/

Une unité Covid installée chez les « gramounes» à l’hôpital de Saint-André 

21 min de lecture
13

Ce service qui est déjà « activé » (mais sans patient pour le moment) inquiète les familles et fait peur aux salariés des unités de soins de longue durée (USLD) et de soins de rééducation gériatrique (USRG) qui se trouvent juste à côté à l’hôpital de Saint-André, plus précisément à Chemin Lagourgue (pas loin du chemin du Centre où le taux d’incidence, selon l’ARS, explose). C’est dans le même bâtiment dans lequel se situent ces deux unités faisant partie du GHER (Groupe Hospitalier Est Réunion) que l’unité Covid a donc été installée « sur injonction » de l’ARS. A noter que l’EHPAD de Saint-André se trouve également juste derrière l’établissement.

La direction du GHER a annoncé, vendredi dernier, au personnel de ces deux structures que cette installation s’est faite « sur directive» de l’ARS (Agence Régionale de Santé). Cette unité Covid est prête à accueillir des personnes âgées contaminées au Coronavirus mais asymptomatiques. L’unité compte une douzaine de lits prêts à recevoir des « gramounes » testés positifs venus des différents EHPAD de la région Nord-Est, voire même de toute l’île.

L’annonce faite en interne par la direction du GHER, en fin de semaine dernière, a laissé pantois le personnel des deux unités (USLD et USRG) qui prennent en charge actuellement plus d’une quarantaine de patients dont la plus âgée (il s’agit d’une dame) a 105 ans. Les familles qui ont été informées tout récemment de l’installation de cette unité Covid, carrément dans le même bâtiment que les USLD et USRG, sont évidemment très inquiètes pour leurs proches. « C’est un peu comme si on mettait un loup dans la bergerie », confie un des membres d’une famille dont un proche est hospitalisé à l’Unité des soins de longue durée à Saint-André. Ce dernier ne comprend pas la raison d’une telle décision d’autant que « l’ARS a bien dit que Saint-André était la commune la plus impactée par la crise sanitaire, que le taux d’incidence était très élevé. Pourquoi installer alors une unité Covid là même où sont hospitalisées des personnes âgées très vulnérables ? ».

Rappelons que les deux unités en question dépendant du GHER de Saint-Benoit. Elles accueillent des patients âgés de 60 ans et plus. « Pourquoi ne pas avoir créé cette unité Covid dans une aile du GHER de Saint-Benoit ? Pourquoi l’installer là où se trouvent des personnes déjà très à risque et présentant des comorbidités évidentes ? ». Les familles des patients de l’hôpital de Saint-André ainsi que les salariés espèrent de tout cœur que l’ARS et la direction du GHER/CHU changeront d’avis et trouveront un moyen pour installer cette unité Covid loin des « gramounes » malades de Saint-André … Mais selon une source proche de la direction, « toutes les mesures de sécurité ont été prises, du personnel supplémentaire et expérimenté a été dédié à cette unité Covid, et les portes communiquant avec les deux autres unités se trouvant dans le même bâtiment seront verrouillées, sans compter qu’il y aura un vigile pour assurer la surveillance ». Autrement dit, pas possible qu’un « gramoune » testé positif au coronavirus mais asymptomatique puisse déambuler jusqu’aux unités des soins de longue durée ou de rééducation gériatrique. Voilà pour la théorie. Reste à voir en pratique. Les familles et les salariés des USLD et USRG sont vraiment très inquiètes. On les comprend. A suivre !

Quant à la gestion Covid, tant au national qu’à l’échelon local, je ne m’attarderai pas sur le sujet. Vous avez pris connaissance des annonces faites mardi dernier par le Président de la République Emmanuel Macron et des mesures annoncées, hier, par le Premier ministre Jean Castex. Et, comme moi, certaines des consignes vous ont laissé bouche bée, notamment en métropole, tant elles sont assez contradictoires. Comme le fait que maintenant, on peut acheter des livres. Ce qui était encore interdit tout récemment. Prendre le métro pour aller travailler, ok, mais pas pour aller « bat’ caré ». En métropole toujours, grande surface bondée oui, mais resto avec respect des gestes barrières, non ! Ecoles oui, avec des centaines d’élèves dans la cour de l’établissement et plusieurs dizaines à la fois à la cantine, mais pas plus de 30 personnes dans les lieux de culte de nouveau ouverts. Bref, on marche un peu sur la tête. Mais en dépit de ce « cafouillage » et des crêpages de chignon entre politiques et scientifiques, ne perdez jamais de vue que ce virus reste dangereux car mortel. Il suffit de discuter avec des personnels soignants pour bien comprendre que ce virus ne pardonne pas, que vous soyez moins jeunes ou jeunes. D’où la nécessité de prendre vraiment et sérieusement toutes les précautions en respectant scrupuleusement les gestes barrières.

