi contre Italie, du 18 mars 2011 (Grande Chambre). Cette
affaire concerne la présence de symboles religieux (crucifix) dans les salles de classe des
écoles publiques. L’école publique pouvait-elle exposer les enfants à un symbole de
nature religieuse ? La Cour a estimé que la présence de symboles religieux dans les salles
de classes relève en principe de la marge d’appréciation de l’État, d’autant plus avérée en
l’absence de consensus européen sur cette question. Le fait que la présence du crucifix
dans les salles de classe des écoles publiques en Italie donne à la religion majoritaire du
pays une visibilité prépondérante dans l’environnement scolaire ne suffit pas pour
caractériser une démarche d’endoctrinement. En outre, la présence de crucifix n’est pas
associée à un enseignement obligatoire du christianisme. Enfin, Mme Lautsi, la
requérante, en tant que parent, a conservé entier son droit d’éclairer et conseiller ses
enfants et de les orienter dans une direction conforme à ses propres convictions
philosophiques.

L’affaire Lautsi montre que la laïcité à la française n’est pas une solution partagée par l’ensemble des Etats européens (elle est en réalité minoritaire) mais aussi la difficulté pour la Cour de trancher de tels enjeux de société.

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homme
Invité
homme

De nos jours on met tout et son contraire dans ces “Droits de l’Homme” … on ne punit plus les délinquants ,les pervers , les criminels , les violeurs , les djihadistes criminels … comme il le faudrait ! On leur trouve toutes les raisons (psy , maladies mentales et autres bobards) pour minimiser leurs peines ! Il y a “homme” et “homme” , pour certains , ce n’est qu’un masque et si on gratte un peu , il y a le criminel !

homme
Invité
homme

De plus , je préfère qu’on dise : “Droits des Êtres Humains” et non “Droits de l’homme” … pour beaucoup de machos , les femmes n’ont pas de vrais droits !!!!

Denise
Invité
Denise

Homme=humanité =homme/femme

croire en Dieu
Invité
croire en Dieu

Toutes les religions se valent … Mais qui est Dieu ??? Notre esprit abandonne les idées reçues face à l’idée supérieure de Dieu. C’est à dire que notre esprit réfléchit, ne trouve pas réponse immédiatement, que notre âme en tient compte, qu’elle ne nous répond pas tout de suite, pour ne pas nous donner trop de puissance. En effet, si nos idées supérieures naissaient juste après avoir émis les liens, alors nous serions toujours en train de réfléchir, sans jamais être sereins ni calmes. Notre âme nous commande, elle répond à notre sagesse. Les esprits faibles, ou ceux qui dialoguent,… Lire la suite »

Ramalagasy
Invité
Ramalagasy

Amen !