« Enfants de la Creuse » : rétropédalage de la FEDD

Je vous annonçais dans l’édito de vendredi dernier l’organisation prochaine de deux évènements, les 5 et 6 décembre, par la FEDD (Fédération des enfants déracinés des DROM). Laquelle association a obtenu de la préfecture l’autorisation de faire voyager grâce à des billets d’avion payés par l’Etat 77 personnes dont 41 « ex mineurs », c’est-à-dire des « Enfants de la Creuse ». En fait, il ne s’agit pas seulement de la Creuse mais des enfants issus de familles défavorisées qui, dans les années 60, avaient été « envoyés de force » en métropole par le pouvoir en place pour servir de main d’œuvre dans ces départements de métropole. Près de 2000 enfants avaient été « transplantés » ou « déportés », selon certains.

Je vous annonçais donc, document de la préf’ à l’appui, que la FEDD avait reçu l’autorisation pour « motif impérieux » de se rendre dans l’île pour la tenue, en pleine crise sanitaire, d’une conférence-débat à la mairie de Saint-Denis, le 5 décembre, puis d’un kabar, le 6 décembre, à la Saline-les-Bains. Tout ce que j’ai écrit n’a évidemment pas été inventé, vous vous en doutez bien. Je n’ai fait que recopier ce qui figurait sur la page Facebook de la FEDD où le programme détaillé de ces deux « évènements » était expliqué noir sur blanc. Il était bel et bien écrit « kabar ouvert au public » etc…

D’où la réponse très apaisée, dans la journée même (celle de vendredi dernier), suite à la parution de l’édito, de Valérie Andanson, la secrétaire et chargée de communication de la FEDD, expliquant comprendre ce « coup de gueule » en raison de « la période sanitaire extrêmement grave et difficile à vivre pour toutes les populations » mais que « tout sera fait pour le respect des gestes barrières ».

Petite précision quand même : de ma part, il ne s’agissait pas « d’un coup de gueule », mais d’un simple constat et d’une interrogation en effet par rapport au contexte sanitaire et de toutes les consignes strictes en vigueur. Mais la secrétaire de la FEDD a ses explications que j’entends, mais qui ne m’empêche pas d’être dubitatif, même si j’ai beaucoup de respect pour le travail de cette association mais aussi de toutes les associations qui s’occupent des « enfants de la Creuse ». Selon Mme Andanson, le cocktail prévu à la mairie de Saint-Denis, le 5 décembre, « a été annulé ». Quant au kabar, « il sera fermé au public ».

Suite à la publication de l’édito de vendredi dernier, la préfecture nous a fait savoir via une réaction écrite qu’elle a « demandé aux organisateurs la révision du format de l’événement pour qu’il respecte en tous points les dispositions de lutte (de) contre la (Covi)-19 (je recopie comme c’est écrit) ». La préfecture précise encore « qu’aucun repas partagé ou temps de restauration ouvert au public ne sera organisé. Le respect strict du protocole sanitaire a été rappelé ». La préfecture insiste également sur le respect des gestes barrières. Quant à moi, je re-précise que « le kabar ouvert au public », c’était bien mentionné sur la page Facebook de la FEDD et que toute la publicité qui y a été faite depuis des semaines concernant ces deux « évènements » ne relève pas du travail de Freedom. Je n’ai fait qu’attirer l’attention des pouvoirs et de l’opinion publique sur ces « deux évènements » populaires organisés en pleine crise Covid et en pleine période de restrictions sanitaires. C’est tout. Je note toutefois le rétropédalage de la FEDD et de la préfecture sur certains aspects de ces deux « évènements ». Bienvenue aux « enfants de la Creuse » dans leur île !

Didier Robert à la pêche aux voix, Michel Fontaine à la pêche au gros !

Deux mots de politique pour terminer. Didier Robert continue sa campagne « légale » en effectuant sa tournée des communes en tant que président de Région. Feu Paul Vergès, du temps où il présidait la pyramide inversée (1998-2010) en avait fait de même, un peu avant les régionales de 2004 en rendant visite à quasiment tous les maires. L’on se rappelle encore de la revue de la Région le montrant en photos avec de nombreux maires, et pas que de gauche. Didier Robert a ce petit côté « vergésien » de vouloir fédérer le plus grand nombre à quelques mois des élections régionales. Il y a aussi qu’on le veuille ou non, un côté un peu « Père Noël » qui apporte non pas des jouets mais une bouffée d’oxygène financière aux maires.

Grâce aux enveloppes du Plan de relance (Etat), du FSE et du FEDER (Europe) à venir, le président de Région dispose de moyens financiers importants pouvant permettre aux maires de retrouver le sourire, malgré la crise sanitaire. Il leur apporte des crédits afin de financer les projets communaux. A chacune de ses visites, comme à Bras-Panon, hier, jeudi, chez Jeannick Atchapa, Didier Robert prend le temps de s’entretenir longuement en tête-à-tête avec le maire de la commune.

Après Saint-Benoit, le Tampon, Saint-Pierre, Saint-Leu, Saint-Joseph, l’Etang-Salé, le président de Région s’est arrêté à Bras-Panon en appelant systématiquement les uns et les autres, élus de tous bords, « à agir et à travailler ensemble ». Il ne le dira évidemment pas publiquement, mais de tous ses investissements dans les communes qu’il visite, il espère bien en récolter quelques dividendes politiques au moment venu.

En clair, il promet des finances mais ne désespère pas d’avoir quelques voix en contrepartie. Ce qui revient à dire que cette tournée des communes pourrait aussi, à 6-7 mois des prochaines échéances électorales, s’apparenter à une pêche aux voix.

Pendant ce temps, Michel Fontaine, maire de Saint-Pierre et président de « LR » que d’aucuns disent qu’il prépare une liste en vue des régionales, s’est quant à lui lancé dans la pêche… au gros, comme le témoigne cette photo ci-dessous prise, fin de semaine dernière, au retour d’une sortie de plusieurs jours en mer.

La pêche au gros, les sorties de plusieurs jours en mer avec ses amis… Une véritable passion pour le président de la Civis et d’ILEVA, loin de toutes les critiques des adversaires de « l’incinérateur », à savoir les Doulouma (Emmanuel), Anda (Jean Gaël), Moullan (Imrhane), Riani (Jean Richard)… Tous des proches de Didier Robert qui, lui, a rejoint tout récemment Michel Fontaine sur l’UVE (Unité de valorisation énergétique » que les personnes citées ci-dessus qualifient « d’incinérateur ». Comprenne qui pourra ! Est-ce à dire pour autant que tous ces adversaires de « l’incinérateur » sont pour autant fâchés avec le président de Région ? Rien n’est moins sûr. Et si toute cette mise en scène ne relevait que d’une stratégie électorale ! L’avenir le dira.

A gauche, les forces progressistes continuent à se réunir le lundi pour préparer le projet réunionnais. La désignation de la tête de liste prévue avant la fin de cette année semble avoir été repoussée à l’année prochaine. PLR, PS, PCR, LFI, Les Verts et Progrès mettent toute leur énergie à la rédaction du projet. Ce qui n’empêche pas les rencontres. Le député Jean-Hugues Ratenon (Résistanz/La France Insoumise) a été vu, samedi dernier, en train de prendre le café durant plus d’une heure, avec Karine Nabénésa (Territoires de Progrès, mouvement socio-démocrate de l’actuel ministre Jean-Yves Le Drian) dans une pâtisserie-boulangerie au centre-ville de Bras-Panon.

Lors de la session plénière de la Région, en visio-conférence, mercredi dernier, Didier Robert s’est montré particulièrement « mielleux » envers Karine Nabénésa, l’élue de l’opposition régionale. Patrick Lebreton (Progrès) dont on dit qu’il serait proche de Didier Robert était présent à la mairie de Saint-André lundi dernier pour la réunion des forces progressistes. Michel Fontaine, lorsqu’il n’est pas en mer, poursuit ses consultations (pas toujours médicales). Vous l’aurez compris, chaque candidat avéré ou potentiel ébauche sa stratégie, affine ses plans. Rien de plus classique, en somme !

Y.M.

([email protected])


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.



13 Commentaires



  1. Aujourd’hui la Région est devenu un officine destinée à servir les ambitions politiques de certaines personnes et notre grand Président de Région, pharaon devant l’Eternel ne s’en prive pas pour nous faire croire qu’il est le plus fort. D’ailleurs zinfos et le jir abonde dans son sens et on n’a plus besoin d’aller cher le boulanger ou à la boutique, ses organes de presse subventionnés nous servent du Macatia du matin au soir.

  2. karine nabeneza ? elle est ou elle et elle represente quoi rien sauf son copain thierrey on voit maintenant c’est démasqué que montrouge est bien a gauche dans les forces rétrogrades

Free Dom
WordPress Video Lightbox